http://ecx.images-amazon.com/images/I/41ME8J5hoiL._SL500_AA300_.jpg

Traduit de l’américain par Anouk Neuhoff.

3
Je le dis tout net j’ai été déçue par ce roman qui pour­tant m’avait été chau­de­ment recom­mandé par ma biblio­thé­caire préfé­rée. Elle connaît mon goût pour les histoires tein­tées de fémi­nisme, pour l’Angleterre et les romans de Jane Austen.

Mais j’ai trouvé ce livre un peu raté. Comme nous l’avoue l’auteure en post­face, elle a essayé de faire un roman à propos de deux femmes qui ont passé leur vie sur des plages à cher­cher des fossiles dont on ne sait pas grand-chose si ce n’est que leurs décou­vertes ont obligé les savants de l’époque à aban­don­ner leur certi­tudes à propos de l’évolution des animaux sur la terre. Que ce soit histo­rique, ou non, n’enlève rien au manque d’intérêt d’un récit.

Certes cette femme illet­trée de milieu extrê­me­ment pauvre a décou­vert des sque­lettes d’animaux qui remet­taient en cause les croyances reli­gieuses de l’époque, certes les femmes n’avaient pas le droit de parti­ci­per aux réunions scien­ti­fiques, certes la société britan­nique de l’époque est construite sur des préju­gés sociaux qui ne sont vain­cus que dans les romans de Jane Austen , tout cela est assez bien raconté et je ne savais rien de Lyme ni de Mary Anning.

Main­te­nant je le sais et je suis contente de l’avoir appris, j’aurais pu lire un article de presse , cela m’aurait fait le même effet.

Citations

Pour ma part, j’étais petite, angu­leuse et dénuée de beauté, et comme je ne pouvais séduire par mes charmes, je m’efforçais de discu­ter de choses sérieuses, ce qui faisait tout autant fuir les hommes.

Jamais je ne pour­rai faire confiance à un homme qui en impo­sait par ses vêtements.

Les femmes mariées étaient figées comme des flans dans un moule, alors que les vieilles filles comme moi étaient informes et imprévisibles.

On en parle

Très posi­ti­ve­ment Quar­tier livre Blog Litté­raire. Un peu moins : à Sauts et à Gambades

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41dKu2BzU8L._SL500_AA300_.jpg

Traduit de l’américain par Sophie Aslanides.

2
Coup de cœur de mon club de lecture. Tous les blogs vous le diront ce livre commence par le pire cauche­mar de tous les parents : perdre des yeux quelques secondes un enfant et ne plus le retrou­ver. C’est pour cela que je l’ai lu et le début m’a beau­coup inté­res­sée et puis, le roman s’enlise dans une enquête à laquelle je n’ai abso­lu­ment pas cru.

Ensuite, contrai­re­ment aux lectrices du club et beau­coup de blogueuses qui ont adoré ce livre, je me suis beau­coup ennuyée à la lecture de ce roman que j’ai fini en diago­nale. Tout m’a semblé convenu et telle­ment prévi­sible ! Quant-aux consi­dé­ra­tions pseudo philo­so­phiques sur la mémoire, j’ai trouvé cela très, très lourd !

Mais si, comme moi, le sujet vous tente lisez la critique dans le blog « quar­tier livre  » cela vous convain­cra peut-être.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51%2BdNV3CcvL._SL500_AA300_.jpg

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Chris­tophe Magny.

http://www.babelio.com/images/ico_critique.jpg

3
Je ne serais pas allée natu­rel­le­ment vers ce livre et j’aurais eu tort, que « Babe­lio » en soit remer­cié, cela m’a permis décou­vrir un livre inté­res­sant et de réflé­chir à un problème qui empoi­sonne l’hu­ma­nité depuis plus de 60 ans. Tous ceux qui s’intéressent à Israël et à la Pales­tine, devraient lire ce livre. S’ils ont déjà des réponses toutes faites, ou bien s’ils sont, par avance, convain­cus par leur cause, ils n’apprendront rien, mais s’ils cherchent à comprendre, encore une fois, comme moi, ils verront que rien n’est simple dans ce conflit.

