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5
C’est un livre sur l’ami­tié et ce sont mes amis qui m’ont prêté ce roman. La meilleure façon de les remer­cier serait que je vous donne envie, à mon tour, de lire ce livre qui m’a fait rire et qui m » a émue. Ce livre est paru en 1989 , je n’en connais­sais pas l’existence. Pour­tant, l’auteur ne m’est pas inconnu, j’avais bien aimé à l’époque « La puce à l’oreille » et « Je suis comme une truie qui doute ». Mais c’est un peu pour ça que je n’avais pas fait atten­tion à sa produc­tion roma­nesque, j’avais cata­lo­gué Claude Dune­ton « spécia­liste des faits de langue », en parti­cu­lier des expres­sions, et je ne connais­sais pas son talent de romancier.

« Rires d’homme entre deux pluies » raconte avec un talent humo­ris­tique certain, l’errance de paumés dans les années 70 . Ils vivent au cœur de Paris, à côté de Notre dame de Lorette, dans un loge­ment vétuste sous les combles d’un immeuble, gardé par une concierge qui perd quelque peu la tête. Tous les person­nages sont impor­tants et Alphon­sine, la concierge jouera son rôle dans l’intrigue.

Le charme du roman vient essen­tiel­le­ment du côté déjanté mais plein d’humanité de tous les person­nages et égale­ment du style de Dune­ton. Comme la relec­ture la plus impor­tante que j’ai faite cette année, c’est « le voyage au bout de la nuit » j’ai souvent pensé à Céline, mais un Céline heureux qui aurait confiance dans l’humanité.

Alors que reste-t-il de Céline ? Ce goût pour les gens de tous les jours, pour les antis héros, les situa­tions banales, la mala­die, la mort et l’évolution lente d’un person­nage vers son accom­plis­se­ment. Et puis, une certaine jouis­sance à écrire avec la langue de tous les jours truf­fée de toutes les expres­sions et cita­tions que nous avons tous plus ou moins dans la tête. Ferdi­nand (comme par hasard) qui finira par s’appeler Jean est traduc­teur, nous suivrons toutes ses diffi­cul­tés de traduc­tion comment par exemple traduire correc­te­ment une expres­sion d’une langue à l’autre. Faut-il traduire « Piss-weak » par « pisse-froid » ou par « couille molle » ? Nous le verrons avec son ami Clément ruser pour se nour­rir les mois où la dèche et la faim sont trop fortes. Nous suivrons son amour pour Caro­lina qui s’appelle en réalité Viviane.

Nous connaî­trons les milieux de l’édition, du cinéma avec tous leurs aspects néga­tifs mais aussi amusants et vivants. Cela pour­rait parfois être une charge contre notre société mais ce n’est pas ça, l’auteur pose un regard lucide et amusé sur les compor­te­ments des gens dans les années 70, un peu à la Bras­sens à qui il m’a fait penser égale­ment. J’ai trouvé parfois que le roman s’égarait un peu, en parti­cu­lier dans les brumes finlan­daises et la fin me laisse dubitative.

Le titre le dit bien, si vous voulez rire et pleu­rer avec des êtres ô combien humain préci­pi­tez- vous sur ce livre (si vous le trou­vez), vous passe­rez un très bon moment au milieu d’une foule de person­nages aux desti­nées variées. Vous n’oublierez pas le Tiaf déguisé en femme , Alphon­sine voci­fé­rant contre les juifs, Berbis qui se prend un râteau malgré son énorme érudi­tion , Riton qui ne veut plus vivre accro­ché à son fauteuil roulant, et tant d’autres figures contem­po­raines croquées avec humour et sensibilité.

Citations 

(j’en ai mis beau­coup j’avais parfois envie de reco­pier des passages entiers)

À Paris ce matin-là, l’air était gris, les chats dans les gorges.

Dans les amours les plus blafardes, les coups du cœur très mal bran­chés, il y a toujours un moment comme ça, un laps parfait où tout bascule, où la vie est belle à crier !

Devant le radia­teur à gaz à l’entrée, il y avait des cale­çons qui séchaient, des boîtes de conserve bâillaient sur ce qui aurait dû être ma table de travail. Et partout des chaus­settes, des bouquins, des godasses, un manche de pioche – je ne sais pour quelle raison- et des jour­naux en pagaille !

La vie aussi était comme ça, provi­soire, avec ses folies, ses hontes, ses orgueils. Ses regrets. Un enchaî­ne­ment d’évidences qui se poussent.

Il avait les yeux très bleus. J’ai dit que tous les mythes avaient des yeux bleus – même Jésus Christ dans ses photos anté­rieures au XIXe siècle.

(Une phrase qui me fait penser à du Céline )

Le mois de janvier avait été pluvieux, pas très froid mais pourri. Nous regar­dions tomber la flotte, jour après jour, à la semaine, dégou­li­ner les toits de paris. A se deman­der !… A cher­cher, dans le ciel mouillé, où est le trou d’où vient la pluie.

Pour les soucis d’argent Clément était d’un récon­fort médiocre. Ses discours sur la société capi­ta­liste, inté­res­sant en eux-mêmes, ne valaient pas le diable dans les moments de pénu­rie. Je trou­vais que ce garçon popu­laire s’acheminait lente­ment, mais sans remède , vers le Secours du même nom.

Nous volions une boîte de thon au natu­rel, de maque­reau au vin blanc – jamais d’alcool ! une bouteille d’huile un jour à cause des vinai­grettes… On ne crai­gnait pas trop l’escalade, car, dans le quar­tier, je ne vois pas trop où nous aurions pu voler un bœuf !

Je me suis dit que les femmes, réel­le­ment, étaient les vraies merveilles du monde.

Je me disais que cet inté­rieur blanc des cuisses des femmes est sans doute le plus bel endroit du monde. Que lorsque je mour­rais, si j’avais le senti­ment des choses lais­sées, mon regret ce serait l’intérieur blanc des cuisses des femmes !

Sa tactique à lui consis­tait à jouer de la culture comme d’une arme secrète … Il m’avait confié qu’il lui arri­vait d’établir des fiches, des cata­logues de cita­tions choi­sies, par matières pour les balan­cer dans une discus­sion au moment stra­té­gique, de l’air de celui qui s’en fout tota­le­ment… Ah oui : très impor­tant ça ! Ne citer que par dessous la jambe, toujours ! Négli­gem­ment, faire croire que c’est telle­ment connu, ce qu’on dit là ! … Un rappel, tout au plus ! En s’excusant de la banalité…

Caro­lina disait qu’il ne faut rien savoir des gens ; quand on sait tout, il ne reste plus rien. Ils sont mangés …. Souvent il n’y a palus qu’à les vomir ! Ce qui est une rude entre­prise ? Parfois ça peut durer toute la vie.

Je me suis dit que c’était rigolo, mais les gens d’un certain stan­ding, lorsqu’ils étaient absents de Paris, ils rési­daient rare­ment dans le Nord.

J’ai dit qu’en effet, après avoir glandé tout l’été, je me sentais fort dépourvu. J’aimerais ça trou­ver de quoi subsis­ter jusqu’à la saison prochaine !

Les rires commer­çants en géné­ral, l’aspect « jovialo-servile » !

On en parle

Appel à la blogo­sphère qui a déjà écrit sur ce roman exceptionnel ?

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Traduit du suédois par Caro­line Berg

4
Je le dis tout de suite à la petite Souris Jaune (voire le lien à la fin de l’article) dont j’apprécie beau­coup les critiques d’habitude, je suis comme Clara ( idem pour le lien) j’ai adoré. J’ai ri, et puis, ça m’a fait un bien fou de revi­si­ter certains drames de notre histoire à travers les aven­tures si peu probables d’un génie suédois de l’explosif en tout genre (tiens tiens, Monsieur Nobel … serait-ce une tradi­tion dans votre froid pays !).

On ne s’ennuie jamais dans cette aven­ture, on suit avec plai­sir la fuite des bras « pas si cassés » que ça, de la bande du cente­naire qui arri­ve­ront à se défaire et des malfrats et de la police, tout en conser­vant un énorme magot permet­tant à tout ce petit monde de finir leurs jours sous le chaud soleil de Bali. Aupa­ra­vant, nous connaî­trons les cent ans d’une vie agitée, où toutes les crapules (Staline, Mao, John­son, Kim Il-sun…) ayant bien contri­bués au malheur de l’humanité auront eu affaire à Allan Karl­son qui veut bien discu­ter de tout sauf de poli­tique car il n’y connaît rien.

Le moment où en Iran il se retrouve avec un pasteur britan­nique qui essaie de conver­tir les Iraniens à l’anglicanisme m’a fait mourir de rire. Je te l’accorde Petite Souris Jaune, ce n’est pas un humour très fin, et toi qui aimes les belles enquêtes poli­cières tu as dû être déçu par le peu de pers­pi­ca­cité du poli­cier suédois de base. Comme moi je m’ennuie à la lecture des polars , la cari­ca­ture de la logique de l’enquête poli­cière m’a bien fait rire.

Je devais être dans de bonnes dispo­si­tions, mais je persiste à recom­man­der ce roman à tous ceux et toutes celles qui veulent s’amuser sans préten­tion et allez, je le recon­nais à ceux et celles qui aiment le rire un peu gras, la bière et l’alcool fort !

Citations

Il fuyait sa propre fête d’anniversaire, et c’est aussi une chose qu’on fait rare­ment à cet âge-là, prin­ci­pa­le­ment parce qu’il n’est pas fréquent d’arriver jusque là.

Le cente­naire se mit en route sur ses chaus­son-pisse (on les appelle comme ça parce que les hommes d’un certain âge ont du mal à faire pipi plus loin que les bouts de leurs chaussons).

Il avait travaillé comme commis dans une ferme battu quoti­dien­ne­ment par son père qui le consi­dé­rait comme un bon à rien. L’année des ses vingt-cinq ans, un cancer emporta sa mère, ce qui lui fit de la peine. Peu après, son père se noya dans l’étang en essayant de sauver une génisse. L’événement affecta Julius car il aimait bien la génisse.

