Ce livre est dans mes listes depuis …… longtemps ! j’apprécie cette auteure qui fait partie des gens qui me font du bien. D’abord parce que Katarina Mazetti aime raconter des histoires et que j’adore que l’on m’en raconte. Ensuite, parce qu’elle a un sens de l’humour avec lequel je suis bien : jamais méchant mais tellement pertinent. La fin est peut-être trop gentille, mais elle ne fait que deux pages et  il fallait bien finir ! C’est pourtant pour cette raison et l’aspect un peu caricatural de certains personnages que ce roman n’a pas eu ses  cinq coquillages que j’ai parfois eu très envie de lui mettre. Nous sommes embarqués sur un bateau de croisière vers l’Antarctique avec des Suédois sans soucis financiers mais avec parfois des difficultés bien plus graves. Les deux personnages centraux sont un journaliste et une certaine Wilma.  Le journaliste se noie dans un divorce qui le prive de ses enfants. Tous les torts sont évidemment, selon lui, du côté de son épouse, mais peu à peu on se rendra compte que ce n’est peut être pas si simple. Et surtout, comme dit mon beau-frère préféré  « il y a malheur plus grand » :  que cache, en effet, la raideur et la maladresse de Wilma ? Il prend le risque à force de ne s’intéresser qu’à sa petite personne et profiter sans vergogne de la gentillesse et de l’optimisme de celle qui ne veut pas étaler ses problèmes  de passer à côté d’une véritable difficulté de la vie. Et puis, il y a, Alba qui compare chaque type humain à des comportements des animaux mais préfère ces derniers au hommes car  :  l’expression « les hommes sont des animaux » est une offense aussi bien envers les manchots que les autres espèces animales. C’est vrai que ce n’est pas un roman qui va rester à vie dans ma mémoire mais il m’a fait sourire et j’ai bien aimé les observations  sur les comportements des mammifères dits supérieurs, un  peu caricaturaux, peut-être comme ces deux sœurs : l’une, la riche exploite sans pitié la gentillesse de l’autre, la plus pauvre. Ces petits bémols ne doivent pas faire oublier que  c’est avant tout un roman léger et agréable et  pas  l’étude du siècle sur les mœurs de la société  suédoise.

Citations

Préface

Tous les personnage de ce roman ont été tirés d’un compost d’observation diverses et de fragments de souvenirs qui a mûri dans la tête de l’auteur durant un laps de temps indéfini.

C’est indiqué « bagages » avec une flèche à droite et une autre à gauche. Sur le même panneau ! J’ai un faible pour les Français, mais Charles-de-Gaulle est un concentré de leurs pires défauts.

Des noms qui font rêver (ou pas)

Thiruvananthapuram 

C’est vrai en France aussi

Regardez le public au théâtre ou dans les vernissages ! Quatre-vingt-dix pour cent sont des femmes, la plupart ayant dépassé la cinquantaine, les dix pour cent restants y ont été traînés par une femme. Interdisez  l’accès aux femmes de plus de quarante-cinq ans et vous pouvez annuler toute vie culturelle suédoise !

Le résultat d’une enquête journalistique

Le conseiller d’éducation s’est pendu avant le procès laissant une épouse et trois enfants dont deux fréquentaient son école. La réputation de la remplaçante a été ruinée et elle a perdu son boulot. Le seul à être vraiment heureux à probablement été l’enfoiré qui avait vendu l’histoire au départ. Et puis, nous les trois épaulards . Dans une bonne humeur forcée, nous sommes allés nous saouler au pub pour célébrer notre activité si utile à la société.
Bon évidemment qu’elle était utile à la société, je le soutiens encore aujourd’hui. Mais. La vie de six personnes à été détruite.

Philosophie du marin

Tout le monde devrait connaître un bon mal de mer de temps en temps, a-t-il marmotté. Ça vous rend humble et doux, on se rend compte qu’on n’a pas grand-chose à opposer à la nature. Je crois que je vais inventer un comprimé de mal de mer qui fonctionne à l’envers. Pour le jeter dans le gosier des tyrans omnipotents aux quatre coins du monde quand ils s’apprêtent à envahir un pays , ou à dévaster une forêt, ou simplement à battre leur femme.

Un vantard

Göran est resté au bar à raconter à ceux qui voulaient bien l’écouter qu’il n’avait jamais eu le mal de mer. Ce qui est sans doute vrai -mais il n’a pas précisé qu’il n’avait jamais vraiment pris la mer, seulement fait des courses en hors-bord sur le lac près de chez nous.

J’ai souri

C’est un peu comme boire un verre de cognac quand on sent venir un gros rhume. Ça ne guérit personne, mais on s’amuse plus en attendant d’être patraque.

 

 

SONY DSCTraduit (de façon étrange parfois) de l’anglais par Béatrice Vierne.

4
J’ai suivi les plaisirs de Dominique et j’ai mis mes pas dans ceux de Kathleen Jamie. Avec un peu d’appréhension car je me méfie des passionnées de nature. Mais  je devais me rendre à la boutique Orange pour échanger ma « Live box » foudroyée par un orage du début de l’été.  Allez chez Orange, c’est apprendre la patience, et pour ne pas être envahie par la laideur ordinaire du centre commercial, quoi de mieux qu’un livre qui vous entraîne dans les îles du nord de l ‘Écosse. Le livre comporte 11 ballades, 8 m’ont absolument ravie. Une m’a vraiment déçue, celle à travers les bocaux des pathologistes et anatomistes de l’hôpital de Surgeons’ Hall et je n’ai trouvé aucun intérêt à la description d’Edimbourg.

J’ai parfois été étonnée par la traduction, heureux ceux qui peuvent lire cette auteure en anglais ! Les cinq premières ballades sont absolument magiques, on peut les lire avec Internet pour savourer toutes les images que Kathleen Jamie nous évoque avec beaucoup de grâce, de précision et d’humour.

Elle se sert de ses talents d’écrivaine pour nous embarquer dans des lieux magiques et nous faire réfléchir sur la complexité de l’âme humaine. Pourquoi en effet les hommes d’aujourd’hui se précipitent-ils à Maes Howe sur l’île principale des Orcades, pour voir un simple rayon de soleil éclairer le fond du tombeau au solstice d’été, alors que notre monde met de la lumière partout et semble détester par dessus tout l’obscurité ? En revenant de cette visite, elle se demande et nous avec elle, quels vestiges de notre civilisation d’autres hommes dans 2000 ans visiteront avec autant d’émotion ? Un simple rayon de soleil capté par une construction de pierre a donc plus de chance de passer à la postérité que la fusée qui a conduit des hommes sur la lune ?

À la recherche des oiseaux , elle nous fait aimer le « crex-crex » ou « râle des genets » oiseau qui était commun et abondant et que la mécanisation de l’agriculture a fait disparaître. N’est-elle pas cette agriculture, responsable de la disparition d’une certaine poésie. Les horribles rollers de foin entourés de plastique vert ont définitivement chassé les « petits dieux des champs ». Si être passionné par les oiseaux, c’est avoir la chance d’assouvir son  passe temps dans des endroits aussi beaux que les Orcades ou les iles Hébrides alors je crois bien que je ne vais pas tarder à faire partie de leur confrérie.

Citations

L’obscurité

Un peu de pitié pour l’obscurité !  Que nous sommes donc soucieux de la terrasser et de la bannir, qu’elle est donc pleine à éclater de tout ce qui est diabolique, tel un sinistre réduit sous l’escalier… Tenez , j’ai cherché le mot « obscurité » sur Internet – et aussitôt on m’a servi des ministères chrétiens se proposant de me guider vers le salut.

Météo que je connais (petit problème de traduction que vient faire le « cependant » ici ?)

Après la pluie, cependant, deux jours complets, nous avons vu poindre une journée éclatante et reluisante de propreté : tout avait été rincé à fond, le ciel et les arbres, les gouttières et les fenêtres, et même les éclaboussures de fiente, sous la corniche des deux faucons avaient disparu. 

Vrai problème de traduction que veut dire ici le mot « un cours » ?

Je n’avais jamais encore mis les pieds sur un yacht, jamais navigué sur un bateau plus petit qu’un ferry de la compagnie CalMac, je n’étais jamais arrivée à terre ailleurs que dans un port, une ville, avec toute la panoplie des activités humaines – les casiers empilés, les émanations de diesel, une église en haut d’une butte avec une girouette en forme de poisson. Je n’avais jamais compris qu’on pouvait tracer une ligne droite à travers l’océan et appeler ça un cours

La poésie et les oiseaux

Me voyant émerveillée, il m’a assuré qu’identifier un oiseau était assez comparable au fait d’élaborer un poème ou tout autre écrit , à partir de notes comme celles que je m’arrêtais pour prendre dans mon cahier à l’abri du vent

C’est bien vrai

Jusque là, cependant, si l’ancre  chassait ou si la chaîne se rompait, nous serions drossé à la côte. « Pour un marin, la terre n’est pas synonyme de sécurité. Ce qu’on veut, c’est être entraîné vers la haute mer. »

Le râle des genets ou crex crex

Le temps n’est pas idéal pour observer les râles des genets. Le ciel est très couvert , les coups de chien menaçant, la brise est très froide.Or, si le vent dépasse les trois nœuds , les râles n’ont pas envie de sortir. Ils n’aiment pas voler, le vent et la pluie leur déplaisent, et ils n’ont aucune envie de se donner en spectacle- c’est le genre d’oiseau qui demande à être dispensé d’activités sportives.
  Sarah me parle d’une vieille dame qui est restée assise , tranquille et bien élevée, pendant une heure , deux heures…. et puis soudain, il y a eu des cris de sioux et Sarah s’est retournée pour voir la visiteuse bondir comme une folle, en donnant des coups de poing dans le vide, comme un footballeur, tout ça parce qu’elle avait entrevu un insaisissable oiseau brun.

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4
Tenir un blog vous vaut parfois de merveilleux petits cadeaux. « Normandie terre des arts » s’est adressé à moi pour que je parle de ce livre, je me méfie beaucoup de ce genre de demande mais j’ai accepté, car j’avais trouve intéressant le travail du dessinateur Bernard Vernochet, enfin ce que j’avais pu en voir sur Internet. Ce petit livre est une merveille , Granville a bien de la chance d’être aimé par tous les gens qui se sont unis pour offrir à ses visiteurs un si beau souvenir. Car plusieurs amoureux de cette petite ville côtière ont écrit un petit texte qui accompagne très bien les dessins.

Mais le charme de petit livre tient dans le regard du dessinateur et aquarelliste, tout en nuances, et dans l’observation des petits détails qui font la vie. Si Granville n’est pas un site à couper le souffle, c’est un lieu où on se sent bien pour qui sait regarder.

Un petit regret , il me manque quelques images de la mer , pourtant la vie du port est partout. Et finalement, j’ai découvert un chanteur que je ne connaissais pas et qui va bien au livre et à cette région : Jean- Marie Vivier. écoutez-le ce n’est pas la chanson du livre car je ne l’ai pas trouvée sur youtube, j’ai trouvé celle-là, elle me plaît bien !

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Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Christiane et Da id ELLIS

4
Et voilà, mon voyage est terminé, je suis de retour d’une Australie si bien racontée par Bill Bryson, que cela va me préserver d’un trop long vol vers ce pays qui m’a toujours attiré. Comme toujours avec un humour qui n’appartient qu’à lui et un sérieux dans ce qu’il veut nous faire comprendre, Bill Bryson explique que l’Australie est un pays continent si vaste et si varié que chacun d’entre nous peut y trouver des merveilles inoubliables.

Ce qui m’a frappée à la lecture de ce livre c’est à quel point je savais peu de choses sur l’Australie. Mais je ne suis visiblement pas la seule comme nous le dit Bill Bryson c ‘est peut-être parce que

Ce pays ne connaît pas de coups d’État, n’épuise pas ses réserves de poissons, n’arme pas d’horrible despotes, ne pratique pas la culture de la drogue de façon indécente. Bref, c’est un pays qui ne joue pas les gros bras et ne fait pas sentir sa puissance d’une manière provocante et déplacée. Un pays stable, pacifique et correct. Un pays qui n’a pas besoin d’être surveillé du coin de l’oeil, ce qui fait qu’on ne le regarde même plus.

