41wjfKX35fL._SX295_BO1,204,203,200_Traduit de l’anglais de l’Afrique du Sud par Bernard Turle.

4
Brink, André Brink ! 
Je dois à cet auteur la révélation de ce qu’a été l’Afrique du Sud : un pays tragique et superbe. Depuis Une saison Blanche et Sèche , j’ ai lu avec passion ses romans : Un turbulent silence, Au plus noir de la nuit… Il a su, avec un talent incomparable ,entraîner ses lecteurs dans les méandres des passions humaines. ET … Il vient à Saint-Malo , aux « étonnants voyageurs » , avec son autobiographie Mes bifurcations.

C’est un des meilleurs conteurs que je connaisse, et c’est, encore une fois, ce talent là qui m’a le plus intéressée dans ce très long récit. Il y fait le point sur tous ses parcours. Il a pris tous les chemins des révoltes et là où l’injustice essaie d’étouffer l’esprit de liberté ,André Brink met son talent et sa notoriété au service de ceux qui luttent. Bien avant d’être un écrivain célèbre dans le monde entier, il a été un petit Afrikaner élevé par des parents aimants mais tout naturellement racistes et cherchant à éviter tout contact avec la population noire qui les entourait.

Jeune étudiant, c’est en France, en côtoyant des étudiants noirs, qu’il prendra conscience de l’horreur de la situation dans son pays. De retour chez lui il ne cessera , alors, de participer très activement à la lutte contre l’Apartheid, prenant souvent de très grands risques. Il retourne en 1968 en France et cela m’a amusé de lire ce qu’il a pensé des événements de mai 68 en France.

Le livre mêle ses expériences et évolutions personnelles et les conflits du monde que ses positions courageuses l’ont conduit à connaître. Il le dit lui-même il est plus écrivain que politique. Il a été amené à s’appuyer sur des idées révolutionnaires qui ont provoqué bien des tragédies elles-aussi,la partie critique de ces idéologies me manque un peu. Il fait, également,la part belle aux femmes rencontrées et aimées pour certaines d’entre elles, à la passion.

Son livre se termine très tristement car l’Afrique du Sud est gouvernée par des incompétents et des corrompus. La violence y fait, encore, beaucoup de victimes , la seule différence , c’est qu’aujourd’hui elle est exercée par des noirs contre les blancs ou des noirs riches. Entre le chef d’une police dépassée ou totalement corrompue, une ministre de la santé qui veut lutter contre le Sida avec de l’ail et des décoctions de plantes, on se dit, hélas ! que ce pays est bien mal parti. Dans ce chapitre on peut lire ce qu’il avait déjà écrit dans un article du Monde paru en 2006.

Par soucis d’honnêteté, André Brink cite tous les noms des personnes qu’il apprécie où qu’il critique , on est parfois un peu submergé par tant de noms inconnus et de précisons sur les circonstances de ces rencontres . Cela alourdit son récit et je dois avouer que j’ai parfois sauter des pages. Ses mémoires fourmillent de moments très différents. Comme le dit le titre, André Brink a bifurqué souvent.. mais sa ligne de conduite a toujours été : un fil rouge tendu entre la liberté et le respect de l’être humain.

Citations

Pour consoler tous ceux et celles qui comme moi se désespèrent de ne pas savoir bricoler

Je ne sais vraiment rien faire de mes dix doigts . Et même avec quatre ou trois ou deux.
Cela dit, mon incompétence n’a jamais altéré ni mon enthousiasme ni ma détermination. Au contraire. Je raffole des outils de menuiserie. Plus ils sont chers et inutiles, plus ils me plaisent . Des plus sophistiqués, comme des meuleuses d’angle , perceuses, tournevis électriques ou scies à chantourner , aux plus simples comme les pinces , marteaux et burins de base. Je les respecte , je les révère , je les adore. Le seul problème, c’est que je ne sais pas m en servir . En théorie , oui. Mais en pratique. Qu’à cela ne tienne , je n’ai pas peur d’essayer.

