Traduit du suédois par Max Stadler et Lucile Klauss

 

Merci à la petite souris qui a souvent de très bonnes idées de lecture . Mais, j’ai eu plus de mal qu’elle à lire ce roman, non pas qu’il ne soit pas intéressant mais on s’attend à un livre léger et drôle, alors que le récit est long et le style pas très enlevé ( je pourrai dire un peu lourd). Est-ce un effet du Suédois, mais les phrases très courtes, répétitives n’allègent pas forcément la lecture. Ce récit donne une assez bonne idée de l’enseignement en Suède. J’ai lu récemment le livre de Jean Philippe Blondel G229 , tout en finesse et en légèreté , vraiment rien à voir. L’idée de départ est pourtant géniale, une professeure d’anglais et de suédois se retrouve coincée dans le local de la photocopieuse de son collège. Cela n’aurait jamais dû lui arriver, car c’est une femme organisée qui ne laisse jamais rien au hasard. Elle est même carrément psycho-rigide et tout en s’épuisant pour les autres, elle ne fait le bonheur de personne et surtout pas le sien. L’intrigue est bien menée, car il faut une succession d’erreurs qu’elle ne commet jamais d’habitude pour que son calvaire se prolonge jusqu’au dimanche après midi. Sur cette trame et en partageant les moments d’angoisse de cette femme, l’auteure peut nous faire comprendre peu à peu la vie des enseignants en Suède et celle d’Eva-Lena en particulier. C’est évidemment très différent de le France mais c’est intéressant de se rendre compte qu’en partant de méthodes très différentes, on n’arrive toujours pas à intéresser des adolescents qui n’ont pas envie de se mettre à travailler. Ce roman est plein de remarques très justes sur les rapports entre enseignants, sur les difficultés des personnes trop perfectionnistes, sur la vie en Suède. Les personnages ne sont pas trop caricaturaux, sauf le personnage principal, il lui en faudra du temps pour comprendre ce que le lecteur avait compris dès les premières lignes. Avec un peu plus de grâce et de légèreté, j’aurais adoré ce roman tout comme mes amies du blog de la petite souris jaune.

 

Citations

Portrait d’Aurora, l’amie non conventionnelle

Elle n’est ni grande ni grosse : mais elle se place toujours de façon à être au centre des événements. Tout le monde vient s’attrouper autour d’elle. On l’entend tout le temps, bien qu’elle ne parle pas particulièrement fort.

Portrait d’Eva-Lena et origine du titre

Je ne peux récurer aucune baignoire, ni nettoyer un seul évier. Ni dégivrer le frigo. Ni rempoter les fleurs.

Il n’y a rien que je puisse faire maintenant. Pas passer l’aspirateur, non : je n’ai pas accès à un quelconque aspirateur. Pas un seul aspirateur à ma portée.

Mes possibilités de nettoyer les fenêtres sont réduites à néant. Dans cette pièce par exemple, il n’y a pas une seule fenêtre, pas même un soupirail.(…..)

En ce moment personne ne peut exiger quoi que ce soit de moi. Je suis tout simplement Hors-service.

Eva-Lena un prof qui manque d’humour

Elle passa en revue son emploi du temps du lundi. Anglais avec les cinquièmes. Suédois, leçon 8, introduction aux constituants de la phrase. Voilà qui serait vivant, et susciterait intérêt des élèves.

 

Je suis comme Erik et j’aurais bien du mal à supporter Eva-Lena

Il arrive qu’Erik, quand il lit un livre après moi, enrage à cause des annotations que j’écris à la main dans les marges. Un petit point d’exclamation par-ci, une étoile par-là. Un point d’interrogation en face d’une phrase à la construction alambiquée. Une métaphore originale discrètement soulignée. Si un passage entier est intéressant, je le marque d’un trait vertical dans la marge. Il prétend que perturbe sa lecture. Il fulmine, ne veut pas de mes « panneaux indicateurs ». Alors que je prends soin d’utiliser un crayon bien pointu pour écrire de petits signes, d’une écriture soignée qui ne peut gêner personne.

Un bon professeur

Bengt-Göran Arvidsson n’a jamais voulu entendre parler des nouvelles méthodes. Et pourtant ses élèves l’adorent. Quand il passe dans les couloirs, ils se séparent comme la mer rouge devant le bâton de Moïse. Et ils le suivent, ils le suivraient quarante ans dans le désert s’il le fallait. Et ils l’écoutent attentivement, en silence. Ils savent que leur silence sera récompensé. Parce que Bengt-Göran « raconte » il n’enseigne pas. Il raconte.

