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Quel plai­sir de retrou­ver mon blog avec ce roman. 
J ai beau­coup lu pendant ces semaines bien occupées,tout n’est pas d’égale valeur. J’avais eu le temps de noter ce roman d’abord chez Domi­nique,puis chez beau­coup d’entre vous. Je vais me joindre au chœur de celles et ceux qui se sont senties bien dans cette épopée du 20° siècle.

Épopée de la vie et de la mort

Épopée de ceux qui ont survécu aux terribles incen­dies qui ont ravagé les forêts cana­diennes dans les années 1910.
L écri­vaine a su rendre compte de la force destruc­trice du feu et de la terreur qui est, à jamais, entrée dans le regard des survi­vants.

Épopée des êtres si vieux qu’on voudrait les mettre à mourir tous ensemble, et qui décident de vivre leur fin de vie comme ils le veulent, libres et indé­pen­dants bien cachés au fond des bois.
Épopée d’une femme enfer­mée à 16 ans dans un asile psychia­trique et qui n’en ressor­tira qu’à 80 pour enfin vivre une vraie vie.

Épopée, enfin, de la narra­trice, femme photo­graphe qui réus­sira à monter l’exposition qui lui tenait à cœur pour rendre compte de cette période où « il pleu­vait des oiseaux » au-dessus des forêts calci­nées du nord cana­dien.

Si j’ai utilisé le mot « épopée », ce n’est pas pour trahir la simpli­cité du style ni la bana­lité des vies ordi­naires qui font la richesse du roman, c’est que, je le pense, il y a une gran­deur à savoir rendre compte du quoti­dien des êtres quand ils sont libres et vivent dans leur propre système de valeur.

Un roman superbe, envoû­tant et profon­dé­ment vrai dont j’ai litté­ra­le­ment savouré chaque phrase.

Citations

Comme moi, je pense que tous ceux et celles qui aiment les histoires se retrouveront dans ce passage

J’aime les histoires, j’aime qu’on me raconte une vie depuis ses débuts, toutes les circon­vo­lu­tions et tous les soubre­sauts dans les profon­deurs du temps qui font qu’une personne se retrouve soixante ans, quatre-vingts ans plus tard avec ce regard, ces mains, cette façon de vous dire que la vie a été bonne ou mauvaise.

Échapper au sort commun de la vieillesse

- En deux minutes, j’avais fait mon balu­chon et en route pour la Liberté !
Et de s’éclater encore d’une grande salve de rires, accom­pa­gné de Char­lie qui avait aban­donné toute rete­nue et juillet d’un bon rire gras et sonore. Les deux vieillards s’amusaient comme des enfants à l’idée de ce coup asséné à toutes les travailleuses sociales de ce monde qui veulent enfer­mer les vieux dans des mouroirs .

l’euthanasie sans les lois

Il y avait un pacte de mort entre mes p’tits vieux. Je ne dis pas suicide, ils n’aimaient pas le mot, trop lourd, trop pathé­tique, pour une chose qui, en fin de compte, ne les impres­sionne pas telle­ment. Ce qui leur impor­tait, c’était d’être libres, autant dans la vie qu’à la mort, et ils avaient conclu une entente.

Description d’un incendie de forêt

Le feu a des caprices qu’on ne s’explique pas. Il va sur les plus hauts sommets, arrache le bleu du ciel, se répand en rougeoie­ment, en gonfle­ment, en siffle­ment, dieu tout-puis­sant, il s’élance sur tout ce qui est vivant, saute d’une rive à l’autre, s’enfonce dans les ravins gorgés d’eau, dévore les tour­bières, mais laisse une vache brou­ter son herbe dans son rond de verdure. Que peut-on comprendre ? Le feu, quand il atteint cette puis­sance, n’obéit qu’à lui-même.

L’esprit de village

Qui Ange Polson était-elle venue embê­ter ?
Tout le monde et personne en parti­cu­lier, la réflexion de sa mère ou de la mercière , venait de ce fond inépui­sable de méchan­ceté que les petites villes entre­tiennent jour après jour.

La dernière phrase qui sonne si juste et pas seulement pour ce roman.

Et la mort ?
Eh bien, elle rôde encore. Il ne faut pas s’en faire avec la mort, elle rôde dans toutes les histoires.

On en parle

à sauts et à Gambades , Sylire , Aifelle, Clara.….

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