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La quatrième de couver­ture vous le dit, le style de Saphia Azze­dine « vire­vol­tant est irré­sis­tible ». C’est vrai, ce petit roman est un bon moment de drôle­rie dans la droite file des « intou­chables » il montre qu’une certaine forme d’énergie vient de la banlieue qui ne s’embarrasse pas des codes pour réus­sir. Dans le genre : « il n’y a que ton éner­gie pour te sortir de la médio­crité », les adoles­cents des banlieues n’ont pas beau­coup le choix : ils doivent tout donner pour s’en sortir.

Paul, fina­le­ment a cette chance d’avoir un père affec­tueux et présent, bien sûr il fait des ménages mais il aime son fils et c’est réci­proque alors peu importe fina­le­ment que Polo n’arrive pas à l’admirer. Bien sûr ce n’est pas un « grand » roman mais en plein mois de novembre avec ces jour­nées qui se terminent à 5 heures et les infor­ma­tions toujours aussi réjouis­santes, rire ça fait du bien. Et Saphia Azze­dine a ce talent faire rire de tout ou presque.

Citations

J’apprenais qu’un homme pouvait prendre quatre cents pages pour dire à une femme qu’il l’aime. Quatre cents pages avant le premier baiser, trois cents avant une caresse, deux cents pour oser la regar­der, cent pour se l’avouer. À l’heure où on envoie des textos quand on a envie de baiser, je trou­vais ça prodi­gieux, verti­gi­neux, fou, déme­suré, extra­va­gant, insensé, gran­diose…..

Je trim­balle le chariot de produits jusque dans les toilettes hommes et il me vient une drôle de pensée en voyant ce qui m’attend. Je me dis qu’un homme a beau employer des mots dédai­gneux, arro­gants, supé­rieurs et trans­cen­dants, il ne sait toujours pas viser dans le trou.

Parfois on regarde les infos le soir sur la une et mon père commente chaque nouvelle. Comme tous les gens qui n’ont pas d’avis, il la ramène sans cesse sur des sujets trop grands pour lui.

Ma mère est une fan du fait divers sanglant. « un homme achève sa femme à la hache et dévore son foie avec des aromates. »

Elle n’est jamais rassa­siée, toujours en manque d’émotion. Car un pédo­phile qui viole un enfant ça l’émeut aux larmes. Heureu­se­ment, il y a de nouveaux cas tous les jours. Il y a de quoi faire avec les pédo­philes.

Elle ne méri­tait pas mieux, elle n’avait qu’à pas croire un homme marié. Ce sont les plus grands menteurs de la galaxie, tout le monde le sait. Ils n’ont pas le choix, ils sont mariés.

De toute façon, les gros bolides c’est bien connu c’est pour les cons. Le bruit du moteur sert souvent à camou­fler le courant d’air qu’ils ont dans la tête

- Oui. Mais, j’veux dire, quand t’es blond tu veux être brun, et quand t’es brun, tu veux être blond.
– c’est vrai…
– Et c’est pareil pour un tas d’autre choses hein ! L’être humain, il sera jamais content. Il veut toujours le contraire de qu’est-ce qu’il a.
– Sauf quand on est riche et beau, on veut rare­ment deve­nir pauvre et moche.

C’est exac­te­ment ce que je déteste chez l’être humain en géné­ral et chez mon père en parti­cu­lier. Cette obscène habi­tude de tout rappor­ter au cul, pour faire une blague quoi…. ça va graduel­le­ment : plus c’est grave­leux, plus ça glousse vicieu­se­ment. C’est cultu­rel, on parle de cul pour un oui ou pour un non, ça va de pair avec l’arriération de ma popu­lace. Mon oncle, cousins et grand pères font la même chose le dimanche et moi ça me donne la nausée.

Fêter un mariage c’est aussi con que de fêter une entrée en guerre. Comme si on voulait faire passer la pilule avec de la crème chan­tilly histoire que l’enculade soit moins vive.

On en parle

Chez lo

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