Lu dans le cadre du club de lecture de ma média­thèque.

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Livre très sympa­thique qui remonte le moral. Cela n’empêche pas l’auteur de décrire notre société de façon assez triste. Il se sert pour cela de la person­na­lité d’un vieil homme de plus de soixante dix ans qui refuse l’ensemble du moder­nisme. Son inté­rêt pour la société dans laquelle il vit s’est arrêté aux années 60. Depuis plus rien ne trouve grâce à ses yeux, ni les noms des voitures qui, d’appellations qui font rêver comme Cara­velle, Dauphine, Ariane, sont passée à des mots qui ne veulent rien dire comme Scénic, ni les beauté fémi­nines, son idéal fémi­nin restera à jamais Grace Kelly, ni bien sûr les façons modernes de commu­ni­quer.

Lui restera pour toujours relié au monde avec un télé­phone en baké­lite noir avec un cadran que l’on tourne avec un doigt… Son fils va deve­nir père, et le roman raconte très bien les peurs du futur père et sa joie abso­lue devant le bébé fragile mais dont le regard est si présent. L’année des 6 ans du petit, le grand père le gardera un mois dans sa maison au coeur des landes. Le bonheur de ces deux être, aux deux bouts du temps de l’espace humain est touchant : ce petit fils saura séduire ce vieux grin­cheux , et le petit garçon aimera de toutes ses forces ce grand-père hors norme. Toutes les peurs dans lesquelles sont élevées les enfants d’aujourd’hui sont évoquées et si on comprend les parents, on est égale­ment du côté du « grand-paria » (nom qu’il s’est choisi et qui lui va bien), l’hyper protec­tion dans laquelle sont élevées les enfants d’aujourd’hui, leur permet­tra-t-elle de gran­dir ?

Les person­nages ne sont pas idéa­li­sés, ils sont dans leur vérité. J’ai bien aimé que la maman de l’enfant, Leila, ne succombe pas au charme du grand-père : la conver­sa­tion télé­pho­nique où le grand-père explique que l’enfant a dormi dans le même lit que lui pour ne pas avoir de cauche­mars est boule­ver­sante. Elle a peur de l’inceste, et le grand-père est tota­le­ment choqué qu’elle ait pu penser à cela.

Le premier chapitre démarre par une scène dans le métro abso­lu­ment inou­bliable, elle fera sourire les pari­siens et les provin­ciaux qui sont si heureux de ne jamais utili­ser les trans­ports en « commun » parce qu’ils sont communs juste­ment ! (Ce n’est pas de moi, c’est une réflexion du grand père).

Citations

La télévision aujourd’hui

Encore ignore-t-il l’existence du rap et des émis­sions de télé­réa­lité. Ne m’a-t-il pas déclaré tout récem­ment : « un jour, tu vas voir, ils vont foutre des camé­ras dans une maison et filmer des crétins à ne rien faire » ? S’il savait. Je n’ose rien dire. Je n’ai jamais osé.

La jeunesse d’aujourd’hui vue par le grincheux

- On montre son cul, on a des anneaux dans le nez, on mange avec les doigts, on s’exprime par borbo­rygmes, on se tape dessus au moindre désac­cord, on se trémousse sur des rythmes binaires…ça ne t’évoque rien ?

- Euh…

- Moi si : l’âge des cavernes. des siècles de civi­li­sa­tion pour en arri­ver là ! Ce n’est pas triste c’est effroyable.

L’opinion du grincheux sur les médecins

- Tu as vu un ophtalmo ?

- Un type qui te regarde dans les yeux pour te prendre ton fric ? Même les femmes n’osent plus faire ça.

Le masculin

Que tu dises non, non et non ! A force de ne plus être machos, vous êtes deve­nus manchots, ma parole, toi et les hommes de ta géné­ra­tion !

Petite leçon d’économie

Pour­quoi ache­ter, toujours ache­ter, quand on peut faire durer les choses ? Pour­quoi jeter, toujours jeter, gros­sir les décharges, quand on peut répa­rer ? Tu as remar­qué que les verbes « jeter » et « ache­ter » étaient très proches ? Cette machine, je la jette, cette machine, je l’achète, ça sonne pareil … Et voilà comment la fuite en avant conti­nue, et vas-y que j’achète , et vas-y que je jette , et tant pis pour la planète ! En plus ça rime ! Tu vois je suis un grand poète. Un grand poète paria.

On en parle

Livre-esse, Cathulu

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