Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque (thème : litté­ra­ture cana­dienne).

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Je ne connais­sais pas cette auteure, pour­tant présen­tée comme un « grand clas­sique » de la litté­ra­ture cana­dienne. C’est un roman très agréable à lire , même si (ou parce que !)on a parfois l’impression d’être au pays des « bisou­nours » ! Tout le monde est gentil et même les méchants sont fréquen­tables. Ce roman corres­pond à l’idée que l’on se fait des Cana­diens : des gens vivant dans des contrées très isolées dans une nature aussi belle que sauvage, parlant peu , rudes à la tâche et au cœur d’or.

Derrière le côté gentil, se dessine des vrais person­na­li­tés , et en lisant ce livre, je me disais que nous, lecteurs d’aujourd’hui,étions davan­tage atti­rés par la noir­ceur et la dureté des rapports humains. Par exemple, le person­nage de Bessette qui exploite les trap­peurs aurait pu être peint sous les traits d’un infâme avare, certes, il est odieux , mais comme tout le monde doit vivre avec lui , on a l’impression qu’il est préfé­rable de l’accepter comme il est.

Et notre homme d’église qui se donne le rôle de justi­cier, et qui réus­sira à faire payer les four­rures à un prix plus juste, s’en voudra d’avoir préci­pité les hommes des bois dans un alcoo­lisme encore plus violent qu’auparavant (du temps où Bessette les exploi­tait outra­geu­se­ment). J ai été émue par le passage où Luzina se rend compte que l’éducation qu’elle a tant voulu donner à ses enfants les a conduits à s’éloigner défi­ni­ti­ve­ment de son mode et de son lieu de vie.

Un roman sympa­thique , bien loin des diffi­cul­tés de notre société actuelle, un bol de grands espaces peuplés de gens gentils.

Citations

Portrait d’un taiseux

Dans un pays où on était souvent silen­cieux, faute d’avoir du nouveau à commen­ter, il déte­nait le record de la taci­tur­nité. Il passait pour avoir mené ses affaires, accepté des commis­sions, rendu service, accom­pli son devoir de facteur, fait l’amour, procréé des enfants, tout cela sans avoir prononcé plus d’une dizaine de phrases.

Un trait de caractère assez répandu

Telle était Miss O’Rorke. Sa préfé­rence morne et acca­blante allait toujours à ce qu’elle avait perdu, et s’il y avait des coins du monde qu’elle vantait sans répit, c’étaient toujours ceux-là où elle était assu­rée de ne plus remettre les pieds.

Un facteur qui a une vision personnelle du progrès

Quinze ans plus tôt , il était arrivé tout fin seul dans ce pays, et il avait pu croire qu’il y vivrait en paix. Personne ne savait écrire et lire dans ces bons temps , et personne n’en souf­frait. Le progrès, la civi­li­sa­tion, comme ils appe­laient les embê­te­ments, avaient tout de même commencé à les rattra­per, petit à petit dans le Nord. D’abord les gens s’étaient fourré dans la tête de rece­voir des lettres, des cata­logues de maga­sins. Les cata­logues de maga­sin , voilà à peu près ce qu’il y avait de plus bête au monde ! C’était encom­brant. Ça vous bour­rait un sac en un rien de temps, et pour­quoi, je vous le demande ! Rien que pour vous démon­trer que vous auriez main­te­nant besoin d’un tas de choses dont vous vous étiez parfai­te­ment passé…

On en parle

Livres de Malice que j’ai trouvé sur Babe­lio.

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