SONY DSCTraduit de l’Ita­lien par Fran­çoise Brun. Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard thème roman épis­to­laire.

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La seule moti­va­tion qui m’a aidée à termi­ner ce roman, c’est l’en­vie que j’avais d’écrire sur Luocine pour me défou­ler un peu de l’en­nui que j’ai ressenti à cette lecture et d’ex­pri­mer tous mes agace­ments. L’idée de départ avait tout pour me plaire, une femme hérite d’une pape­te­rie et en fait une librai­rie-salon de thé et vend essen­tiel­le­ment des romans d’amour. Elle rencontre son amour de jeunesse Frede­rico et commence une rela­tion épis­to­laire avec lui. Non, je n’ai rien divul­gâ­ché, ce sont les premières pages du roman. Une longue, très longue série de lettres (400 pages qui m’ont semblé 800) pour faire éclore « l’AAAAAAA­mour qui ne connaît pas de lois » entre ces deux êtres alors que lui est marié et vit à New-York et elle à Milan. Lui, c’est un rasoir fini qui ne sait parler que d’ar­chi­tec­ture et la pauvre Emma, prénom trop célèbre en France pour les amours ratés, va devoir lire avec force détails la réno­va­tion de l’im­meuble Morgan à New-York. Malheu­reu­se­ment pour nous, elle reco­pie soigneu­se­ment ses lettres et nous en inflige la lecture. Un conseil si vous lisez quand même ce roman, vous pouvez sauter toutes les lettres signées Frede­rico, elles n’ont aucun inté­rêt. On a juste envie de lire un traité d’ar­chi­tec­ture sur le sujet.

Pour­quoi les cartes de Belle-Isle sur ma photo ? Parce que c’est là que nous deux amants vivront leur amour clan­des­tin. Et même l’évo­ca­tion de ce lieu que j’aime est raté. Les légendes sont ridi­cules, tout semble de paco­tille même les paysages de la côte sauvage. En lisant ce roman et en remar­quant sur la quatrième de couver­ture,  » Ce roman s’est placé dès sa paru­tion en Italie en tête des meilleures ventes » , je me suis souve­nue que Cino Del Duca était italien et avait inventé le concept de la presse du cœur. Ma seule conso­la­tion d’avoir lu ce roman jusqu’au bout, (en diago­nale à la fin il faut que je l’avoue), c’est que » la » Emma, elle va bien s’en­nuyer avec son amant si rasoir et si pleutre qu’il n’avait même pas été capable de lever l’in­ter­dit mater­nel quand il avait vingt ans, je peux le lui dire, il est seule­ment plus vieux mais il est tout aussi timoré.

Citations

Les livres en grande surface

J’ai visité plus de centres commer­ciaux en une semaine que dans toute ma vie, et plus je voyais de livres entas­sés les uns sur les autres entre des montagnes de couches-culottes et de tomates en conserve, plus j’étais convain­cue que les gens avaient besoin d’un endroit où pouvoir se rencon­trer et feuille­ter des livres sans ses sentir obli­gés d’ache­ter.

Une rupture efficace

Le mois dernier, Laura, sa psycho­thé­ra­pie analy­tique termi­née, est rentrée à la maison, a préparé le dîner et informé Camillo que leur mariage « finis­sait là ». Une mini­ma­liste.

C’est ce que je vais faire avec son roman même si je ne suis pas libraire, mais je ne le relirai sûrement pas

Un des privi­lèges de la librai­rie, c’est qu’elle m’a libé­rée d’un complexe de culpa­bi­lité : celui de ne pas me souve­nir de tous les livres que j’ai lus ? J’ai oublié le début, la fin, l’his­toire entière de tas de livres, ce qui me permet d’en relire certains comme si c’était la première fois.

1Des excuses. Je dois des excuses à Babe­lio, à Jean-Didier Urbain et aux lecteurs de Luocine… J’ai reçu ce livre dans le cadre de « masse critique » et cela vaut dire que j’ai coché la case disant que je voulais bien en faire une critique mais voilà :

  • Je n’ai pas le souve­nir d’avoir coché cette case.
  • Si je l’ai fait c’est par erreur, et j’en suis fort capable.
  • Babe­lio s’est peut être trompé de cases ?

Bref cet essai ne corres­pon­dait à aucune de mes attentes de lectrice , mais pouvait tout à fait me plaire car j’adore les surprises. Manque de chance, je m’y ennuie à mourir depuis 15 jours.