Alan trou­vait incom­pré­hen­sible que les gens aient eu envie de s’entretuer au XVIIe siècle. S’ils avaient patienté un peu, ils seraient morts de toute manière.

Trois heures plus tard, les deux hommes se donnaient du Harry et du Allan, ce qui en dit long sur ce que deux bouteilles d’alcool sont capables de faire pour le rappro­che­ment entre les peuples.

On peut dire ce qu’on veut de la cuisine fran­çaise, mais une chose est sûre : on a beau vider son assiette, on n’est pas rassasié.

La première déci­sion prise par Gorbat­chev, le petit jeune qui avait pris la barre, avait été de lancer une campagne contre la consom­ma­tion exces­sive de vodka dans le pays. Ce n’était pas comme ça qu’on sédui­sait les masses, n’importe quel imbé­cile était capable de le comprendre.

Il fut accueilli par sœur Alice, qui avec un sourire aimable lui fit perdre toute sa joie de vivre en quelques minutes simple­ment en lui faisant part du règle­ment inté­rieur : inter­dic­tion de fumer, inter­dic­tion de boire de l’alcool et inter­dic­tion de regar­der la télé­vi­sion après 23 heures. Elle précisa que le petit déjeu­ner était servi à 6h45 en semaine et une heure plus tard les jours fériés. Le déjeu­ner à 11h15, le goûter à 15h15 et le dîner à 18h15. Tout pension­naire arri­vant après ces heures s’exposait à être privé de repas.

-Est- ce qu’on peut aller chier quand on veut ? demanda Allan

On en parle

néga­tif : La souris jaune, posi­tif : Clara et les mots

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Traduit de l’anglais britan­nique par Nelly PERONNY.

4
Excellent roman, on est bien avec Jack et Sally autant quand ils se disputent que lorsqu’ils s’entendent bien. Ce roman nous fait rire, sourire et nous émeut souvent. Je pense que ceux qui peuvent lire en anglais ont beau­coup de chance car ils doivent être, plus que nous, sensibles aux maladresses de langue. La traduc­trice essaie de nous en donner un peu l’idée mais c’est toujours compli­qué ce genre de jeux de mots, évidemment !

Donc voilà, Jack veut deve­nir Anglais, mais alors un Anglais pur jus ! Il a quelques handi­caps, il est juif d’origine alle­mande, il s’appelle Rosen­blum, quand il est vrai­ment en colère les jurons sortent en alle­mand, sa femme Sadie adore parler alle­mand et surtout cuisine parfai­te­ment des spécia­li­tés qui lui viennent de sa mère et grand-mère et qui n’ont rien à voir (heureu­se­ment !) avec la cuisine britan­nique. Le pire de tout : il n’est pas admis dans les clubs de golf où les juifs ne sont pas les bien­ve­nus. C’est oublié que Jack ne s’arrête jamais à des détails d’aussi piètre impor­tance, puisqu’on ne l’admet pas sur les terrains de golf, il construira le sien.

J’ai tout aimé dans de livre, l’évocation de la campagne anglaise, la pein­ture des habi­tants du Dorset, les animaux dont-il faut avoir peur (le cochon laineux par exemple !), et par-dessus tout la façon dont l’auteur rend compte des diffi­cul­tés d’assimilation de la première géné­ra­tion d’immigrés. Sadie ne peut pas oublier les siens empor­tés par la Shoa mais grâce à ses talents de cuisi­nière le village finira par l’adopter, elle et sa mémoire à jamais meur­trie. Jack veut deve­nir plus Anglais que n’importe quel Anglais il rédige un code de 151 règles. Fina­le­ment, il forcera, grâce à son courage ‑celui de creu­ser seul la terre du Dorset pendant un mois- l’admiration des villa­geois et lui permet­tra de deve­nir un des leurs.

J’aime que l’antisémitisme anglais soit épin­glé sans que cela devienne lourd ni tragique, je trouve que c’est encore plus effi­cace : le fameux humour britan­nique ! Lisez le passage où Jack vend sa maison de Londres sans aver­tir sa femme pour réali­ser son rêve, c’est savoureux.

Citations

Si vous ne pouviez pas traire la vache du voisin, il vous suffira de possé­der une vache. Aucun club de golf ne voulait de lui, il n’aurait qu’à construire le sien.

Cette boîte conte­nait tout ce qui lui restait de l’avant : une demi-douzaine de photographies…un vieux livre de prières … ainsi que le livre de recettes de sa mère et une serviette en lin blanc pliée avec soin.

« Sadie tâche donc d’être heureuse. »

Il n’avait pas compris. Malgré les années, il n’avait toujours pas compris. « Je ne veux pas être heureuse »

« Mein Gott ! Constam­ment de bonne humeur ! Ce n’est pas normal. Tu ne pour­rais être un peu malheu­reux, une fois de temps en temps ? Nous aurions peut-être enfin des choses à nous dire après tant d’années !

