arton1171

Une chose est sure, personne ne peut rester indif­fé­rent à ce film. Son sujet : l’horreur de la guerre, en parti­cu­lier de la guerre civile. On tue visi­ble­ment avec plus de cruauté son voisin que son ennemi loin­tain. Il y a dans ce film un aspect tragique qui le rend diffé­rent de bien d’autres œuvres sur le même sujet, tout se déroule de façon inéluc­table, comme dans le théâtre de Racine et avant lui des tragé­dies Grecques. A cause des paysages et des événe­ments qui consti­tuent la trame d’Incendies on pense à Sophocle, à Anti­gone pour la déter­mi­na­tion de la femme à ne pas se rési­gner, à Œdipe évidem­ment pour l’horreur abso­lue.

On ne peut pas racon­ter ce film, d’autant qu’il faut accep­ter quelques invrai­sem­blances, ce n’est pas un film réaliste, c’est une allé­go­rie de la violence et du mal absolu sous-tendu par la guerre. Le point de non retour dans la violence, l’apogée de l’horreur, c’est cette scène du bus brûlé avec tous ses occu­pants, c’est insup­por­table et l’indifférence de ceux qui assistent à cette tuerie en dit long sur les limites de l’âme humaine confron­tée aux tueries les plus barbares.

Toujours le même constat (surtout depuis les révé­la­tions des horreurs de la Shoa) il y a ceux qui agissent et ceux qui les regardent dans une indif­fé­rence complice ; mais à ce moment du film, le spec­ta­teur bien confor­ta­ble­ment assis dans son cinéma préféré, se demande s’il ne parti­cipe pas au silence géné­ral, à la passi­vité bien pensante devant l’horreur abso­lue. Il me reste à parler de la force ciné­ma­to­gra­phique de ce film pas seule­ment la beauté et l’intelligence des images, mais aussi la façon dont on se déplace sans arrêt du point de vue des victimes à celui des bour­reaux, les rôles étant souvent inter­chan­geables.

La façon dont le cinéaste nous oblige à garder en mémoire une image dont la signi­fi­ca­tion ne sera donnée qu’à la fin du film, en parti­cu­lier l’image de la piscine qui est abso­lu­ment boule­ver­sante et je crois que je rever­rai le film pour cette image.

Voilà, je ne vous conseille pas d’aller voir ce film car il est très dur mais c’est vrai­ment un chef d’œuvre. Ne vous lais­sez pas amuser par l’accent québé­cois, ces quelques minutes de légè­reté permettent seule­ment de respi­rer.

On en parle

Toujours raison site où j’ai emprunté l’affiche du film.

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