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J’étais à la recherche d’un roman qui emporte dans un autre univers que le mien , c’est réussi. 
Je me sens comme après avoir vu un excellent film d’action à la Clint East­wood. On repense aux moments les plus forts , on refuse de voir les invrai­sem­blances car le récit était trop bien mené et nous a permis de traver­ser des lieux et des époques que l’on connaît plus ou moins. J’avais entendu parler de cette répu­blique juive créer par Staline, aux confins de la Sibé­rie, mais je n’en savais guère plus.

Ce roman est l’occasion de connaître un peu mieux la Répu­blique Juive de Biro­bid­jan. Le person­nage prin­ci­pal, une actrice russe Marine Andreïeva Gous­seïev, permet à l’auteur d’analyser la terreur sovié­tique et la lutte contre le commu­nisme dans les États-Unis des années 50. Rien de nouveau pour la terreur stali­nienne si ce n’est que cette fois ce sont surtout les juifs qui sont visés , avec ce choix horrible : la mort violente chez les Nazis et la mort plus lente chez les commu­nistes.

Le roman met en lumière égale­ment la commis­sion McCar­thy qui fonc­tionne de façon terrible pour les accu­sés, c’est vrai­ment une période qui ne gran­dit pas l’Amérique. On ne saura donc qu’en 2026 jusqu’à quel point les preuves ont été, en grande partie, fabri­quées par la FBI et même si des gens n’ont pas été tués pour cela, beau­coup ont souf­fert et se sont vu reje­tés dans leur travail et par leurs amis pour des faits qu’ils n’avaient pas commis.

Il faut lire les annexes de ce roman car parfois de terribles petites phrases décri­vant la réalité font litté­ra­le­ment froid dans le dos !

Du côté russe

Kali­nine Mikhaël Président du soviet suprême, sa femme fut dépor­tée pour avoir criti­qué Staline

Du côté US

Hiss Alger rayé du barreau, il fut réin­té­gré en 1975, mais la cour suprême refusa(1976, confir­ma­tion en 1982) de le blan­chir. Les « preuves » rela­tives au cas Hiss sont inac­ces­sibles jusqu’en 2026, ce qui empêche aujourd’hui encore de connaître l’exacte ampleur des mani­pu­la­tions dans cette affaire.

Évidem­ment dans un cas, on mour­rait au Goulag ; dans l’autre on était désho­noré mais la démo­cra­tie devrait être exempte de manœuvres aussi malhon­nêtes. Je ne dis pas que ce roman est bien écrit, mais il emporte dans un autre monde et remet bien en mémoire des événe­ments qu’il ne faudrait jamais oublier.

Citation

Passage où la femme de Staline s’oppose à son mari

- C’est ça : buvez et empif­frez-vous pendant que la Russie crève de faim pour vous plaire !

Marina fixait son assiette devant elle . Elle devi­nait les regards qui l’observaient. Ils péné­traient ses joues, son front, sa nuque. Des pointes de fer rouge. Son cœur battait à tout rompre. Des ondes de terreur lui tailla­daient les reins. Mon Dieu ! N’avoir plus d’yeux ni d’oreilles ! Ne rien entendre de cette dispute. L’épouse de Staline insul­tant le Premier Secré­taire. Impos­sible !

On en parle

Babe­lio et mille et une page.

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