 La bêtise

Je dois à Naas le plaisir douteux d’avoir rencontré une femme aussi stupide que charmante, épouse d’un troisième secrétaire à Berne, également aussi stupide que charmant . Un jour elle se lança à corps perdu dans une discussion très intense sur la résurgence de l’antisémitisme. Elle avança sa propre opinion très mûrie : « voyez-vous , j’ai beaucoup réfléchi à ce problème et je crois que l’antisémitisme tient beaucoup à la haine qu’ont les gens pour les juifs. »

 Une injure à laquelle je n’avais jamais pensé

Un jour, elle avait remis à sa place un opposant politique particulièrement vaniteux en disant que quelqu’un comme lui aurait dû s’abstenir de s’impliquer dans la vie publique.
« Que voulez vous dire ? » S’enquit-il avec une grimace méprisante.
« Il est évident, rétorqua-t-elle (entra autres, elle était sage-femme) qu’à votre naissance, ils ont enterré l’enfant et élevé le placenta. »

L’exil

Mazisi ne connaissait pas un traître mot de français mais crut reconnaître le mot zoulou « lapa », qui signifie aussi « là-bas ».
Plus tard , il expliqua qu’il n’avait pas été surpris que le gendarme lui parle en Zoulou : de son point de vue, c’était tout naturel. Ce qui l’avait surpris, et qui lui avait fait plaisir, c’est que le Français ait immédiatement reconnu dans son interlocuteur un Zoulou. À compter de ce jour, Mazisi aima les Français.

L’apartheid

Ce n’étaient pas les meurtres,les atrocités, les mutilations et les tortures que l’on considérait, en fin de compte comme le pire mal perpétré par l’apartheid, mais ceci : la violence faite aux esprits, les émotions mises à nu, la souffrance abrutissante infligée aux individus et aux générations.

3

En 1959 François Maspero , pour débuter sa maison d’édition, a publié son premier ouvrage à propos de la guerre d’Espagne. Comme il le dit lui même dans le post-scriptum de ce livre,en France à cette époque, il y avait peu de livres consacrés à ce conflit (depuis il y en eu beaucoup). Il se sent comme une dette vis a vis de Capa dont cette photo si célèbre a décoré sa librairie pendant quelques mois.

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Il part, dans ce roman, à la recherche d’une autre photographe Gerda Taro qui fut la compagne de Robert Capa. L’histoire de leur amour est mêlée à l’engagement politique pendant la guerre civile en Espagne. On vient de découvrir qu’une partie des photos attribuées à Capa était de Gerda Taro morte en 1937 lors des combats de cette terrible guerre. Capa l’aimait et a tout fait pour qu’on connaisse ses photos mais comme lui même est mort en 1953 en Indochine et que la famille de Gerda ( Pohorylle de son véritable nom)a été victime de l’holocauste en tant que juifs, il est difficile aujourd’hui de séparer leurs œuvres.

Ce livre part à la recherche de la personnalité de Gerda , était-elle communiste ou pas tant que ça ? J’avoue que ce débat m’a agacée , je pense qu’en 1959 , le même auteur aurait tout fait pour nous prouver son engagement auprès de communistes plutôt tendance Trotskiste, mais aujourd’hui, ce n’est plus vraiment « porteur » ! ! ! Alors elle aurait été anarchiste ! Ce qui est certain , c’est qu’elle est morte en laissant des photos qui semblent très intéressantes (si j’en juge par celles qui sont montrées dans ce livre et ….l’homme qu’elle aimait est devenu très célèbre.

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Le meilleur du livre, c’est la fin la réflexion sur ce qu’est une photo. Pour le reste, j’ai été déçue, mais il est vrai qu’aujourd’hui la réflexion sur la guerre d’Espagne ne manque pas d’ouvrages riches et très bien documentés.

 

 

 

Citation

Réflexion sur la photo

 Les effets chocs s’annulent, le regard du lecteur , à chaque instant sollicité, est saturé. Et si tout s’annule, c’est donc que tout se vaut. Il ne s’agit plus dès lors de convaincre le lecteur , passé du statut de sujet pensant à celui de consommateur , de la justesse d’une cause , de l’inciter à « détester ou à aimer quelqu’un », à « prendre position ». Il s’agit de triompher dans une concurrence féroce, celle de la course au toujours plus spectaculaire. La loi de la jungle.

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Traduit de l’Espagnol par André GABASTOU

 4
J’ai découvert Rosa Montero grâce aux blogs, à Keisha,en particulier, et j’ai en réserve « le roi transparent ». J ai lu avec plaisir ce roman, et je suis entièrement d’accord avec ce que plusieurs d’entre vous en disaient. Elle sait créer une atmosphère.

Les barbares dont il s’agit ici, ce sont les êtres si accrochés à la drogue, qu’aucune valeur humaine ne résiste à leur passion destructrice. Ce que le personnage principal a été capable de faire pour se payer sa dose du temps de son addiction est absolument révoltant. C’est le genre d’histoires que je déteste lire d’habitude. Je sais que l’horreur existe, il suffit que j’ouvre un journal, mais je n’aime pas le lire en roman.

Le talent de Rosa Montero c’est d’avoir situé son histoire au moment où Zarza , cette ancienne droguée est sortie de son addiction. Son frère , ange maudit qui l’a fait plonger dans la drogue la poursuit pour se venger ; l’ambiance de cette traque est bien rendue. Elle nous permet aussi de remonter à l’enfance et de comprendre bien des aspects de la souffrance de cette jeune femme. Ce qu’elle voulait se cacher à elle-même : les actions les plus sordides qu’elle avait été capable de commettre autrefois, lui reviennent comme des nausées qui l’étouffent.

Le monde de la drogue est bien raconté, et comme Zarza est une historienne du Moyen-âge son récit s’enrichit de romans de la chevalerie. J ai quand même quelques réserves , est ce que cela vient de la traduction ou pas, le style est très complaisant, et la construction du roman est –à mon avis- alourdie par les récits du « roman de Chrétien de Troyes ». Mais c’est avant tout un très bon livre sur un sujet tellement tragique.

Citations 

Le destin

L’enfance est l’endroit où tu passes le reste de ta vie, pensa Zarza ; les enfants battus battront leurs enfants, les fils d’ivrognes deviendront alcooliques, les descendants des suicidés se tueront , ceux qui ont des parents fous le seront à leur tour.

Vivre avec la drogue

La vie est une guerre. Non, la vie, c’est comme avancer dans un pays inconnu. Il faut que tu sois sans arrêt sur tes gardes à l’affût….Et chaque jour qui passe, les jours empirent, parce que tu pénètres de plus en plus dans le pays des méchants, de plus en plus seul, de plus en plus cerné.

Pourquoi je ne me ferai jamais tatouer

C’est con que les tatouages durent plus longtemps que les souvenirs.

L’addiction

Zarza cherchait la Reine, parce qu’en dehors de ses bras, le monde semble exsangue et asphyxiant, un univers insupportable en blanc et noir. La Reine tue, mais sans elle on n’a plus envie de vivre et souvent il ne reste plus qu’à courir , courir de plus en plus vite , galoper jusqu’à l’abîme et s’écraser .
Le chemin vers l’enfer est fait de petits faux pas.

 Philosophie de vie

Si tu n’es pas capable de voir les autres, tu ne peux pas non plus te voir toi-même. Parce que les autres, ceux qui t entourent, ta vie et les engagements qu’elle implique, ce sont les limites qui te font être ce que tu es.

On en parle

« Conduite en état livresque » (le nom du blog est assez bien trouvé non ?).

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Comme j’ai mauvaise conscience d’avoir un Kindle (et d’apprécier cet engin moderne) , j’ai décidé de vous faire connaître ma librairie préférée.
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Pour moi Dinard ne serait pas Dinard sans ce lieu magique où quel que soit votre achat ou seulement votre petit tour, histoire de sentir si les humains sont encore là et pas tous cachés derrière leurs écrans, vous vous sentez bien et toujours accueillis. Et au passage ,je vous conseille leur rayon cartes, j’y trouve toutes mes bonnes idées.