J’ai relu le début 10 fois , j’ai fait le test de la page 50. Vous connais­sez ? Toujours lire 50 pages avant de se faire une idée sur un livre. Rien toujours rien.

J’ai lu la conclu­sion… Rien.

Je l’ai ouvert au milieu… Rien !

Cet essai m’ac­croche pas du tout, je n’ai en réalité pas envie d’ap­prendre pour­quoi en un siècle on est passé de la culture de l’ombre à celle du soleil. Mais je ne veux pas parler de ce livre que je n’ar­rive pas à lire , ce ne serait pas juste pour cet auteur ni pour Babe­lio qui offre aux blogs la chance de décou­vrir des livres très variés.

Je n’en tire qu’une leçon, je ferai très atten­tion à la prochaine édition de « masse critique ». Je peux cepen­dant affir­mer que Jean Didier Urbain ne m’a pas redonné le goût de la lecture un peu flageo­lant ces derniers temps. Pour les bains de mer ça va mieux grâce au soleil, juste­ment, qui réchauffe en ce moment les côtes bretonnes.

Et voici quel­qu’un qui a aimé : Miriam ‚malgré les répé­ti­tions , je suis d’ac­cord pour les répé­ti­tions !

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque.

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J’ai deux motifs de satis­fac­tion :

  • D’abord, à cause de la couver­ture, un lecteur choi­sira, peut-être ce livre en pensant lire une œuvre érotique… Et… Il tombera sur Bruno Kerjen et ses mastur­ba­tions au télé­phone !
  • Mais surtout, j’ima­gine l’hor­reur pour Nina Bouraoui , d’être restée le temps de l’écri­ture à peau­fi­ner un être aussi nul et qui ne vit que pour la raideur de son sexe !

Je ne sais pas pour­quoi mais cette idée me faisait du bien , tandis que je me morfon­dais à la lecture de son roman. Devient-on méchante quand un livre vous déplaît tota­le­ment ?

Voilà, j’ai tout dit ou presque, une écri­vaine a créé un person­nage degré zéro de l’hu­ma­nité, et m’a horri­pi­lée pendant tout le temps de la lecture. En plus, ce livre four­mille de détails inexacts qui évidem­ment vont agacer les malouins (je m’en fiche, je suis dinar­daise !). Nina Bouraoui est née à Rennes donc, elle connaît la région, et de toute façon elle peut regar­der une carte ! Comment son person­nage peut-il voir la Vilaine dans le train de Paris à Saint-Malo ? Pour­quoi situer Rothé­neuf à 10 kilo­mètres dans les terres ? Pour­quoi garer une voiture porte Saint-Vincent, en pensant qu’elle est proche de la sortie de la gare ? …

Un livre de plus , qui veut décrire le cafard ambiant des hommes qui ratent leur vie ? Bien sûr, pour donner une couleur « socié­tale » il y a Supe­lec, cette entre­prise qui va délo­ca­li­ser, mais son person­nage, Bruno Kerjen, est si vide qu’il ne peut en rien, nous apprendre quoi que ce se soit sur les diffi­cul­tés des gens qui subissent ces délo­ca­li­sa­tions. Sa seule action a été de se raser la tête ! D’ailleurs, ça suffit pour le faire virer …non, j’exa­gère ! Mais pas tant que ça.

En ces temps, où il pleut un jour sur deux , je ne recom­mande pas cette lecture.

Citations

Sa vie à Saint-Malo cadre d’une tristesse infinie

la vie n’était pas un cadeau mais pas toujours un fardeau pour certains, mais ceux-là, il ne les connais­sait pas ; la vie manquait d’ho­ri­zon, de promesse, elle était brutale comme toutes les pierres grises qui tenaient les maisons de la rue de son enfance que seuls les horten­sias colo­raient.

Photo pour véri­fi­ca­tion , c’est bien de ce Saint-Malo là dont il s’agit :

le manque d’ho­ri­zon :

L’érotisme du personnage

Ses épaules avaient durci grâce aux exer­cices de Maurice tout comme sa queue qui se réveillait elle aussi:Marlène devait être dans le coin.

On en parle

On en dit du bien dans la presse ; dans les blogs, je n’ai pas encore trouvé de billet concer­nant ce roman.

