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Traduit de l’espagnol par Edouard Jime­nez et Jacques Rémi Zéphyr.

3Le Mexique, sa cuisine, sa révo­lu­tion, son imagi­naire et surtout ses femmes et leur rapport à l’amour. Merveilleuses et tyran­niques les femmes du Mexique sont à la fois atta­chantes et effrayantes. Je dois la lecture de ce roman au blog « Enli­vrez­vous », pour le coup on ressort de ce livre « enli­vré » d’amour et de cuisine. J’ai bien aimé, d’où trois coquillages, mais le merveilleux d’Amérique latine n’a jamais été ma tasse de thé (ni mon verre de téquila, on boit beau­coup aussi dans ce livre). Tita est un beau person­nage très touchante dans sa volonté de vivre malgré la tyran­nie de sa mère. Son histoire d’amour est superbe et tota­le­ment impos­sible évidem­ment puisque sa mère ne la desti­nait qu’à s’occuper d’elle jusqu’à sa mort.

Tout ou presque se passe dans la cuisine, chacun des douze chapitres portant le nom des douze mois de l’année commence par une recette de cuisine. Donc on voit Tita et les autres femmes éplu­cher, écra­ser, battre, tami­ser, pétrir, rouler…. tous les gestes de la cuisine, dans des odeurs d’épices, de friture, de plats qui mijotent de chaud de frais … dans une atmo­sphère où tous les sens sont en éveil. Une forte sensua­lité se dégage de tous les chapitres. En arrière plan, la révo­lu­tion mexi­caine mais ce n’est pas très impor­tant, les troupes passent il faut les nour­rir sinon les soldats se nour­ri­ront en volant tout ce qui se mange.

L’important c’est la tyran­nie d’une mère qui fera le malheur de toutes ses filles, par respect de la tradi­tion. Elle a pour­tant été, dans sa jeunesse, victime de ces mêmes tradi­tions. Ou c’est peut être parce qu’elle même a été malheu­reuse qu’elle s’acharne ainsi sur ses filles. Le côté merveilleux appa­raît comme une exagé­ra­tion épique : ils se consument d’amour : ils brûlent vrai­ment et avec eux toute la ferme. Elle aime telle­ment le bébé de sa sœur qu’elle le nour­rit au sein par amour elle aura une montée de lait.

Comme je l’ai dit au début, j’ai toujours du mal à accep­ter ce genre de merveilleux, mais dans ce roman là je trouve que ça passe assez bien.

Citations

Si c’est pour deman­der ta main, qu’il s’en dispense. Il perdrait son temps et me ferait perdre le mien. Tu sais parfai­te­ment qu’étant la plus jeune des femmes, c’est à toi de veiller sur moi jusqu’au jour de ma mort.

Si Tita ne pouvait ni se marier ni avoir d’enfants, qui donc la soigne­rait sur ces vieux jours ? Quelle était la solu­tion judi­cieuse dans ce cas ? Ou bien ne s’attendait-on pas à voir les filles qui étaient restées pour s’occuper de leur mère survivre long­temps au décès de leur géni­trice ?

Le bruit des marmites entre­cho­quées, l’odeur des amandes dorant sur le comal, la voix mélo­dieuse de Tita qui chan­tait tout en faisant la cuisine, tout cela avait réveillé son instinct sexuel.

On en parle

Coup de coeur chez « enli­vrez-vous » : link. Et aussi plus critique : link.

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