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Rece­voir un livre d’une amie est une douce chose, on s’y plonge avec d’autant plus de plai­sir qu’on sait y décou­vrir à la fois le talent d’un écri­vain et le goût de cette amie pour un roman qu’on ne connais­sait pas. L’immeuble Yacou­bian est un véri­table chef d’œuvre, je ne suis pas la seule à le penser puisqu’il est devenu un best-seller dans de très nombreux pays. Le lire aujourd’hui à la lumière des événe­ments qui secouent les pays Arabes dont l’Egypte est parti­cu­liè­re­ment inté­res­sant. Tous les problèmes de ce malheu­reux pays y sont évoqués, avec égale­ment en contre point la chaleur et la force de vie des Egyp­tiens et Égyp­tiennes.

L’immeuble Yacou­bian, a été érigé au temps de la splen­deur de l’Egypte, aujourd’hui rongée par la pauvreté, la corrup­tion, les élec­tions truquées, les combines pour survivre et se loger, l’islamisme, la violence de la police. Les person­nages sont tous décrits avec une profonde huma­nité, l’émotion est partout et rend le récit chaleu­reux et tendre quand il s’agit des amours de Zaki Dessouki, émou­vant et tragique quand nous vivons les inter­dits de l’amour homo­sexuel, et prati­que­ment insou­te­nable quand Taha raconte les séances de tortures auxquelles il a été soumis.

La double fin est superbe, la vengeance et la mort en martyre pour le jeune Taha qui n’a pu trou­ver que dans le fana­tisme isla­miste une conso­la­tion à tous les outrages qu’il a vécus. Le mariage amou­reux pour Zaki Dessouki qui a aimé et été aimé des femmes sauf de sa sœur pous­sée par un esprit de lucre qu’il ne comprend pas et qu’il essaie de contour­ner sans utili­ser la force.

Si vous le l’avez pas déjà lu, préci­pi­tez-vous sur ce livre, vous passe­rez des moments merveilleux et vous compren­drez mieux ce pays aux facettes aussi multiples que les habi­tants de « l’immeuble Yacou­bian ».

Citations

Pour­tant Zaki bey a fait l’amour avec des femmes de toutes les classes sociales : des danseuses orien­tales, des étran­gères, des femmes de la bonne société, des épouses d’hommes éminents, des étudiantes et des lycéennes mais égale­ment des femmes dévoyées, des paysannes, des domes­tiques. Chacune avait sa saveur parti­cu­lière et, souvent, il compare en riant l’alcôve soumise de la nabila Kamila et cette mendiante qu’il avait ramassé dans sa Buick, une nuit qu’il était ivre, et qu’il avait amenée dans son appar­te­ment, passage Bahlar. Quand il était rentré avec elle dans la salle de bains pour la laver lui-même, il avait décou­vert qu’elle était si pauvre qu’elle s’était fabri­qué des sous-vête­ments avec des sacs de ciment vides. Il se rappelle encore avec un mélange de tendresse et de chagrin la gêne de la femme lorsqu’il enleva ses vête­ments sur lesquels était écrit en gros carac­tère « ciment Port­land ». Il se souvient que c’était une des plus belles femmes qu’il ait connue et une des plus ardentes en amour.

Elles se disputent souvent et échangent alors les pires insultes et des accu­sa­tions inju­rieuses puis, soudain, elles se récon­ci­lient et retrouvent des rela­tions tout à fait cordiales, comme s’il ne s’était rien passé. Elles se couvrent alors de baisers chaleu­reux et reten­tis­sants, elles pleurent même, tant elles sont émues et tant elles s’aiment. Quant aux hommes, ils n’attachent pas beau­coup d’importance aux querelles fémi­nines, qu’ils consi­dèrent comme une preuve supplé­men­taire de cette insuf­fi­sance de leur cervelle dont leur avait parlé le Prophète, prière et salut de Dieu sur lui.

S’il y avait de la justice dans le pays, il faudrait que quelqu’un comme toi étudie au frais du gouver­ne­ment. L’éducation et la santé sont des droits natu­rels pour n’importe quel citoyen au monde, mai en Egypte le pouvoir fait exprès de lais­ser les pauvres pour pouvoir les voler

On en parle

Un nouveau blog à décou­vrir : Les lectures de Sophie.

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