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Je suis déso­lée de n’avoir pas le temps de finir ce livre. Mais comme je le lis dans le cadre de notre club, il faut que les autres puissent le lire égale­ment. (Je ne mets donc pas de coquillages.) C’est un livre qui essaie de rendre compte de la créa­tion artis­tique. Je ne sais pas si les artistes se retrou­ve­ront dans ce roman. J’ai été très inté­res­sée par l’évocation de cette époque de fer et de reli­gion. Le XVIIe siècle, qui y est décrit est vrai­ment une époque horrible, la pauvreté insou­te­nable et l’arrogance des princes et des gens d’église à peine supportable.

La souf­france du peintre qui se sait nova­teur et porteur d’un message qui dépasse son époque est bien rendue. Au début da ma lecture, j’ai été gênée par ce « Tu » du narra­teur qui s’adresse au peintre, mais peu à peu je l’ai accepté. Je fini­rai ce livre un jour c’est certain.

Pour une fois je ne mets pas de cita­tions mais ce tableau où le Cara­vage s’est repré­senté sous le trait du bour­reau parle mieux du livre que n’importe quelle citation.

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3
J’ai choisi ce livre dans la biblio­thèque de la Pina­co­thèque de Paris, qui consacre une très belle expo­si­tion à Edvard Munch, inti­tu­lée Munch ou l’anti cri. Cet essai illustre parfai­te­ment le propos de l’exposition. Il m’a permis de revivre les moments forts que j’ai éprou­vés devant des tableaux que je ne connais­sais pas et qui sont abso­lu­ment magnifiques.

On peut parfai­te­ment admi­rer les toiles sans rien connaître des tour­ments d’Edvard Munch, mais ce livre est bien fait. Pour nous faire comprendre et mieux connaître ce géni de la pein­ture, l’auteur entre dans les souve­nirs de sa sœur, de ses amis, de ses mécènes, c’est très agréable à lire, on a l’impression de vivre avec celui dont l’œuvre ne se résume certai­ne­ment pas au « Cri » qui l’a rendu si célèbre.

Citations de Munch

La mala­die, la folie et la mort sont des anges noirs qui ont veillé sur mon berceau et m’ont accom­pa­gné toute ma vie.

En vérité, mon art est une confes­sion que je fais de mon plein gré, une tenta­tive pour tirer au clair, pour moi-même, mon rapport à la vie … C’est au fond une forme d’égoïsme, mais je ne renonce pas à l’espérance qu’avec son aide, je parvien­drai à aider d’autres gens à se comprendre.

On en parle

Lien vers l’expo à voir abso­lu­ment : link.

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J’avais mis ce livre, une première fois, sur mon blog, lors de sa créa­tion. Je l’ai mis, aussi, dans ma biblio­thèque de Babe­lio et je n’arrive pas à comprendre pour­quoi je suis toujours la seule lectrice, c’est un petit chef d’œuvre (n’ayons pas peur des mots !). Il concourt pour « le coup de cœur des coups de cœur » en juin 2010 de notre club de lectrices de la biblio­thèque de Dinard. Pour une fois, nous avions été unanimes dans nos éloges ; c’est si rare !

Je l’ai offert souvent et à chaque fois, on m’a fait savoir qu’on le trou­vait très bien. Il faut dire que ce roman a tout pour plaire. Il traite avec subti­lité et humour, d’une réalité doulou­reuse : l’exil. Alexan­dra, jeune auteure drama­tique, qui a plus d’un point commun avec Anca Visdei, fuit son pays, la Rouma­nie à l’occasion d’un colloque littéraire.

Elle écrit à sa sœur pour qui elle éprouve une grande affec­tion, la façon dont toutes les deux se jouent des dangers du régime tota­li­taire est drôle mais tragique à la fois. Leurs lettres sont très surveillées, elles s’en amusent : « Ta lettre a mis quatorze jour. D’habitude ça ne prend qu’une semaine…Tu dois utili­ser de mauvaises enve­loppes, là-bas ils les fabriquent moins bien qu’ici, car ton pli s’est décollé pendant le voyage et une secou­rable postière de chez nous a été obli­gée de le recol­ler, très discrè­te­ment d’ailleurs. Il n’y aurait pas eu la petite marque que tu sais, c’était un travail comme neuf ! Quel sens esthé­tique pour une simple postière ! »

Le pays d’accueil, la Suisse n’est pas épar­gnée par l’humour d’Alexandra, j’ai souri à l’évocation des intel­lec­tuels de son colloque :

Tout le monde a été adorable avec moi. Le colloque a duré trois jours, l’admiration un peu moins…..Ils m’ont répondu …. Nous connais­sons et aimons votre pays. Nous avons passé une semaine à un congrès d’écrivains héros du peuple au bord de la mer noire.

