97820707639625
Je ne pouvais pas imagi­ner mon blog sans les livres de Bena­quista, je n’avais pas la patience qu’il en écrive un nouveau pour le mettre sur mon blog, alors j’ai relu celui-là pour dire à quel point j’aime bien cet auteur. Lors d’un pari fou, deux hommes se donne rendez-vous trois plus tard au même endroit. Leur but : deve­nir quelqu’un d’autre. Le roman suit donc la trajec­toire de Thierry Blin et de Nico­las Gred­zinski dans leur nouvelle vie. Comme à la première lecture, j’ai beau­coup plus de sympa­thie pour Nico­las Gred­zinski que pour Thierry Blin, d’abord parce qu’il va vivre une belle histoire d’amour et qu’il est plein de tendresse pour le humains.

Ce que j’apprécie le plus dans ce livre, c’est la façon dont Bena­quista sait racon­ter des petits moments de vie de notre époque. Les conver­sa­tions à la café­té­ria sonnent telle­ment vraie. Son humour est déca­pant tonique, Bref un livre dont l’histoire est bien fice­lée, et qui fait sourire : ça fait du bien.

Citations

Une de ses premières clientes avait été cette petite dame et de ses « douze Klimt » à enca­drer.
– Douze Klimt ! Gustave Klimt ? Vous êtes sûre ?
– Oui, douze dessins.

– Des origi­naux ?
– Je ne sais pas.

– Ils sont signés ? Ce sont des oeuvres sur papier ?
– Non, sur un calen­drier.

Les arro­gants seront serviles un jour. En d’autre termes, plus on marche sur la tête des faibles, plus on est enclin à lécher les bottes des forts.

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La lecture des blogs m’a amenée à lire ce roman, et je n’ai pas regretté. C’est un roman vivant et très atta­chant. Le person­nage prin­ci­pal est un adoles­cent fou de lecture , il s’attire tout de suite la sympa­thie des lecteurs et lectrices bouli­miques, il est le fils d’un couple qui va mal, d’une mère venant de la bour­geoi­sie commer­çante qui se croit supé­rieure à son mari, fils d’émigré Italien. L’époque les années 60 est vrai­ment bien rendue, la guerre d’Algérie, le lycée où on s’ennuie, l’arrivée du rock et de la télé, le baby-foot les cafés. (Je me suis demandé si on disait déjà en 1960 bac plus ou moins six pour parler du nombre des années d’études)

Mais le plus impor­tant c’est la gale­rie de portraits des immi­grés des pays de l’est rassem­blés et désunis par des secrets que le roman dévoi­lera peu à peu. J’ai beau­coup appré­cié qu’un roman­cier fran­çais prenne autant de soin à nous faire décou­vrir des person­nages et les rendre crédibles même dans leurs outrances. Jusqu’au bout , ces person­nages sont vivants et plein de contra­dic­tions , le livre refermé on aime­rait en savoir encore plus sur chacun d’eux.

Citations

Long­temps, j’ai vécu dans l’ignorance la plus totale de l’histoire de ma famille. Tout était parfait ou presque dans le meilleur des mondes. On ne raconte pas aux enfants ce qui s’est passé avant eux ? D’abord ils sont trop petits pour comprendre, ensuite ils sont trop grands pour écou­ter, puis ils n’ont plus le temps, après c’est trop tard. C’est le propre de la vie de famille. On vit côte à côte comme si on se connais­sait mais on ignore tous des uns et des autres. On espère des miracles de notre consan­gui­nité : des harmo­nies impos­sibles, des confi­dences abso­lues, des fusions viscé­rales. On se contente des mensonges rassu­rants de notre parenté.

Le cinéma ça fait oublier. C’est le meilleur remède contre la déprime. De préfé­rence un film qui finit bien, qui rend meilleur, qui donne de l’espoir, avec un héros genou à terre, aban­donné par ses amis, humain, avec de l’humour, au sourire enjô­leur dont le meilleur pote meurt dans es bars, qui encaisse les coups avec une résis­tance incroyable, triomphe des méchants et de leurs complots, rend justice à la veuve et aux oppri­més, retrouve sa bien-aimée, une superbe blonde aux yeux bleus, et sauve la ville ou le pays au son d’une musique entraî­nante.

Tu nous emmerdes avec tes problèmes. Tu es vivant, profites-en pour vivre.

Des drôles d’accents qui leur faisaient manger la moitié des mots, conju­guer les verbes à l’infinitif, les mettre en début de phrase, bouf­fer les pronoms, confondre les homo­nymes, igno­rer le mascu­lin et le fémi­nin ou les acco­ler dans des asso­cia­tions hasar­deuses.

Quand un homme accom­plit son rêve, il n’y a ni raison ni échec ni victoire. Le plus impor­tant dans la Terre promise, ce n’est pas la terre, c’est la promesse.

On en parle

link.

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C’est vrai­ment un très bon roman dont le thème est l’amitié. Je pense que les adoles­cents adore­ront (mais je ne connais pas bien ce public). J’ai beau­coup appré­cié la descrip­tion du plai­sir que donne le jeu du basket. Cet écri­vain raconte bien les diffi­cul­tés de vie des femmes en parti­cu­lier celles qui sont seules pour élèver un enfant, la vie dans les cités défa­vo­ri­sées et la force de l’amitié.

Le récit a pour trame la sépa­ra­tion, la dépres­sion d’une mère, les diffé­rences sociales aujourd’hui, le lycée et le basket

Citations

Encore qu’ « amis », c’est un drôle de mot.
C’est comme « amour ».
Ce sont des mots que je n’ai pas l’habitude d’employer.
J’utilise « copain », « camarde », « pote » jusqu’à « cousin » ou jusqu’au verlan – mais « ami », c’est trop bizarre. C’est un mot adulte. J’espère que je vais m’en servir plus tard – et beau­coup- mais pour l’instant, je le tiens à distance.

Seul le frigo faisait son raffut habi­tuel. Il faut le chan­ger, le frigo. Mais on attend qu’il rende complè­te­ment l’âme, parce qu’on est raides. Alors en atten­dant le moment fati­dique, on mange un jour des aliments moitié conge­lés et le suivant, les mêmes, mais pleins de flotte.

On en parle

link

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Superbe livre, j’ai, bien sûr, pensé que j’aurais préféré que comment faire l’amour avec un nègre sans se fati­guer soit choisi par la biblio­thé­caire pour nous faire décou­vrir Dany Laferrière.(Je me promets de le lire prochai­ne­ment !)

Haïti semble toujours concen­trer tous les malheurs de la planète. Cet écri­vain n’explique rien, mais raconte si bien et dans une si belle langue qu’on est complè­te­ment envouté par son récit. La gale­rie de portrait des Haïtiennes et Haïtiens est inou­bliable mon préféré est cet homme dont les sbires du régime de « Baby-doc » ont détruit la biblio­thèque qui ne conte­nait que des livres de poésies :

Et Alcool est le seul livre qui n’a pas été détruit ce jour-là puisqu’il l’avait, comme toujours avec lui – il ne s’est jamais dégrisé d’Apollinaire.

Durant tout le chapitre, l’auteur prend des accents d’Apollinaire pour nous parler de l’ancien ami de son père.

La démarche indo­lente
d’une vache
à sa prome­nade du soir.
La nuit devient
chagal­lienne.

Citations

la lecture

J’ai toujours pensé
que c’était le livre qui fran­chis­sait
les siècles pour parve­nir jusqu’à nous.
Jusqu’à ce que je comprenne
en voyant cet homme
que c’est le lecteur qui fait le dépla­ce­ment.
Je n’achetais un livre que
si l’envie de le lire était plus forte
que la faim qui me tenaillait.

L’exil

Pour les trois quarts des gens de cette planète
il n’y a qu’une forme de voyage possible
c’est de se retrou­ver sans papiers
dans un pays dont on ignore
la langue et les mœurs.

L’humour

Ce type à côté de moi me dit qu’il a fait déjà deux solides tenta­tives de suicide, mais qu’il ne pour­rait suppor­ter une seule jour­née d’exil. Moi, c’est le contraire, je ne crois pas pouvoir survivre à un suicide.

Haïti

Si on meurt plus vite qu’ailleurs,
la vie est ici plus intense.
Chacun porte en soi la même somme d’énergie à dépen­ser
sauf que la flamme est plus vive quand son temps pour la brûler
est plus bref.

La pauvreté

Nous sommes dans la voiture de son ami Chico. On doit garder ses pieds sous ses jambes, car il n’y a pas de plan­cher. On voit l’asphalte défi­ler et les trous d’eau verte. On dirait une déca­po­table à l’envers.

4
Premier octobre : début du club de lecture de la biblio­thèque Dinard. Mes lectures vont donc, varier au gré des goûts des dinar­daises. Le premier est un livre pour adoles­cents. Je me demande bien pour­quoi pour­quoi Cathe­rine Gilbert, la traduc­trice, a changé le titre anglais The London eye Mystery en L’étonnante dispa­ri­tion de mon cousin Salim. L’enquête pour retrou­ver le cousin qui a disparu dans la grande roue à Londres est bien menée et tout est plau­sible . On découvre l’histoire à travers le regard du person­nage prin­ci­pal, jeune autiste atteint du syndrome d’Asperger , c’est de là que vient l’intérêt du livre.

Ted ne sait pas mentir, se passionne pour la météo marine, prend au pied de la lettre les expres­sions toutes faites, n’a aucun humour et a appris par cœur des listes d’expressions du visage pour comprendre les réac­tions affec­tives des « normaux » puisqu’il ne les ressent jamais.

Citations

Ses lèvres sont fran­che­ment remon­tées, mais ses yeux se sont mouillés. Ce qui signi­fie qu’elle était triste et contente en même temps.

Comme la fois où j’avais demandé pour­quoi les foot­bal­leurs étaient esclaves alors que l’esclavage était aboli, après avoir entendu aux infor­ma­tions qu’une star du club de Manches­ter United avait été acheté vingt millions de livres par un autre club

Salim, si tu es un irré­cu­pé­rable blagueur, ai-je dit c’est quoi, un blagueur récu­pé­rable ?

Maman prétend que notre jardin a la taille d’un timbre-poste. En réalité, il mesure trois mètres sur cinq et j’ai calculé qu’on pouvait y faire tenir vingt-deux mille cinq cents timbres.

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La BD, ce n’est pas toujours ma passion, le plai­sir de lecture n’a rien à voir avec celui procuré par un bon texte. Mais j’ai appré­cié les dessins, l’humour et la nostal­gie qui se dégagent de ces 18 nouvelles, mises en images par des dessi­na­teurs talen­tueux. J’aime bien , Le View-Master de Jordi Sempere, un homme confronté à l’Alzheimer de sa mère. Ma préfé­rée , surtout pour le dessin , Les Brûlures de Simon Hureau. Pour cette nouvelle, la qualité du graphisme ajoute beau­coup à l’histoire de la rencontre dans une piscine d’un poli­cier noir et d’une jolie fille qui cache un secret doulou­reux. Le sous-titre du livre « autres nouvelles qui font du bien » est tout à fait vrai : c’est une lecture qui fait du bien.

Citations

- Vous avez raison patron. je dois être le seul chauf­feur qui de fasse conduire par son patron.
– Le coup de la voiture avec chauf­feur, ça épate beau­coup les coréens.
– Et vous patron, qu’est ce qui vous épate ?
– Que vous soyez parvenu à vous faire enga­ger comme chauf­feur sans même possé­der votre permis de conduire !

On en parle

Voici le site qui m’a donné envie de lire cette BD : link.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Nico­las Richard.

5Atten­tion, chef d’œuvre ! Ne soyez pas rebuté par les 760 pages, ni par les réfé­rences aux tech­niques musi­cales, ni par les expli­ca­tions sur la rela­ti­vité. Vous serez emporté par ce roman, vous compren­drez ce que le racisme repré­sente de violence,de souf­france et d’humiliation pour toute une nation. Vous reli­rez l’histoire des Etats-Unis à la lumière des crimes raciaux et des émeutes qui finirent par en décou­ler.

L’histoire de cette famille est boule­ver­sante, j’ai passé de longues heures avec Délia, David, Jonah, Joseph et Ruth Strom, en espé­rant que les idéaux des parents, et la musique puissent triom­pher de la haine ! Seul reproche : j’aurais aimé avoir des notes en bas de page mon incul­ture améri­caine m’a obli­gée à consul­ter très souvent Wiki­pé­dia : je ne connais­sais pas o’fay,Ashan, Movie­tone, Sol Hurok , FRA etc.

