Traduit de l’anglais (États-Unis) par Nico­las Richard.

5Atten­tion, chef d’œuvre ! Ne soyez pas rebuté par les 760 pages, ni par les réfé­rences aux tech­niques musi­cales, ni par les expli­ca­tions sur la rela­ti­vité. Vous serez emporté par ce roman, vous compren­drez ce que le racisme repré­sente de violence,de souf­france et d’humiliation pour toute une nation. Vous reli­rez l’histoire des Etats-Unis à la lumière des crimes raciaux et des émeutes qui finirent par en décou­ler.

L’histoire de cette famille est boule­ver­sante, j’ai passé de longues heures avec Délia, David, Jonah, Joseph et Ruth Strom, en espé­rant que les idéaux des parents, et la musique puissent triom­pher de la haine ! Seul reproche : j’aurais aimé avoir des notes en bas de page mon incul­ture améri­caine m’a obli­gée à consul­ter très souvent Wiki­pé­dia : je ne connais­sais pas o’fay,Ashan, Movie­tone, Sol Hurok , FRA etc.

Merci Fran­çoise de m’avoir offert ce cadeau qui a enchanté le début du mois de septembre 2009.

Citations

Les trois-quarts de tous les Noirs améri­cains ont du sang blanc – et la plupart d’entre eux ne l’ont pas choisi.

« Votre temps est plus lent que le mien. Le mien est plus lent que le vôtre. La raison en perd la raison.
– Oui ! » L’homme s’esclaffe. « Ça aussi c’est vrai ! Mais seule­ment parce que notre raison a été créée à des vitesses plus lentes. »

Lors de ces pénibles après-midi où Jonah et moi sommes bannis de la maison ……Nous restons allon­gés jusqu’au jour où nos cama­rades recréent la chute de Berlin en nous incen­diant. Après cela, pendant long­temps, nous avons eu le droit de rester à la maison.

Était-il possible qu’il exis­tât des Blancs qui, fina­le­ment, ne la détestent pas d’emblée pour l’impossible pardon qu’ils atten­daient d’elle ?

L’oiseau peut aimer le pois­son unique­ment pour l’étonnement qu’ils éprouvent en filant de concert vers l’inconnu.

La plupart des audi­teurs ignorent combien il est plus diffi­cile d’effleurer un son plutôt que de le marte­ler. Un démar­rage sur les chapeaux de roue fera toujours plus d’effet, sur scène, qu’un légato, plus diffi­cile à tenir.

Elle aime­rait marcher dans la rue avec son mari sans avoir à jouer la domes­tique. Elle aime­rait pouvoir lui prendre le bras en public. Elle aime­rait qu’ils puissent aller au cinéma ensemble, ou aller dîner quelque part, sans se faire expul­ser comme des malo­trus. Elle aime­rait pouvoir asseoir son bébé sur ses épaules, l’emmener faire les courses sans que pour autant tout le maga­sin en soit pétri­fié. Elle aime­rait pouvoir rentrer à la maison sans être couverte de venin. Cela n’arrivera pas de son vivant. Mais il faudra bien que cela se produise du vivant de son fils. La rage l’agrippe chaque fois qu’elle quitte la maison. Il n’y a que l’instinct mater­nel pour conte­nir cette rage.

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