La maison au citron­nier n’est pas un roman, ce livre est né d’un docu­men­taire sur une maison à Ramla qu’une femme israé­lienne a ouverte aux enfants arabes de son pays afin d’en faire un lieu de paix. L’auteur suit le destin des deux familles, celle de Dalia juive bulgare échap­pée aux bour­reaux nazis, et celle de Bachir chas­sée de chez elle à cause de la nais­sance de l’état d’Israël. Il s’attache à respec­ter scru­pu­leu­se­ment le point de vue des deux parties et plonge son lecteur dans l’horreur inex­tri­cable de deux commu­nau­tés qui ne peuvent que s’exclure. Pour­tant, entre Bachir et Dalia , un lien fragile existe et peut-être un tout petit espoir. Très faible en effet : Bachir et sa famille ne compren­dront jamais pour­quoi ils ont dû partir de chez eux, et Dalia sait que si on auto­rise les Pales­ti­niens à reve­nir Israël n’existera plus.

Deux souf­frances terribles et l’amour d’une même terre peuvent-ils permettre de vivre ensemble ? Je ne sais pas, l’auteur non plus mais au moins, pour une fois, juifs et pales­ti­niens, sont réunis dans un même livre et rien que pour cela ce témoi­gnage est remarquable.

Citations

(Début du livre)

La maison dépeinte dans cet ouvrage existe réel­le­ment, de même que le citron­nier qui se trouve dans sa cour… la maison aux deux histoires.

Les Israé­liens qui venaient dépo­ser ces gerbes hono­raient ce qu’ils appe­laient leur guerre d’indépendance ; Bachir appe­lait ce même événe­ment la « nakba », la catastrophe.

Pour moi, Sion est l’expression d’un désir très ancien, un mot qui symbo­lise un refuge pour mon peuple, et notre expres­sion collec­tive ici. Pour lui, c’est un régime de terreur qu’il a le devoir de combattre, auquel il doit résis­ter par tous les moyens. Car pour lui, le sionisme est le règne de la terreur, et le terro­risme est donc une réponse adéquate !

Dalia haus­sait le ton : « Non, je ne peux pas combattre une erreur en en commet­tant une autre.Cela ne mène nulle part. »

On en parle

Critiques futiles

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41HY3W754ZL._SL500_AA300_.jpg

Traduit de l’américain par Jean Bloch Michel.

4
Merci au blog « critiques futiles » que j’ai décou­vert à propos de « La maison au citron­nier ». J’y ai trouvé cette recom­man­da­tion de lecture et j’ai été complè­te­ment prise par ce récit. Chaïm Potok possède un talent de roman­cier extra­or­di­naire : « L’élu » commence par une partie de base-ball, je ne connais pas de sport qui m’ennuie plus que le base-ball, de plus je trouve que, souvent, les roman­ciers peinent dans les descrip­tions spor­tives. Je serais bien éton­née qu’un lecteur puisse s’arrêter avant la fin de la partie, en tout cas moi, j’ai lu les cinquante premières pages d’une traite.

C’est avec le même talent que Chaïm Potok nous fait renter dans le monde étrange des Hassi­diques, et autres commu­nau­tés juives new yorkaises. Tous les problèmes posés aux juifs lors de la décou­verte de la Shoa sont fine­ment analy­sés. (Ça tombait bien pour moi de lire ce livre après « La maison au Citronnier »).

Le thème prin­ci­pal du roman, c’est l’affirmation de la person­na­lité d’un adoles­cent surdoué. Il était prédes­tiné à suivre les traces de son père et deve­nir rabbin, pourra t‑il grâce à ses études et la liberté que lui donne la pratique de son sens critique échap­per à ce destin qui l’étouffe ? C’est un combat doulou­reux pour Daniel qui sent peser sur ses épaules tout le poids d’une tradi­tion millé­naire faite d’études, de souf­frances et d’amour.L’amitié des deux jeunes garçons et la confron­ta­tion de deux types d’éducation permet­tra à chacun d’entre eux, fina­le­ment de se réaliser.

