Ce livre est dans mes listes depuis .….. long­temps ! j’apprécie cette auteure qui fait partie des gens qui me font du bien. D’abord parce que Kata­rina Mazetti aime racon­ter des histoires et que j’adore que l’on m’en raconte. Ensuite, parce qu’elle a un sens de l’humour avec lequel je suis bien : jamais méchant mais telle­ment perti­nent. La fin est peut-être trop gentille, mais elle ne fait que deux pages et il fallait bien finir ! C’est pour­tant pour cette raison et l’aspect un peu cari­ca­tu­ral de certains person­nages que ce roman n’a pas eu ses cinq coquillages que j’ai parfois eu très envie de lui mettre. Nous sommes embar­qués sur un bateau de croi­sière vers l’Antarctique avec des Suédois sans soucis finan­ciers mais avec parfois des diffi­cul­tés bien plus graves. Les deux person­nages centraux sont un jour­na­liste et une certaine Wilma. Le jour­na­liste se noie dans un divorce qui le prive de ses enfants. Tous les torts sont évidem­ment, selon lui, du côté de son épouse, mais peu à peu on se rendra compte que ce n’est peut être pas si simple. Et surtout, comme dit mon beau-frère préféré « il y a malheur plus grand » : que cache, en effet, la raideur et la maladresse de Wilma ? Il prend le risque à force de ne s’intéresser qu’à sa petite personne et profi­ter sans vergogne de la gentillesse et de l’optimisme de celle qui ne veut pas étaler ses problèmes de passer à côté d’une véri­table diffi­culté de la vie. Et puis, il y a, Alba qui compare chaque type humain à des compor­te­ments des animaux mais préfère ces derniers au hommes car : l’expression « les hommes sont des animaux » est une offense aussi bien envers les manchots que les autres espèces animales. C’est vrai que ce n’est pas un roman qui va rester à vie dans ma mémoire mais il m’a fait sourire et j’ai bien aimé les obser­va­tions sur les compor­te­ments des mammi­fères dits supé­rieurs, un peu cari­ca­tu­raux, peut-être comme ces deux sœurs : l’une, la riche exploite sans pitié la gentillesse de l’autre, la plus pauvre. Ces petits bémols ne doivent pas faire oublier que c’est avant tout un roman léger et agréable et pas l’étude du siècle sur les mœurs de la société suédoise.

Citations

Préface

Tous les person­nage de ce roman ont été tirés d’un compost d’observation diverses et de frag­ments de souve­nirs qui a mûri dans la tête de l’auteur durant un laps de temps indé­fini.

C’est indi­qué « bagages » avec une flèche à droite et une autre à gauche. Sur le même panneau ! J’ai un faible pour les Fran­çais, mais Charles-de-Gaulle est un concen­tré de leurs pires défauts.

Des noms qui font rêver (ou pas)

Thiru­va­nan­tha­pu­ram 

C’est vrai en France aussi

Regar­dez le public au théâtre ou dans les vernis­sages ! Quatre-vingt-dix pour cent sont des femmes, la plupart ayant dépassé la cinquan­taine, les dix pour cent restants y ont été traî­nés par une femme. Inter­di­sez l’accès aux femmes de plus de quarante-cinq ans et vous pouvez annu­ler toute vie cultu­relle suédoise !

Le résultat d’une enquête journalistique

Le conseiller d’éducation s’est pendu avant le procès lais­sant une épouse et trois enfants dont deux fréquen­taient son école. La répu­ta­tion de la rempla­çante a été ruinée et elle a perdu son boulot. Le seul à être vrai­ment heureux à proba­ble­ment été l’enfoiré qui avait vendu l’histoire au départ. Et puis, nous les trois épau­lards . Dans une bonne humeur forcée, nous sommes allés nous saou­ler au pub pour célé­brer notre acti­vité si utile à la société.
Bon évidem­ment qu’elle était utile à la société, je le soutiens encore aujourd’hui. Mais. La vie de six personnes à été détruite.