J’ai beaucoup aimé les descriptions des petits musées qui sont souvent plus intéressants qu’il ne le pensait de prime abord. Le danger de la faune m’a fait irrésistiblement penser au « Koala tueur »  je m’attendais que Bill Bryson cite Kenneth COOK car ils ont le même humour quand ils décrivent  les dangers  de la gent animale australienne. Pendant toute la lecture, je me demandais comment (et quand) il allait parler des Aborigènes, il le fait à la fin mais hélas on sent bien qu’il n’ a discuté avec aucun d’entre eux. Je trouve que ça manque.

Alors si vous voulez qu’on vous raconte une nature absolument superbe, désertique ou luxuriante, rencontrer des gens « cool et sympa » , avaler des kilomètres sous une chaleur étouffante, vous faire peur avec des requins, des araignées, des méduses des serpents ou tout autre insecte, n’hésitez pas prenez le temps de lire « nos voisins du dessous »

Citations

Les musiques d’ambiance

Le fond sonore, je le remarquai avec un certain intérêt , avait évolué et on était passé de « pot-pourri de vos vieilles comédies musicales favorites » à  » Jour de fête à la maison de retraite ».

 Pour décomplexer à jamais ceux qui ont peur de ronfler

Je dors comme si on m’avait injecté une dose de cheval d’un relaxant musculaire des plus puissant.
Mes jambes s’écartent d’une manière grotesque. Mes mains retombent au niveau du plancher. Tous mes accessoires internes – langue , glotte, gaz intestinaux – décident d’aller faire un tour à l’extérieur. De temps en temps, comme un jouet ridicule, ma tête dodeline vers l’avant et déverse sur mes genoux un demi-litre de salive visqueuse , avant de repartir en arrière pour refaire le plein avec des borborygmes de chasse d’eau qui se remplit. Et je ronfle de façon bruyante, indécente, comme des personnages de dessins animés dont les lèvres exagérément élastique émettent de gros nuages de vapeur.

 Les charmes de l’Australie

En fait, je pense qu’il est tout simplement impossible de répertorier en une seule vie l’intégralité des dangers qui vous guettent dans le moindre buisson d’acacia ou la moindre flaque d’eau de cette contrée si étonnamment riche en espèces aux crocs venimeux  ou acérés

 Les araignées

Personne n’a pu m’ expliquer, incidemment , pourquoi ces bestioles sont d’une toxicité aussi phénoménale. Car posséder assez de venin pour tuer un cheval, alors qu’il ne s’agit que de capturer des mouches, me paraît un cas flagrant de gaspillage de ressources naturelles. Mais au moins les araignées sont-elles sûres que les gens s’écarteront sur leur passage.

Les serpents

la plupart des serpents ne vous feront aucun mal . Si vous vous trouvez dans le bush face à l’un d’eux, arrêtez-vous  net et laissez-le passer tranquillement sur vos chaussures. Personnellement, au palmarès des « conseils les moins susceptibles d’être suivis » j’accorde le premier prix à celui-là.

 Toujours le même talent a nous raconter avec humour les aventuriers qui ont sillonné l’Australie au 19e siècle

On choisit comme chef un officier de police irlandais , un certain Robert O’Hara Burke, qui de sa vie n’avait jamais mis les pieds dans l’outback, qui était réputé se même à Dublin et qui ne connaissait rien au monde de la science ou de l’exploration. Le topographe serait William John Wills , dont les principales qualifications semblent avoir été une origine très respectable et son désir de partir là-bas. Un des atouts les plus remarquables de ces deux gentlemen étaient un visage orné d’un système pileux exceptionnel.

Un petit clin d’œil à la Française que je suis

 Si La Pérouse avait été plus rapide, il aurait pu proclamer l’Australie terre française et épargner à ce pays deux cents ans de cuisine britannique.

