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Traduit de l’anglais par Chris­tiane et David ELLIS.

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Je pense que Domi­nique avait encore raison, quand on a pris le virus Bill Bryson, on va au bout de son plai­sir et on lit tout ce qu’il a écrit. J’ai de nouveau été séduite par « Motel Blues », c’est drôle et profond à la fois.

C’est remar­qua­ble­ment traduit, mais j’observe qu’il a fallu qu’un couple s’y mette, sans doute une femme d’origine fran­çaise et un homme de langue anglaise. Je ne sais pas pour­quoi mais j’imagine que, même s’ils ont beau­coup travaillé, ils ont dû aussi beau­coup s’amuser, pour nous offrir toute la saveur de l’humour de ce grand obser­va­teur des compor­te­ments humains. J’ai aimé la tendresse qui l’attache à son père un peu radin, mais qui a su faire aimer la vie à ses enfants.

Avec Bill Bryson nous partons donc à travers ce vaste , très vaste pays. Je conseille ce livre à toutes celles et tous ceux qui veulent faire du tourisme aux USA, c’est vrai­ment un pays immense, capable du meilleur comme du pire. Les états peuvent être très diffé­rents des uns des autres mais il faut toujours avaler au mini­mum 300 kilo­mètres pour aller d’un point à un autre. Certains lieux touris­tiques sont à fuir abso­lu­ment, en parti­cu­lier ceux des réserves indiennes .

Les village recons­ti­tués peuvent avoir du charme mais cachent mal qu’aux États-Unis, peu de choses sont faites pour conser­ver le patri­moine. On a l’impression parfois d’aller d’une zone semi indus­trielle à une zone commer­ciale en passant par des échan­geurs d’autoroutes complè­te­ment surréa­listes. C’est avec une grand tris­tesse que je constate que l « approche de toutes les villes fran­çaises sont deve­nues aussi imper­son­nelles que ce qu’il nous décrit aux USA en 1989. Nos centres villes sont restés encore très vivants mais pour combien de temps encore ?

C’est aussi l’intérêt de ce livre, il permet d’observer la civi­li­sa­tion améri­caine et je l’espère éviter ses excès.

Citations

Le racisme

Cette remarque m’a fait penser la Bretagne où on se féli­cite de n’être pas raciste

Les Sudistes détestent cordia­le­ment les Noirs et pour­tant ils semblent coha­bi­ter avec eux sans problème, tandis qu’au Nord , les gens n’ont rien en géné­rale contre les Noirs, les consi­dèrent même comme des êtres humains dignes de respect et sont même prêts à leur souhai­ter bonne chance dans la vie, mais dési­rent surtout ne pas avoir à les fréquen­ter de trop près.

Les abord des villes aux USA en 1989 , les nôtres, aujourd’hui, sont elles différentes ?

De nos jours , une ville si modeste soit-elle, a deux ou trois kilo­mètres de resto­routes, de motels,d’entrepôts à prix discount,de centres commer­ciaux – tous surmon­tés d’enseignes mobiles d’une dizaine de mètres et accom­pa­gnés de parking de la taille des Ardennes.

L’architecture hôtelière américaine (hélas, on pourrait dire la même chose pour la France aujourd’hui)

Au bout de la rue , il y a le nouvel hôtel Hyatt Regency qui vous flanque instan­ta­né­ment la déprime. Ses formes massives en béton appar­tiennent visi­ble­ment à l’école d’architecture tendance « on n’en a rien à foutre » que les chaînes hôte­lières améri­caines ont en prédi­lec­tion.

Le touriste de base américaine en camping car

Voilà, hélas, comment de nos jours beau­coup de gens passent leurs vacances. Cela consiste avant tout à ne pas s’exposer au moindre moment d’inconfort ou de désa­gré­ment , voire même, dans la mesure du possible , à éviter de respi­rer l’air pur. Quand l’envie de voya­ger vous prend, vous vous enfer­mez dans un luxueuse boite de 13 tonnes , vous parcou­rez 700 kilo­mètres hermé­ti­que­ment proté­gés contre les éléments natu­rels, et vous vous arrê­tez dans un camping où vous vous vous préci­pi­tez pour bran­cher l’eau et l’électricité afin de ne pas être privé un seul instant , d’air condi­tionné, de machine à laver la vais­selle ou de four à micro-ondes.

