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J’avais mis ce livre, une première fois, sur mon blog, lors de sa créa­tion. Je l’ai mis, aussi, dans ma biblio­thèque de Babe­lio et je n’arrive pas à comprendre pour­quoi je suis toujours la seule lectrice, c’est un petit chef d’œuvre (n’ayons pas peur des mots !). Il concourt pour « le coup de cœur des coups de cœur » en juin 2010 de notre club de lectrices de la biblio­thèque de Dinard. Pour une fois, nous avions été unanimes dans nos éloges ; c’est si rare !

Je l’ai offert souvent et à chaque fois, on m’a fait savoir qu’on le trou­vait très bien. Il faut dire que ce roman a tout pour plaire. Il traite avec subti­lité et humour, d’une réalité doulou­reuse : l’exil. Alexan­dra, jeune auteure drama­tique, qui a plus d’un point commun avec Anca Visdei, fuit son pays, la Rouma­nie à l’occasion d’un colloque litté­raire.

Elle écrit à sa sœur pour qui elle éprouve une grande affec­tion, la façon dont toutes les deux se jouent des dangers du régime tota­li­taire est drôle mais tragique à la fois. Leurs lettres sont très surveillées, elles s’en amusent : « Ta lettre a mis quatorze jour. D’habitude ça ne prend qu’une semaine…Tu dois utili­ser de mauvaises enve­loppes, là-bas ils les fabriquent moins bien qu’ici, car ton pli s’est décollé pendant le voyage et une secou­rable postière de chez nous a été obli­gée de le recol­ler, très discrè­te­ment d’ailleurs. Il n’y aurait pas eu la petite marque que tu sais, c’était un travail comme neuf ! Quel sens esthé­tique pour une simple postière ! »

Le pays d’accueil, la Suisse n’est pas épar­gnée par l’humour d’Alexandra, j’ai souri à l’évocation des intel­lec­tuels de son colloque :

Tout le monde a été adorable avec moi. Le colloque a duré trois jours, l’admiration un peu moins…..Ils m’ont répondu …. Nous connais­sons et aimons votre pays. Nous avons passé une semaine à un congrès d’écrivains héros du peuple au bord de la mer noire.

On sent en Alexan­dra une vita­lité et une envie de s’imposer comme une écri­vaine de langue fran­çaise qui force l’admiration le parcourt sera long et diffi­cile mais avec tant d’esprit et d’énergie comment ne pas y parve­nir. À sa sœur qui lui dit qu’elle est belle comme une odalisque elle répond « Une odalisque est une crétine enfer­mée dans un harem, qui partage un gros mari violent avec une dizaine d’autres débiles de son espèce et qui passe son temps au bain à montrer des vertèbres super­fé­ta­toires à Monsieur Ingres. ».

La trame roma­nesque est riche des deux mouve­ments : la dureté et la désin­té­gra­tion du régime de Ceau­sescu et l’intégration dans ce qu’on appe­lait à l’époque « le monde libre », cela passe par le lien des deux sœurs qui est riche d’une compli­cité puis d’une tension qui rend le roman passion­nant et triste parfois. J’ai lu et relu plusieurs fois ce livre, avec toujours le même plai­sir.

J’espère trou­ver dans le monde des blogs d’autres lectrices passion­nées.

On en parle

link. Blog d’Anca Visdei : link.

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