- La colère affleu­rait dans sa voix, à l’im­mense satis­fac­tion de Sadie ? Enfin elle le tenait. « Tu es comme un rayon de soleil à un enterrement. »

Jack eu un petit rire nerveux. « Et alors, où est le mal ? »

- Tout le monde veut du beau temps pour un mariage, mais, pour un enter­re­ment, le ciel devrait au moins la décence de se couvrir. Juste par respect. »

Jack finit son pain, déco­cha un regard las à sa femme et sortit de la cuisine »

Sadie lut la recette à voix haute : « Mélan­gez les œufs, la bonne dose de sucre, de la farine en quan­tité suffi­sante et juste ce qu’il faut de vanille »

Voyez, voyez ! C’est pour cette raison que l’Angleterre est un grand pays. Dieu vous a donné les meilleures terres de golf au monde. C’est la providence. »

On en parle

Chez la souris jaune , je sais où elle a trouvé ce roman !

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3
Moment abso­lu­ment déli­cieux mais ambi­guë : la première année de retraite après une vie active bien remplie. L’auteur Fanny Ches­nel, malgré sa petite tren­taine, a su croquer ce moment si parti­cu­lier. Sa jeunesse a entraîné son roman dans une histoire d’amour torride, peu crédible, qui m’a un peu gênée et puis fina­le­ment j’ai telle­ment bien ri que je me suis dit pour­quoi pas ?

Caro­line part à la retraite, avec comme cadeau de la part de ses filles, un abon­ne­ment au club du « Nouvel âge », club qui permet aux retrai­tés de prati­quer toutes sortes d’activités. Chacune des acti­vi­tés est l’occasion d’un moment d’humour et de tendresse vis-à-vis des personnes oisives qui jouent à s’occuper.

La séance d’œnologie où tout le groupe finit bien éméché est très drôle, la marche où les quelques hommes comparent leur maté­riel High Tech m’a fait penser à mon acti­vité du mercredi, la séance de pote­rie m’a fait sourire. Mais j’ai vrai­ment éclaté de rire quand Caro­line se méprend sur le contenu de la petite boîte de bonbons à la violette. Elle envoie son trop jeune amant dans le maga­sin spécia­lisé en bonbons de qualité pour trou­ver les dites petites boites alors qu’il y avait stocké un para­dis plus arti­fi­ciel. Le quipro­quo est bien raconté : la gêne du vendeur et de Julien son amant, sa propre naïveté et son obsti­na­tion à bien faire !

Tout ce que l’auteur a saisi des diffé­rences de géné­ra­tions est amusant, comme cette jeune esthé­ti­cienne qui lors d’une séance d’épilation dit très fort dans le salon : « Je vous dégage l’anus, ou on reste sur quelque chose de plus sobre ? ». Comme l’a dit une femme du club de lecture de Dinard, c’est un roman qui vous fait écla­ter de rire. C’est rare, rien que pour cela lisez-le cet été et offrez-le à toutes les femmes qui partent à la retraite.

Je ne suis pas sure qu’il fasse autant rire les jeunes géné­ra­tions (Je parie qu’on tirera un mauvais film à la fran­çaise de ce livre).

Citations

Un bon retraité est un retraité en bonne santé. La plupart d’entre nous portent des montres High Tech- cadeau de Noël de leurs enfants en mal d’idées origi­nales proba­ble­ment – qui mesurent leur poids, leurs dépenses calo­riques, leur vitesse, et qui font même GPS.

À présent, je vais finir mon ouvrage et essayer de trou­ver ça mignon. C’est le mot que tout le monde employait d’ailleurs quand je me bala­dais avec les colliers de nouilles que les filles me confec­tion­naient. Le fait maison n’est pas noté pareil, tout est dans l’intention. Au nom de toutes les croûtes qu’elles m’ont offertes, je reven­dique le droit à la vengeance. Tiens, je vais de ce pas leur confec­tion­ner à chacune un joli petit paquet et hop : une coupelle apéro en terre cuite et un cendrier informe. Qu’elles s’estiment heureuses encore. Si j’étais vrai­ment méchante, je soudoie­rai Sylvianne pour qu’elle leur lègue son amphore !

On en parle

Cunei­page

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Traduit de l’an­glais par Sabine Porte.

4
Je ne connais pas le premier roman (« une brève histoire du trac­teur en Ukraine ») de cette auteure, je me promets de le lire car j’ai beau­coup appré­cié son humour et son style. Le talent de la traduc­trice Sabine Porte m’a bluf­fée. L’auteure joue avec les accents de chaque person­nage, et avec les défor­ma­tions des mots de la mère de Geor­gina qui souffre d’une légère surdité, c’est très drôle en fran­çais (petit exemple son père qui doit être opéré de la pros­tate et risque d’être « imputent »), je me demande comment c’était en anglais.

Le fil conduc­teur, c’est peut être la rupture de Geor­gina et de son mari Rip, à moins que ce soit la colle ! Ou le chat Wonder-boy qui tue les oiseaux et qui saute sur toutes les chattes du quar­tier ! Peu importe, ce roman survole beau­coup des problèmes de notre monde, la soli­tude et la déchéance des personnes très âgées, les malaises de la jeunesse, les conflits sociaux de la Grande Bretagne, les conflits du monde actuel, ceux du XXe siècle aussi.