On sent en Alexan­dra une vita­lité et une envie de s’imposer comme une écri­vaine de langue fran­çaise qui force l’admiration le parcourt sera long et diffi­cile mais avec tant d’esprit et d’énergie comment ne pas y parve­nir. À sa sœur qui lui dit qu’elle est belle comme une odalisque elle répond « Une odalisque est une crétine enfer­mée dans un harem, qui partage un gros mari violent avec une dizaine d’autres débiles de son espèce et qui passe son temps au bain à montrer des vertèbres super­fé­ta­toires à Monsieur Ingres. ».

La trame roma­nesque est riche des deux mouve­ments : la dureté et la désin­té­gra­tion du régime de Ceau­sescu et l’intégration dans ce qu’on appe­lait à l’époque « le monde libre », cela passe par le lien des deux sœurs qui est riche d’une compli­cité puis d’une tension qui rend le roman passion­nant et triste parfois. J’ai lu et relu plusieurs fois ce livre, avec toujours le même plaisir.

J’espère trou­ver dans le monde des blogs d’autres lectrices passionnées.

On en parle

link. Blog d’Anca Visdei : link.

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4
L’humanité s’est-elle arrê­tée à Ausch­witz ? Voilà la ques­tion que pose ce livre tout en essayant de faire revivre Jan Karski, héros de la résis­tance polo­naise qui a tout fait pour préve­nir les alliés de l’extermination des juifs dont il avait été le témoin. Pour lui, comme pour l’auteur Yannick Haenel, les alliés ont reçu l’information . Pour des raisons peu avouables, ils ont préféré lais­ser faire.L’auteur pense même, que le procès de Nurem­berg, a permis aux alliés de se donner bonne conscience face à leur propre inaction.
Le livre est construit de façon un peu surpre­nante. Les deux premières parties sont une biogra­phie dans la troi­sième, l’auteur prend la liberté de roman­cer la vie de Jan Karski. Je ne vois pas ce que cela ajoute à la force du propos. En recher­chant un blog qui parle­rait autre­ment de ce livre (voir le lien en bas de cet article), j’ai surtout trouvé des témoi­gnages de la polé­mique entre l’au­teur et Claude Lanz­mann, réali­sa­teur de Shoah.

Citations

Propos du responsable du Bund en aout 1942

Les Alliés gagne­ront la guerre dans un an, dans deux peut-être, mais cela n’apportera rien aux Juifs parce qu’ils n’existeront plus.

Vision de Jan Karski dans le ghetto de Varsovie

Au milieu de la rue, deux adoles­cents en uniforme des jeunesses hitlé­riennes. Leurs cheveux blonds brillent au soleil, note Karski. Visages ronds, joues roses, ils bavardent joyeu­se­ment. D’un coup, le plus jeune sort un revol­ver de sa poche. Ses yeux cherchent une cible. Il a, dit Jan Karski, la « concen­tra­tion amusée d’un gamin à la foire ». Les yeux du garçon s’arrêtent sur un point qui échappe à Jan Karski. Il lève le bras, vise, on entend la déto­na­tion, suivie d’un verre brisé, et du cri d’un homme. Joie du garçon, l’autre le congra­tule. Puis ils conti­nuent leur chemin.

Propos que Yannick Haenel prête à Jan Karski

Le jour où j’ai entendu la phrase de Sartre ; « Tout anti­com­mu­niste est un chien » j’ai eu envie de vomir. Je me suis demandé si, pour Sartre, et pour la bonne conscience occi­den­tale, les insur­gés de Varso­vie étaient des chiens ; si mes cama­rades exécu­tés dans le forêt de Katyn étaient eux aussi des chiens…