Et au Yosemite

Mais Yose­mite fut une décon­ve­nue monu­men­tale . Ce que vous aper­ce­vez en premier c’est la vallée d » »El Capi­tan » avec ses montagnes impo­santes et ses cascades blanches qui se déversent à des centaines de mètres sur les prai­ries du bas. Vous vous dites alors que vous êtes sans doute passé dans l’au delà et que vous vous trou­vez au Para­dis. Puis vous conti­nuez et vous descen­dez à Yose­mite Village et vous vous rendez compte que si effec­ti­ve­ment vous êtes au para­dis, vous allez passer le reste de l’éternité au milie d’une horrible bande de touristes obèse en bermuda.

Bravo pour la traduction. Humour sur l’accent du sud des États-Unis

Mais à ce moment-là , la serveuse arriva et me dit :
« Tu veux voir mon minou sans t’géner, chéri ? »
Et je compris que c’était hors de ques­tion. Je ne compre­nais pas un traître mot de ce que les gens me disaient. Ils auraient tout aussi bien pu me parler chinois. Il nous fallut de longues minutes et force gesti­cu­la­tions du couteau et de la four­chette pour réta­blir ce que la serveuse avait vrai­ment dit :
« Tu veux voir le menu du p’tit déjeu­ner, chéri ? ».

Les villages reconstitués

On se trouve partout confronté de manière exas­pé­rante à des détails qui font pastiche. Autour de l’église parois­siale de Burton, les pierres tombales sont visi­ble­ment des imita­tions ou, en tout cas , les inscrip­tions sont toutes récentes. Rocke­fel­ler ou un autre gros bonnet, a sans doute été déçu de consta­ter qu’après deux siècles de plein air les pierres tombales deviennent invi­sibles . Si bien que main­te­nant les inscrip­tions sont neuves et bien taillées, comme si on les avait gravées la semaine passée , ce qui est peut-être le cas.

Humour

Ce mémo­rial est tout à fait ce qu’on imagine : Lincoln y est assis dans son grand fauteuil , l’air noble mais affable. Il avait un pigeon sur la tête. Il en a toujours un. Sans doute le pigeon pense-t-il qu’on vient tous les jours pour le regar­der.

Les routes

À Boston , le système routier est abso­lu­ment fou. Il visi­ble­ment été conçu par quelqu’un qui a passé son enfance à mettre en scène des acci­dents avec son train élec­trique . Tous les cent mètres , la voie que je suivais dispa­rais­sait et d’autre voies venaient s’y ajou­ter de la droite ou de la gauche , parfois même des deux côtés à la fois . Ce n’était pas un réseau routier, c’était de l’hystérie á quatre roues.

Une citation pour mon frère forestier

Le séquoia est un arbre laid. Il n’en finit pas de s’élever mais ses branches sont rares et cour­taudes, ce qui lui donne un air idiot : c’est le genre d’arbre que dessine un gosse de trois ans

Éclat de rire. Et encore un petit plaisir de la vie que l’appareil numérique nous a enlevé…

Les Alle­mands sont arri­vés , aussi déplai­sant et anti­pa­thiques que savent l’être des adoles­cents, et ils m’ont privé de mon arbre. Ils ont grimpé sur la clôture et commencé à prendre des photos. J’ai pris un plai­sir mesquin à me mettre devant le type qui tenait l’appareil à chaque fois qu’il appuyait sur l’obturateur, mais c’est une acti­vité qui ne vous distrait pas éter­nel­le­ment, même quand il s’agit d’Allemand.

On en parle

Chez Keisha, par exemple.

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