Tout cela dans une sombre histoire de maison et d’héritage, dont on a très envie de connaître la fin​.Je ne peux pas la racon­ter, ce serait dommage pour le suspens, je peux quand même dire que c’est bien imaginé ! L’amitié entre Geor­gina, hantée par sa sépa­ra­tion doulou­reuse et sa voisine très âgée, Madame Shapiro, permet de décou­vrir le monde de l’hôpital pour les personnes âgées et les problèmes de la dépen­dance quand des inté­rêts finan­ciers sont en jeu. Ce n’est pas très réjouissant.

À travers madame Shapiro une femme juive de 82 ans, on suit le parcours tragique des juifs euro­péen et la belle excep­tion danoise. Comme sa vieille et trop belle maison a besoin de répa­ra­tions, nous ferons la connais­sance d’ Ali l’ex ingé­nieur pales­ti­nien recon­verti en plom­bier, et de la tragé­die des pales­ti­niens chas­sés de leurs maisons en 1947 pour permettre la créa­tion d’Israël . (C’est la deuxième fois, pour moi cette année qu’un livre réunit le destin des juifs et des pales­ti­niens « la maison au citron­nier  »).

Le récit est loin d’être linéaire et Geor­gina, est aussi la fille de parents ouvriers qui ont connu les terribles grèves de mineurs. Mère d’un ado tenté par des gourous reli­gieux qui sévissent sur le net. Amante d’un Mark qui l’attache du velcro aux montants de son lit, et qui oublie de la déta­cher alors que son fils rentre du lycée…

Tout cela prend peu à peu sa place dans le roman, qui du coup est un touffu, un peu trop peut-être, la colle a beau être le fil conduc­teur on s’y perd un peu.

Citations

Peut-être que si l’on réus­sis­sait à amélio­rer la cohé­sion humaine, les autres détails – les lois, les fron­tières, la Consti­tu­tion – se régle­raient d’eux-mêmes. Il suffi­sait de trou­ver l’adhé­sif le mieux adapté aux supports. La clémence. Le pardon. Si seule­ment ça exis­tait en tube.

Ben, mon bébé, seize ans déjà et citoyen à part entière du Web ; « je suis un cuber-ado, m’man. J’ai grandi avec l’hypertexte », m’avait-il répondu un jour où je lui repro­chais de passer trop de temps sur le Net.

Elle m’a regar­dée en arbo­rant son impas­sible sourire profes­sion­nel. J’avais envie de l’étrangler avec son ignoble tenue de reptile et de lui enfon­cer ses talons carrés dans sa gueule de crécelle.

Papa disait toujours : « J’aime bien quand c’est un peu brûlé », ce qui tombait bien, car maman lui faisait volon­tiers cette faveur.

On en parle

Fatto­rius.

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4
Il faut d’abord que j’avoue que je suis une incon­di­tion­nelle de Tonino Bena­quista. C’est un auteur qui me rend heureuse et qui me fait aimer l’humanité. Quelque soit son sujet, il traite toujours avec un profond respect les êtres humains, hommes ou femmes, pourvu que du haut d’une quel­conque supé­rio­rité, ils ne cherchent pas à mépri­ser un plus faible. Nous voici donc dans un club d’un nouveau genre, un club d’hommes racon­tant leurs déboires avec les femmes. Et nous allons suivre plus parti­cu­liè­re­ment l’aventure de trois personnages :

  • Denis Beni­tez, un barman qui se croit victime d’un complot de femmes contre son pouvoir de séduction,
  • Yves Leha­leur qui oubliera l’infidélité de sa femme grâce aux talents des prostituées,
  • Philippe Saint-Jean (Philippe Gros­jean de son vrai nom ! !… ça rappelle un autre roman du même auteur) l’intellectuel pari­sien qui séduira un top modèle (tiens tiens, toute ressem­blance avec des person­nages exis­tant sont-ils vrai­ment de pures coïncidences ?).

L’amour donc, sous toutes ses formes, et en la matière, il en a de l’imagination (ou de l’expérience !) Tonino Béna­quista. Le moment qui m’a fait beau­coup rire, c’est lorsque Yves Leha­leur utilise les services d’une pros­ti­tuée polo­naise qui ne parle pas un mot de Français.

Je ne sais pas si c’est vrai­ment du Polo­nais mais l’effet est irrésistible :

- Outside.
- Outside ?
Elle le toisa avec une lueur de doute et crai­gnit un plan scabreux. elle en avait trop subi pour ne pas redou­ter l’imagination perverse du client.
- Where, outside ? Ja nie moge sobie pozwo­lié na chryje z policjantami !
Il devina le dépravé qu’elle voyait en lui, et la rassura d’un mot qu’il pensait universel :
- Pique-nique.