Traduit de l’al­le­mand par Olivier MANNONI

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Une énorme décep­tion, j’ai fini par lire complè­te­ment en diago­nal les derniers chapitres. Pour­quoi suis-je allée vers ce roman, parce que « Small World » du même auteur,est pour moi un excellent roman. Il y avait tout dans ce roman, l’in­ten­sité d’un polar, une réflexion sur la société et les diffi­cul­tés d’un être en prise avec un Alzhei­mer débu­tant. Et j’avais égale­ment beau­coup aimé « le cuisi­nier ». Et là rien, sauf une lenteur et une préten­tion à propos des réflexions sur le temps ! Le scéna­rio à peine digne d’un mauvais atelier d’écri­ture, un vieil homme obsédé par la mort de sa femme veut remon­ter le temps.

Comme le temps n’a pas de réalité, que seuls le vieillis­se­ment et les trans­for­ma­tions sont tangibles, il va embar­quer le narra­teur qui a, égale­ment, perdu sa femme (assas­si­née devant chez lui) dans une recons­ti­tu­tion à l’iden­tique de la jour­née d’avant la déci­sion qui a entraîné la mort de sa femme.

Et voilà , le roman, il faut retrou­ver dans les moindres détails la jour­née où le vieil homme va accep­ter d’al­ler au Tibet avec son épouse et non pas en Afrique où celle-ci attra­pera une mala­ria mortelle. Et là vrai­ment c’est d’un ennuie mortel : il leur faut mesu­rer chaque plante, chaque portion du paysage de leur rue… En même temps notre narra­teur recherche l’as­sas­sin de sa femme, et surprise, ce n’est pas la mauvaise piste sur laquelle nous étions au début, et puis surprise finale.

Non , je ne vous en dit pas plus lisez le, si vous voulez, et sachez que cet écri­vain mérite beau­coup mieux que ce roman.

On en parle

Sur Babe­lio avec plein de critiques posi­tives.

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Voilà ! Mes coquillages parlent pour moi, ce livre est une grande décep­tion. J ai quelques diffi­cul­tés à expri­mer ce que j’ai ressenti pour plusieurs raisons
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  • Ce livre est un cadeau que j’ai demandé, dans le cadre de l’opé­ra­tion match de la rentrée litté­raire orga­ni­sée par Price.Minister.
  • Un cadeau, on a toujours envie que cela plaise, c’est toujours plus compli­qué à évaluer, mais c’est le jeu on doit même noter ce livre .

  • Mais pour­quoi donc, suis-je allée vers ce roman ? J’avais lu des critiques élogieuses du premier livre de Maria Pour­chet : « Avan­cer » sur des blogs que je lis régu­liè­re­ment . (Comme celui de Keisha). Et, souvent, j’aime ce genre de regard acide sur notre société

  • Et enfin,cette écri­vaine a l’art de la formule, c’est abso­lu­ment certain.

    Alors ?

Tout ce livre m’a rendu triste et très perplexe. Pour­quoi mettre son talent à décrire des gens qui n’en ont aucun ? Cela se passe dans le milieu « bobo » bran­ché pari­sien. Tous ses person­nages n’ont comme sujet de conver­sa­tion que la critique acerbe des gens qu’ils connaissent et si possible de se faire les dents sur les plus faibles qu’eux. Le départ c’est une fête d’an­ni­ver­saire surprise. Ressort souvent utilisé au cinéma , avec une petite variante, l’homme ne veut pas sortir et sa compagne ne pourra pas l’ex­traire de son canapé face à sa télé. Les invi­tés, sur une terrasse en plein Paris, se morfondent en les atten­dant, et, l’al­cool aidant ils dressent des portraits peu flat­teurs des uns et des autres.

On est dans un monde du paraitre et de la formule qui fait mouche. L’au­teure semble prome­ner sa caméra dans un monde qui la dégoûte quelque peu, elle prend le lecteur à partie et raconte ses person­nages comme si elle les dissé­quait plutôt que de leur donner vie. Son lecteur, peu à peu, s’at­triste et se se demande , pour­quoi Maria Pour­chet s’in­té­resse à ces gens là , et si, elle même s’en­nuie à les fréquen­ter , elle nous amène à éprou­ver le même senti­ment. On a envie de fuir, la vie est ailleurs, ces bobos pari­siens qui peuvent en une soirée dépen­ser en bois­son un mois d’un bon salaire, ce n’est qu’une toute petite partie de notre société, vaut-elle un roman ?

Ma réponse est : en tout cas pas celui-là !

Citations

Scène avec l’homme du cinéma (Ariel) qui embrasse et tutoie tout le monde et qui attire ceux que la notoriété fascine

Toujours à propos d’Ariel, elle songea mufle, connard, frimeur, mais le garda pour elle.