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L’équipe a été rajeunie et c’est une bonne idée, car chaque génération a sa façon d’aborder la lecture ; le libraire est toujours là , il a accepté de répondre à ce petit questionnaire :

 

Luocine : est ce que vous vous souvenez du, ou des livres qui vous ont amené à la lecture ?

Ma première lecture marquante : Defoe Robinson Crusoé.

Luocine : avez-vous gardez une fidélité à un auteur ou à un genre de livres ?

Oui certainement ….. les auteurs anglais ont toujours beaucoup compté.

Luocine : quels sont sont pour vous, les lieux , les moments les plus propices à la lecture ?

Le soir …les bons livres nous les « emportons » dans notre sommeil et parfois dans nos rêves.

 Luocine : quand vous voyez des clients que vous ne connaissez pas, devinez-vous vers quels livres les diriger ?

Souvent ….l’attitude, la façon de « bouger » dans la librairies sont des indicateurs…

Luocine : comment ressentez-vous votre librairie dans cette petite ville de 10 000 habitants ?

Dinard a la chance d’avoir de nombreux visiteurs lecteurs de passage…

Luocine : vos choix de livres sont-ils orientés par votre implantation : Dinard ville de vacances et du bord de mer ?

 Certes…la fiction , le romanesque , bref la fiction est en phase avec le rivage et la mer.

Luocine : Vous le savez, je possède maintenant un Kindle pensez-vous que cet objet met en danger votre activité professionnelle ?

Difficile de le savoir, je crois en la « sensualité » du papier.

Luocine : Évidemment je voudrais que vous me donniez quelques conseils comme si j’étais une cliente sans idée qui arrive dans votre librairie :

Question bien difficile. Sans doute vous demanderai-je vos lectures raconter ce qui vous a plu… J’essaierai alors parmi les livres que j’ai lus récemment de vous dire ceux que j’ai aimés et vous communiquer mon plaisir de lecture.

Luocine : et pour finir vous souvenez vous du livre que vous m’avez vendu en me disant que s’il me plaisait pas, vous vouliez bien me le rembourser ?

(Les bisons de brocken hearth de Dan O’brien … je lui ai soufflé), Non, je ne demande pas le remboursement !

Luocine : le mot de la fin est pour vous :

Ne culpabilisez pas pour le ou la Kindle …(vous voyez ces engins n’ont même pas de genre !). Lire est avant tout un plaisir , un supplément d’âme , peu importe le support , même si, pour ma part, les livres qui m’entourent ont une fonction que des fichiers ne rempliront jamais …Ils sont nos amis , nous pouvons les toucher , les ouvrir, les regarder, les prêter à nos proches, laisser dans leur pages des vieilles cartes postales , des tickets de parking , des billets de train qui témoignent du moment où nous les avons lus….

Luocine : merci à vous.

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4
Tenir un blog vous vaut parfois de merveilleux petits cadeaux. « Normandie terre des arts » s’est adressé à moi pour que je parle de ce livre, je me méfie beaucoup de ce genre de demande mais j’ai accepté, car j’avais trouve intéressant le travail du dessinateur Bernard Vernochet, enfin ce que j’avais pu en voir sur Internet. Ce petit livre est une merveille , Granville a bien de la chance d’être aimé par tous les gens qui se sont unis pour offrir à ses visiteurs un si beau souvenir. Car plusieurs amoureux de cette petite ville côtière ont écrit un petit texte qui accompagne très bien les dessins.

Mais le charme de petit livre tient dans le regard du dessinateur et aquarelliste, tout en nuances, et dans l’observation des petits détails qui font la vie. Si Granville n’est pas un site à couper le souffle, c’est un lieu où on se sent bien pour qui sait regarder.

