J’at­ten­dais ce film avec impa­tience.. mais j’avoue que je suis un peu déçue. Bien sûr, on revit les moments impor­tants de notre histoire et bien sûr ce film est très bien joué , il combine très habi­le­ment les docu­ments d’époque et la recons­ti­tu­tion histo­rique. Le film est bien fait, mais se réduit à la petite histoire de cette femme hors du commun. Il raconte comment Hannah Arendt s’est forgée une opinion sur Eich­mann et comment elle n’en a pas démordu. Même quand ses amis lui ont tourné le dos.

Sa thèse qui, aujourd’­hui, ne choque plus autant, était que les nazis n’étaient pas des monstres mais des gens ordi­naires qui se sont soumis et ont respecté les ordres donnés. Elle a aussi, et c’est cela que ses amis lui ont encore moins pardonné , émis l’idée que les orga­ni­sa­tions juives , ont aidé les nazis. Je ne sais pas exac­te­ment ce qu’elle enten­dait par là et d’ailleurs on n’ap­prend rien des thèses d’Hanna Arendt , la cinéaste suppose que tout le monde les connaît ; elle a choisi de nous montrer comment l’opi­nion a réagi à ses propos.

Le sujet du film , ce n’est pas comme je l’avais pensé une mise en images des idées d’un des plus grand penseur de la fin du 20° siècle. C’est le récit de sa vie et des consé­quences sur sa vie de son intran­si­geance intel­lec­tuelle. Il y a bien une séance filmée dans un amphi­théâtre mais ce qu’elle y dit est telle­ment peu philo­so­phique qu’on se demande bien pour­quoi ses étudiants applau­dissent et pour­quoi ses amis quittent, offus­qués, l’hémicycle.

Je sais que la philo­so­phie doit mal passer au cinéma , mais quand il s’agit d’Hanna Arendt, on s’y atten­dait bien un peu, non ? J ai eu très envie de relire ce qu’elle a écrit sur l’aide que les orga­ni­sa­tions juives avaient appor­tée à la solu­tion finale puisque que c’est cela qui a fait si mal à ses amis mais je n’ai encore rien trouvé. Par contre je me sens bien quand elle dit qu’elle n’aime pas le peuple juif , mais qu’elle aime ses amis juifs.

Comment aimer un peuple pour lui même, il doit être consti­tué, comme tout peuple, de gens qu’on déteste et d’autres qu’on appré­cie ; évidem­ment ! On sent aussi que, ce à quoi elle croit plus que tout, c’est le droit d’exer­cer son esprit critique sur tous les sujets même si cela ne va pas dans le sens du consen­sus habituel.

C’est un film à voir, c’est certain, mais pas pour des raisons philo­so­phiques, pour la vie de ce grand penseur.

ET.… parce qu’il donne envie de relire son œuvre.

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