Ce livre est aussi un chant d’amour filial, même quand un père ne s’exprime que par le silence, les fils se savent aimer et admi­rer par leur père ce qui leur donne une force peu commune pour affron­ter le monde. Les femmes sont complè­te­ment absentes de ce roman, c’est vrai­ment dommage et peu conforme à ce qu’on sait de l’importance de la mère dans la commu­nauté juive.

Je ne sais pas si ce roman reflète encore la réalité des écoles juives, mais j’ai vrai­ment été éton­née de décou­vrir avec quelle joie, voir quelle ivresse, les adoles­cents se plon­geaient dans l’étude de textes plus compli­qués les uns que les autres, je ne retrouve pas les adoles­cents d’aujourd’hui que je connais. Autre époque et autres mœurs !

Citations

Quand quelqu’un peut apprendre quelque chose aux autres, il doit le faire en public. Si l’enseignement n’est pas public il est inutile.

C’est une pitié de voir qu’il ne s’occupe que du Talmud. S’il n’était pas un tzad­dik, il pour­rait être très utile à l’humanité.

Un homme doit donner un sens à sa vie. C’est un dur travail de donner un sens à sa vie. Une vie qui a eu un sens mérite le repos. Je veux méri­ter le repos qui me sera donné quand je ne serai plus ici.

Un homme naît dans ce monde avec seule­ment une petite étin­celle de bien en lui. Cette étin­celle, c’est Dieu, c’est l’âme ; le reste est laideur et mal, une cara­pace. L’étincelle doit être préser­vée comme un trésor, il faut la nour­rir, il faut en faire une flamme. Il faut qu’elle apprenne à recher­cher d’autres étin­celles, elle doit deve­nir maîtresse de la carapace.

On en parle

Critique futiles et le Blog de Mimi.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51aalUZhivL._SL500_AA300_.jpg

Traduit de l’an­glais (Etats-Unis) par Lucie Delplanque.

3
Je voulais comprendre ce qu’était Face­book. J’ai donc lu ce livre et j’ai bien compris , je le recom­mande donc, à tous ceux ou celles, qui se posent des ques­tions sur ce phéno­mène. Le livre n’a pas d’autre inté­rêt que de nous faire comprendre le monde très parti­cu­lier d’une créa­tion sur Inter­net qui fait gagner beau­coup d’argent. L’écrivain n’a pas pu rencon­trer Mark Zucker­berg (le person­nage prin­ci­pal) alors il raconte cette histoire à partir des témoi­gnages de ceux qui ont entouré le petit « génie » puis se sont sépa­rés de lui avec procès à la clé. J’ai compris ce qu’était Face­book, c’était le but par contre cela ne rend pas le monde des petits génies d’Internet très sympathique.

L’idée est simple : en ne donnant qu’une adresse email chacun peut retrou­ver immé­dia­te­ment tous les gens qu’il a connus et qui sont sur le site Face­book. Le nombre fait que la publi­cité y est rentable et donc la société vaut beau­coup d’argent. On peut résu­mer la chose en une formule pour se venger des filles qui ne le regar­daient jamais, Mark Zucker­berg a inventé le moyen le plus rapide de rencon­trer des gens. Et lui, a toutes les filles qu’il veut car il est très, très, riche !

Depuis je suis sur Face­book… Mais je n’ai rencon­tré personne.

Citations

Le type à la droite d’Eduardo, un gras­souillet d’un mètre soixante-cinq, était membre de l’équipe d’échecs de Harvard et parlait couram­ment six langues. Rien de vrai­ment utile en matière de drague.

Pour un obser­va­teur exté­rieur la rela­tion qu’il entre­te­nait avec son ordi­na­teur semblait bien plus harmo­nieuse que toutes celles qu’il pouvait créer avec le monde exté­rieur. Mark ne semblait jamais aussi heureux que devant son écran.

Même à Harvard, la plus pres­ti­gieuse univer­sité du monde, il n’était en réalité que ques­tion de cul. To fuck or not to fuck. Il y avait ceux qui s’envoyaient en l’air et les autres.

C’était un outil inouï pour lubri­fier les rapports sociaux. Tout allait beau­coup plus vite. Sur Face­book, vous connais­siez déjà les gens que vous invi­tiez à être vos amis en ligne, même si vous ne leur aviez parlé qu’une fois.

On en parle

Stef au pays des livres.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51HtXRQd0NL._SL500_AA300_.jpg http://www.babelio.com/images/ico_critique.jpg

2
Livre reçu dans la cadre de Masse critique de Babe­lio. Mon avis est très néga­tif et sans doute trop sévère, je n’apprécie que très peu la litté­ra­ture poli­cière, j’aurais dû me méfier. Quand des romans poli­ciers me plaisent, ils sont en géné­ral excel­lents. Pour celui-là, je pense qu’il s’agit d’un honnête polar qui, person­nel­le­ment, m’a beau­coup agacée.

Sans doute, pour donner un cadre parti­cu­lier et une ambiance inou­bliable, cela se passe sous les purges stali­niennes, pour la violence c’est garanti ! J’avais été surprise et j’avais appré­cié « Enfant 44 » de Tom Rob Smith. Voilà, un nouveau genre est né : le poli­cier vague­ment honnête du temps de Staline, à quand celui sous Pol-Pot ! ! !

Sinon, on a, à peu près, tous les ingré­dients, les coups, le sang , le sadisme, les larmes, les traitres, avec une petite dose de reli­gio­sité. Comme c’est en Russie, c’est plus énorme plus violent, plus déses­péré mais guère plus passion­nant. L’enquête autour d’une icône volée est très compli­quée et permet de décrire ce qui reste des croyances reli­gieuses en Union Sovié­tique et la corrup­tion des diri­geants, tout cela sans grand fonde­ment histo­rique (du moins si je me réfère à mes lectures sur le sujet).

J’ai lu atten­ti­ve­ment ce roman, car j’avais accepté d’en parler sur mon blog, je vais l’oublier très vite.

On en parle

Miss Alfie a l’air d’aimer.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41FDMRUVO%2BL._AA115_.jpg

Traduit de l’américain par Michèle Lévy-Bram.

http://www.babelio.com/images/masse_critique.jpg

3
Ce livre m’a été offert par Babe­lio, pour que j’écrive ce que j’en pense sur mon blog et sur Babe­lio. Je trouve inté­res­sant que les blogs soient main­te­nant utili­sés pour faire la promo­tion de livres. Vous connais­sez sans doute cette auteure (oui Lionel aux Etats-Unis c’est une femme), elle a écrit Il faut qu’on parle de Kevin , où elle analy­sait le compor­te­ment d’un jeune adoles­cent qui a tué sept de ses cama­rades de collège, un employé de la café­té­ria et un profes­seur de son lycée.

Dans double faute, c’est un couple de joueurs de tennis de haut niveau, qu’elle passe au scal­pel de son analyse. Lionel Shri­ver décrit de façon impla­cable le monde du tennis profes­sion­nel, après avoir lu ce roman, on se demande quels parents seraient assez fous pour lais­ser leur enfant s’engager dans un sport pour faire de la compé­ti­tion. On y découvre les dessous des compé­ti­tions de tennis, et tout ce qu’il faut s’imposer pour pouvoir être « classé ». Willy (c’est la femme) et Eric vivent leur vie comme un tour­noi perma­nent. Leur couple ne résis­tera pas aux coups de boutoirs, donnés par des raquettes de moins en moins amoureuses.

Je n’ai aucun inté­rêt pour le tennis, j’attends avec impa­tience les réac­tions des habi­tués de Roland Garos, ils appré­cie­ront mieux que moi, je pense, ce roman. L’analyse du couple est très pous­sée et détaillée, hélas, je suis restée complè­te­ment exté­rieure car cela ne peut concer­ner que des gens confron­tés à la célé­brité. Rien à voir avec la vie, d’habitude on ne passe pas sa vie à véri­fier si son clas­se­ment est meilleur que celui de son conjoint. On comprend dès le début que ça ne peut pas marcher entre eux, c’est donc l’analyse d’une chute dans le style roman améri­cain à succès.