Un petit regret , il me manque quelques images de la mer , pourtant la vie du port est partout. Et finalement, j’ai découvert un chanteur que je ne connaissais pas et qui va bien au livre et à cette région : Jean- Marie Vivier. écoutez-le ce n’est pas la chanson du livre car je ne l’ai pas trouvée sur youtube, j’ai trouvé celle-là, elle me plaît bien !

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C ‘est difficile d’écrire un billet sur un film rempli de bonnes intentions et autour d’une actrice qu’on a envie de respecter, et pas seulement parce qu’elle est très âgée : Gisèle Casadesus. C’est émouvant bien sûr, (je ne cache pas que j’ai été émue, cette mort m’a rappelé d’autres morts !) mais c’est un mauvais télé film, je m’en veux de dire ça , car par un propos lapidaire on caractérise et on met dans une catégorie un film sans pour autant expliquer.

Ce que j’attends du cinéma , ce n’est pas ce que la télé fait si bien : une proximité à la fois dans la façon de filmer et dans les personnages de la vie de tous les jours. La télé ça se consomme sans se poser de questions sur l’œuvre, on la regarde dans sa cuisine , dans son lit dans son salon, mais quand on va au cinéma on s’attend à un un choc qui nous entraîne sur un ailleurs. Je ne regarde des films à la télé que si je les ai déjà vus, ou si je ne les verrai plus sur grand écran.

« Sous le figuier » ne cherche pas à faire une œuvre , mais suppose d’emblée que nous acceptions ses présupposés, on ne doit pas se poser des questions sur la vraisemblance , ni sur le cheminement des personnages, au contraire on doit les accepter à ce moment là de leur vie et se souvenir que nous connaissons tous des gens plus ou moins comme eux . La bande son était infâme mais ce n’était pas si grave puisque les propos étaient pas tous complètement convenus. Les personnages sont des caricatures à peine crédibles , parce qu’ils sont seulement esquissés.

Je reconnais que le sujet était délicat : la mort d’une très vieille femme entourée des gens qu’elle aime et qu’elle veut pousser vers la vie. Mais la délicatesse des intentions ne justifie pas la mièvrerie, à force de respect pour cette grande actrice , Gisèle Casadesus , le film ne sort pas de l’ornière profonde des bons sentiments.

 

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Traduit de l’espagnol par Catalina SALAZAR

 

3
Ouf j’ai fini ! J’ai traîné ce livre pendant 10 jours en cherchant pourquoi Cathulu et Clara avaient été aussi enthousiastes, c’est ce qui m’a permis, d’ailleurs,d’aller jusqu’au bout. Même la fin est décevante, évidemment c’est au lecteur de l’imaginer !

Les hypocondriaques me font rire d’habitude mais celui-là m’a ennuyée , on ne sait absolument pas pourquoi il est tueur et pourquoi il doit tuer sa victime. On a une pâle explication à la fin, une sombre histoire d’héritage. L ‘important n’est pas là , mais dans la description de toutes les maladies du tueur.

On sourit parfois (heureusement !) , mais 230 pages sur les maladie imaginaires, les siennes, ou celles des hommes illustres, c’est terriblement ennuyeux. J ‘ai souri à la description de sa grossesse nerveuse et je veux bien croire que c’est très rare chez l’homme ! C’est compliqué de tuer un homme quand on louche, quand on est atteint de sommeils subits à n’importe quel moment de la journée, de crispations des doigts au moment de tirer…

Contrairement à Clara, j’ai trouvé ce roman très répétitif et puis même traité sous le ton de l’humour j’ai fini par ne plus supporter les descriptions des maladies. On sait par avance qu’il ne parviendra pas à tuer sa cible, le seul intérêt c’est de savoir quelle nouvelle maladie va l’en empêcher. Cela ne m’a pas suffit pour trouver de l’intérêt à cette longue élucubration sur toutes les pathologies que l’on peut s’inventer aujourd’hui.

