http://ecx.images-amazon.com/images/I/41JKqpUGPXL._SL500_AA300_.jpg

3
Je me rends compte que je n’ai pas fait d’article pour « Les Adieux à la Reine » alors que j’ai vrai­ment adorée de la même auteure « Le testa­ment d’Olympe » est un roman en deux parties, ce qui permet à Chan­tal Thomas de balayer l’ensemble de la société sous Louis XV, l’enfance d’Olympe se passe à Bordeaux dans une famille bien née mais très pauvre, misé­rable même, car le père refuse de travailler pour d’obscures raisons reli­gieuses. C’est Apol­line qui raconte la vie d’Ursule sa sœur ainée qui devien­dra Olympe. À la mort de cette dernière, elle retrouve son cahier. Olympe vient de mourir dans l’extrême misère après avoir été la maîtresse du roi grâce au duc de Riche­lieu, gouver­neur d’Aquitaine.

La deuxième partie c’est, donc, la vie d’une favo­rite du roi Louis XV. J’ai beau­coup aimé la première partie moins la seconde, c’est telle­ment sordide de voir les hommes les plus puis­sants du royaume satis­faire tous leurs plai­sirs alors que la majo­rité de la popu­la­tion ne connaît que la misère, la faim la mala­die, la mort. Il faut recon­naître que la mala­die touche aussi les riches, leur fin est moins sordide, mais ils meurent aussi beau­coup. J’ai pensé en lisant ce roman (les mêmes faits sont d’ailleurs évoqués : les enlè­ve­ments d’enfants pour assou­vir les plai­sirs sexuels des seigneurs liber­tins à « la marche rouge » de Marion Sigaut », étude inté­res­sante mais abso­lu­ment insou­te­nable car très bien docu­men­tée).

J’ai trouvé passion­nant dans ce roman, la descrip­tion de l’emprise de la reli­gion du haut en bas de la société, le moins croyant c’est sans doute le duc de Riche­lieu . le Roi, lui-même, est hanté par le péché ce qui ne l’empêche pas de se livrer à tous ses plai­sirs et d’être d’une cruauté abso­lue quand il veut se débar­ras­ser de quelqu’un. Le XVIIIe siècle fran­çais décrit dans ce roman ne méritent guère l’appellation « siècle des lumières » mais plutôt celui des obscu­ran­tistes reli­gieux, des injus­tices et du malheur absolu d’être une femme.

Citations

Il était une chose qu’il honnis­sait en parti­cu­lier et dont il se préser­vait davan­tage que de la peste : le travail, malé­dic­tion origi­nelle, penchant ignoble péché d’orgueil et de déses­poir. Il fallait être bien préten­tieux par rapport au pouvoir de la Nature pour oser se targuer d’en obte­nir davan­tage que ce qu’elle nous offrait, et bien méfiant par rapport à Dieu pour ne pa s s’en remettre, dans l’insouciance à son parfait Amour. « Est-il ou n’est-il pas notre Père ? » profé­rait mon père en levant vers le plafond cloqué d’humidité de la cuisine.

Nous étions entou­rés de labo­rieux de toutes espèces, de gens qui, mani­fes­te­ment, doutaient de la main de Dieu

Je fus long­temps malade, sans doute grave­ment, puisque la céré­mo­nie de ma première commu­nion se joignit à celle de l’extrême-onction. C’était chose banale à Notre-Dame-de-la –Misé­ri­corde, comme dans tous les couvents, où mouraient en grand nombre, surtout les premiers mois de leur séjour, les pensionnaires,-mais nulle part autant qu’à Saint-Cyr, véri­table mouroir de petites filles.

Le sujet parfait est l’homme qui jouit de se ruiner pour une femme qui lui refuse tout.

Ce qui me répugne le plus chez Voltaire, ce n’est pas le traitre, ce n’est pas le philo­sophe athée-encore que les libres penseurs me fassent horreur-, c’est le vil cour­ti­san, le flat­teur. Si je pouvais lui reti­rer sa charge d’historiographe du royaume, pour laquelle je le paie deux mille livres par an, sans que mon geste provoque une affaire d’Etat je le ferais …

On en parle

Ma librai­rie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation