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Reçu et lu dans le cadre de Masse critique de Babe­lio

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Loin des divers auto­fic­tions ou récits puisant dans une enfance tour­men­tée, voici une auteure qui s’appuie sur ses connais­sances histo­riques pour inven­ter le sujet d’une fiction agréable à lire. C’est un livre de bonne compa­gnie, léger, comme le fut sans doute l’époque : nous sommes en 1928/​1929, juste avant la crise bour­sière qui va secouer les États-Unis, puis l’Europe. Le person­nage prin­ci­pal est un chef cuisi­nier, d’un grand restau­rant pari­sien. Lui, et son ami maître d’hôtel sont des resca­pés de la grande guerre, ils ont retrouvé une forme d’apaisement sinon de bonheur en créant un lieu luxueux consa­cré à la gour­man­dise ; une façon d’exorciser les souve­nirs trop lourds des morts des tran­chées. Michelle Tour­neur fait vivre dans son roman, des person­nages réels de la vie pari­sienne, comme le coutu­rier et parfu­meur Paul Poiret, (le titre du livre vient d’un des flacons de ses parfums), Serge de Diaghi­lev et les ballets russes, et des person­nages de fiction très vivants les commer­çants des halles pari­siennes, la fleu­riste des rues.

L’auteure a choisi ce court instant, où en France, on commence à oublier la guerre, et où les menaces de la prochaine ne sont pas encore là. Elle a donc le temps de lais­ser vivre une rela­tion entre une riche héri­tière améri­caine et le chef du restau­rant. Pearl était venue faire des photos elle rencontre l’amour, pour quelqu’un dont elle épou­sera assez vite la sensi­bi­lité. Ensemble, ils se retrou­ve­ront dans la recherche du beau. Malgré un certain plai­sir et une lecture fluide, je suis restée un peu sur la réserve, autant le cadre, l’atmosphère et les circons­tances me plai­saient, autant les person­nages prin­ci­paux me semblaient trop esquis­sés, on a du mal à les imagi­ner, ils manquent de consis­tance. Un des person­nages secon­daire, un bel Hongrois qui joue merveilleu­se­ment du piano, passe comme une ombre, on se demande d’où il vient et pour­quoi il a cette desti­née. On peut, soit trou­ver que cette légè­reté donne tout le charme au roman, soit, comme moi, trou­ver qu’il manque de profon­deur. Mais dans les deux cas, on appré­ciera le style parfait de l’auteure et le charme avec lequel elle nous entraîne dans son atmo­sphère.

Citation

la personnalité de Charles-Henry Chelan

Comme celle (cette histoire) poignante qui voulait que Charles-Henry eût fait graver, à l’envers de tous les marbres utili­sés en cuisine, la liste de ceux qu’ils avaient vus dispa­raître au front. Un mémo­rial person­nel en somme. C’était possible. Rien n’est impos­sible, rien n’est prouvé. Les mouve­ments de l’âme primaient en lui dans la hiérar­chie des faits. Le patron n’était pas bâti sur le moule commun.

La rencontre amoureuse

Il lui effleura le bras. Le contact de sa peau, son parfum, une senteur tonique lui rappe­lant celle du buis au soleil, lui donnèrent la sensa­tion qu’un vent chaud avant l’orage s’engouffrait dans le taxi.

« C’est peut-être ça, l’imprévisible, dit-il remué. Quand le fami­lier devient étran­ger.

On en parle

beau­coup d’excellentes critiques dans Babe­lio

8 Thoughts on “Cristal noir – Michelle Tourneur

  1. maggie on 7 février 2015 at 10:33 said:

    J’ai l’impression que c’est assez creux… Pas parti­cu­liè­re­ment atti­rée…

    • creux si tu es néga­tive, moi je dirai léger et élégant , c’est le problème quand on est pas en coup de cœur absolu , on donne moins envie et parfois ce n’est pas juste. D’autres lectrices sont abso­lu­ment enthou­siastes.

  2. A lire peut-être plus pour l’époque que pour l’histoire ..

  3. Un roman d’atmosphère, ça passe ou ça casse. Celui-là a quand même l’air d’avoir quelques atouts.

  4. Je note quand même le titre ;)

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