Citations

Dicton

Le tennis c’est un sport où il faut être assez intel­li­gent pour jouer bien, et assez idiot pour croire que ça compte

le gâteau américain

Elle était assise devant l’habituel gâteau, affaissé, sa mère ratant systé­ma­ti­que­ment le glaçage à la noix de coco. La pseudo-« neige » des blancs d’œufs insuf­fi­sam­ment battus-retour­nait à l’état glai­reux, tandis que le pseudo –« glaçage » dégou­li­nait sur les côtés… L’intérieur du gâteau était consti­tué de plusieurs couches molles vague­ment archi­tec­tu­rées par un biscuit de Savoie étouf­fant, caou­tchou­teux- triste quoi- en parfaite confor­mité avec l’atmosphère dépres­sive de la maisonnée.

Le bonheur des premiers mois évoquait une balle au sommet de sa trajec­toire : solide, sereine, équi­li­brée. À son apogée, elle semble figée à jamais, mais l’ascension implique la chute.

On en parle

Avides lectures.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/513xmANO71L._SL500_AA300_.jpg

Traduit de l’an­glais par Anne Krief.

4
Roman pour adoles­cent, très agréable à lire, égale­ment, pour les adultes. Le monde des avocats améri­cains est analysé à travers la compré­hen­sion parti­cu­lière d’un jeune autiste qui est inca­pable de mentir. Pour comprendre le monde, il est parfai­te­ment logique et sa façon de tout décor­ti­quer, permet de comprendre que dans la « réalité » on triche souvent avec l’honnêteté. Marcello appren­dra qu’il faut faire des choix au risque de faire souf­frir des gens qu’on aime.

Je crois que c’est un roman qui plaira aux adoles­cents, car l’histoire est passion­nante – une enquête poli­cière à propos de la respon­sa­bi­lité d’un construc­teur de pare-brise – mais surtout, parce qu’il aborde de façon origi­nale les ques­tions qui inté­ressent tous les jeunes. En parti­cu­lier la sexua­lité. Marcello n’arrive pas à éprou­ver des senti­ments, la façon dont il cherche à comprendre la sexua­lité est à la fois belle et touchante.

L’auteur a parfai­te­ment rendu compte des diffi­cul­tés de ce jeune autiste pour vivre en société. Les efforts de Marcello pour comprendre le monde et sa façon de raison­ner le rendent émou­vant. Il est entouré de person­nages parfois mépri­sables ou au contraire honnêtes et qui lui veulent du bien. Mais mêmes ces gens là, peuvent être complexes et lui poser des problèmes.

Citation

Il y a tant de choses avec lesquelles j’ai énor­mé­ment de diffi­cul­tés. Je ne peux pas me rendre dans un lieu inconnu sans plan. Je me trouble quand on me demande de faire plus d’une chose à la fois. Les gens emploient des termes que je ne comprends pas ou ont des expres­sions du visage impos­sibles à décryp­ter. Ils attendent de moi des réponses que je ne peux pas leur fournir.

On en parle

S’il était encore une fois.

http://www.actes-sud.fr/sites/default/files/imagecache/c_visuel_cat_w120px/couv_jpg/9782742792917.jpg

Traduit de l’an­glais améri­cain par Pierre GIRARD.

4
Encore un livre desservi par son titre fran­çais : du sobre « The Help », on arrive à « la couleur des senti­ments » titre cucul au possible et en plus très ambi­guë. C’est d’autant plus dommage que l’auteure essaie de ne pas sombrer dans un travers senti­men­tal. Or, comment ne pas faire dans l’émotion quand on a été soi-même élevée par une bonne noire qu’on a aimée plus que sa propre mère ?

L’Héroïne du roman vit à Jack­son dans le Missis­sipi et les lois ségré­ga­tion­nistes sont encore en vigueur, la domes­ti­cité noire n’a pas le droit d’utiliser les mêmes toilettes que la famille blanche. Pour expli­quer les raisons d’une telle mesure, on fait appel aux règles d’hygiènes et de trans­mis­sion des mala­dies, les noires étant évidem­ment porteurs de mala­dies graves et dange­reuses pour les blancs !

