97822136688262

J’ai repéré ce roman chez Dasola.

3D’ha­bi­tude, je n’ai pas un grand goût pour les romans qui décrivent la grisaille du monde du travail. Ce roman là est un peu à part, car s’il est vrai que l’on voit une boite commer­ciale faire bête­ment faillite , et une jeune diplô­mée utili­sée pour renvoyer le vieux commer­cial simple­ment passé de mode, le roman n’est pas simpliste pour plusieurs raisons.

D’abord la langue , au début, je me sentais rétive à ce qui relève de diffé­rents procé­dés. Le roman­cier s’adresse à ses person­nages, il dit « tu » à la jeune diplô­mée et « vous » à l’ancêtre, « on » lorsque les déci­deurs ne veulent pas être nommés, « ils » quand les person­nages deviennent agres­sifs. Cela donne une couleur un peu terne au roman, et puis, tout à coup, j’ai compris que cette ambiance imper­son­nelle, moi aussi, je la ressen­tais. Je suis en colère contre tout ceux qui décident d’uni­for­mi­ser l’ar­ri­vée dans nos villes et nos villages .

Que vous arri­viez à Dinard, Saint-Malo, Dinan, vous passe­rez par les mêmes zones semi indus­trielles et commer­ciales que traverse aussi le vieux voya­geur de commerce. Et si, vous voulez vous y loger avec un salaire moyen, vous habi­te­rez des lotis­se­ments qui ressemblent à ceux de Dijon ‚Marseille , Rennes et à l’en­droit où habite la jeune diplô­mée. Je connais mal le monde des affaires, mais ce n’est pas diffi­cile d’ima­gi­ner que si une boîte qui vend des cana­pés rachète un gros­siste de papiers peints , elle n’aura aucun inté­rêt à déve­lop­per la vente des dits papiers peints !

Et pour vivre et rêver ? Et bien il reste la litté­ra­ture .. Rimbaud Hannah Arendt et la solu­tion au monde qui va si mal ? le roman­cier en propose une à laquelle je ne crois guère : ouvrir une librai­rie.. Alors que je viens d » ache­ter ce livre à moins d’un euro par Amazon grâce à « recy­clivre  » , qui soutient l’as­so­cia­tion « Aide et Action », comment alors, imagi­ner que l’on puisse vivre grâce au commerce des livres dans une petite boutique d’un village de province.

Citations

Les person­nages néga­tifs ont des couleurs néga­tives, procédé un peu trop systé­ma­tique …

C’est un gros break déglin­gué d’une couleur de survê­te­ment usé, hési­tant entre le vert et le brun et que le soleil ne parvient même pas à faire luire.

Le chef bête et méchant qui durant tout le roman aura des couleurs plus moches les unes que les autres :

Une chemi­sette aux nuances mauve et rose, une vague couleur de tranche de jambon

Chemi­sette vague­ment ocre, couleur de boue sale, et cravate brique à motifs de feuilles mortes

Une réflexion sur le bon goût actuel en matière de papiers peints,mais je dois dire, que je doute qu’on revienne aux impri­més qui font le bonheur de « l’an­cêtre » :

Aujourd’hui,les produits sont stan­dar­di­sés, de vagues unis aux nuances discrètes, repro­duits à l’in­fini, sans comp­ter le blanc décliné sous toutes ses formes .….Le blanc, véri­table tyran­nie , parfaite dicta­ture de l’in­té­rieur moderne, dites-vous souvent. On assi­mile le bon goût de l’uni au reflet de nos vies lisses.

L’his­toire d’une entre­prise

Les choses ont suivi leur cours, ce qui devait croître et se déve­lop­per s’est réalisé. On embauche deux secré­taires, quelques commer­ciaux, la boîte conti­nue de pros­pé­rer. On démé­nage. On crée des entre­pôts pour stocker les papiers peints dont on est distri­bu­teur exclu­sif . On achète des camions . On recrute des routiers, des assis­tantes commer­ciales, de nouveaux repré­sen­tants. La boîte gran­dit encore. On se se dote de respon­sables : un pour le trans­port, un pour les finances, un pour les commer­ciaux. La boîte toujours plus grosse, tente ans qu’elle tient. On vieillit , on revend, et main­te­nant les fruits tombent dans l’in­dif­fé­rence géné­rale.

On en parle

chez Dasola

Et Livre-esse

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