Citations

 Genre de statistiques absurdes mais drôles

Selon le Département des Risques de l’université de l’Iowa, il y a 700 000 médecins en activité aux États-Unis et il meurt 120 000 personnes par an pour des raisons dérivées d’une mauvaise pratique médicale. Cela équivaut à une moyenne de 0,171 mort par médecin. Par ailleurs , 80 millions d’Américains possèdent une arme à feu et 1500 personnes meurent chaque année d’un accident lié à ces mêmes armes a feu . Ce qui donne une moyenne de 0,0000188 mort accidentel par armes. Par conséquent , si l’on en croit les statistiques,nous devrions en conclure qu’un médecin est 9000 fois plus dangereux qu’une arme à feu, conclusion sans doute exagérée. 

 Conseils pour être un bon tueur

Ne tue jamais sous l’emprise de la colère,même pas les gens qui t’énervent dans le métro , dans les bureaux de l’administration publique ou à la mercerie , même si l’on te méprise en raison de ton physique différent, de ta façon de te déplacer et de t habiller , de tes coutumes taciturnes , de ton âme sensible et mélancolique et, parfois aussi, de ta maladresse au tir.

On comprend son médecin

Le dernier médecin de famille que j’ai appelé lors d’une attaque de goutte en pleine nuit , avec le gros doigt du pied droit et les genoux enflés , m’a dit à l’aitre bout du fil :
– Bon Dieu, vous voulez bien arrêter de téléphoner à n’importe quelle heure, monsieur ? Je vais vous donner un autre numéro. Notez le : 901 242 626. C’est bon ? Vous l’avez ? Bien , c’est celui d’une entreprise de pompes funèbres. Ils s’occuperont mieux de vous que moi.

On en parle

Je n’ai trouvé que des avis positifs, je suis visiblement la seule à m’être ennuyée ! Outre Clara et Cathulu le blog de Moon

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Enfin ! Ce film est arrivé sur la côte nord de la Bretagne ! Je suis peut-être la dernière à l’avoir vu, sinon, j’espère vous donner envie de le guetter et d’aller le voir quand il passera près de chez vous. C’est le premier long métrage d’une cinéaste d’Arabie Saoudite, Haifaa al-Mansour, et ce ne sera sans doute pas le dernier puisque son film a été récompensé au festival de Dubaï.

L’histoire : une petite fille veut obtenir un vélo pour pouvoir battre à la course son petit voisin (et ami). Pour réunir les fonds, elle participe et gagne le concours de récitation coranique. La petite fille est bouleversante, sa présence assure une grande partie du succès du film. On n’oubliera pas son sourire qui traduit sa liberté et sa joie de vivre.

Au-delà de cette histoire, on voit le combat de la vie ordinaire d’une femme :

  • pour se rendre au travail, comme elle n’a pas le droit de conduire, elle doit utiliser les services d’un chauffeur désagréable qui transporte quatre ou cinq femmes en même temps.
  •  elle doit accepter que l’homme qu’elle aime prenne une deuxième épouse, sans doute pour avoir le fils qu’elle n’a pas pu lui donner.

Ce qui m’a le plus marquée dans ce film, c’est la tristesse de la vie scolaire. Le film ne dénonce rien, il montre simplement la vie de tous les jours de ces petites filles, vêtues de gris et dont la seule coquetterie sont les petites chaussettes blanches à volants ou sans… Sous le grand voile noir, la femme peut et doit se montrer féminine, mais porter des baskets c’est mal vu.

J ai eu aussi le cœur serré à l’idée que ce film ne pourra pas être vu en Arabie Saoudite, puisque les salles de cinéma n’existent pas ! C’est vraiment une vision terrible de ce pays, d’autant plus forte que la cinéaste ne dénonce rien elle décrit la réalité. À l’heure ou la cours de cassation, vient de déclarer qu’une femme musulmane peut porter le voile dans une crèche française, et où notre pays se débat avec la présence musulmane en France, il faut aller voir ce film et se faire une idée de ce que cela veut dire de vivre sous la loi coranique.