 

 

SONY DSCTraduit du suédois par Esther Sermage.
Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard.

2
Je pense que, pour tous ceux et toutes celles qui ont des chats, ce roman va prendre une couleur particulière tant il est vrai que maintenir son chat dans son jardin et empêcher celui du voisin de venir dans le vôtre est une véritable gageure. À partir de l’histoire d’un chat qui a décidé que les jardins des voisins étaient aussi les siens, Maria Ernestam (qui, nous dit-elle en postface, l’a vécu personnellement) a écrit un très court roman ou une grande nouvelle comme vous voulez (99 pages). Le point de départ est moyennement passionnant : comment expliquer à votre voisin que leur chat terrorise le vôtre chez vous. Mais, en réalité, l’histoire aurait pu finir très mal car derrière cette histoire de félins se cache une histoire de voisinage bien plus grave et qui aurait même pu être tragique.

Il ne faut pas plus d’une soirée pour lire ce livre , vous serez peut être plus indulgente que moi. J’ai trouvé cette histoire de voisinage assez plate même si, finalement un peu de suspens assaisonne la sauce au final.

Citations

Le grand gagnant : le chat du voisin

D’un bond, il monta sur le mur en pierre et inspecta son territoire, mettant tous ses sens à contribution. Les jardins mitoyens, puis ceux des voisins plus éloignés. Il avait implacablement chassé tous ses concurrents, l’un après l’autre, sans céder un pouce. Ceux qui osaient s’aventurer dehors, dans leur propre jardin, il les avait vaincus à force de ruse et de haine raffinée.

97079299Traduit du Suédois par Jeanne Gauffin 

4J’ai trouvé ce roman chez Hélène, et son enthousiasme m’a convaincue. Je sortais d’un roman très dense et j ai faili passer à côté du charme de ce tendre récit. Après une première page prometteuse, où la grand-mère et la petite fille recherchent un dentier dans un massif de pivoines , j’ai commencé à m’ennuyer. Dans ce cas là, je vous l’avoue, je peste après les blogueuses amies : « Mais qu’est ce qu’elle a bien pu lui trouver à ce bouquin ! » « Je ne suivrais plus jamais ses conseils ! ». Et puis , petit à petit le charme à commencer à opérer, j’ ai résisté …. et puis….j’ai succombé !
Avec une pudeur très suédoise, Tove Janson nous fait comprendre les joies et les peines d’une petite qui vient de perdre sa mère. L’affection de sa grand-mère se manifeste par des gestes et des actes plus que par les mots. (On est chez les gens du nord). Sophie a la chance d’avoir une grand-mère qui entre dans son imaginaire, ensemble, elles reconstruisent une île où le bonheur est possible. La construction romanesque est originale, car on passe du point de vue de l’enfant à celui de la grand-mère , il n y a pas un narrateur mais deux. Le père est là , très important pour l’enfant mais ne rentre pas dans la narration.
J’ai parfois du mal à comprendre la nature qui les entoure, car elle est vue à travers l’imaginaire de l’enfant. C’est peut être pour cela qu’une premiere lecture trop rapide m’a ennuyée. Et puis, vous n’avez jamais d’explications psychologiques , c’est à vous de les construire. Par exemple, quand elles reçoivent une petite Bérénice amie de Sophie, le récit permet de comprendre qu’elle en devient jalouse parce que cette dernière capte l’attention de sa grand-mère.
Les faits sont racontés mais aucune explication n’est donnée. J ai souri aux discussions théologiques et j’ai bien retrouvé les remarques de mes petits enfants. Un petit air de mer et d’été qui fait du bien. Un grand merci Hélène et pour ceux ou celles qui veulent se laisser tenter , sachez que la forme n est pas évidente et peut , comme moi, vous dérouter , mais que c’est un petit bijou de tendresse et de pudeur.

Citations

Le deuil d’une maman

– Regarde, maman , cria-t-elle, j’ai trouvé un nouveau palais !
– Ma chère enfant , dit la grand-mère, je suis la maman de ton papa seulement .
Elle était ennuyée.
– Vraiment , cria Sophie, Et pourquoi serait-il le seul à pouvoir dire maman ?
Elle jeta le palais dans le canal et s’éloigna.