Je trouve un peu plus faible, la fin du roman, en parti­cu­lier quand Yves Leha­leur offre à toutes les pros­ti­tuées qu’il a connues, le moyen de refaire leur vie plus agréa­ble­ment. Mais peu importe, on passe un bon moment avec ce livre qui se moque genti­ment des travers de notre société. Le sujet (l’amour vu du côté des hommes), traité avec beau­coup d’humour et le regard très perti­nent de cet écri­vain sur nos compor­te­ments, donnent toute sa saveur à ce roman.

J’ai essayé d’en rendre compte à travers les cita­tions que j’ai choisies.

Citations

Se retrou­ver dans une salle de classe lui rappe­lait les rares examens qu’il avait subis – jadis, quelqu’un avait coché la case « vie active » dans son dossier scolaire, et ses parents, depuis toujours dans la vie active, n’avaient pas protesté.

Chez les grands bour­geois, on prenait l’adultère pour un mal néces­saire, à ranger dans le même tiroir que les mala­dies véné­riennes : ça tombait tôt ou tard, mais ça se soignait.

En outre, possé­der une voiture aurait été anti­ra­tion­nel, non écolo­gique, et pour tout dire, vulgaire.

Il lui suffi­sait de lire « Saint Pierre juste vapeur et son buis­son de cres­son 45€ » pour lui donner envie de rôtir en broche le cuisi­nier, avec une pomme dans la bouche.

Ces lèvres pulpeuses, mais si fines aux commis­sures, ne lui servaient ni à parler ni à se nour­rir ni à embras­ser, mais à sourire aux hommes de bonnes volonté.

Il remer­cia le ciel de lui lais­ser le cœur en paix et la queue vagabonde.

Après la crâne­rie, puis l’agacement, vint l’amertume ; jamais il n’avait été si popu­laire qu’en étant le contraire de lui-même.

À l’inverse, ce Grégoire, qui redou­tait tant de se lier à une femme, non parce qu’elle se pros­ti­tuait, mais parce qu’elle était grosse, résu­mait à lui seul une époque déca­dente où les inter­dits et les tabous n’étaient plus dictés par la morale mais par les impé­ra­tifs du profit et la hantise d’un ridi­cule médiatique.

On en parle

au Fauteuil Club Sand­wich.

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Merci, un grand merci, à Evelyne, notre biblio­thé­caire, elle sait choi­sir des livres qui font du bien. Celui-là vous fera rire quelles que soient vos convic­tions sur le réchauf­fe­ment clima­tique ( : le RC). Et vous amènera, aussi, à réflé­chir. À force de rece­voir des idées, plus ou moins vraies, vantant la bonne cause écolo, on oublie de réflé­chir par soi-même : voilà le thème de ce livre.

Iegor Gran, a un talent fou, pour croquer les travers des bien-pensants mouton­niers. Mais qu’on ne s’y trompe pas, il n’est pas là pour créer un parti de mili­tants anti-écolo, il veut réflé­chir et s’amuser du consen­sus de la peur qui réunit Yann Arthus-Bertrand, Fran­çois-Henri Pinault, Luc Besson et ses voisins qui trient avec ardeur leurs poubelles !

Surtout ne ratez pas ses notes en bas de page, d’ailleurs vous ne pour­rez pas, elles sont parfois plus longues que le texte, elles sont toujours passion­nantes et souvent très drôles. J’ai bien ri quand son dentiste lui assène des argu­ments alors qu’il a la bouche grande ouverte et qu’il ne peut, évidem­ment, pas répondre. Qui n’a pas déjà vécu une telle situation ?

Comme lui, j’ai bien du mal à croire au sérieux de la candi­da­ture de Nico­las Hulot à la prési­dence de la Répu­blique (excu­sez le du peu ! !), et j’aimerais avoir son talent pour en rire. (En réalité je trouve ça plutôt triste). Ce petit livre décrit aussi l’évolution de ses rapports avec son meilleur ami, Vincent, convaincu du RC (réchauf­fe­ment clima­tique), et, le dîner où l » on évite tous les sujets qui fâchent est très bien raconté et telle­ment vrai !

Je crois que ce livre fait un bien fou, comme toutes les réflexions qui vont à contre courant elles nous apportent un vent frais qui nous permet de mieux respi­rer, et quand en plus l’auteur nous fait rire, alors on se sent soudain heureux : content de faire partie de cette huma­nité là, celle qui ose rire de tout et se ques­tion­ner sur nos compor­te­ments mêmes ceux qui nous semblent les plus ordinaires .

Citations

Un marchand de soupe a mis son pied dans mon pas-de-porte. On veut m’imposer quelque chose. Une inquié­tude, comme un réflexe, moi qui suis né dans un pays de l’Est. On aime­rait bien penser à ma place.

(En note)

Rappe­lons que dans une vie anté­rieure, Yann Arthus-Bertrand a été pendant dix ans photo­graphe-repor­ter du Paris-Dakar ? Éton­nante conver­sion. Les voies du gazole sont impénétrables.

Son papier-toilette ressemble à un jour­nal de l’Est, il est gris et n’absorbe pas ? (Mesdames, évitez les toilettes de Vincent !) Il aime à penser que, quand il se torche le derrière, aucun arbre n’est lésé dans l’affaire.