 À propos du peuplement de l’Australie

 À la fin du XVIIIe siècle , les textes de loi britanniques offraient une longue liste de crimes passibles de la peine capitale. On pouvait être pendu pour deux cents délits comprenant, notamment, le crime impardonnable de « se faire passer pour un Egyptien ».

 Le paragraphe sur le cricket

Après des années d’études patientes et laborieuses (avec le cricket il ne peut en être autrement) , j’en suis arrivé à la conclusion que ce jeu gagnerait beaucoup à l’introduction de quelques chariots de golf. Ceux qui prétendent que les Anglais ont inventé le cricket uniquement pour rendre intéressante et palpitante toute autre forme d’activité humaine ont tort. Loin de moi l’idée de dénigrer un sport qui fait le bonheur de millions de gens – dont certains arrivent même à garder les yeux ouverts pendant les matchs- mais, franchement, c’est un jeu bizarre. C’est le seul sport qui inclut une pause pour le thé. C’est le seul sport qui porte le même nom qu’un insecte. C’est le seul sport où les spectateurs brûlent autant de calories que les joueurs ( et même plus , s’ils sont un brin enthousiaste). C’est la seule activité de type compétitif- mis à part les concours de boulangers- où les acteurs s’habillent tout en blanc le matin et se retrouvent aussi immaculés en fin de journée.

Encore le cricket

Suivre deux journalistes sportifs commentant une rencontre de cricket à la radio, c’est comme écouter deux pêcheurs assis dans une barque un jour où le poisson ne mord pas.

 Une bonne blague australienne

Un homme arrive à la finale de la coupe de football australien à Melbourne et constate avec surprise que le siège à côté de lui est vacant. Or généralement, tous les billets de finale sont vendus des mois à l’avance et il ne reste jamais le moindre place libre. L’homme s’étonne donc.
– excusez-moi dit-il à son voisin , mais comment se fait-il que cette place soit inoccupée ?
– c’est la place de ma femme, réplique celui-ci, un peu morose. Malheureusement elle est décédée.
– Mais c’est affreux ! Je suis terriblement navré !
– Ouais. Elle n’a jamais raté un match de sa vie.
– Vous auriez pu proposer sa place à un ami ou a l’un de vos parents ?
– Impossible :ils sont tous à l’enterrement.

J’aime cette remarque à propos des voyages au bout de la terre

Ma promenade m’a conduit devant des magasins au luxe tapageur – Prada,Hermès, Ralph Lauren. Impeccable. Mais pas très intéressant. Je n’avais pas parcouru treize mille kilomètres pour contempler des serviettes de bain signées Ralph Lauren.

On en parle

Chez Keisha et chez Urbanik (que je ne connaissais pas)

Voulez vous écouter Mathilda et essayer avec les paroles de Bill Bryson légèrement imbibé à la bière locale

Oubliant que les cuillères avaient été inventées, 
Le Swagman immergea son zizi dans le thé
Et il soupira en voyant l’objet bouillir
« C’est pas demain que j’aurais du plaisir ! »

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3
J’ai été immédiatement tentée par ce livre, lors de la présentation de Masse-Critique de Babélio. J’adore les carnets de voyages avec des dessins. Je trouve que c’est révélateur à la fois du lieu et de la personnalité de celui qui regarde.

Je ne connais pas bien Bordeaux , je ne l’ai visitée qu’une fois. À la fin de ma promenade dans ce beau livre, j’ai l’impression de mieux connaître la capitale du vin. Grande ville bourgeoise et commerçante , Bordeaux, a donc des charmes de ville riche et son passé affleure à travers ses monuments. Le dessin net et précis reflète la richesse et l’histoire des Bordelais.

J’ai une petite déception, j’aurais aimé à chaque page, qu’un petit plan rappelle où l’artiste avait posé son chevalet afin que nous puissions déambuler plus facilement avec lui. Et, à mon goût, le texte comme le dessin reste un peu froid, je me demande si cela vient de Bordeaux ou du tempérament du peintre.

Je pense que ce livre prendra place comme cadeau pour tous les gens qui ont envie de découvrir cette ville, mais je me demande s’il sera lu jusqu’au bout par beaucoup de lecteurs.