Discussion théologique

Elle demanda comment Dieu pouvait faire attention à tous les gens qui le priaient en même temps.
– Il est très sage, murmura la grand-mère en somnolant sous son chapeau .
– Réponds correctement, dit Sophie . Comment a-t-il le temps ?
– Il a des secrétaires …
– Mais comment arrive -t-il à exaucer votre prière s’il n’a pas le temps de parler avec ses secrétaires avant que ça ne tourne mal ?
Grand-mère fit semblant de dormir, mais elle savait bien qu’elle ne trompait personne et, finalement elle déclara qu’il s’était arrangé pour que rien ne puisse arriver entre le moment où on priait et celui où il recevait votre prière. Mais sa petite fille demanda alors ce qui arrivait quand on tombait d’un sapin et qu’on priait pendant qu’on était en l’air.

Les odeurs

Les odeurs sont importantes, elles évoquent tout ce qu’on a vécu,elles sont comme une enveloppe de souvenirs et de sécurité.

On en parle

Chez Hélène, bien sûr et Babelio où vous lirez deux critiques négatives de lectrices qui sont passées à côté de ce roman comme j’ai failli le faire.

Traduit du uédois par Lena GRUMBACH et Marc Gouvenain.

4
Je cherchais un roman pour me divertir après ma lecture très sérieuse sur la guerre 14/18. Et puis ma station de radio préférée, France Culture, donne tous les soirs sous forme de feuilleton la trilogie Millénium. Comme quoi elle n’est pas une station si intello que ça ! Je ne lis que très rarement des romans policiers mais j’avais gardé un très bon souvenir de ces trois romans. Vous vous souvenez sans doute de l’été où à chaque fois que l’on voyait quelqu’un plongé dans un énorme bouquin, il s’agissait d’un des tomes de Millénium ?

J’ai retrouvé avec grand plaisir Mikael Blomkvist, et Lisbeth Salander, j’ai bien aimé la façon dont les différents scandales sont dénoncés dans ces romans : les femmes qu’on fait venir de différents pays pauvres pour satisfaire les besoins de la prostitution, les économistes qui s’amusent à faire de l’argent sans aucune morale, les violences faites aux femmes et aux enfants sous tutelle, l’exploitation des enfants ou des prisonniers dans des pays très pauvres. Tout cela en Suède qui est un pays où on essaie de respecter les droits de chacun et où la liberté des mœurs semble de mise pour le plus grand bonheur de l’ensemble de la population. Mais hélas cela n’empêche pas les pervers d’exister.

Un des charmes de ce livre c’est la description de l’intelligence redoutable d’une poignée d’internautes qu’aucune barrière informatique ne peut empêcher de venir espionner les ordinateurs des puissants de ce monde. Je ne connais pas la part de vérité mais ça fait un peu froid dans le dos. La qualité d’un roman policier c’est la façon dont le suspens nous oblige à nous plonger dans l’histoire sans pouvoir lâcher le livre. La relecture, à de nouveau bien marché et j’ai retrouvé, intact, le plaisir du dénouement quand tous les méchants sont enfin démasqués.

Je trouve le deuxième tome un peu moins passionnant car on sent qu’il n’est écrit que pour amener le dénouement du 3° tome. Vraiment si vous ne le savez pas lus et que vous voulez partir dans des romans très prenants, je vous en recommande la lecture, si vous faites parties des rares personnes à avoir échappé au phénomène Millénium.

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Traduit du suédois par Caroline Berg

4
Je le dis tout de suite à la petite Souris Jaune (voire le lien à la fin de l’article) dont j’apprécie beaucoup les critiques d’habitude, je suis comme Clara ( idem pour le lien) j’ai adoré. J’ai ri, et puis, ça m’a fait un bien fou de revisiter certains drames de notre histoire à travers les aventures si peu probables d’un génie suédois de l’explosif en tout genre (tiens tiens, Monsieur Nobel … serait-ce une tradition dans votre froid pays !).

On ne s’ennuie jamais dans cette aventure, on suit avec plaisir la fuite des bras « pas si cassés » que ça, de la bande du centenaire qui arriveront à se défaire et des malfrats et de la police, tout en conservant un énorme magot permettant à tout ce petit monde de finir leurs jours sous le chaud soleil de Bali. Auparavant, nous connaîtrons les cent ans d’une vie agitée, où toutes les crapules (Staline, Mao, Johnson, Kim Il-sun…) ayant bien contribués au malheur de l’humanité auront eu affaire à Allan Karlson qui veut bien discuter de tout sauf de politique car il n’y connaît rien.

