Traduit de l’an­glais (Etats-Unis) par Paule Guivarch

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J’ai choisi ce livre pour l’an­ni­ver­saire d’une de mes sœurs, voici la phrase que ma libraire a pronon­cée et qui m’a déci­dée :

C’est l’his­toire d’une femme âgée qui nous fait décou­vrir l’Amé­rique sous un aspect nostal­gique et émou­vant. Elle découpe ses coupons de réduc­tion, et va au restau­rant quand il propose de se resser­vir gratui­te­ment, et puis un jour elle achète une nouvelle voiture et son univers s’agran­dit.

Je l’ai lu rapi­de­ment avant de l’of­frir , je ne sais pas si ce roman lui plaira autant qu’à moi. Ce n’est pas un livre spec­ta­cu­laire mais le quoti­dien de cette femme vieillis­sante est très bien raconté et m’a beau­coup émue. La seule chose que je ne comprends pas c’est son amour pour son chien vieillis­sant , mais c’est sûre­ment authen­tique. Le rapport avec ses enfants est très bien analysé. En le lisant je me faisais la réflexion, que lorsque j’étais jeune je lisais avec passion des romans montrant l’ascension des familles améri­caines. Aujourd’­hui , je lis des romans racon­tant soit des univers tota­le­ment détruits, soit comme ici des vieillesses soli­taires. Il n’y a rien de violent sous la plume de Stewart O’Nan, mais Emily a du mal à comprendre la géné­ra­tion de ses enfants.

L’au­teur nous tend un miroir où l’on peut regar­der un pays qui ne va pas si mal mais pas très bien non plus. Ses enfants sont contents de rece­voir son aide mais ne respectent pas l’argent. Et puis il y a tous ses petits détails du vieillis­se­ment qui rendent parfois le quoti­dien si pénible. J’y ai retrouvé mes amies du foyer loge­ment de Dinard à qui je lis parfois des histoires, et qui m’ont appris une chose très impor­tante :

« Ne deman­dez jamais à une vieille (c’est plus fréquent qu’un vieux) comment ça va, ça ne va jamais bien : on pense à des personnes dispa­rues, on a mal au ventre, à la tête, on a du mal à marcher.. ça ne va pas ! mais on est encore en vie et on s’ap­plique à vivre le mieux possible. »

Citations

la vieillesse :

la lumière proje­tée par la glace de la coif­feuse était impi­toyable. Les poches sous les yeux , parche­mi­nées, presque diaphanes, lais­saient trans­pa­raître une nuance mauve semblable à une meur­tris­sure. Sa bouche était très ridée, sa peau parse­mée de taches brunes . Un fin duvet bordait non seule­ment sa lèvre supé­rieure mais, sou l’éclat des ampoules nues, ses joues et son menton .

Satis­fac­tion et cruauté ?

« Je viens de voir Claude Penman dehors, avec Liz » . Elle posa la main sur l’avant-bras d’Emily et se pencha tout près afin de lui livrer son scoop , les yeux brillants . « Elle est en fauteuil roulant . Si tu voyais elle a une mine épou­van­table . »

la présence de ses enfants :

Elle les aimait tous tendre­ment bien sûr, mais elle avait oublié combien il était épui­sant d’être entouré d’autres gens.

On en parle

Enfin livre , Clara

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