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Citation

La dernière phrase

Mon carnet de voyage se termine, Bordeaux est de ces rares villes d ‘où l’on repart avec la secrète envie d’y revenir très vite : cela s’appelle le charme d’une cité.

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Traduit du polonais par Véronique Patte

5
Quel choc ! Je dois cette lecture à Dominique qui a chroniqué Mes voyages avec Hérodotes  que je vais me dépêcher de lire au plus vite. Ma dernière réflexion en refermant le livre de Ryszard Kapusinski a été :« c’est tellement bien, je pense que tout le monde le connaît sauf moi » ! Si vous faites partie de ceux qui ont, encore, la chance de ne pas l’avoir lu , réjouissez-vous, un grand plaisir vous attend, caché dans les pages d’Ébène. Le reporter raconte son aventure africaine, il va à la rencontre des habitants , ne fuit aucun conflit ni aucune histoire douloureuse et comme les actualités télévisées vous le raconte à longueur d’années ce continent n ‘en manquent pas. A la lecture de ce livre on se rend compte qu’on ne connaît qu’une faible partie de massacres africains que beaucoup se passent dans le silence loin des caméras du monde.

On se promène donc au Ghana, au Liberia, en Éthiopie , en Érythrée , en Somalie, au Rwanda… Partout la misère, la guerre, la destruction, et la nature implacable. J’ai déjà lu beaucoup de livres sur l’Afrique, l’originalité de cet auteur , c’est de partir d’expériences concrètes qu’il sait merveilleusement raconter. Les description de la nature et de la chaleur sont inoubliables, je crois qu’aucun film ne permet de mieux comprendre à quel point la chaleur peut accabler l’homme et rendre toute activité superflue. Par moment, j’ai cru relire les romans d’aventure qui ont charmé mon enfance. Le combat à mort contre le cobra est un de ces instants où la lecture devient magique, on part ailleurs bien loin du monde facile et policé de mon petit coin de France. Cela n’empêche pas l’auteur de cerner au plus près les problèmes politiques actuels et passés de cet incroyable continent, bien au contraire, toutes les images « folkloriques » de l’Afrique nous permettent de mieux comprendre le quotidien des habitants. Et lorsqu’il raconte toujours avec la même précision son attaque par la malaria, on se dit que les gens atteints de cette maladie et mal soignés ne peuvent guère faire autre chose que survivre.

On est loin des clichés d’une population bon enfant qui ne veut rien faire, dans la fournaise implacable , touché par la maladie, les hommes ne peuvent que survivre et surtout meurent très vite. Quand en plus la folie guerrière des armes s’en mêlent c’est l’hécatombe assurée. Je n’ai jamais eu envie de visiter l’Afrique et ce livre dit mieux que tout ce que j’ai toujours pensé que le touriste passe forcément à côté des réalités de ce continent.

Citations

La notion du temps

L’européen se sent au service du temps, il dépend de lui, il en est le sujet. Pour exister et fonctionner, il doit observer ses lois immuables et inaltérables, ses principes et ses règles rigides. Entre l’homme et le temps existe un conflit insoluble qui se termine toujours par la défaite de l’homme : le temps détruit l’homme.
Pour les Africains les temps est une catégorie beaucoup plus lâche, ouverte, élastique, subjective… Le temps est le résultat de notre action, et il disparaît quand nous n’entreprenons pas ou abandonnons une action. Le temps est un être passif, et surtout dépendant de l’homme.
… Si nous allons à la campagne où doit se tenir une réunion, et qu’il n’y a personne sur les lieux de la réunion, la question « quand aura lieu la réunion ? » est insensée. Car la réponse est connue d’avance : « Quand les gens se seront réunis. »

 Un des malheurs de la décolonisation

L’adoption du système insensé des salaires des Européens engendre dans les nouveaux États africains une lutte pour le pouvoir d’une violence et d’une cruauté inouïes. Instantanément une nouvelle classe gouvernante apparaît , une bourgeoisie bureaucratique qui ne crée rien ,ne produit rien , se contentant de gérer une société et de profiter de ses privilèges.