Le moment où en Iran il se retrouve avec un pasteur britannique qui essaie de convertir les Iraniens à l’anglicanisme m’a fait mourir de rire. Je te l’accorde Petite Souris Jaune, ce n’est pas un humour très fin, et toi qui aimes les belles enquêtes policières tu as dû être déçu par le peu de perspicacité du policier suédois de base. Comme moi je m’ennuie à la lecture des polars , la caricature de la logique de l’enquête policière m’a bien fait rire.

Je devais être dans de bonnes dispositions, mais je persiste à recommander ce roman à tous ceux et toutes celles qui veulent s’amuser sans prétention et allez, je le reconnais à ceux et celles qui aiment le rire un peu gras, la bière et l’alcool fort !

Citations

Il fuyait sa propre fête d’anniversaire, et c’est aussi une chose qu’on fait rarement à cet âge-là, principalement parce qu’il n’est pas fréquent d’arriver jusque là.

 

Le centenaire se mit en route sur ses chausson-pisse (on les appelle comme ça parce que les hommes d’un certain âge ont du mal à faire pipi plus loin que les bouts de leurs chaussons).

 

Il avait travaillé comme commis dans une ferme battu quotidiennement par son père qui le considérait comme un bon à rien. L’année des ses vingt-cinq ans, un cancer emporta sa mère, ce qui lui fit de la peine. Peu après, son père se noya dans l’étang en essayant de sauver une génisse. L’événement affecta Julius car il aimait bien la génisse.

 

Alan trouvait incompréhensible que les gens aient eu envie de s’entretuer au XVIIe siècle. S’ils avaient patienté un peu, ils seraient morts de toute manière.

 

Trois heures plus tard, les deux hommes se donnaient du Harry et du Allan, ce qui en dit long sur ce que deux bouteilles d’alcool sont capables de faire pour le rapprochement entre les peuples.

 

On peut dire ce qu’on veut de la cuisine française, mais une chose est sûre : on a beau vider son assiette, on n’est pas rassasié.

 

La première décision prise par Gorbatchev, le petit jeune qui avait pris la barre, avait été de lancer une campagne contre la consommation excessive de vodka dans le pays. Ce n’était pas comme ça qu’on séduisait les masses, n’importe quel imbécile était capable de le comprendre.

 

Il fut accueilli par sœur Alice, qui avec un sourire aimable lui fit perdre toute sa joie de vivre en quelques minutes simplement en lui faisant part du règlement intérieur : interdiction de fumer, interdiction de boire de l’alcool et interdiction de regarder la télévision après 23 heures. Elle précisa que le petit déjeuner était servi à 6h45 en semaine et une heure plus tard les jours fériés. Le déjeuner à 11h15, le goûter à 15h15 et le dîner à 18h15. Tout pensionnaire arrivant après ces heures s’exposait à être privé de repas.

-Est- ce qu’on peut aller chier quand on veut ? demanda Allan

On en parle

négatif  : La souris jaune, positif  : Clara et les mots

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 Traduit du Suédois par Philippe BOUQUET.

Quel plaisir de découvrir et savourer ces neuf nouvelles autour d’un même thème : la recherche universitaire. Neuf disciplines différentes donc neuf personnages soumis aux dures lois de la production intellectuelle. L’écrivain suédois, Björn Larsson, invité au Festival des étonnants voyageurs à Saint-Malo, lui-même professeur de français à l’Université de Lund, connaît bien les petits et grands travers de ses chers collègues. Il ne les brocarde pas avec férocité mais les décrit avec humour et beaucoup de tendresse.Passant du philologue, au grammairien, au chimiste au virologue au philosophe… ces neuf facettes de la vie universitaire, nous permettent de faire le tour des connaissances actuelles et de leurs limites.

Ce livre plaira beaucoup aux universitaires, car si aucun d’entre eux ne s’identifiera complètement à l’un des portraits, tous reconnaîtront un de leurs défauts, une de leurs qualités et surtout un de leurs collègues dans les personnalités décrites. Mais au-delà de ce «  petit monde », l’auteur à travers ses neuf récits scrute la condition humaine , soulève beaucoupde questions et ne se contente pas de réponses faciles.

Parfois ce sont les travers de notre société qui sont visés : le « Da Vinci Code » est bien largement préféré aux savantes études du philologue qui, seul pourtant, peut lire et comprendre les textes anciens dont prétend s’être inspirés Dan Brown. Plus grave, et quelque peu ridicule, on lui demandera de répondre à des questions posées par l’écrivain à succès mais qui n’ont rien à voir avec le sérieux de son travail. Combien de fois dans les interviews à la radio ou à télévision « le spécialiste » invité semble ennuyeux et combien plus chatoyant l’inventeur d’histoires et parfois même l’animateur du débat !