Un peu d’humilité la science ! Cou couche panier ! Peut-être faudrait-il déjà qu’elle se mette d’accord sur l’existence ou non du point G, avant de s’attaquer à ces choses autre­ment plus obscures.

La cinquan­taine… c’est l’âge où les grenouilles de béni­tier se noient défi­ni­ti­ve­ment, où les komso­mols tournent appa­rat­chik, où les femmes se mettent à manger des graines- l e premier stade de la vieuconisation.

Et une petite dernière pour la route et quel­qu’un que je connais…

Le mari est toujours fautif, vingt-quatre heures sur vingt quatre, il est coupable au sens méta­phy­sique, il porte sur ses épaules un péché origi­nel. C’est aussi ce qui fait l’in­té­rêt d’avoir un mari, ce pour­quoi la femme le tolère, dans sa grande clairvoyance. 

Il m’ar­rive de rumi­ner ce genre de pensées non dénuées de tendre misogynie.

On en parle

Le Pandé­mium litté­raire.

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3
J’ai acheté et lu ce roman poli­cier à la suite de l’article de la lettrine, blog que je lis régu­liè­re­ment. Quand les blogueuses (déso­lée, Messieurs, mais je ne connais pas de blogueurs écri­vant à propos de livres !) disent ne pas trop s’intéresser aux romans poli­ciers, mais trou­ver celui dont elles vont parler inté­res­sant, ça m’accroche toujours. Comme, de plus, Anne-Sophie, disait avoir bien ri, je n’ai pas résisté au plai­sir d’acheter puis de lire le roman de Jean-Pierre Jonquet.

C’est vrai que c’est drôle, d’un humour noir, féroce et déca­pant. Les rebon­dis­se­ments du vol des diamants par la bande de bras cassés ne manquant ni d’idées ni de courage à l’ouvrage mais tombant sur des impré­vus tous plus cocasses les uns que les autres, sont vrai­ment bien trou­vés. La fin est inat­ten­due et somme toute « morale ».

Mais voilà, si j’ai bien ri parfois, j’ai été gênée de la cari­ca­ture des maisons de retraite. Je connais trop de gens qui y ont vécu sinon des moments de bonheur, au moins des moments où on a su allé­ger leurs souf­frances. J’ai tort, sans doute, car dans ce petit roman, il ne s’agit ni d’un repor­tage ni d’une charge contre ce genre d’établissements, ce sont seule­ment tous les travers et les défauts de notre société qui refuse la vieillesse , la déchéance physique et la mort qui sont ici mis en lumière. Je pense qu’il faut être plus jeune que moi pour rire sans arrière pensée à la lecture de ce livre, être encore bien loin d » accom­pa­gner des parents dans ce genre de maisons où y penser pour soi.

J’ai beau­coup ri, quand même, mais avec une sorte de gêne, je vais le prêter pour connaître les réac­tions des uns et des autres. La soirée anima­tion, le bal costumé (d’où le titre) est irré­sis­tible, mais terrible d’irrespect, on sent la colère de l’auteur qui a lui-même travaillé dans ce milieu !

Citations

N’allez pas croire ça, il ne s’agit pas de coller les vieux dans un lit et d’attendre qu’ils claquent ! Ah non, non, non ! Avant, il faut qu’on les opère, qu’on les irra­die, qu’on essaie sur eux les nouveaux médi­ca­ments, et surtout qu’on les rééduque ! Manque­rait plus qu’à 90 ans ils marchent de travers ! Marcher droit, bouf­fer droit, crever droit, et qu’ça saute, une deux !

Bantrek, c’est le méde­cin. Il n’a pas réussi à faire autre chose que géria­trie. En langage médi­cal, pour ne pas dire « les vieux » ils disent gériatrie.

Les blouses blanches en goguette, les stétho­scopes bala­deurs, les seringues en folie, le satin des costumes, les paillettes du maquillage, tout cela ne parve­nait pas à chas­ser l’odeur de poubelle à douleur, de fosse à agonie.

L’odeur de sang et de cadavre, l’odeur d’angoisse et de mépris. La Mort et la Merde

On en parle

La lettrine (évidem­ment).

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Traduit de l’an­glais par Rita BARISSE-VERCORS

5
Je suis toujours dans mes range­ments de biblio­thèque … Je n’avance pas beau­coup, il faut dire que j’ai une fâcheuse tendance à relire mes livres préfé­rés. Comment se fait-il que celui-là ne soit pas déjà sur mon blog ?

J’ai rare­ment autant ri à la lecture d’un livre. Si vous êtes un bon conteur vous saurez animer vos soirées avec les histoires d’Edouard père d’Er­nest qui finira mangé par son fils effec­ti­ve­ment ! Person­nel­le­ment, je n’y arrive pas car je ris trop pour expli­quer pour­quoi ça me fait autant rire, heureu­se­ment il y a souvent quelqu’un qui connaît et qui peut finir mon histoire.

