20160102_184800Traduit de l’amé­ri­cain par Anne Laure Tissut. Ce roman est arrivé jusqu’à moi grâce à Keisha qui ne l’a pas commenté et Aifelle que je remer­cie pour sa gentille atten­tion.

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Laird Hunt plonge le lecteur du 21e siècle dans la guerre civile améri­caine que nous appe­lons en France guerre de séces­sion. Elle fit un million de morts, il faut se souve­nir qu’elle fut la guerre la plus meur­trière de la nation améri­caine. Comment la faire revivre aujourd’­hui ? L’au­teur a pris le parti de la racon­ter du point de vue d’une femme, puis­qu’il est avéré qu’une centaine de femmes se dégui­sèrent en homme pour parti­ci­per aux combats. C’est évidem­ment un point de vue origi­nal, car même si Constance a un fort tempé­ra­ment, l’hor­reur de ce qu’elle doit vivre fera vaciller sa raison. Peu à peu, le lecteur perd pied dans l’ima­gi­naire d’une femme dont l’es­prit flotte entre la réalité sordide des violences de la guerre et les souve­nirs de son enfance qui sont aussi marqués, on le décou­vrira peu à peu, par des scènes trau­ma­ti­santes. Elle doit faire face à deux dangers, celui de tout soldat à la guerre et celui d’être reconnu comme femme. Une seule chose est vrai­ment douce pour elle, son amour pour Bartho­lo­mew trop faible pour être soldat.

Pour­quoi ne suis-je pas plus enthou­siaste pour ce roman encensé par la critique et la blogo­sphère ? Je sais que cette guerre est encore un sujet brûlant aux États-Unis, beau­coup moins pour moi. Je recon­nais à cet auteur un talent certain pour faire revivre cette époque et les troubles psycho­lo­giques causés par les faits de guerre. Mais je dois dire que la conscience trou­blée de Constance ne m’a pas permis de toujours bien comprendre ce qu’elle vivait. Distin­guer le réel du cauche­mar est compli­qué quand le filtre passe par un cerveau dérangé. Comme pour Constance , le début de la guerre est clair et précis, donc ma lecture enthou­siaste et rapide, et peu à peu, je me suis embour­bée dans l’horreur, les cadavres putrides, les corps muti­lés, la folie trai­tée à coups d’eau glacée et ma lecture est deve­nue très labo­rieuse.

Citations

Problème de traduction ?

Il y avait des batailles en aval et dès que la rumeur eut circulé que nous allions à leur rencontre, le régi­ment connut une saignée sévère de recrues. Ce n’était à faire que de sortir du rang pour ne plus reve­nir.

Un beau personnage de femme mais qui trahira Constance

Elle parlait d’amour et d’amour anéanti par la guerre . Cela ne la déran­geait pas de trahir la cause pour laquelle son mari avait combattu et péri, me dit-elle. Les États confé­dé­rés avaient fait séces­sion par entê­te­ment, et la guerre était venue empor­ter son mari . Elle parti­rait au Nord quand tout serait fini. Elle retour­ne­rait dans ce village du Maine qu’elle avait quitté tant d’an­nées plus tôt.
- » S’ils m’ac­ceptent , dit-elle.
- Pour­quoi ne le feraient-ils pas ?
- Cette guerre, fit-elle. Cette guerre, cette guerre. »

Résumé de ce qu’a vécu Constance

Il en fallait plus que que la brûlure du fouet du vieux pour me donner du cœur à l’ou­vrage. Plus que l’homme à la corde avec son pisto­let de cava­le­rie . Plus que le souve­nir de tous les hommes avec qui j’ai vécu dans l’ar­mée de l’Union,. Des hommes capables de pisser sur un chat à l’ago­nie. De se moquer d’un petit garçon perdu. De violer une femme entrée dans l’au­tomne de sa vie. De faire brûler une maison appar­te­nant à des femmes d’église. De vous boucler dans une taule à fous et de vous y lais­ser pour­rir.

Un nouveau mot

Secesh : homme du sud.