Philosophie du marin

Tout le monde devrait connaître un bon mal de mer de temps en temps, a-t-il marmotté. Ça vous rend humble et doux, on se rend compte qu’on n’a pas grand-chose à oppo­ser à la nature. Je crois que je vais inven­ter un comprimé de mal de mer qui fonc­tionne à l’envers. Pour le jeter dans le gosier des tyrans omni­po­tents aux quatre coins du monde quand ils s’apprêtent à enva­hir un pays , ou à dévas­ter une forêt, ou simple­ment à battre leur femme.

Un vantard

Göran est resté au bar à racon­ter à ceux qui voulaient bien l’écouter qu’il n’avait jamais eu le mal de mer. Ce qui est sans doute vrai -mais il n’a pas précisé qu’il n’avait jamais vrai­ment pris la mer, seule­ment fait des courses en hors-bord sur le lac près de chez nous.

J’ai souri

C’est un peu comme boire un verre de cognac quand on sent venir un gros rhume. Ça ne guérit personne, mais on s’amuse plus en atten­dant d’être patraque.

SONY DSCTraduit (de façon étrange parfois) de l’anglais par Béatrice Vierne.

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J’ai suivi les plai­sirs de Domi­nique et j’ai mis mes pas dans ceux de Kath­leen Jamie. Avec un peu d’appréhension car je me méfie des passion­nées de nature. Mais je devais me rendre à la boutique Orange pour échan­ger ma « Live box » foudroyée par un orage du début de l’été. Allez chez Orange, c’est apprendre la patience, et pour ne pas être enva­hie par la laideur ordi­naire du centre commer­cial, quoi de mieux qu’un livre qui vous entraîne dans les îles du nord de l « Écosse. Le livre comporte 11 ballades, 8 m’ont abso­lu­ment ravie. Une m’a vrai­ment déçue, celle à travers les bocaux des patho­lo­gistes et anato­mistes de l’hôpital de Surgeons » Hall et je n’ai trouvé aucun inté­rêt à la descrip­tion d’Edimbourg.

J’ai parfois été éton­née par la traduc­tion, heureux ceux qui peuvent lire cette auteure en anglais ! Les cinq premières ballades sont abso­lu­ment magiques, on peut les lire avec Inter­net pour savou­rer toutes les images que Kath­leen Jamie nous évoque avec beau­coup de grâce, de préci­sion et d’humour.

Elle se sert de ses talents d’écrivaine pour nous embar­quer dans des lieux magiques et nous faire réflé­chir sur la complexité de l’âme humaine. Pour­quoi en effet les hommes d’aujourd’hui se préci­pitent-ils à Maes Howe sur l’île prin­ci­pale des Orcades, pour voir un simple rayon de soleil éclai­rer le fond du tombeau au solstice d’été, alors que notre monde met de la lumière partout et semble détes­ter par dessus tout l’obscurité ? En reve­nant de cette visite, elle se demande et nous avec elle, quels vestiges de notre civi­li­sa­tion d’autres hommes dans 2000 ans visi­te­ront avec autant d’émotion ? Un simple rayon de soleil capté par une construc­tion de pierre a donc plus de chance de passer à la posté­rité que la fusée qui a conduit des hommes sur la lune ?

À la recherche des oiseaux , elle nous fait aimer le « crex-crex » ou « râle des genets » oiseau qui était commun et abon­dant et que la méca­ni­sa­tion de l’agriculture a fait dispa­raître. N’est-elle pas cette agri­cul­ture, respon­sable de la dispa­ri­tion d’une certaine poésie. Les horribles rollers de foin entou­rés de plas­tique vert ont défi­ni­ti­ve­ment chassé les « petits dieux des champs ». Si être passionné par les oiseaux, c’est avoir la chance d’assouvir son passe temps dans des endroits aussi beaux que les Orcades ou les iles Hébrides alors je crois bien que je ne vais pas tarder à faire partie de leur confré­rie.