Nous sommes pendant la préhis­toire et nous vivons en direct la domes­ti­ca­tion du feu, bien loin des livres savants ou terribles (je pense à la guerre du feu par exemple) sur le même sujet, Roy Lewis a donné à ses person­nages une langue moderne et des atti­tudes contem­po­raines, le tout rend son roman abso­lu­ment irré­sis­tible. Il faut, aussi, souli­gner que ce livre permet de se faire une idée assez exacte des néces­si­tés de l’évolution de la race humaine. La misère physique et morale dans laquelle est plon­gée la tribu au début de leur aven­ture est bien rendue, sans le feu l’homme est la proie de tous les préda­teurs et ils sont nombreux !

Person­nel­le­ment j’ai un petit faible pour l’oncle Vania, l’écolo de service qui refuse le progrès surtout le feu, et encore plus son usage pour griller la viande, mais qui vient expo­ser ses théo­ries de vie en harmo­nie avec la nature en profi­tant de la chaleur du foyer et en dégus­tant les meilleurs morceaux de viande grillée. J’ai adoré égale­ment la conquête amou­reuse d’Ernest et les ruses de Griselda pour lui faire croire qu’il était bien le mâle dominant.

Je ne sais pas s’il y a encore des gens qui n’ont pas lu ce livre, préci­pi­tez-vous une soirée de bonne humeur assurée !

Citations

Back to the trees ! clama-t-il en cri de rallie­ment. Retour aux arbres !

Malgré ce qu’il avait dit Oncle Vania revint nombre de fois répé­ter ses exhor­ta­tions contre le feu- quoique de préfé­rence, je le remar­quai, par les soirées froides ou pluvieuses.

J’ai fini par atteindre la Pales­tine. C’était en pleine bagarre.
- Entre qui ?
- Entre immi­grant d’Afrique et Néanderthaliens.
- Pas assez de gibier ? demanda père
– Que si ! tout abonde dans ce pays, il pisse le lait et le miel. Mais il y a quelque chose dans l’air qui vous rend agres­sif. Ils se battaient et s’appariaient. Drôle de jeu.

- C’est plus ou moins la même chose, dit père. Mais faut surveiller ça : en plein pléis­to­cène, des singes velus qui se croisent en Pales­tine avec des singes pelés, savoir ce que ça va donner ?
- Des prophètes barbus vivant de miel et de saute­relles, m’aventurai-je à dire
- N’essaie pas de faire de l’esprit ce n’est pas ton genre grom­mela père.

On en parle

Excu­sez du peu, un article dans Wiki­pé­dia !

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Traduit de l’an­glais par par Domi­nique Kugler.

3
Je partage l’opinion d’Hélène que vous trou­ve­rez en lien à la fin de mon texte. On est pris par cette lecture, car on trouve un peu de nous dans les deux prota­go­nistes, Tilly et Geoff. De plus, Anne Finn écrit avec un tonus rare et drôle. C’est une histoire d’un couple qui va mal, parce que l’un est trop gentil et pour avoir la paix ment à sa compagne qui préfère la vérité aux mensonges de confort.

Le récit vaut pour l’humour féroce d’Anne Fine, je ne connais­sais que Le chat assas­sin, on retrouve le même humour. Tilly une jeune femme intel­li­gente et indé­pen­dante devient la belle mère des deux enfants de l’homme qu’elle aime, Geoff. Celui-ci n’arrivera jamais à comprendre exac­te­ment Tilly et elle sera toujours consi­dé­rée comme la « belle-mère » celle qu’on n’est pas obli­gée d’inviter, celle à qui on ne fait jamais atten­tion. Et comme, ce n’est pas du tout dans son carac­tère, elle explose. Tout le récit elle veut le quit­ter, et toujours à cause d’un « pieux » mensonge de son compa­gnon. Les grands et les petits malheurs de la vie l’en empêche.

La fin est terrible, bien dans le style du « Chat assas­sin », le Geoff qui sommeille en moi en a voulu à Tilly. Au delà du style drôle et plein d’humour, une certaine vérité des rapports humains entre hommes et femmes rend ce roman très agréable à lire. Une fois commencé, je ne l’ai pas lâché.

Citations

La merveilleuse ambi­guïté des excuses conju­gales : je suis déso­lée, non pas de l’avoir dit, mais que cela t’ait vexé

Je pris l’avion pour Aber­deen, déter­miné, par tous les pores de ma peau à rompre. Et j’en veux beau­coup à l amer du Nord. Accou­dez-vous à un bastin­gage et regar­dez devant vous. Depuis le pont d’une instal­la­tion de forage en mer, il n’y a rien qui puisse vous distraire.

Foutaise ! Pas de doute : la bien­veillance est bien la plus égoïste des quali­tés. Dans la plupart des cas on est bien­veillant par paresse ou par manque de courage.

Sauf qu’il y a des gens à qui l’on ne devrait pas tout accor­der le jour de leur mariage, parce qu’ils exige­ront la même chose le lende­main, le surlen­de­main, et indéfiniment.

On en parle

Les jardins d’Hélène