C’est un roman a plusieurs voix : l’héroïne blanche qui veut écrire un livre sur les bonnes, diffé­rentes bonnes et certaine patronnes blanches. Cela permet de faire le tour de la vie à Jack­son dans les années 60. Le côté rétro­grade et étroit de la petite ville de province qui s’arcboute sur des modes de vie complè­te­ment dépas­sés est très bien rendu. L’idéal de la femme améri­caine qui sait ou qui ne sait pas tenir une maison, la mode des blondes platines aux cheveux laqués, le fond teint et le maquillage et surtout le terrible ennuie de ces femmes qui ont pour distrac­tion les commé­rages et le bridge, tout cela m’a fait penser à « Mad-Men », ma série préfé­rée du moment.

Un des inté­rêts du roman, c’est le récit de l’écriture du livre par les bonnes elles-mêmes, c’est passion­nant et cela soutient l’effet de suspens jusqu’à la fin : les bonnes noires arri­ve­ront-elles à faire comprendre ce qu’elles vivent sans avoir d’ennuis trop graves ? L’une d’entre elles, celle qui ne peut jamais se taire, a imaginé une solu­tion que je ne peux pas vous dévoi­ler mais qui est fran­che­ment bien vue. L’écri­ture d’un livre dans un livre , c’est toujours quelque chose qui m’in­té­resse. Dans ce cas on sent que cette auteure est passée par les ateliers d’écri­ture, cela lui a été repro­ché, j’ai trouvé que c’était inté­res­sant (mais je fréquente égale­ment ce genre d’en­droit). L’analyse des rapports entre les domes­tiques et les patrons est très fine et si ici, elle est parti­cu­lière à cause du racisme ambiant, elle permet de réflé­chir sur la nature des liens entre employeur et employé dans une même maison.

Dans la foule des détails sur la vie de province, j’ai bien aimé les ventes de charité orga­ni­sées par les dames patron­nesses de Jack­son, pour récol­ter de l’argent pour les pauvres petits… Afri­cains ! J’ai lu une critique qui parlait de « bons senti­ments » à propos de ce livre, je ne suis pas d’accord, la violence est là, le plus souvent comme une menace qui fait peur à tout le monde, elle rôde dans le quar­tier noir. Ce livre permet de comprendre les émeutes violentes qui sont venues dix ans après. Un seul conseil : lisez le vite et ne vous arrê­tez pas au titre français.

Citations

C’est un projet qui vise à rendre obli­ga­toire la présence de toilettes sépa­rées à l’usage des domes­tiques de couleur dans toutes les maisons occu­pées par des blancs.
Règle numéro un pour travailler chez une blanche, Minny : ce n’est pas ton affaire. Rappelle toi une chose : ces blancs sont pas tes amis.
Règle numéro 6 : tu frappes pas ses enfants. Les Blancs aiment faire ça eux-mêmes.

C’est depuis la nuit des temps que les Blancs empêchent les Noirs de dire ce qu’ils pensent..

Je n’ai encore rien avalé de la jour­née hormis la tisane de maman contre les sexua­li­tés déviantes.

Mais c’est la dicho­to­mie affec­tion-mépris qui m’étonne toujours. La plupart de ces femmes sont invi­tées au mariage des enfants, mais seule­ment dans leur uniforme blanc. Je savais déjà tout cela mais l’entendre de la bouche de ces Noires est comme l’entendre pour la première fois .

- Donc tu dis qu’il y a pas de limites, non plus entre une bonne et sa patronne ?
- C’est des posi­tions, rien de plus comme sur un échi­quier. Qui travaille pour qui, c’est sans importance.

- Les seins sont faits pour la chambre et pour l’allaitement. Et la dignité ça existe aussi.
-mais enfin, Elea­nor, que veux-tu qu’elle fasse ? Qu’elle les laisse à la maison ?
– Je-veux-qu’elle-les-couvre.