Citations

L’obscurité

Un peu de pitié pour l’obscurité ! Que nous sommes donc soucieux de la terras­ser et de la bannir, qu’elle est donc pleine à écla­ter de tout ce qui est diabo­lique, tel un sinistre réduit sous l’escalier… Tenez , j’ai cher­ché le mot « obscu­rité » sur Inter­net – et aussi­tôt on m’a servi des minis­tères chré­tiens se propo­sant de me guider vers le salut.

Météo que je connais (petit problème de traduction que vient faire le « cependant » ici ?)

Après la pluie, cepen­dant, deux jours complets, nous avons vu poindre une jour­née écla­tante et relui­sante de propreté : tout avait été rincé à fond, le ciel et les arbres, les gout­tières et les fenêtres, et même les écla­bous­sures de fiente, sous la corniche des deux faucons avaient disparu. 

Vrai problème de traduction que veut dire ici le mot « un cours » ?

Je n’avais jamais encore mis les pieds sur un yacht, jamais navi­gué sur un bateau plus petit qu’un ferry de la compa­gnie CalMac, je n’étais jamais arri­vée à terre ailleurs que dans un port, une ville, avec toute la pano­plie des acti­vi­tés humaines – les casiers empi­lés, les émana­tions de diesel, une église en haut d’une butte avec une girouette en forme de pois­son. Je n’avais jamais compris qu’on pouvait tracer une ligne droite à travers l’océan et appe­ler ça un cours

La poésie et les oiseaux

Me voyant émer­veillée, il m’a assuré qu’identifier un oiseau était assez compa­rable au fait d’élaborer un poème ou tout autre écrit , à partir de notes comme celles que je m’arrêtais pour prendre dans mon cahier à l’abri du vent

C’est bien vrai

Jusque là, cepen­dant, si l’ancre chas­sait ou si la chaîne se rompait, nous serions drossé à la côte. « Pour un marin, la terre n’est pas syno­nyme de sécu­rité. Ce qu’on veut, c’est être entraîné vers la haute mer. »

Le râle des genets ou crex crex

Le temps n’est pas idéal pour obser­ver les râles des genets. Le ciel est très couvert , les coups de chien mena­çant, la brise est très froide.Or, si le vent dépasse les trois nœuds , les râles n’ont pas envie de sortir. Ils n’aiment pas voler, le vent et la pluie leur déplaisent, et ils n’ont aucune envie de se donner en spec­tacle- c’est le genre d’oiseau qui demande à être dispensé d’activités spor­tives.
Sarah me parle d’une vieille dame qui est restée assise , tran­quille et bien élevée, pendant une heure , deux heures.… et puis soudain, il y a eu des cris de sioux et Sarah s’est retour­née pour voir la visi­teuse bondir comme une folle, en donnant des coups de poing dans le vide, comme un foot­bal­leur, tout ça parce qu’elle avait entrevu un insai­sis­sable oiseau brun.

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Tenir un blog vous vaut parfois de merveilleux petits cadeaux. « Norman­die terre des arts » s’est adressé à moi pour que je parle de ce livre, je me méfie beau­coup de ce genre de demande mais j’ai accepté, car j’avais trouve inté­res­sant le travail du dessi­na­teur Bernard Verno­chet, enfin ce que j’avais pu en voir sur Inter­net. Ce petit livre est une merveille , Gran­ville a bien de la chance d’être aimé par tous les gens qui se sont unis pour offrir à ses visi­teurs un si beau souve­nir. Car plusieurs amou­reux de cette petite ville côtière ont écrit un petit texte qui accom­pagne très bien les dessins.

Mais le charme de petit livre tient dans le regard du dessi­na­teur et aqua­rel­liste, tout en nuances, et dans l’observation des petits détails qui font la vie. Si Gran­ville n’est pas un site à couper le souffle, c’est un lieu où on se sent bien pour qui sait regar­der.

Un petit regret , il me manque quelques images de la mer , pour­tant la vie du port est partout. Et fina­le­ment, j’ai décou­vert un chan­teur que je ne connais­sais pas et qui va bien au livre et à cette région : Jean- Marie Vivier. écou­tez-le ce n’est pas la chan­son du livre car je ne l’ai pas trou­vée sur youtube, j’ai trouvé celle-là, elle me plaît bien !

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Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Chris­tiane et Da id ELLIS

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Et voilà, mon voyage est terminé, je suis de retour d’une Austra­lie si bien racon­tée par Bill Bryson, que cela va me préser­ver d’un trop long vol vers ce pays qui m’a toujours attiré. Comme toujours avec un humour qui n’appartient qu’à lui et un sérieux dans ce qu’il veut nous faire comprendre, Bill Bryson explique que l’Australie est un pays conti­nent si vaste et si varié que chacun d’entre nous peut y trou­ver des merveilles inou­bliables.

Ce qui m’a frap­pée à la lecture de ce livre c’est à quel point je savais peu de choses sur l’Australie. Mais je ne suis visi­ble­ment pas la seule comme nous le dit Bill Bryson c « est peut-être parce que

Ce pays ne connaît pas de coups d’État, n’épuise pas ses réserves de pois­sons, n’arme pas d’horrible despotes, ne pratique pas la culture de la drogue de façon indé­cente. Bref, c’est un pays qui ne joue pas les gros bras et ne fait pas sentir sa puis­sance d’une manière provo­cante et dépla­cée. Un pays stable, paci­fique et correct. Un pays qui n’a pas besoin d’être surveillé du coin de l’oeil, ce qui fait qu’on ne le regarde même plus.

J’ai beau­coup aimé les descrip­tions des petits musées qui sont souvent plus inté­res­sants qu’il ne le pensait de prime abord. Le danger de la faune m’a fait irré­sis­ti­ble­ment penser au « Koala tueur  » je m’attendais que Bill Bryson cite Kenneth COOK car ils ont le même humour quand ils décrivent les dangers de la gent animale austra­lienne. Pendant toute la lecture, je me deman­dais comment (et quand) il allait parler des Abori­gènes, il le fait à la fin mais hélas on sent bien qu’il n » a discuté avec aucun d’entre eux. Je trouve que ça manque.

Alors si vous voulez qu’on vous raconte une nature abso­lu­ment superbe, déser­tique ou luxu­riante, rencon­trer des gens « cool et sympa » , avaler des kilo­mètres sous une chaleur étouf­fante, vous faire peur avec des requins, des arai­gnées, des méduses des serpents ou tout autre insecte, n’hésitez pas prenez le temps de lire « nos voisins du dessous »

Citations

Les musiques d’ambiance

Le fond sonore, je le remar­quai avec un certain inté­rêt , avait évolué et on était passé de « pot-pourri de vos vieilles comé­dies musi­cales favo­rites » à » Jour de fête à la maison de retraite ».

Pour décomplexer à jamais ceux qui ont peur de ronfler

Je dors comme si on m’avait injecté une dose de cheval d’un relaxant muscu­laire des plus puis­sant.
Mes jambes s’écartent d’une manière grotesque. Mes mains retombent au niveau du plan­cher. Tous mes acces­soires internes – langue , glotte, gaz intes­ti­naux – décident d’aller faire un tour à l’extérieur. De temps en temps, comme un jouet ridi­cule, ma tête dode­line vers l’avant et déverse sur mes genoux un demi-litre de salive visqueuse , avant de repar­tir en arrière pour refaire le plein avec des borbo­rygmes de chasse d’eau qui se remplit. Et je ronfle de façon bruyante, indé­cente, comme des person­nages de dessins animés dont les lèvres exagé­ré­ment élas­tique émettent de gros nuages de vapeur.

