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Traduit du finnois par Sébas­tien CAGNOLI.

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Livre terrible et éprou­vant, mais livre à lire certai­ne­ment. On comprend pour­quoi des jeunes filles de l’est se font prendre aux pièges terribles de la pros­ti­tu­tion. Le destin de la vieille Aliide et de la jeune Sara se réunissent dans l’horreur, jusqu’au bout on se demande si celle qui a connu les purges stali­niennes (mais qui a colla­boré) va aider celle qui est tombée dans les griffes d’un soute­neur. Sara ne sait pas comment expli­quer sa situa­tion à la vieille femme et elle a telle­ment peur que les mafieux tortion­naires la retrouvent. Sara comprend l’Estonien mais le parle mal ce qui rajoute à son angoisse : la vieille femme va-​t-​elle la comprendre ?

Aliide la peur ça la connaît, cela fait plus de 60 ans qu’elle vit avec : est-​il possible qu’un membre de sa famille qu’elle a contri­bué à envoyer en Sibé­rie vienne lui deman­der des comptes… c’est si loin tout ça ! Sara et Aliide sont liées par l’angoisse et la peur qui rôde à la porte même de la maison : rien dans ce livre n’est léger ! La construc­tion du roman est éton­nante, comme des cercles qui se resserrent, comme un serpent qui entoure sa proie en l’étouffant peu à peu, la vérité se fera jour. Sara pourra-​t-​elle revivre et éloi­gner d’elle l’horreur. À lire donc (si on est en forme et si on a le moral !)

Citations

Pour le studio de tatouage, Pacha se faisait la main sur des filles hors d’usage. Comme avec Katia… Il avait piqué sur les seins de Katia : une femme à forte poitrine qui taillait une pipe à un diable… il avait orné le bras de Katia d’une deuxième image du diable. Ce dernier avait une grosse bite velue.
« Aussi grosse que la mienne ! » avait rigolé Pacha.

Après cela, Katia disparu.

Zara ouvrit un flacon de poppers et reni­fla. Quand Pacha la pren­drait pour se faire la main, elle saurait que son heure était venue.

Mais la terreur de la fille était telle­ment vive qu’Aliide la ressen­tit soudain en elle-même…Mais main­te­nant qu’il y avait dans sa cuisine une fille qui dégou­li­nait de peur par tous les pores sur sa toile cirée … . La peur s’installait là, en faisant comme chez soi. Comme si elle ne s’était jamais absen­tée. Comme si elle était juste allée se prome­ner quelque part et que, le soir venu, elle rentrait à la maison.

Alors que cette fille, avec sa jeune crasse, était ancrée dans le présent, ses phrases rigides sortaient d’un monde de papiers jaunis et d’albums mités remplis de photos.

On en parle

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