Traduit de l’an­glais par Judith ERTEL£
Emprunté à Lourse

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J’avais déjà ouvert cette BD et refer­mée car les dessins ne m’inspiraient pas du tout. Il a fallu l’article de Keisha et … tous les commen­taires .. .et…l’ouverture de ma média­thèque pour que je force mon peu d’appétence pour les BD
C’est abso­lu­ment génial, je vais lire la suite évidem­ment ! J’apprécie les BD, lorsqu’on a l’impression que le récit ne pour­rait pas être raconté sous une autre forme. Les dessins qui m’avaient rebu­tée au premier regard , collent complè­te­ment au récit , et font vivre inten­sé­ment la vie des juifs polo­nais pendant la guerre.

Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit donc d’Art Spie­gel­man, dessi­na­teur de bandes dessi­nées qui fait racon­ter à son père Vladeck Spie­der­man la façon dont il a survécu à la shoa. Les deux époques, aujourd’hui et les années de guerre en Pologne, se mêlent et tissent le récit . Au présent, ce père acariâtre rend malheu­reux sa seconde épouse, mais il accepte de parler à son fils qui note pour sa future BD tous les souve­nirs de la tragé­die de ses parents juifs polo­nais. Le père visi­ble­ment a du mal à s’exprimer en anglais et la traduc­tion rend bien ses diffi­cul­tés d’expression et donne un charme fou au récit.

Le livre s’ouvre sur une cita­tion d’Hitler : « Les juifs sont indu­bi­ta­ble­ment une race mais ils ne sont pas humains ». Je ne sais pas si c’est pour cela que l’auteur a choisi de dessi­ner tous les juifs avec des figures de rats, les polo­nais sous les traits de cochons, et les alle­mands sous les traits de chat. C’est très effi­cace et je suis certaine que cela parti­cipe au succès de sa BD .

Je me suis demandé pour­quoi cette BD me faisait autant d’effet, je pense que, le fait que je sois aussi peu atti­rée par le genre fait que lorsqu’une BD m’intéresse cela me surprend moi-même. Je suis aussi bluf­fée qu’avec une appa­rence de pauvreté de moyens graphiques on arrive à rendre une histoire aussi prégnante. Enfin sa façon de nous faire décou­vrir un père à peu près odieux et ses diffi­cul­tés de rapport avec lui rend le récit terri­ble­ment humain. Ce n’est pas la vie d’un super héros paré de toutes les quali­tés style cinéma holly­woo­dien, pour être survi­vant il fallait d’abord de la chance, puis un sens de la débrouillar­dise hors du commun.

Un grand moment de décou­verte pour moi, et je suis d’accord avec vos commen­taires lu sur le blog de Keisha oui c’est bien de la littérature.

Citations

La façon de parler de son père

Quand j’étais jeune, tout seul je pouvais faire ces choses. Main­te­nant, chéri, ton aide j’ai besoin pour la gouttière.

Rapport père fils

La barbe ! Il veut que j’aille l’aider à répa­rer son toit ou j’sais pas quoi . Merde, même quand j’étais petit je détes­tais l’aider quand il brico­lait. Il adorait montrer qu’il était adroit …Et me faire sentir que moi je n’étais qu’un empoté. Il m’a rendu phobique au bricolage.

Pudeur et tragédie

Après , quand je suis rentré à Sosno­wiek on leur a envoyé des colis…

Un temps ça a été plus facile pour nous. Alors très heureux ils étaient et ils nous ont écrit comme ça les aidait

Et puis ils ont écrit que les alle­mands gardaient les colis.

Et puis ils ont arrêté d’écrire. C’était fini.

On en parle

Par exemple MIMIPINSON , il y a , à ce jour,101 critiques plus une(la mienne !)chez Babe­lio

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