On en parle

Les lecture d’Anna. Une lectrice qui a eu la chance de le lire en anglais : Nymphette.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/5179JH5ki7L._SL500_AA300_.jpg

Traduit de l’an­glais améri­cain par Éric Chédaille, cadeau des éditions Chris­tian Bourgeois.

2
Tenir un blog, toutes celles qui le font savent à quel point c’est un plai­sir. Essen­tiel­le­ment, celui de pouvoir dire pour­quoi on appré­cie tel ou tel livre. Comme le monde des blogs est très vaste, nos avis se croisent et nous permettent d’affiner nos impres­sions. Il est un autre plai­sir, celui de rece­voir en cadeau un livre pour en faire la chro­nique. Les choses alors se compliquent ; a‑t-on le droit de criti­quer un cadeau ? Je dois d’abord dire merci aux éditions « Chris­tian Bour­geois » de m’avoir envoyé ce roman. Et je précise bien que je suis lectrice, non pas critique litté­raire. Toutes ces précau­tions prises, je dois dire que je n’ai qu’à moitié appré­cié ce roman.

Deux thèmes se croisent, un amour pour un trop beau pilote qui s’avère être un homme à femmes, et une épidé­mie mysté­rieuse qui coupe peu à peu l’Amérique des autres pays et des bases de sa propre civilisation.

Si vous voulez connaître toutes les peurs des Améri­cains ce roman vous éclairera

  • Peur d’être rejeté par le reste du monde.
  • Peur de ne pas être aimé.
  • Peur de ne plus avoir le confort du monde moderne.
  • Peur de la maladie.
  • Peur de la pollution.
  • Peur d’autrui…

Le thème du retour au monde primi­tif a été maintes fois traité, il n’y a rien d’original dans ce roman. Par contre, la décou­verte de la vraie person­na­lité de son bel amour aurait pu être un bon ressort si, dès le début, on ne devi­nait pas que ce bellâtre n’allait pas tenir ses promesses. D’abord, dans un roman améri­cain d’aujourd’hui, écrit par une femme les hommes ne peuvent pas avoir un beau rôle, ici c’est presqu’une cari­ca­ture : ils meurent, ils dispa­raissent, ils fuient !

Ce qui m’a le plus inté­res­sée, c’est la trans­for­ma­tion de l’adolescente révol­tée stupide en une vraie person­na­lité. Ce n’était peut-être pas la peine d’imaginer une épidé­mie de peste pour ce résul­tat. Je n’ai pas trouvé de blogs parlant de ce livre mais quelques sites, ils vantent l’écriture de cette écri­vaine, comme je ne l’ai pas lu en anglais c’est diffi­cile de juger. J’ai trouvé que ce roman était très lent, plat, sans montée réelle vers l’angoisse de la mort et que ce défaut n’était pas contre­ba­lancé par la pein­ture, critique ou posi­tive du quoti­dien d’une famille américaine.

C’est le prin­ci­pal reproche que je ferai : « En un monde parfait » décrit la vie de tous les jours à travers une passion puis d’une rupture amou­reuse, autour de ces person­nages rôde une terrible épidé­mie, mais on n’a jamais peur, tout finit par se solu­tion­ner. Il y a bien quelques morts, surtout des hommes, sans pour autant de montée dans l’angoisse. J’espère que d’autres lectrices vont me contre­dire. Bonne chance à ce roman !

Citations

D’une demoi­selle d’honneur elle possé­dait les jambes galbées, la taille de guêpe, les cheveux blonds retom­bant sur les épaules… Elle avait porté du satin vert et de la mous­se­line jaune et quelque chose de rose et d’empesé…

Certains des cyclistes arbo­raient le désor­mais fami­lier drapeau améri­cain frappé d’un gros X noir.

À présent, tout le monde haïs­sait, semblait-il les Etats-Unis. Ce pays qui avait, durant des dizaines d’années, saccagé l’environnement avec ses grosses voitures et ses inter­ven­tions armées, voulait main­te­nant étendre son épidé­mie au reste de la planète.