http://ecx.images-amazon.com/images/I/515aTmUoksL._SL500_AA300_.jpg

4
Je termine ce roman, et je me sens de retour après un long voyage dans l’histoire de France. Trois noms qui me sont, grâce à Jean -Chris­tophe Rufin, deve­nus fami­liers, Jacques Cœur, Charles VII et Agnès Sorel, et qui m’ont permis de revivre la fin de la guerre de cent ans et le renou­veau de la monar­chie fran­çaise. C’est un roman passion­nant , pour­tant je n’apprécie guère d’habitude les romans histo­riques.

La descrip­tion du génie de Jacques Cœur qui a su, dans une période si trou­blée, comprendre que la liberté du commerce pouvait donner la richesse à son pays tout en créant son enri­chis­se­ment person­nel, a retenu toute mon atten­tion surtout lors de son ascen­sion. Soutenu par la descrip­tion de la créa­tion du réseau commer­cial « Jacques Cœur », le roman histo­rique se déroule au gré de ce que l’auteur connaît de la réalité du royaume de France de l’époque, et de ce qu’il imagine, comme l’histoire d’amour entre la trop belle et si fragile Agnès Sorel et le grand argen­tier du roi.

Je ne savais de Charles VII que l’épisode de Jeanne d’Arc , la person­na­lité que lui crée Jean-Chris­tophe Rufin me semble vrai­sem­blable . Ces rois qui ont fait la France sont souvent aussi repous­sants de cruauté et de félo­nie que capti­vants par leur volonté de construire un royaume puis­sant. La diffi­culté de ce genre de roman, c’est de faire la part entre la réalité de l’époque choi­sie et la person­na­lité actuelle de l’écrivain.

J’ai bien aimé que l’auteur écrive dans sa post­face :

Je ne sais ce qu’il [Jacques Cœur] pense­rait d’un tel portrait et sans doute me ressemble plus qu’à lui.

C’est ce que j’éprouvais quand il faisait de Jacques Cœur un homme sans reli­gion ouvert à la philo­so­phie grecque. J’avais l’impression d’être avec un philo­sophe des lumières ou avec un homme d’aujourd’hui. Je n’ai qu’une envie aujourd’hui aller voir le palais de Jacques cœur à Bourges , et je recom­mande ce roman à tous ceux et toutes celles qui aiment l’histoire et les romans.. il me semble qu’il s’agit d’un très large public !

Citations

Une phrase à méditer

Il est des fidé­li­tés qui conduisent à la trahi­son

Les ennemis de l’homme d’action :

Il devint le premier des nombreux enne­mis que je me créai tout au long de ma vie, du simple fait d’avoir révélé leur faiblesse.

Comment voir positivement des traits de caractère que l’on jugeait auparavant négatifs

On ne me jugea plus rêveur mais réflé­chi, timide mais réservé, indé­cis mais calcu­la­teur.

Le pouvoir et la force

Ainsi il exis­tait le pouvoir et la force, et les deux choses n’étaient pas toujours confon­dues.
Si la force procé­dait du corps , le pouvoir, lui, était œuvre de l’esprit.

La jalousie du talent

Talent, réus­site, succès font de vous un ennemi de l’espèce humaine qui, à mesure qu’elle vous admire plus, se recon­naît moins en vous et préfère vous tenir à distance. Seuls les escrocs , par l’origine triviale de leur fortune, l’acquièrent sans se couper de leurs semblables et même en s’attirant leur sympa­thie.

Meneur d’hommes

Sans jamais avoir cher­ché à divi­ser pour régner , j’ai toujours pensé que l’union des contraires était le secret de toute entre­prise réus­sie.

Différence de mentalité entre Florence et la France

Je compris rapi­de­ment qu’il n’existait pas dans cette cite libre la diffé­rence que nous connais­sons entre noble et bour­geois.
A Florence , la richesse ne connaît ne pudeur ni inter­dit. La seule précau­tion que prennent ceux qui en font étalage est de veiller à ce qu’elle revête les appa­rences de l’art. La beauté est le moyen qu’emploient les puis­sants pour parta­ger leur richesse avec le peuple.

La réussite de Jacques cœur n’est -elle pas un hymne au libéralisme ?

L’entreprise que j’avais créée s’était à ce point déve­lop­pée parce qu’elle était vivante et que nul ne la contrô­lait . Liberté était donnée à tous les membres de ce gigan­tesque corps d’agir à leur guise . En se jetant sur les morceaux qu’ils pouvaient saisir ‚en plaçant mes biens sous séquestre, en démem­brant chaque pièce de drap conte­nue dans nos maga­sins , Dauvet et les chiens qui couraient à sa suite ne faisaient que fouiller les entrailles d’une bête morte . Tout ce qu’ils saisis­saient cessait d’être libre et donc de vivre. La valeur de ces choses deve­nues inertes , sitôt évaluées , se mettait à décroître , car elles ne valaient vrai­ment que dans le mouve­ment inces­sant et libre de l’échange.

On en parle

Tigrou 41454

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation