20161021_095128Lu grâce au club de lecture de la média­thèque de Dinard,

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Bena­quista est un auteur qui me fait du bien, j’aime qu’il me raconte des histoires et quels que soient les sujets, je pars avec lui sur les chemins de l’imaginaire pas si loin de la réalité que cela. Je n’ai pas hésité, grâce à ce roman, à fréquen­ter le Moyen-âge et ses deux amants valent bien Tris­tan et Iseult, Roméo et Juliette, Héloïse et Abélard dans mon panthéon person­nel des histoires où l’amour dépasse le tragique de la desti­née des mortels. Avec son talent habi­tuel, Bena­quista à travers l’histoire d’un couple à l’amour indes­truc­tible, met en scène toute notre civi­li­sa­tion, ses horreurs ainsi que ses rares moments de bonheur. Cela lui permet de prome­ner son lecteur dans le temps et dans l’espace , et comme l’imagination de cet écri­vain a bien du mal à se contraindre nous passons égale­ment au Para­dis où le couple si injus­te­ment condamné par la justice dite humaine rencon­trera Dieu et en Enfer ou il sera confronté à Satan .… Et tout cela, pour nous permettre d’assister à la créa­tion d’un mythe litté­raire à la hauteur (ou presque) de ses illustres prédé­ces­seurs.

Et pour finir, car il faut finir et donner une fin à une histoire qui a bien du mal à trou­ver une chute, les deux amants seront réin­car­nés dans un couple en cavale du XXI°siècle. J’ai cru que nous allions termi­ner dans un parking de super­mar­ché construit à l’emplacement de la forêt, lieu qui a abrité leur amours. Mais non, nous repar­tons à travers le conti­nent améri­cain et là je dois l’avouer je me suis sentie un peu larguée. C’est pour cela que j’ai gardé dans ma main un coquillage, je ne suis pas sentie embar­quée jusqu’au bout et puis, il m’a manqué aussi l’humour habi­tuel de cet auteur. Pour finir un bon roman surtout si on s’amuse à démê­ler tous les fils qui se croisent et s’entrecroisent et forment le substrat de notre culture, mais la magie de l’écriture ne m’a, donc, pas tenue jusqu’à la fin.

Citations

Le temps quand on est amoureux

Temps.

Toi qui m’oppresses depuis mon premier jour, toi qui me rappelles à chaque instant que tu m’octroies combien je suis mortel. Sache que doré­na­vant je serai lent quand tu voudras me hâter, et je ne perdrai plus mes heures à t’attendre quand je voudrai me hâter. J’ai depuis ce jour bien plus de temps que tu n’en aurais jamais.

Phrase avec une résonance particulière aujourd’hui

Exil. Le mot lui-même les plon­gea dans une profonde mélan­co­lie. Quel être au monde est préparé à quit­ter la terre qui l’a vu naître ?

La fidélité

Ah la fidé­lité ! ce curieux senti­ment qu’on prétend assez puis­sant pour guérir l’insatiabilité des hommes, et dont les femmes semblent s’accommoder faute de s’octroyer les mêmes privi­lèges.

La médiocrité oeuvre de Satan : thème cher à Benaquista

Mais l’une de ses créa­tions majeures avait été la médio­crité et ses déri­vés car, à l’inverse des affec­tions extrêmes, c’était selon lui dans la peti­tesse que rési­dait la vérité des êtres et la vanité de leurs désirs . Le sour­nois n’était-il pas plus inven­tif que le véhé­ment ? .….. La médio­crité , son arme redou­table, savait viser au plus bas, créer d ordi­naires objec­tifs à la portée du premier inca­pable, favo­ri­ser les petits arran­ge­ments, pieux mensonges, compro­mis et pis-aller.

22 Thoughts on “Romanesque -Tonino BENAQUISTA

  1. Ben moi je ne suis pas assez roman­tique je suppose, et j’ai aban­donné assez vite… (mais j’adore le Benac­quista plus drôle et punchy)

  2. Encore un auteur que je ne connais­sais pas… Et une histoire d’amour à la Roméo et Juliette, Tris­tan et Iseult etc. ne peut que m’intéresser…

  3. Tout en sachant que c’est une sorte de paro­die ?

  4. Je crois que je n’ai jamais lu , un tort visi­ble­ment :-)

  5. Il est dans ma pal depuis long­temps cet auteur, j’aime l’idée qu’il te fasse du bien, ça me pousse à me pencher sur son cas ;)

  6. Il y a de ces livres qui accrochent grâce à une belle écri­ture, une « manière », le sujet tient long­temps puis se perd dans des chemins diffi­ciles à main­te­nir.
    Je note Benac­quista, je crois qu’il est aussi auteur de romans noirs.

  7. et curieu­se­ment je n’ai pas lu ses romans noirs, il vient de là et je me dis que je devrais en lire

  8. Un auteur que je n’ai jamais lu. Je note au passage ton conseil « quelqu’un d’autre ».

  9. A te lire, je vois bien que je ne lis pas assez Bena­quista…

  10. C’est un auteur que je n’ai aps encore lu. Mais peut-être faut-il commen­cer par un autre titre…

  11. Bena­quista, j’aime beau­coup certaines choses, moins d’autres… Celui-ci ne me tente pas plus que ça.

  12. un temps, j’ai été fan de l’auteur (Malavita, Saga et surtout Quelqu’un d’autre + ses « non romans ») et je l’ai délaissé, je ne sais pour­quoi. Hâte de lire celui-là !

  13. J’ai dévoré tous les romans noirs de cet auteur, ils sont tous excel­lents, drôles, avec un zeste de déses­poir qui n’en a pas l’air, je conseille « La madonne des slee­pings » ou « Trois carrés rouges sur fond noir » … Dans les trois récents, « Malavita » est aussi très bien. « Quelqu’un d’autre » m’avait lais­sée perplexe … Je ne sais plus très bien pour­quoi.

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