4
Domi­nique Fernan­dez nous entraîne dans une quête : la compré­hen­sion d’un père qui a été un mauvais mari, un mauvais père, s’est four­voyé dans le parti de Doriot, et dans la colla­bo­ra­tion, mais a toujours été un critique litté­raire de qualité. C’est un livre remar­quable et passion­nant. On sent toute la douleur de l’écrivain Domi­nique Fernan­dez (que person­nel­le­ment j’apprécie beau­coup). Il a été l’enfant d’un couple qui s’est fait la guerre, et a dû suppor­ter l’infamie d’un père. Il est très honnête dans sa recherche ne charge ni n’excuse son père, cela donne toute la valeur au livre.

Les débats des intel­lec­tuels d’avant-guerre sont passion­nants, et je n’ai jamais lu une analyse aussi fine du PPF de Jacques Doriot. Le rôle de sa mère, dans l’échec du couple m’a, à la fois, inté­res­sée et trou­blée. Inté­res­sée : car D. Fernan­dez est d’une rigueur et d’une intel­li­gence humaine rare. Trou­blée : car je suis gênée qu’un fils en sache et en dévoile tant sur l’intimité du couple de ses parents. Je préfè­re­rais alors une œuvre roma­nesque à un témoi­gnage.

Citations

Tout le problème est là : un enfant a le droit de regar­der « sans honte » le visage de son père mort si celui-ci s’est four­voyé seule­ment en pensée. Mon père s’est-il borné à écrire dans une presse colla­bo­ra­tion­niste, ce qui serait blâmable, mais non coupable d’infamie ? Ou peut-on mettre à sa charge des actes indignes de pardon ?

L’homme moderne croit offrir ses idées à la société : il n’a que les idées que la société lui offre

Mais atten­dez un peu, je n’arrive pas à le dire, c’est trop dur, trop pénible pour un fils de révé­ler une action fran­che­ment abjecte de son père.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation