http://ecx.images-amazon.com/images/I/41ii8K3pBwL._SL500_AA300_.jpg

4
Il faut d’abord que j’avoue que je suis une incon­di­tion­nelle de Tonino Bena­quista. C’est un auteur qui me rend heureuse et qui me fait aimer l’humanité. Quelque soit son sujet, il traite toujours avec un profond respect les êtres humains, hommes ou femmes, pourvu que du haut d’une quel­conque supé­rio­rité, ils ne cherchent pas à mépri­ser un plus faible. Nous voici donc dans un club d’un nouveau genre, un club d’hommes racon­tant leurs déboires avec les femmes. Et nous allons suivre plus parti­cu­liè­re­ment l’aventure de trois person­nages :

  • Denis Beni­tez, un barman qui se croit victime d’un complot de femmes contre son pouvoir de séduc­tion,
  • Yves Leha­leur qui oubliera l’infidélité de sa femme grâce aux talents des pros­ti­tuées,
  • Philippe Saint-Jean (Philippe Gros­jean de son vrai nom ! !… ça rappelle un autre roman du même auteur) l’intellectuel pari­sien qui séduira un top modèle (tiens tiens, toute ressem­blance avec des person­nages exis­tant sont-ils vrai­ment de pures coïn­ci­dences ?).

L’amour donc, sous toutes ses formes, et en la matière, il en a de l’imagination (ou de l’expérience !) Tonino Béna­quista. Le moment qui m’a fait beau­coup rire, c’est lorsque Yves Leha­leur utilise les services d’une pros­ti­tuée polo­naise qui ne parle pas un mot de Fran­çais.

Je ne sais pas si c’est vrai­ment du Polo­nais mais l’effet est irré­sis­tible :

- Outside.
- Outside ?
Elle le toisa avec une lueur de doute et crai­gnit un plan scabreux. elle en avait trop subi pour ne pas redou­ter l’imagination perverse du client.
- Where, outside ? Ja nie moge sobie pozwo­lié na chryje z polic­jan­tami !
Il devina le dépravé qu’elle voyait en lui, et la rassura d’un mot qu’il pensait univer­sel :
- Pique-nique.

Je trouve un peu plus faible, la fin du roman, en parti­cu­lier quand Yves Leha­leur offre à toutes les pros­ti­tuées qu’il a connues, le moyen de refaire leur vie plus agréa­ble­ment. Mais peu importe, on passe un bon moment avec ce livre qui se moque genti­ment des travers de notre société. Le sujet (l’amour vu du côté des hommes), traité avec beau­coup d’humour et le regard très perti­nent de cet écri­vain sur nos compor­te­ments, donnent toute sa saveur à ce roman.

J’ai essayé d’en rendre compte à travers les cita­tions que j’ai choi­sies.

Citations

Se retrou­ver dans une salle de classe lui rappe­lait les rares examens qu’il avait subis – jadis, quelqu’un avait coché la case « vie active » dans son dossier scolaire, et ses parents, depuis toujours dans la vie active, n’avaient pas protesté.

Chez les grands bour­geois, on prenait l’adultère pour un mal néces­saire, à ranger dans le même tiroir que les mala­dies véné­riennes : ça tombait tôt ou tard, mais ça se soignait.

En outre, possé­der une voiture aurait été anti­ra­tion­nel, non écolo­gique, et pour tout dire, vulgaire.

Il lui suffi­sait de lire « Saint Pierre juste vapeur et son buis­son de cres­son 45€ » pour lui donner envie de rôtir en broche le cuisi­nier, avec une pomme dans la bouche.

Ces lèvres pulpeuses, mais si fines aux commis­sures, ne lui servaient ni à parler ni à se nour­rir ni à embras­ser, mais à sourire aux hommes de bonnes volonté.

Il remer­cia le ciel de lui lais­ser le cœur en paix et la queue vaga­bonde.

Après la crâne­rie, puis l’agacement, vint l’amertume ; jamais il n’avait été si popu­laire qu’en étant le contraire de lui-même.

À l’inverse, ce Grégoire, qui redou­tait tant de se lier à une femme, non parce qu’elle se pros­ti­tuait, mais parce qu’elle était grosse, résu­mait à lui seul une époque déca­dente où les inter­dits et les tabous n’étaient plus dictés par la morale mais par les impé­ra­tifs du profit et la hantise d’un ridi­cule média­tique.

On en parle

au Fauteuil Club Sand­wich.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation