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Voilà le premier de ma liste (la fameuse PAL des blogueuses !) que j’ai glanée dans les diffé­rents blogs que je lis régu­liè­re­ment : Ys, Domi­nique, Helène, Dasola, et tant d’autres excu­sez moi. Je dois celui-ci à Krol et ce fut un beau moment de lecture, un peu bref cepen­dant. Je comprends qu’elle ait aimé car c’est un livre d’une rare émotion et très pudique en même temps. On peut imagi­ner que ce sont les souve­nirs de réfu­giés espa­gnols racon­tés par l’arrière petite fille. Il y a dans ce récit la distance de deux géné­ra­tions qui atté­nue un peu la souf­france et la terreur face à la mort présente partout au moment de la guerre d’Espagne et en France sous la botte nazie​.Et puis, je pense que cela aide un peu, la famille est restée unie et a survécu , c’est certai­ne­ment plus facile de racon­ter alors de cette facon là : en y mêlant la poésie ‚ la pudeur et l’amour.

Voici donc, les souve­nirs d’une femme, sa fuite devant la menace de mort des commu­nistes, son atta­che­ment à la répu­blique, l’exil , son instal­la­tion en France . La lutte de ceux qui lui sont proches contre le nazisme. Tout cela est évoqué sans insis­tance . Des souve­nirs plus qu’un récit. C’est un livre qui se lit en quelques heures et qui laisse dans la mémoire une impres­sion apai­sée malgré les souf­frances qui y sont racon­tées. Honnê­te­ment, je dois dire que je suis contente de l’avoir acheté d’occasion, et je ne le garde­rai pas car c’est un livre qui manque un peu de densité. Mais je ne l’oublierai pas non plus.

Citations

L’exil pour un enfant

Iduri est allé à l’école de jeunes filles de Made­moi­selle Églan­tine. Et c’est accom­pa­gné de l’une d’elle qu’il est revenu cet après-midi à la maison. Son visage était dévasté par les pleurs. Il avait fait dans sa culotte , son panta­lon et ses jambes étaient complè­te­ment souillés . La jeune fille est repar­tie. Iduri, transi de honte, trem­blait dans l’entrée.
« Ama , excuse moi, je n’ai pas su le dire , je n’ai pas su le dire en fran­çais , Ama. »
Il bégayait sans cesse ces mêmes mots.
« Ama , Ama , excuse moi . Je n’ai pas pu me rete­nir. Ama, j’ai honte, Ama, je ne veux plus y retour­ner. »
… Indi , mon tout petit, c’est cela aussi l’exil. Ne pas pas savoir dire, ne pas être la ou nous devrions. Et à chaque instant , avaler cette honte indi­geste qui nous brule le ventre.

Un beau portrait d’homme

Il pense à sa propre mère qui, forte de l’intelligence et des succès de ses huit autres fils, le regar­dait, lui le neuvieme, lui le dernier, en lui disant d’un air à la fois désem­paré et complice : » toi, tu as mis tes pensées dans tes mains. »
Elle ne se trom­pait pas. Aïta ne peut avoir un avis sur les choses qu’après les avoir touchées. Et tout ce qui a trait aux idées ne l’intéresse pas. Il laisse volon­tiers aux oncles la mani­pu­la­tion des concepts. Ce qu’il aime ? c’est contem­pler la nature s’épanouir, s’agenouiller chaque jour le long des allées et voir un bour­geon , une pousse vert tendre poin­ter vers le ciel.

On en parle

chez Krol évidem­ment je la remer­cuie pour cette lecture

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