Merci Fran­çoise de m’avoir offert ce cadeau qui a enchanté le début du mois de septembre 2009.

Citations

Les trois-quarts de tous les Noirs améri­cains ont du sang blanc – et la plupart d’entre eux ne l’ont pas choisi.

« Votre temps est plus lent que le mien. Le mien est plus lent que le vôtre. La raison en perd la raison.
– Oui ! » L’homme s’esclaffe. « Ça aussi c’est vrai ! Mais seule­ment parce que notre raison a été créée à des vitesses plus lentes. »

Lors de ces pénibles après-midi où Jonah et moi sommes bannis de la maison ……Nous restons allon­gés jusqu’au jour où nos cama­rades recréent la chute de Berlin en nous incen­diant. Après cela, pendant long­temps, nous avons eu le droit de rester à la maison.

Était-il possible qu’il exis­tât des Blancs qui, fina­le­ment, ne la détestent pas d’emblée pour l’impossible pardon qu’ils atten­daient d’elle ?

L’oiseau peut aimer le pois­son unique­ment pour l’étonnement qu’ils éprouvent en filant de concert vers l’inconnu.

La plupart des audi­teurs ignorent combien il est plus diffi­cile d’effleurer un son plutôt que de le marte­ler. Un démar­rage sur les chapeaux de roue fera toujours plus d’effet, sur scène, qu’un légato, plus diffi­cile à tenir.

Elle aime­rait marcher dans la rue avec son mari sans avoir à jouer la domes­tique. Elle aime­rait pouvoir lui prendre le bras en public. Elle aime­rait qu’ils puissent aller au cinéma ensemble, ou aller dîner quelque part, sans se faire expul­ser comme des malo­trus. Elle aime­rait pouvoir asseoir son bébé sur ses épaules, l’emmener faire les courses sans que pour autant tout le maga­sin en soit pétri­fié. Elle aime­rait pouvoir rentrer à la maison sans être couverte de venin. Cela n’arrivera pas de son vivant. Mais il faudra bien que cela se produise du vivant de son fils. La rage l’agrippe chaque fois qu’elle quitte la maison. Il n’y a que l’instinct mater­nel pour conte­nir cette rage.

5
J’aime la poésie, avoir quelques vers en mémoire m’aide à suppor­ter le quoti­dien ou à le trou­ver plus beau. Ce recueil m’a touché, et, j’ai pu faire parta­ger cette émotion à tous ceux qui souffrent de la dispa­ri­tion d’êtres chers. Plus que mes phrases maladroites lisez et écou­tez ce poème réson­ner en vous :

Je veux te dire cette sorte de secret
qu’on ne lit qu’en soi loin
derrière les paupières fermées
long­temps après que sur le cercueil
se sont refor­més les liens du jour

tes morts ne sont qu’à toi

toi seule sais leur nom véri­table
celui qu’on n’écrit pas aux registres
parce qu’il n’est signe dans nulle langue humaine
et qu’il n’est pas d’oreilles
pour la voix qui le dit

toi seule les vois tes morts
hors leur visage de cendre
et les vois sans faillir dans l’absence même
toi seule l’ombre plus claire dans l’ombre
où leur regard paraît

et l’exacte main de douceur sur ton front
pareille au flux des herbes dans la brise
toi seule la recon­nais
qui n’est pas la matière des songes
ni comme le souve­nir appa­riée du désert

toi seule sais
la douceur des morts qui t’appartiennent
car tu es né de leur douceur
et tu prolonges dans chacun de tes gestes
la douceur qui fut le pli heureux de leur vie
à tes yeux désor­mais
de voir clair dans la trans­pa­rence
que fait leur dispa­ri­tion
à toi de comprendre dans la vie requise
l’effacement et le soleil unanimes
ta joie volon­taire
et la beauté des choses

comme endor­mis tes morts rêvent à tes côtés

tu ne guéri­ras pas de leur nuit
mais tu accom­pli­ras
comme l’île conti­nuant la terre où elle n’est plus
leur part perdue
car fille des tes morts
tu es ce qu’ils igno­raient d’eux-mêmes

