3Nouveauté au club de lecture, nous gardons deux mois de suite un thème, et c’est le deuxième mois pour la litté­ra­ture haïtienne. Autant « Hadriana dans tous mes rêves » de René Depestre, ne corres­pond pas du tout à mes goûts autant « Yanva­lou pour Char­lie » m’a touchée. On se perd un peu dans le récit et je n’ai pas accro­ché de bout en bout d’où seule­ment trois coquillages. La présence des jeunes garçons haïtiens aban­don­nés à la misère de la rue est vrai­ment émou­vante. Le person­nage du prêtre qui est impuis­sant face à l’extrême pauvreté et la dureté de la société haïtienne malgré sa géné­ro­sité est touchant.

J’ai été intri­guée par l’histoire des prénoms qui font « campagne » et qu’il faut abso­lu­ment chan­ger pour réus­sir sa vie en ville. C’est assez amusant car le prénom que le person­nage prin­ci­pal s’est choisi : Mathu­rin, fait, pour moi, plus campagne que Dieu­tor son vrai prénom. L’écriture souvent poétique, se fait poignante en restant très pudique quand elle décrit la misère abso­lue des petits enfants à l’orphelinat.

Citations

La première fois que j’ai croisé la mort, un cyclone nous mena­çait. Le vent soule­vait déjà les tôles et le ciel versait sur nos têtes toutes ses réserves d’eau.

C’est vrai que Dieu­tor, ça va pas avec « monsieur » ni « maître ». C’est comme si on mettait un smoking à une vache.

Vu que nos géni­teurs nous ont aban­don­nés, je suppose que les gens nous consi­dèrent comme des mira­cu­lés et se féli­citent au nom de la société, d’avoir parti­cipé au miracle collec­tif, même quand ils n’ont rien fait pour nous. Ça doit être pareil pour les réfu­giés, quand ils arrivent dans un pays et qu’on leur ouvre la fron­tière. Quand on est le fils de personne ou qu’on a plus de pays, faut toujours s’excuser de se trou­ver là où on se trouve ou tout simple­ment d’être en vie.

Le père Edmond n’a que ses mots dans la bouche : Humi­lité, droi­ture, les quali­tés avec lesquelles bâtir une vie de tous les jours qui n’emmerde pas les autres …. On avait choisi, pour sortir du nombre, des métiers qui passent à la télé …Gino a dit avia­teur, Fili­dor domp­teur de lion. Moi j’ai dit guitare clas­sique.

Pour eux non plus c’est pas tout beau comme dans la Bible. Eux, ils ont pas de Messie volon­taire du Bon Dieu, pour mourir à leur place.

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