Les charmes de l’Australie

En fait, je pense qu’il est tout simple­ment impos­sible de réper­to­rier en une seule vie l’intégralité des dangers qui vous guettent dans le moindre buis­son d’acacia ou la moindre flaque d’eau de cette contrée si éton­nam­ment riche en espèces aux crocs veni­meux ou acérés

Les araignées

Personne n’a pu m » expli­quer, inci­dem­ment , pour­quoi ces bestioles sont d’une toxi­cité aussi phéno­mé­nale. Car possé­der assez de venin pour tuer un cheval, alors qu’il ne s’agit que de captu­rer des mouches, me paraît un cas flagrant de gaspillage de ressources natu­relles. Mais au moins les arai­gnées sont-elles sûres que les gens s’écarteront sur leur passage.

Les serpents

la plupart des serpents ne vous feront aucun mal . Si vous vous trou­vez dans le bush face à l’un d’eux, arrê­tez-vous net et lais­sez-le passer tran­quille­ment sur vos chaus­sures. Person­nel­le­ment, au palma­rès des « conseils les moins suscep­tibles d’être suivis » j’accorde le premier prix à celui-là.

Toujours le même talent a nous raconter avec humour les aventuriers qui ont sillonné l’Australie au 19e siècle

On choi­sit comme chef un offi­cier de police irlan­dais , un certain Robert O’Hara Burke, qui de sa vie n’avait jamais mis les pieds dans l’outback, qui était réputé se même à Dublin et qui ne connais­sait rien au monde de la science ou de l’exploration. Le topo­graphe serait William John Wills , dont les prin­ci­pales quali­fi­ca­tions semblent avoir été une origine très respec­table et son désir de partir là-bas. Un des atouts les plus remar­quables de ces deux gent­le­men étaient un visage orné d’un système pileux excep­tion­nel.

Un petit clin d’œil à la Française que je suis

Si La Pérouse avait été plus rapide, il aurait pu procla­mer l’Australie terre fran­çaise et épar­gner à ce pays deux cents ans de cuisine britan­nique.

À propos du peuplement de l’Australie

À la fin du XVIIIe siècle , les textes de loi britan­niques offraient une longue liste de crimes passibles de la peine capi­tale. On pouvait être pendu pour deux cents délits compre­nant, notam­ment, le crime impar­don­nable de « se faire passer pour un Egyp­tien ».

Le paragraphe sur le cricket

Après des années d’études patientes et labo­rieuses (avec le cricket il ne peut en être autre­ment) , j’en suis arrivé à la conclu­sion que ce jeu gagne­rait beau­coup à l’introduction de quelques chariots de golf. Ceux qui prétendent que les Anglais ont inventé le cricket unique­ment pour rendre inté­res­sante et palpi­tante toute autre forme d’activité humaine ont tort. Loin de moi l’idée de déni­grer un sport qui fait le bonheur de millions de gens – dont certains arrivent même à garder les yeux ouverts pendant les matchs- mais, fran­che­ment, c’est un jeu bizarre. C’est le seul sport qui inclut une pause pour le thé. C’est le seul sport qui porte le même nom qu’un insecte. C’est le seul sport où les spec­ta­teurs brûlent autant de calo­ries que les joueurs ( et même plus , s’ils sont un brin enthou­siaste). C’est la seule acti­vité de type compé­ti­tif- mis à part les concours de boulan­gers- où les acteurs s’habillent tout en blanc le matin et se retrouvent aussi imma­cu­lés en fin de jour­née.

Encore le cricket

Suivre deux jour­na­listes spor­tifs commen­tant une rencontre de cricket à la radio, c’est comme écou­ter deux pêcheurs assis dans une barque un jour où le pois­son ne mord pas.