Les neuf nouvelles sont autant de petits drames très bien imaginés, surprenants et parfois angoissants à l’image du spéléologue qui met sa vie en danger pour la gloire d’être le premier à trouver un lac souterrain. Les chutes sont toujours surprenantes un peu trop à mon goût, j’aime bien que les nouvelles ne finissent pas par « un effet » mais soient comme suspendues dans le vide à l’image de la vie. Que ce léger reproche, qui ne reflète que mon goût ne vous empêche pas de vous précipiter sur ce livre qui, j’en suis certaine, saura vous plaire, vous amuser et souvent vous émouvoir.

Citations

Mais le monde est ingrat. Personne ne prêtait attention, quand il clamait les lois de l’évolution phonétique dans des salles de cours à moitié vides.

 

Il avait beau vivre dans son ancien français, il avait lui aussi besoin d’un peu de compagnie humaine, de temps en temps, surtout si la conversation, ainsi qu’elle le fit tout naturellement, venait à porter sur les subtilités de l’emploi du subjonctif dans le français du haut moyen-âge

 

Étant donné que tous les autres parlent anglais il suffit de savoir « un peu de français de tous les jours » pour se distinguer de la masse.

 

Ses collègues, en particulier ses rivaux dans la chasse aux crédits…

 

Au cours des années qui suivirent, Birger travailla encore plus dur, si possible. Il négligea femme et enfants, même si ceux-ci ne purent guère noter de différence par rapport à ce qui se passait précédemment. Ils avaient pris l’habitude que leur mari et père ne soit qu’exceptionnellement présent à la maison. La seule nouveauté était qu’il travaillait également le samedi et le dimanche.

On en parle

Un nouveau blog celui de miss orchidée.

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Traduit du Suédois parAnna Gibson.

4
Petite baisse dans l’écriture du blog. Il faut dire que c’est la pleine saison de la confiture d’orange amère, ça occupe bien ! Et puis, une tornade bricoleuse et néanmoins sympathique, est venue installer une bibliothèque dans le coin salon. Alors là… Je sais que vous allez être nombreuses à me comprendre, comment ranger des livres sans en relire quelques pages, donc il faut beaucoup, beaucoup de temps. J’avais décidé de faire un tri, j’ai effectivement jeté un ouvrage des années 60 sur la « Zen-attitude » de toute façon, je n’ai jamais réussi à respirer par le ventre avant d’aller à la poste, avant d’ouvrir mon relevé de comptes, avant d’aller à la mairie –où tout autre démarche administrative- expliquer pour la dixième fois mon changement de nom,

– Ah oui, vous êtes divorcée, c’est pour ça ! (ton compatissant et voix assez forte pour que tout le bureau entende)
– Oui c’est pour ça ! (ma voix, énervée un max ! sous entendant : avec le nombre de divorces en France, cela a dû vous arriver plus d’une fois non ?)

 

Bref, « la zen attitude » ne m’ayant jamais été d’aucun secours dans la vie, j’ai jeté ce livre mais c’est bien le seul ! J’arrête les rangements pour vous parler d’un roman que j’ai beaucoup aimé, Les Chaussures italiennes d’Henning MANKELL. Une courte anecdote à propos de ce livre. Je l’avais apporté pour le lire dans mon TGV préféré : Paris/Saint-Malo. Il était sur ma tablette et il a fourni l’occasion d’un échange chaleureux entre trois passionnées de lecture. Les deux autres lectrices étaient des « fan » de Henning Mankel et de ses romans policiers. Elles avaient toutes les deux entendu parler de ce roman et brûlaient d’envie de le lire, j’ai beaucoup aimé notre conversation sur le plaisir des livres.

 

Cette histoire m’a intéressée tout de suite, un homme disparaît de la vie de sa compagne sans donner aucune explication. Je trouve cette fuite est d’une violence incroyable pour la personne abandonnée, c’est un beau sujet de roman je me demandais ce que l’auteur allait en faire.(genre « Je descends chercher des cigarettes » et il ne revient jamais ! !).

La force du roman, vient de ce qu’il n’y a aucun personnage entièrement positif, et surtout pas le personnage principal. L’atmosphère des pays du nord est très bien rendue, on suit les difficultés de Fredrick Welin pour retrouver un peu de confiance dans la vie et dans les autres. Lui qui a passé sa vie à fuir ses responsabilités, il doit faire face à son destin et essaie tant bien que mal de se racheter.