On commen­çait à trou­ver curieuses ces démons­tra­tions répé­tées d’af­fec­tion de quel­qu’un qui n’avait a priori besoin de personne, vis à vis d’un autre qui, en plus d’être anonyme, semblait se complaire dans le service.

Portrait de Paul-chômeur (celui qui aurait dû être le héros de la fête) vu par sa femme

Commen­tant les liens, pas toujours clairs, qu’elle ne pouvait s’empêcher d’éta­blir entre l’ac­cès de Paul à l’emploi, leur accès à la propriété et son accès à la mater­nité, elle avait un peu insisté sur ce travail que Paul n’avait pas su conser­ver . Et ensuite sur tous ceux qu’il n’avait su prendre. Elle les avait évoqués un à un , rappelé les excuses que Paul avait trou­vées, inno­vant chaque fois pour échap­per au sala­riat, ou simple­ment à la rému­né­ra­tion . C’était trop loin, c’était trop peu, tel employeur avait mauvaise répu­ta­tion , tel autre était sous alerte finan­cière, untel avait la poignée de main humide. Les occa­sions que Paul ne voyait pas arri­ver, les offres qu’il ne sentait pas , les gens dont il se méfait, les gens dont il était sûr qu’ils se méfiaient. Toutes les proies lâchées pour autant d’ombres, pas même des ombres, des fantasmes.

On en parle

Un blog que je ne connais­sais pas, tenu par quel­qu’un qui l’a lu dans le même cadre que moi : Sten­dhal syndrome

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Je n’au­rais jamais dû me lancer dans la lecture de ce roman et donc ne pas le deman­der à Babe­lio dans le cadre de masse critique.. J’ai rare­ment été aussi triste de lire un livre. J’au­rais dû savoir, grâce au résumé, que le person­nage « se faufile certaines nuits dans le camp de Canaan et approche de toutes jeunes que la misère vend au plus offrant ». En fait de « toutes jeunes filles » il s’agit d’en­fants de 11 et 12 ans.

L’au­teure a donc choisi de prendre le point de vue d’un violeur de petites filles pré-pubères. Je dois dire pour l’hon­nêté de la critique , qu’elle donne aussi le point de vue de ces pauvres petites , dégoû­tées et terro­ri­sées. Comme son person­nage est aussi un écri­vain , il se sortira du dégoût de lui-même en faisant de son histoire un roman Pour­quoi ai-je choisi ce roman parmi ceux propo­sés par Babé­lio, parce que j’ai lu trop rapi­de­ment le résumé et que j’ai surtout vu que cela se passait à Haiti après le trem­ble­ment de terre et que j’ai une passion pour ce pays depuis que j’ai écouté Danny Lafer­rière aux « Éton­nants Voyageurs»à Saint-Malo.

Il est vrai qu’en toile de fond de ce violeur de petites filles, il y a les drames de Haïti : la misère et la corrup­tion. Ce qui m’a déplu au plus profond de moi , c’est que cet homme retrou­vera sa force de vie en faisant son penchant sexuel un roman . La créa­tion artis­tique comme rédemp­tion. Je l’ai dit en commen­çant , je n’au­rais jamais dû deman­der à écrire sur ce livre j’en suis bien inca­pable, je suis restée au niveau du dégoût.

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Dans le cadre du Club de lecture. Où comment perdre le goût de la lecture… Ce livre est pédant ne raconte rien sinon l’assurance qu’à cet auteur d’être un véri­table écri­vain. Le livre est truffé de mots savants sans aucun inté­rêt. On devient peut-être écri­vain quand on appelle « drupes » les « necta­rines » ?

Le monde dans lequel il évolue est triste car il ne voit que les côtés tristes des situa­tions. L’auteur ne se donne qu’une seule qualité, celle d’être un auteur. Évidem­ment sa famille ne comprend pas pour­quoi il n’écrit pas comme Coehlo ou Marc Lévy, car il n’est entouré que de gens médiocres qui n’ont pas le bon goût de l’apprécier. J’ai demandé à ma biblio­thé­caire préfé­rée pour­quoi ce livre était au programme de notre club.

Sa réponse m’a lais­sée rêveuse :

Je n’ai lu aucune critique néga­tive sur ce livre, qui a plutôt une bonne presse. Je voulais savoir comment vous réagi­riez.

Je suis de plus en plus sûre que les critiques offi­ciels dans la presse ne lisent pas les livres dont ils parlent. Celui-là, fran­che­ment il peut partir aux oubliettes !