Une bonne blague australienne

Un homme arrive à la finale de la coupe de foot­ball austra­lien à Melbourne et constate avec surprise que le siège à côté de lui est vacant. Or géné­ra­le­ment, tous les billets de finale sont vendus des mois à l’avance et il ne reste jamais le moindre place libre. L’homme s’étonne donc.
- excu­sez-moi dit-il à son voisin , mais comment se fait-il que cette place soit inoc­cu­pée ?
- c’est la place de ma femme, réplique celui-ci, un peu morose. Malheu­reu­se­ment elle est décé­dée.
- Mais c’est affreux ! Je suis terri­ble­ment navré !
- Ouais. Elle n’a jamais raté un match de sa vie.
- Vous auriez pu propo­ser sa place à un ami ou a l’un de vos parents ?
- Impos­sible :ils sont tous à l’enterrement.

J’aime cette remarque à propos des voyages au bout de la terre

Ma prome­nade m’a conduit devant des maga­sins au luxe tapa­geur – Prada,Hermès, Ralph Lauren. Impec­cable. Mais pas très inté­res­sant. Je n’avais pas parcouru treize mille kilo­mètres pour contem­pler des serviettes de bain signées Ralph Lauren.

On en parle

Chez Keisha et chez Urba­nik (que je ne connais­sais pas)

Voulez vous écouter Mathilda et essayer avec les paroles de Bill Bryson légèrement imbibé à la bière locale

Oubliant que les cuillères avaient été inven­tées, 
Le Swag­man immer­gea son zizi dans le thé
Et il soupira en voyant l’objet bouillir
« C’est pas demain que j’aurais du plai­sir ! »

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3
J’ai été immé­dia­te­ment tentée par ce livre, lors de la présen­ta­tion de Masse-Critique de Babé­lio. J’adore les carnets de voyages avec des dessins. Je trouve que c’est révé­la­teur à la fois du lieu et de la person­na­lité de celui qui regarde.

Je ne connais pas bien Bordeaux , je ne l’ai visi­tée qu’une fois. À la fin de ma prome­nade dans ce beau livre, j’ai l’impression de mieux connaître la capi­tale du vin. Grande ville bour­geoise et commer­çante , Bordeaux, a donc des charmes de ville riche et son passé affleure à travers ses monu­ments. Le dessin net et précis reflète la richesse et l’histoire des Borde­lais.

J’ai une petite décep­tion, j’aurais aimé à chaque page, qu’un petit plan rappelle où l’artiste avait posé son cheva­let afin que nous puis­sions déam­bu­ler plus faci­le­ment avec lui. Et, à mon goût, le texte comme le dessin reste un peu froid, je me demande si cela vient de Bordeaux ou du tempé­ra­ment du peintre.

Je pense que ce livre pren­dra place comme cadeau pour tous les gens qui ont envie de décou­vrir cette ville, mais je me demande s’il sera lu jusqu’au bout par beau­coup de lecteurs.

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Citation

La dernière phrase

Mon carnet de voyage se termine, Bordeaux est de ces rares villes d « où l’on repart avec la secrète envie d’y reve­nir très vite : cela s’appelle le charme d’une cité.

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Traduit du polo­nais par Véro­nique Patte

5
Quel choc ! Je dois cette lecture à Domi­nique qui a chro­ni­qué Mes voyages avec Héro­dotes que je vais me dépê­cher de lire au plus vite. Ma dernière réflexion en refer­mant le livre de Ryszard Kapu­sinski a été :« c’est telle­ment bien, je pense que tout le monde le connaît sauf moi » ! Si vous faites partie de ceux qui ont, encore, la chance de ne pas l’avoir lu , réjouis­sez-vous, un grand plai­sir vous attend, caché dans les pages d’Ébène. Le repor­ter raconte son aven­ture afri­caine, il va à la rencontre des habi­tants , ne fuit aucun conflit ni aucune histoire doulou­reuse et comme les actua­li­tés télé­vi­sées vous le raconte à longueur d’années ce conti­nent n « en manquent pas. A la lecture de ce livre on se rend compte qu’on ne connaît qu’une faible partie de massacres afri­cains que beau­coup se passent dans le silence loin des camé­ras du monde.