 Génie africain de la construction

Faites de bric et de broc, ces architectures monstrueuses en papier mâché sont infiniment plus créatives, imaginatives, inventives et fantaisistes que les quartiers de Manhattan ou de la Défense à Paris. La ville entière tient sans une brique , sans une poutre métallique, sans un mètre carré de verre !

 Le progrès

Les conflits ethniques ancestraux existent toujours, mais ils entraînent aujourd’hui un nombre de victimes bien plus important. La civilisation moderne n’a rien apporté ici, ni l’électricité, ni le téléphone, ni la télévision. La seule chose qu’elle ait introduite, ce sont les armes automatiques.

Les rites culinaires qui font envie

Les Tutsis se nourrissent du lait des vaches et de leur sang (le sang recueilli des carotides incisées avec une pique, et versé dans des récipients lavés avec de l’urine de vache).

 La religion

C’est un terrain très difficile, m’avoue le missionnaire Johan. Ces hommes nous demandent combien nous avons de dieux dans notre religion et si nous en avons un spécial pour les vaches. Nous expliquons que Dieu est un. Cette réponse les déçoit. « Notre religion est meilleure , disent-ils , nous avons un dieu spécial qui protègent les vaches. ». Les vaches sont ce qu’il y a de plus important ! 

Les famines au Soudan

Les hommes ne sont pas affamés parce qu’il y a pénuries de vivres. En fait , le monde croule sous la nourriture. Mais entre ceux qui veulent manger et les magasins remplis se dresse un obstacle majeur : le jeu politique. Karthoum limite l’aide internationale destinée aux affamés. De nombreux avions arrivant à destination sont raflés par des chefs de bandes locales. Celui qui a une arme a des vivres. Celui qui a des vivres a le pouvoir. Nous sommes en présence d’hommes peu préoccupés de la transcendance ou de l’essence de l’âme, du sens de la vie et de la nature de l’existence. Nous sommes dans un monde où l’homme rampe pour tenter de racler dans la boue quelques grains de blés pour survivre jusqu’au lendemain. 

Le temps et les trajets

Si on tombe sur un bitume de bonne qualité, le trajet peut être parcouru en une heure. Si on a affaire à une route abandonnée et impraticable, il faudra un jour de voyage, voire deux ou même trois pendant la saison des pluies . C’est pourquoi en Afrique , on ne dit pas :  » c’est à combien de kilomètres ? » Mais plutôt :  » il faut combien de temps ? » En regardant machinalement le ciel.

On en parle

Chez Nymphette

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Si une certaine presse vit et vit bien des succès des stars, c’est qu’elles font vendre. Ce livre peut, donc plaire aux fans du cinéma américains. Chaque photo est l’occasion de raconter, la vie d’un acteur ou actrice célèbre, d’un film connu dans le monde entier, d’une série vue et revue à la télévision d’un enregistrement d’une chanson que tout le monde peut reprendre en chœur. Dans ces conditions, c’est difficile de rendre en photo le pourquoi du succès d’un lieu, par exemple : pendant les quatre saisons –le dernier épisode datant du 21 mars 2005-, le hard rocker et sa tendre famille ont vécu dans un très beau manoir de Beverly Hills. Les fans continuent de s’y rendre, comme s’il s’agissait de célébrer un grand moment de la télévision.En regardant la photo du portail en bois et du mur rose caché par deux palmiers, je me suis dit que je n’irai sûrement pas faire comme-si… Pas plus que je n’irai à Viper-Room voir l’endroit où l’acteur River Phoenix est mort d’une overdose d’héroïne et de cocaïne, le 31  octobre 1993. Alors, peut-être à Bihan (est-ce le breton qui a inspiré le nom de cette boutique ?) pour voir la boutique la plus chère du monde et l’allure d’une chemise à 15 000$ !Quand j’ai fermé le livre, j’ai lu que Sylvie Robic avait eu un coup de foudre pour Los Angeles, je ne peux pas dire qu’elle a su me le faire partager, mais comme je le disais au début, si j’adore le cinéma et les séries, je n’ai rien d’une fan.