Mais il faut surtout aller le voir car c’est un excellent film, bien tourné avec des acteurs merveilleux. Il sait traiter d’un sujet sérieux avec légèreté.

 Bande annonce

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Livre offert par les éditions Kero

 

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Un livre étonnant que je n’aurais jamais lu sans Babelio qui attend donc de moi une critique. Je sais qu’en vous révélant le sujet beaucoup d’entre vous vont se dire : »très peu pour moi ! » Il me reste donc à vous donner envie. Grâce à l’auteur peut-être , puisque son premier roman que je lirai certainement , a été encensé par la critique (« le Fils » prix Goncourt du premier roman) ?

Le sujet : un homme de théâtre et musicien, décide de monter un spectacle autour de l’accordéoniste Yvette (Odette dans le roman ) Horner. Yvette Horner ! ! ! ! Je la croyais morte depuis longtemps , elle représente exactement tout ce que je déteste : la télé de Guy Lux , les arrivées du tour de France , les reprises du petit vin blanc après les repas trop arrosés. Bref ! Je la trouve « vulgaire » … Le mot est lâché.

Le roman raconte cette curieuse rencontre entre un metteur en scène plus habitué à la musique contemporaine et cette artiste très âgée , au début son jugement sur Odette n’est pas très loin du mien. Sauf que lui, il connaît la scène et d’emblée, il sait que, si elle a eu, et a encore, autant de succès c’est qu’elle possède « quelque chose » qu’il veut montrer encore une fois au public. Et là, j’avoue que le roman m’a diablement intéressée. Je me suis demandée pourquoi Yvette Horner et sa musique était aussi populaire . Je n’ai pas la réponse , il y a là un mystère d’une rencontre d’un style de musique et d’une femme avec un public, son public ! à qui elle donne tout.

Le deuxième intérêt de ce roman c’est de se rendre compte à quel point le désir de monter sur scène peut doper l’énergie d’une très vieille femme. Et comme le metteur en scène, j’ai été finalement triste que l’âge l’emporte sur l’énergie.

Au début du livre , l’auteur m’a pas mal énervée en ne mettant pas de noms à ses personnages et en parlant de lui à la troisième personne. Je ne suis pas totalement conquise par son style mais j’ai bien aimé son récit. C’est triste, et je me demande encore pourquoi il a voulu faire ce spectacle. Ma réponse, mais ce n’est que mon point de vue : pour comprendre ce qui rend une artiste populaire ! Il n’aurait pas eu sa réponse, même s’il avait réussi à la faire jouer une dernière fois, car, selon moi, la popularité d’Odette est celle d’une époque dépassée. Cette France-la n’existe plus sauf dans les banquets du quatrième âge à la campagne ou dans les maisons de retraite.

 Citations

 Les moments après les spectacles

Ensuite , il y a l’ivresse de tous les après-spectacles , quand les artistes cherchent âprement à prolonger les vertiges du jeu, entre scène et resto, entre dieux et champagne, entre adrénaline et abandon.

 Les deux mondes culturels qui se croisent

Le metteur la tenait d’ailleurs pour cela une vieille légende hasbeen et de mauvais goût , un cliché d’art populaire. Si elle passait à la radio ou à la télé il zappait .

Il sautait machinalement tout article la concernant , sauf que, pas de risque, Odette était bien trop popu et trop people pour apparaître souvent sur Arte, Mezzo, France-culture, France-musique. Ou dans les colonnes de son libé et de son Monde quotidien.

 Les lueurs d’étoiles

Quand une étoile se dégrade, elle émet dans le désordre, avec par moments des silences et à d’autres de très violentes émissions d’énergie. On y est. Après la musique sans son, après les soliloques incertains et les préludes indécis , une énorme bouffée d’harmonies et rythmes jaillit.

La fin

Il ne reste plus rien en elle de l’artiste échevelée de tout à l’heure pendant le raccord. Odette n’est plus qu’une vieille affreusement vieille.

 On en parle

Mot à mot qui a reçu ce livre par le mmême canal que moi.