On en parle

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5
Voici le livre respon­sable du long silence de Luocine. Deux semaines sans rajou­ter un livre sur mon blog ! Sans aucune hési­ta­tion, je mets Alias Cara­calla dans mes préfé­rences. Ce n’est pour­tant pas un roman. C’est parfai­te­ment écrit, cet essai nous permet de suivre, jour après jour, les efforts de Jean Moulin pour unifier la résis­tance. C’est peu de dire que tous les coups sont permis. J’ai lu ce livre en me docu­men­tant sur l’internet pour mieux comprendre ce qui s’était passé dans ces années là. Et comme dans le site que j’indique, j’ai perdu un ami lorsque dispa­raît Jean Moulin.En fili­grane du récit on voit l’évolution de Jean Cordier, son enga­ge­ment derrière Maur­ras son évolu­tion face aux trahi­sons de sa famille poli­tique, et sa prise de conscience des ravages de l’antisémitisme. Ce passage est souvent cité,tant il est sobre et en même temps très beau.J’ai passé trois semaines intenses loin du monde présent, mais j’ai mieux compris les consé­quences sur la poli­tique de notre pays. La page est aujourd’hui tour­née mais pour comprendre l’opposition de Mitter­rand au Géné­ral de Gaulle, je pense qu’il faut lire ce livre. Il n’en parle pas : Mitter­rand n’est pas encore dans la résis­tance quand le livre s’achève mais l’opposition de de Gaulle aux partis tradi­tion­nels est très bien décrite. Les hommes des partis de la IIIe répu­blique ont dû ressen­tir tout son mépris face à leur inac­tion et à leurs divisions.J’ai été égale­ment très sensible à l’effort de mémoire que fait cet homme de 90 ans aujourd’hui pour se souve­nir exac­te­ment de ce qui s’est passé. Pendant ces trois années sans aucun doute les plus impor­tantes de sa vie. On le sent taraudé par un souci de vérité à l’heure près. À travers son regard, la résis­tance semble bien fragile et le fait d’hommes autant isolés que déter­mi­nés à combattre.

Citations

Le secret de notre zèle tient dans la promesse de notre enga­ge­ment au combat dès que nous serions prêts. Cet objec­tif nous fouette. Partout et toujours, nous sommes volon­taires pour les mêmes taches rebu­tantes ? Notre seul objec­tif, depuis notre arri­vée en Grande-Bretagne, est la vengeance.

Je suis le témoin de cette négo­cia­tion diffi­cile. Cela me permet de fran­chir une étape déci­sive dans mon évolu­tion poli­tique. Elle me révèle combien mes cama­rades et moi sommes privi­lé­giés d’être pris depuis deux ans par la France libre et à quel point la situa­tion des résis­tants métro­po­li­tains est misé­rable en compa­rai­son….. Une évidence me saute aux yeux : la gauche que j’ai tant combattu, incarne seule l’espoir de chan­ger leur condition.

J’ai envie de l’embrasser pour le remer­cier de tout : son présent, son retour, l’homme qu’il est Mais *Rex n’est pas quelqu’un que l’on embrasse. En dépit de son sourire et de sa gentillesse, son regard creuse un abîme entre nous.

En appro­chant du café, je vois venir à moi, serrés l’un contre l’autre, un vieillard accom­pa­gné d’un jeune enfant. Leur pardes­sus est orné de l’étoile jaune. … Je finis par comprendre que si cette vision mati­nale m’est telle­ment insup­por­table c’est parce qu’elle fait de moi un bour­reau : elle trahit l’humanisme, la frater­nité entre les hommes que je me vante de prati­quer dans le chris­tia­nisme. Comment ai-je pu deve­nir anti­sé­mite ? … Dans cette bras­se­rie incon­nue, j’ai l’impression de m’être à jamais débar­rassé du fardeau de mon éducation.

On en parle

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5
Je ne pense pas qu’il faille attendre de cet auteur une vérité histo­rique, mais il sait si bien embar­quer son lecteur dans le grand siècle qu’on prend un réel plai­sir à lire ce livre. et comme lui, on prend parti pour Fouquet (avec La Fontaine et Madame de Sévi­gné) contre Louis XIV et surtout Colbert. L’image de mon livre d’his­toire d’école primaire de Colbert se frot­tant les mains avant de se mettre au travail pour le bien de la France et de son roi, en a pris un sérieux coup. Pour Paul Morand, si Colbert se frot­tait les mains, c’etait surtout pour amas­ser une fortune person­nelle, pour lui et ses enfants.L’écrivain saura émer­veiller son lecteur par la descrip­tion de la fête donnée à Vaux pour le Roi, le passion­ner par le récit du procès qui tint en haleine la France des lettres de ce temps, et enfin l’émou­voir en lui racon­tant le sort de celui qui fut pour­suivi par l’in­jus­tice royale.

Citations

Louis XIV, avec amer­tume, pense à Versailles qui n’a pas d’eau ; il n’a jamais vu pareil surgis­se­ment, cette féerie de sources captées, ces nymphes obéis­sant à d’in­vi­sibles machines. Il se fait expli­quer comment la rivière d’An­queil a été domes­ti­quée, resser­rée dans des lieux de tuyaux d’un plomb précieux. Fouquet ne lui dit peut être pas que ce plomb appar­tient à l’Etat, vient d’An­gle­terre sans payer de douane, mais Colbert le dira au roi. Car Colbert est là, dégui­sant sa haineuse passion, qui observe tout, envie tout.

Vaux, énorme échec pétri­fié ; mais ce n’est pas l’échec d’un fou, ce fut le décor d’une réus­site parfaite, qui n’a duré qu’une seule soirée, celle du 17 aout 1661.

Si même il fut malhon­nête et damnable, Fouquet, du moins, était géné­reux et bon, tandis que Maza­rin, Colbert, Séguier, la Montes­pan, bien d’autres héros de ce temps, furent à la fois malhon­nête et méchants.

Fouquet est l’homme le plus vif, le plus natu­rel, le plus tolé­rant, le plus brillant, le mieux doué pour l’art de vivre, le plus fran­çais. Il va être pris dans un étau, entre deux orgueilleux, secs, prudents, dissi­mu­lés, épura­teurs impitoyables.


2
Les livres du club de lecture ne peuvent pas tous me plaire. Celui-là n’a que peu d’in­té­rêt à mes yeux. Isabelle Dela­motte est une univer­si­taire spécia­liste de Zola. Elle possède donc toutes les connais­sances voulues pour écrire un livre bien docu­menté, mais ça ne suffit pas pour faire un bon livre. Une amie m’a dit que sa mère, une femme agée de 90 ans, avait bien aimé ce livre, parce­qu’il était facile à lire et qu’elle avait bien aimé Zola dans sa jeunesse : donc ce livre peut plaire !

2
Je me suis accro­chée comme une déses­pé­rée à ce livre ; c’était pour moi, il devait me plaire. Gérard Oberlé invente les mémoires d’un érudit du 16e siècle fran­çais qui a connu Montaigne, Ronsard et tous les poètes de la pléiade. Son style imite fort bien le style de l’époque et la vie de tous ces gens est pour le moins gaillarde !

Mais, je m’ennuie terri­ble­ment, et pour éviter de le parcou­rir en diago­nal, je vais le refer­mer sans l’avoir terminé. J’espère qu’une membre de notre club de lecture saura le défendre à notre prochaine réunion, car l’auteur a effec­tué un travail vrai­ment sérieux, même s’il ne m’a pas touchée.

Citation

Le vin délie la langue et rend l’esprit prompt et hardi. Une ancienne sentence grecque dit qu’il est le grand cheval des poètes.

3
Contrai­re­ment à Marie-Aude Murail, je ne suis pas une grande lectrice de Dickens, j’avais lu un article élogieux sur cette biogra­phie. Je l’ai lue avec grand inté­rêt. Il s’agit d’un livre pour la jeunesse , il se lit donc très vite . Il a le grand avan­tage de donner envie de relire Dickens. Je savais que cet auteur avait puisé son œuvre dans ce qu’il avait vécu. On sent dans ce livre l’angoisse de Charles Dickens à l’idée de connaître à nouveau la misère de son enfance. Toute sa vie, il s’intéressera à la grande pauvreté à Londres et cher­chera à aider les autres, la clé de son oeuvre est peut être dans le sous-titre de cet ouvrage « Ouvrier à douze ans, célèbre à vingt-quatre ».

Citations

On envoie parfois Charles chez « mon oncle » parent peu recom­man­dable comme l’est « ma tante » en France

Il vient d’être arrêté. John Dickens doit la somme consi­dé­rable de quarante livres au boulan­ger. Il a été emmené dans la maison de déten­tion provi­soire qu’on appelle la « presse-éponge » … avant d’être incar­céré à la Maré­chaus­sée, la prison pour dettes.

Urania Cottage n’est pas la seule entre­prise philan­thro­pique à laquelle Charles se consacre.

On en parle

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