Lu grâce au club de lecture de la média­thèque de Dinard.


Pas vrai­ment convain­cue par cette lecture. Je me demande ce que les écri­vains d’aujourd’hui vont recher­cher à travers la biogra­phie des artistes d’hier. La vie ratée de l’écrivain August Strind­berg est pire qu’un mauvais roman. La lecture d’articles qui lui sont consa­crés sur le net, en disent autant que ce petit livre, moins le style de l’auteure. Trois fois, cet homme tour­menté, drogué alcoo­lique, violent a essayé grâce à trois mariages diffé­rents de se sortir de la misère. Il a sans doute eu des senti­ments pour ces trois femmes, mais aimer pour lui voulait dire les inju­rier et les mépri­ser. Je ne connais pas l’oeuvre de Strind­berg et ce n’est pas ce livre qui me donnera envie de lire ces livres ni d’aller voir ses pièces.

Il reste donc le style de Régine Detam­bel. Pour se mettre à la place du cerveau souf­frant de cet auteur, elle saccade ses phrases, supprime au maxi­mum les verbes. Ce n’est pas agréable à lire, c’est très certai­ne­ment pour rendre compte de la vie aux côté de ce grand malade de Strind­berg. Les deux dernières pages, celles où elle raconte l’enterrement de cet écri­vain sulfu­reux prennent un peu plus de hauteur. Bref, un pensum de lecture qui n’a duré qu’une soirée.

Citations

Exemple de scène et du style de l’auteure

Tu n’es qu’un coureur de dot !

Ne me touche pas

On se hait, on se bat jusqu’à tomber, au petit matin, sur notre lit, sans même ôter nos souliers, étour­dis par le bruit inces­sant des insultes ; (…)

Souillure que de devoir l’argent à une femme, et en plus aris­to­crate.
Sorcière

Strindberg anarchiste

Désor­mais August est mûr pour crever les rois et les princes, ainsi que les barons de Suède. Tous les soirs il est au café à exci­ter les étudiants. Des détec­tives le filent. Des infor­ma­teurs notent sur un carnet tout ce qu’il dit. Le roi déteste les gende­lettres poli­tiques . Un gende­lettre qui veut faire la révo­lu­tion, c’est ce qu’il y a de pire.

Ressenti d’une de ses ex

On ne peut se remettre des insultes de Strind­berg. Personne ne le pour­rait.(…) je croyais ne pas pouvoir survivre aux crachats d’August

Le Misogyne

A en croire le drama­turge, le mariage repose sur une absur­dité. Où il y a une femme, ça tourne de toute manière à l’absurde.

Des propos qui ne donnent pas envie de lire Strindberg

La femme a même réussi à faire consi­dé­rer la mater­nité comme quelque chose de sacré, et l’homme le croit, mais c’est faux d’imaginer que les femmes souffrent en accou­chant, c’est un mensonge disons le fran­che­ment, en vérité elles jouissent à ce moment là d’un plai­sir mille fois plus fort que celui qu’elles trouvent avec un pénis… Mon Dieu, que les hommes sont cons…

15 Thoughts on “Trois ex – Régine DETAMBEL

  1. La dernière cita­tion est ahuris­sante !

  2. On se demande ce qui préside au choix de telle ou telle biogra­phie. Pour­quoi Régine Detam­bel choi­sit-elle Strin­berg ? Il n’a pas l’air bien agréable cet homme, il aurait peut-être fallu un peu d’humour et de cynisme pour faire son portrait…

    • je pense qu’une écri­vaine qui choi­sit un homme qui a fait le malheur de trois femmes qu’il a choi­sies unique­ment pour leur argent, doit avoir bien du mal à cerner le génie de l » écri­vain. Il y a sûre­ment des person­nages plus inté­res­sants.

  3. Merci de contri­buer à éclair­cir nos choix ! Ca ne donne en effet pas très envie… Je suis curieux de ce que tu diras sur Oksa­nen

    • je l’annonce en avant première hyper déçue par ce roman là aussi alors que pour moi Purge est un livre extra­or­di­naire. Mais que vais-je écrire de neuf !

  4. Ça m’énerve cette mode d’aller cher­cher les pires d’entre les pires pour faire des livres ou des films sur eux. Il vaudrait mieux les oublier. Et montrer que l’humain ça peut être aussi quelque chose de mieux.

    • Tu dis exac­te­ment ce que j’ai pensé. En plus on ne comprend pas mieux l’oeuvre de ce écri­vain malfai­sant dans sa vie person­nelle. Alors pour­quoi un tel livre ? Je n’ai pas la réponse.

  5. je passe donc sans remord aucun

  6. Ah cette dernière cita­tion me donne des envies de meurtre ! Contente de ne pas avoir à noter un autre livre.

  7. Bonjour Luocine, Strind­berg était peut-être un malfai­sant mais quel bon auteur drama­tique ! J’ai vu et (re)lu ses pièces qui font partie désor­mais du théâtre clas­sique. Je sais qu’il a eu des déboires conju­gaux. Tant pis pour lui. Et puis on a qu » »un son de cloche ». Je passe sur le livre de Mme Detam­bel mais je reli­rai les pièces de Strind­berg. Bonne jour­née.

    • je ne connais pas les pièces de Strind­berg et ce que tu dis me prouve que j’ai tort. Ce qui m’aurait inté­res­sée c’est de comprendre dans l même homme, le génie de l’écriture et ce côté malfai­sant. Ce que beau­coup de gens ont fait concer­nant l’antisémitisme viru­lent de Céline cet immense écri­vain qui a écrit aussi « Baga­telle pour un massacre » . Rien de tout ça dans cette biogra­phie on a le sale bonhomme qui utilise ses femmes pour l’argent mais finit par les détes­ter et se détes­ter .

  8. les bios des auteurs passés me fascinent, leur vie est souvent en lien avec leur oeuvre, ou du moins le contexte dans lequel ils vivent. J’aime bien ce genre. Je ne connais pas du tout cet auteur mais géné­ra­le­ment les auteurs miso­gynes me font fuir même si la biographe ne l’es pas…

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