5
L’écriture est extra­or­di­naire, j’ai été envou­tée par ce livre, on retrouve l’Espagne du début du 20e siècle, ses violences, l’obscurantisme, les croyances reli­gieuses et la condi­tion des femmes. On pour­rait avoir un livre aux accents complè­te­ment déses­pé­rés les histoires sont toutes plus tragiques les unes que les autres (par exemple « l’ogre » qui viole et tue des enfants) mais grâce au style de Carole Marti­nez, on peut tout lire, ce qui ne veut pas dire tout accep­ter. C’est vrai­ment un beau livre que j’ai décou­vert grâce à mon club de lecture et qui depuis a gagné neuf prix litté­raires.

Citations

Un dimanche, la mère surprit ces œillades et, de retour chez elle, la jeune fille fut giflée.
- Tes yeux ne doivent voir que le padre ! Hurla Fran­cisa.
- Pour­quoi ? lui demanda la future fian­cée.
- Parce qu’il porte des jupes, conti­nua sa mère en larmes. Si quelqu’un surprend ton manège, on te pren­dra pour une fille perdue, on ira racon­ter que tu te donnes, que tu écartes les jambes quand on te paye et alors plus personne ne voudra de toi. Pense à la grand Lucia qu’on couche dans tous les buis­sons, qu’elle le veuille ou non, tout ça parce qu’on l’a vue se retour­ner pendant la messe vers celui auquel on l’avait promise.

La Maria privi­lé­giait l’hygiène, la Blanca, la magie. L’une repré­sen­tait l’avenir, la science ; l’autre le passé et ses forces obscures bien­tôt oubliées. Situées chacune à un bout du temps, en regard de part et d’autres du moment présent, ces deux femmes ne se parlaient jamais direc­te­ment. Seule l’une des deux était présente lors d’un accou­che­ment. Pour­tant, quand la chose se présen­tait mal, elle faisait appe­ler l’autre. Alors, sans s’adresser un mot, les deux femmes agis­saient de concert et il était bien rare qu’elles ne sauvent pas la mère, car toutes les deux contrai­re­ment à un bon nombre de celles qui les avaient précé­dées, faisaient passer la vie de la femme avant celle de son enfant et c’était sans doute sur cet accord silen­cieux que se fondait leur entente.

Cette fois, elle ferma les volets, couvrit le miroir, ce piège à âmes, arrêta l’horloge … Elle venait faire un mort.

En cousant les linceuls, on regretta le curé et l’église. Les maigres discours des anar­chistes loque­teux ne valaient pas la pourpre des rituels catho­liques, ils ne pouvaient promettre à ces hommes tombés pour la cause le moindre au-delà ! Les adieux prenaient un carac­tère défi­ni­tif et déri­soire.

Depuis le premier soir et le premier matin, depuis la Genèse et le début des livres, le mascu­lin couche avec l’Histoire. Mais il est d’autres récits. Des récits souter­rains trans­mis dans le secret des femmes, des contes enfouis dans l’oreille des filles…….Ce qui n’a jamais été écrit est fémi­nin.

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J’ai ri et en rit encore, c’est plus qu’un coup de cœur c’est le coup de cœur des coups de cœurs et toutes mes amies de notre club de lecture étaient bien d’accord avec moi. Tout est parfait dans ce livre l’écriture la struc­ture roma­nesque et la gale­rie des portraits. Un noir du Congo raconte sa vie et sa sépa­ra­tion avec la mère de sa petite fille dans le Paris d’aujourd’hui. Le style de Maban­ckou est vrai­ment savou­reux, j’aurais pu tout reco­pier , il faut lire de toute urgence ce livre, et comme moi je suppose que vous n’oublierez pas le « fesso­logue » de sitôt !

Citations

… Ce groupe fait la pluie dilu­vienne et le beau temps là-bas… C’est pour ça qu’à la diffé­rence de notre Arabe du coin, moi je respecte les Chinois et les Pakis­ta­nais. Ce sont de braves types à qui on colle injus­te­ment la mauvaise répu­ta­tion qu’ils se démènent ou restent cois alors qu’ils ne font de mal à personne…

Le jour on inven­tera des tams-tams sans bruit, beau­coup de vieux nègres perdront leur raison de vivre…