On se promène donc au Ghana, au Libe­ria, en Éthio­pie , en Érythrée , en Soma­lie, au Rwanda… Partout la misère, la guerre, la destruc­tion, et la nature impla­cable. J’ai déjà lu beau­coup de livres sur l’Afrique, l’originalité de cet auteur , c’est de partir d’expériences concrètes qu’il sait merveilleu­se­ment racon­ter. Les descrip­tion de la nature et de la chaleur sont inou­bliables, je crois qu’aucun film ne permet de mieux comprendre à quel point la chaleur peut acca­bler l’homme et rendre toute acti­vité super­flue. Par moment, j’ai cru relire les romans d’aventure qui ont charmé mon enfance. Le combat à mort contre le cobra est un de ces instants où la lecture devient magique, on part ailleurs bien loin du monde facile et policé de mon petit coin de France. Cela n’empêche pas l’auteur de cerner au plus près les problèmes poli­tiques actuels et passés de cet incroyable conti­nent, bien au contraire, toutes les images « folk­lo­riques » de l’Afrique nous permettent de mieux comprendre le quoti­dien des habi­tants. Et lorsqu’il raconte toujours avec la même préci­sion son attaque par la mala­ria, on se dit que les gens atteints de cette mala­die et mal soignés ne peuvent guère faire autre chose que survivre.

On est loin des clichés d’une popu­la­tion bon enfant qui ne veut rien faire, dans la four­naise impla­cable , touché par la mala­die, les hommes ne peuvent que survivre et surtout meurent très vite. Quand en plus la folie guer­rière des armes s’en mêlent c’est l’hécatombe assu­rée. Je n’ai jamais eu envie de visi­ter l’Afrique et ce livre dit mieux que tout ce que j’ai toujours pensé que le touriste passe forcé­ment à côté des réali­tés de ce conti­nent.

Citations

La notion du temps

L’européen se sent au service du temps, il dépend de lui, il en est le sujet. Pour exis­ter et fonc­tion­ner, il doit obser­ver ses lois immuables et inal­té­rables, ses prin­cipes et ses règles rigides. Entre l’homme et le temps existe un conflit inso­luble qui se termine toujours par la défaite de l’homme : le temps détruit l’homme.
Pour les Afri­cains les temps est une caté­go­rie beau­coup plus lâche, ouverte, élas­tique, subjec­tive… Le temps est le résul­tat de notre action, et il dispa­raît quand nous n’entreprenons pas ou aban­don­nons une action. Le temps est un être passif, et surtout dépen­dant de l’homme.
… Si nous allons à la campagne où doit se tenir une réunion, et qu’il n’y a personne sur les lieux de la réunion, la ques­tion « quand aura lieu la réunion ? » est insen­sée. Car la réponse est connue d’avance : « Quand les gens se seront réunis. »

Un des malheurs de la décolonisation

L’adoption du système insensé des salaires des Euro­péens engendre dans les nouveaux États afri­cains une lutte pour le pouvoir d’une violence et d’une cruauté inouïes. Instan­ta­né­ment une nouvelle classe gouver­nante appa­raît , une bour­geoi­sie bureau­cra­tique qui ne crée rien ‚ne produit rien , se conten­tant de gérer une société et de profi­ter de ses privi­lèges.

Génie africain de la construction

Faites de bric et de broc, ces archi­tec­tures mons­trueuses en papier mâché sont infi­ni­ment plus créa­tives, imagi­na­tives, inven­tives et fantai­sistes que les quar­tiers de Manhat­tan ou de la Défense à Paris. La ville entière tient sans une brique , sans une poutre métal­lique, sans un mètre carré de verre !