Citations

Description du personnage avec au passage un petit mot savant

Malgré mes ridi­cules désor­mais confir­mées, ma cani­tie galo­pante, mon teint jaunis­sant, le lent émous­se­ment de mes dents, le ternis­se­ment de mon regard , l’as­sè­che­ment de mes joues et le rabou­gris­se­ment géné­ral de ma silhouette, je n’avais pas l’im­pres­sion d’avoir tant changé que cela depuis mes vingt ans.

On en parle

Voilà quelqu’un qui a aimé : Brica­book

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Traduit de l’anglais(Américain) par Stéphane ROQUES.

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Voilà le respon­sable du silence assez long de Luocine. Non pas que j’ai été passion­née, mais je voulais abso­lu­ment finir ce roman. C’est la première fois, je crois, que j’écris à propos d’un livre que je ne peux pas termi­ner. Je veux me venger, ce roman m’a litté­ra­le­ment plombé le moral, comme le titre l’indique c’est triste, « super triste » en effet, et lorsque j’ai lu la critique de quelqu’un qui a aimé : « lecture sans fron­tière » je me suis réjouie d’avoir aban­donné à la page 181 sur cette phrase inou­bliable

« …cette jolie Viet­na­mienne Catho qui s’est fait poser des agrafes à l’estomac. On s’est torchées au Maj Tai… »

À ce moment là, j’ai pensé : « torche-toi toute seule, j’en ai ras le bol ». Et voilà, je n’ai plus été capable de lire une seule ligne écrite par Gary Shteyn­gart. Pour­tant le sujet est inté­res­sant, un roman de sciences fiction qui pousse un peu plus loin l’absurdité de nos conduites. La trans­pa­rence de nos vies privées, nos télé­phones portables qui nous accom­pagnent partout, le culte de la jeunesse et du corps parfait, la peur de mourir, l’économie qui passe aux mains des Chinois. La pauvreté réelle des USA. Il en ressort une déam­bu­la­tion dans l’esprit de Lenny Abra­mov, entre brumes et impré­ci­sions, qui devient vite une espèce de mélasse maré­ca­geuse. Je me demande égale­ment, ce que vaut la traduc­tion, le style est de façon volon­taire, vulgaire et répé­ti­tif.

Bref je n’ai pas du tout aimé j’ai quitté sans aucun remords « les salo­pettes susse la moi » ! ! J’espère bien être contre­dite, mais je sais que je n’ouvrirai plus ce roman, il réus­sit trop bien son but me rendre complè­te­ment triste.

Citations

Exemple du style …. à savourer

Euni-Gaude a Langue de Pute
Cher Poney d’amour
Quoi de neuf ma pétasse chau­dasse ?

Critique de la pauvreté des slogans politiques

Ensemble nous irons quelque part !

La peur de la vieillesse

Peut-être que je détes­tais tous les vieux de mon quar­tier, et leur souhai­tais de dispa­raître fissa pour mieux me consa­crer à mon combat contre la morta­lité.

On en parle

En bien : Lectures sans fron­tières

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1Le style de cette auteure est bien connu, il fait tout le charme pour moi, pour d’autres l’in­té­rêt, et parfois le rejet, de ses livres. À travers un langage cru qui cerne parfai­te­ment la violence de son propos, elle décrit sans aucune compas­sion tous les côtés noirs de notre société. Soit, elle rend compte du langage de notre époque « on zone sur inter­net », soit elle invente des images qui font mouche, en parlant des femmes voilées, elle dit : « la bande à Dark Vador » , et parlant de très vieilles femmes qui conti­nuent à lutter pour la beauté : « à ce stade de décom­po­si­tion, le seul remède serait la burqa ».

Elle ne croit à aucun aspect gentil ou agréable de la vie, derrière toutes nos actions ne se cachent que turpi­tudes sexuelles et inté­rêts finan­ciers. Je ne sais pas si c’est une forme de vérité, mais, en tout cas, c’est très effi­cace en litté­ra­ture. Dans « Apoca­lypse Bébé », l’auteure a construit une enquête poli­cière que les amateurs du genre appré­cie­ront mieux que moi, mais j’ai trouvé que ça se tenait. Je me suis demandé comment elle fini­rait le roman, on a failli avoir une fin plau­sible mais affa­die. Que les amateurs de Virgi­nie Despentes se rassurent, elle finira en une superbe apothéose explo­sive ! !