Couverture

4
Nous avons été nombreux à adorer « Effroyables jardins » du même auteur. C’est le seul livre que j’ai lu de Michel Quint. Et comme beaucoup, j’avais été très touchée par ce récit. Ce roman choisi dans les nouveautés de ma bibliothèque m’a tentée. Je ne suis pas déçue par la lecture (à un détai près).

Il s’agit d’un enquête policière à Lille : il faut découvrir qui a tué un jeune espoir du LOSC (oui je sais maintenant que équipe de Lille s’appelle ainsi !), cela va nous entraîner dans les réseaux mafieux liés au foot. Et découvrir un personnage très atypique, marqué par une enfance sans père et un fort sentiment d’échec. Michel Quint a une langue bien à lui, il mêle dans un style particulier, les expressions du nord (les gens décarochent.. par exemple)au langage poétique. Il faut s’accrocher parfois, mais finalement, on est pris par sa façon de raconter.

Ce que j’ai vraiment apprécié , c’est la balade dans Lille je pense que tous les gens de cette région vont retrouver à la fois leurs racines et aussi les transformations d’une ville qui est passée de l’ère du labeur en usine à l’ère de la rénovation des friches industrielles en quartiers bobo centrés sur les loisirs.Pour les non-Lilloises comme moi, l’accumulation des noms de lieux est un peu lassante. La description de la corruption du milieu du foot et de tous ceux qui ont trop d’argent : soirées fines arrosées et des call-girls payées ou pas , rôle de la police… est très bien rendue.

Évidemment , avec les récentes affaires DSK et la police lilloise on commence à se faire une certaine idée des soirées dans le milieu politique. Mais là, pas touche ! Notre auteur ne veut surtout pas qu’on pense qu’il s’agit d’un livre qui dénonce des magouilles du PS ! AH ! L’intelligentsia ,elle ne peut être que de gauche n’est ce pas ? Alors au milieu de tout il invente un élu de la majorité présidentielle -son roman a dû être rédigé avant la victoire de Hollande- qui dans dans un café explique à des buveurs de bière (on boit beaucoup de bières, nord oblige !) que si les électeurs arrêtaient de voter socialiste , il y aurait moins de crimes !

C’est vraiment lourd , personne ne pensait que les socialistes étaient en cause et je trouve que ça gâche le roman. En plus je me demande d’où il sort un élu de droite à Lille ? Et surtout pourquoi ?

Cela n ’empêche que c’est un bon livre et que Michel Quint a bien du talent.

Citations

Portraits si vrais

J’entrais dans des boutiques bon genre , aux vendeuses fardées, inaccessibles sur leurs talons hauts,qui consentaient à travailler jusqu’à demain où elles épouseraient un milliardaire : leur destin imminent était écrit sur leurs lèvres boudeuse, dans leur regard dédaigneux , leur façon de fermer leur décolleté d’une main , que je n’accède pas au spectacle réservé de leurs foutus nichons à tomber sur le cul.

Balade dans Lille

Une fois franchies les quatre voies automobiles en prolongement du boulevard Vauban , on arrivait à l’Esplanade , les ponts sur la Deûle , l’écluse, cette belle promenade où les militaires de la citadelle proche, au-delà de la rivière canalisée , venaient croiser les demoiselles de famille aux siècles d’avant et bomber le torse pendant qu’elles baissaient les yeux , pauvres filles.

 Lille aujourd’hui

C’est curieux maintenant que le travail manque , les petits bourgeois , les nouveaux riches raffolent des lieux où. Le prolétariat urbain a usé sa vie. Comme s’ils avaient besoin d’un monument pour se souvenir aujourd’hui que le boulot est devenu souvent virtuel, rarement salissant que la classe ouvrière s’est éteinte. Les mains ne servent plus à rien , elles ne sont plus bonnes qu’au macramé, à l’art du bouquet, á cuisiner joli , singer les maîtres queux , et se fourrer les doigts dans le nez

On en parle

Liliba