Le progrès

Les conflits ethniques ances­traux existent toujours, mais ils entraînent aujourd’hui un nombre de victimes bien plus impor­tant. La civi­li­sa­tion moderne n’a rien apporté ici, ni l’électricité, ni le télé­phone, ni la télé­vi­sion. La seule chose qu’elle ait intro­duite, ce sont les armes auto­ma­tiques.

Les rites culinaires qui font envie

Les Tutsis se nour­rissent du lait des vaches et de leur sang (le sang recueilli des caro­tides inci­sées avec une pique, et versé dans des réci­pients lavés avec de l’urine de vache).

La religion

C’est un terrain très diffi­cile, m’avoue le mission­naire Johan. Ces hommes nous demandent combien nous avons de dieux dans notre reli­gion et si nous en avons un spécial pour les vaches. Nous expli­quons que Dieu est un. Cette réponse les déçoit. « Notre reli­gion est meilleure , disent-ils , nous avons un dieu spécial qui protègent les vaches. ». Les vaches sont ce qu’il y a de plus impor­tant ! 

Les famines au Soudan

Les hommes ne sont pas affa­més parce qu’il y a pénu­ries de vivres. En fait , le monde croule sous la nour­ri­ture. Mais entre ceux qui veulent manger et les maga­sins remplis se dresse un obstacle majeur : le jeu poli­tique. Karthoum limite l’aide inter­na­tio­nale desti­née aux affa­més. De nombreux avions arri­vant à desti­na­tion sont raflés par des chefs de bandes locales. Celui qui a une arme a des vivres. Celui qui a des vivres a le pouvoir. Nous sommes en présence d’hommes peu préoc­cu­pés de la trans­cen­dance ou de l’essence de l’âme, du sens de la vie et de la nature de l’existence. Nous sommes dans un monde où l’homme rampe pour tenter de racler dans la boue quelques grains de blés pour survivre jusqu’au lende­main. 

Le temps et les trajets

Si on tombe sur un bitume de bonne qualité, le trajet peut être parcouru en une heure. Si on a affaire à une route aban­don­née et impra­ti­cable, il faudra un jour de voyage, voire deux ou même trois pendant la saison des pluies . C’est pour­quoi en Afrique , on ne dit pas : » c’est à combien de kilo­mètres ? » Mais plutôt : » il faut combien de temps ? » En regar­dant machi­na­le­ment le ciel.

On en parle

Chez Nymphette

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Si une certaine presse vit et vit bien des succès des stars, c’est qu’elles font vendre. Ce livre peut, donc plaire aux fans du cinéma améri­cains. Chaque photo est l’occasion de racon­ter, la vie d’un acteur ou actrice célèbre, d’un film connu dans le monde entier, d’une série vue et revue à la télé­vi­sion d’un enre­gis­tre­ment d’une chan­son que tout le monde peut reprendre en chœur. Dans ces condi­tions, c’est diffi­cile de rendre en photo le pour­quoi du succès d’un lieu, par exemple : pendant les quatre saisons –le dernier épisode datant du 21 mars 2005-, le hard rocker et sa tendre famille ont vécu dans un très beau manoir de Beverly Hills. Les fans conti­nuent de s’y rendre, comme s’il s’agissait de célé­brer un grand moment de la télévision.En regar­dant la photo du portail en bois et du mur rose caché par deux palmiers, je me suis dit que je n’irai sûre­ment pas faire comme-si… Pas plus que je n’irai à Viper-Room voir l’endroit où l’acteur River Phoe­nix est mort d’une over­dose d’héroïne et de cocaïne, le 31 octobre 1993. Alors, peut-être à Bihan (est-ce le breton qui a inspiré le nom de cette boutique ?) pour voir la boutique la plus chère du monde et l’allure d’une chemise à 15 000$ !Quand j’ai fermé le livre, j’ai lu que Sylvie Robic avait eu un coup de foudre pour Los Angeles, je ne peux pas dire qu’elle a su me le faire parta­ger, mais comme je le disais au début, si j’adore le cinéma et les séries, je n’ai rien d’une fan.