Son regard critique impi­toyable balaie bien l’ensemble de notre société, elle ne s’épargne pas elle-même, le petit monde des écri­vains est pitoyable et je suis bien contente que la céré­mo­nie de la remise de la légion d’honneur termine comme cela ! Quel curieux monde que le nôtre, où l’on voit ce genre de céré­mo­nies conti­nuer et se multi­plier !

Moi, je remet­trais bien une médaille à tous ceux qui la refusent… Allez ! Un petit coquillage parce que vous n’avez pas voulu être décoré pour avoir écrit des romans, mis des buts avec « les bleus », chanté dans le stade de France…

Citations

Quoi qu’on puisse dire contre la porno­gra­phie, elle avait eu le mérite d’apprendre aux hommes de son âge qu’on ne fait pas l’amour affalé sur sa parte­naire, sans même se soule­ver de temps à autre pour regar­der la tête qu’elle fait.

Elle se souve­nait très bien des femmes de son père à elle, les femmes dont l’âge ne variait pas au fur et à mesure que son père deve­nait un vieil homme…

On voyait qu’elle était heureuse d’être là, qu’elle se sentait meilleure qu’une autre parce qu’elle sacri­fiait deux mois de vacances à regar­der les autres mourir.

Les enfants sont les vecteurs auto­ri­sés de la socio­pa­thie des parents… Quelle haine du monde a bien pu les pous­ser à se dupli­quer autant ?

On en parle

En bien : les pages de lecture de Sandrine, en plus critique : moi Clara et les mots, très critique et inté­res­sant un site que je lis régu­liè­re­ment : la lettrine.

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Traduit de l’espagnol par Isabelle Gugnon

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Ouvrez le lien que j’ai mis à la fin de mon texte, et vous verrez qu’on peut adorer ce livre que j’ai person­nel­le­ment détesté. (De là, à le compa­rer avec » Les mémoires d’Hadrien » de Margue­rite Your­ce­nar… à vous de juger !). Je ne cours pas après les romans histo­riques, mais alors celui-là, c’est exac­te­ment ce que je déteste. Je le pense assez raco­leur pour connaître un certain succès et pour un roman d’été il ne fati­guera personne. Comme on y parle beau­coup de sexe, il peut plaire. Je ne supporte pas le mélange des genres, entre les expli­ca­tions pseudo histo­riques et les romans d’amour de la belle madame Tallien, l’auteur non seule­ment ne choi­sit jamais, mais explique le compor­te­ment des person­nages par nos façons de penser actuelles

La rédac­tion des mémoires de cette trop jolie femme espa­gnole qui a résisté à trois maris , beau­coup d’amants et aux épisodes les plus sanglants de la révo­lu­tion fran­çaise devait sembler un bon sujet roma­nesque, hélas ! c’est peut être trop roma­nesque juste­ment. Pour un public étran­ger qui ne connaît ni la révo­lu­tion, ni cette période, il y trou­vera peut-être un peu d’intérêt mais j’en doute. L’érudition distil­lée dans ce roman est insup­por­table. On a l’impression que l’auteur a écrit en consul­tant Wiki­pé­dia pour chaque person­nage et même pour certains objets (voir ce qu’elle écrit sur le condom ou Madame Tussauds puis l’ar­ticle de Wiki­pé­dia). On a eu l’occasion de lire telle­ment d’ouvrages passion­nants sur la révo­lu­tion fran­çaise, c’est vrai­ment dommage que, celui consa­cré à cette figure fémi­nine, soit si peu sérieux. Je ne reproche pas le côté fémi­nin du point de vue sur les événe­ments, je pense même que c’est le seul inté­rêt du roman, ce qui m’est insup­por­table c’est l’absence de profon­deur du person­nage. Et du coup le roman tombe à plat, le côté histo­rique est plus que super­fi­ciel , alors il reste quoi ?

En refer­mant le livre, je me suis demandé s’il ravi­vait quelques souve­nirs de mes cours d’histoire, pas grand-chose il est vrai. Je me souve­nais que Madame Tallien avait échappé à la guillo­tine. C’est vrai que sa vie est beau­coup plus passion­nante que ce simple épisode, et je pense qu’à l’occasion je me plon­ge­rai dans un véri­table ouvrage histo­rique.

Citations

Une dame riche ayant des amants est une grande dame ; une femme pauvre et volage n’est en revanche qu’une garce.

Savoir de quel pied boite l’ennemi est toujours utile au moment de l’affronter.

On en parle

En bien : link, en beau­coup moins bien : link.