 

Ce livre est prenant tant pour l’atmosphère et les descriptions des paysages du grand nord, que par l’analyse la difficulté des êtres humains à vivre en harmonie, J’ai été très émue et complètement prise par ce récit. Je ne sais pas si je lirai les romans policiers du même auteur mais j’imagine facilement qu’ils doivent être très bien.

 

Citations

Je me sens toujours plus seul quand il fait froid.

 

Il est aussi facile de perde à l’intérieur de soi que sur les chemins des bois ou dans les rues des villes

 

Il n’y a pas de gens normaux. C’est une fausse image du monde, une idée que les politiques veulent nous faire avaler. L’idée que nous ferions partie d’une masse infinie de gens ordinaires, qui n’ont ni la possibilité ni la volonté d’affirmer leur différence. Le citoyen lambda, l’homme de la rue, tout ça – c’est du flan. Ça n’existe pas.

 

Là tout à coup, sur la jetée, j’ai fondu en larmes. Chacune de mes portes intérieures battait au vent, et ce vent, me semblait-il, ne cessait de gagner en puissance.

 

La mort ne me fait pas peur. Ce que je n’aime pas, c’est l’idée que je vais devoir rester morte si longtemps.

 

 

On en parle

livrogne(parce que j’ai bien aimé le nom de son blog) et toujours à sauts et à gambades.

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Traduit du suédois par Cécile Clauss et Maximilien Stadler.

3
Il ne faut jamais rater les livres « ado » dans la liste du club. D’abord parce que ça nous permet de rester en contact avec la lecture d’une génération qui est parfois loin de nous. Ensuite, comme notre bibliothécaire n’en met qu’un, il est toujours très représentatif et bien choisi. C’est le cas pour ce roman. Alors pourquoi n’a-t-il pas ses quatre ou cinq coquillages ? Parce que je suis assez hermétique au genre policier.

Comme les adultes, les ados ont le droit à leurs auteurs suédois ! Pour un pays qui passe pour être tranquille, quelle imagination les auteurs déploient dans le genre meurtre en tout genre. Pour ce que je peux juger du polar, c’est bien fait, car on ne peut se détendre qu’à la toute fin de l’histoire.

J’ai beaucoup aimé la description de l’adolescence, cette façon que les ados ont de ne pas résister aux personnalités leaders dans les classes, même s’ils savent voir les défauts de ceux qui les entraînent à faire et à dire ce qu’ils n’ont pas vraiment envie de dire ou faire. Et puis, la méchante qu’on aimerait tant voir coupable ou au moins complice, n’est qu’une garce détestable, le romancier ne fait pas dans la facilité. Le coupable sera effectivement un personnage qu’on avait sous les yeux mais qu’on n’attendait pas là.

Ça ne donne pas envie de revivre l’adolescence ! Les parents se battent avec des problèmes d’adultes pas simples à résoudre. Bref l’atmosphère est bien rendue. Cela ne m’étonne pas que les grands ados apprécient, enfin tous ceux qui aimeront plus tard les romans policiers.

On en parle

J’ai choisi ce site à cause du nom, oui ! enlivrez, ça fait du bien : link.

4
J’avais trouvé cette référence sur un site internet qui recommandait « une année à la campagne ». Les deux livres n’ont rien à voir mais j’ai pensé que si le premier me plaisait pourquoi pas celui-ci. J’ai aimé l’histoire d’amour mais le plus intéressant c’est l’incompréhension de deux personnes : la femme intello citadine et le fermier qui bosse comme un fou. Aucun des deux ne sait, ni ne peut, faire des concessions, ils s’aiment mais ne peuvent vivre ensemble. La fin me surprend : ils feront un enfant ensemble sans avoir résolu leurs problèmes de différences. L’ensemble du roman est drôle et tonique. Comme mes lectures de l’été 2009 étaient plutôt tristounes, j’ai bien apprécié.

Citations

Jamais un point de croix ne franchira ma porte, et il est probable qu’un Käthe Kollwitz ne franchira la sienne. (paroles de Désirée)

 

Je devrais peut-être lui faire cadeau de quelques broderies de maman (paroles de Benny)

 

Elle ne sait même pas préparer des boulettes de viande, ai-je dit.Elle sait seulement lire des livres et parler des théories d’un certain Lacong (paroles de Benny).