Édition Buchet Chastel

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard 

Je ne connais­sais pas cette écri­vaine et ce roman me le fait regret­ter car elle a un talent certain pour racon­ter des histoires et rendre vivante et proche de nous la civi­li­sa­tion guade­lou­péenne de son enfance. Dans ce roman elle raconte le voyage initia­tique pour un jeune Pascal qui est le fils de … Cora­zon Tejera, autre­ment dit, Dieu lui-même, pour ses adeptes. Alors Pascal serait le fils de Dieu ? c’est dur à porter ! déjà que sa nais­sance a été un miracle pour ses parents adop­tifs qui l’ont recueilli dans un appen­tis qui ressemble fort à une crèche sous d’autres cieux. Voilà le roman est lancé, en s’ins­pi­rant des évan­giles, Maryse Condé va nous racon­ter son pays et aussi le monde contem­po­rain dans ce qui ne va pas trop mal et surtout ce qui va très mal.

Le message du Christ est toujours aussi déran­geant « aimons-nous les uns les autres » et toute vie sur terre a la même valeur. Pascal, un peu à l’image de Candide ira de société en société sans jamais trou­ver le bonheur. On le croit quand il est chez les Mondongues qui ont supprimé la propriété privée, l’al­cool … Hélas ! cette société ira vers la tyran­nie et Pascal devra prendre la fuite. Fina­le­ment, la solu­tion ne sera pas « culti­vons notre jardin » mais « trou­vons l’amour ».

J’ai parfois beau­coup aimé ce roman surtout quand je sens vivre la société guade­lou­péenne, surtout à travers le talent de conteuse de cette auteure. Cela m’a amusée de recon­naître mes souve­nirs du caté­chisme de mon enfance. Mais je m’y suis aussi souvent ennuyée . J’ai vrai­ment décidé de lire d’autres livres de cette auteure car son talent aux multiples facettes ne se résume certai­ne­ment pas à ce roman très original.

Citations

Pourquoi prendre la beauté en photo est elle mortifère ?

Comme elle jouit d’un « été éter­nel », les touristes s’y pressent, braquant leurs appa­reils morti­fères sur tout ce qui est beau. Certains l’ap­pellent avec tendresse « Mon pays », mais ce n’est pas un pays, c’est une terre ultra­ma­rine, un dépar­te­ment d’outre mer quoi !

Autre temps autre mœurs

Ce n’était un mystère pour personne que ses filles étaient les enfants du révé­rend père Robin qui avait dirigé la paroisse pendant de longues années avant de trans­por­ter ses vieux jours dans une maison de retraite du clergé situé près de Saint-Malo . En ces temps là, les gens de médi­saient pas du compor­te­ment des prêtres.

Voilà la construction du roman :

Brus­que­ment Espe­ritu se tourna vers lui : » J’ai quelque chose de peu agréable à vous apprendre. Vous ne verrez pas votre père, malheu­reu­se­ment, hier il a dû partir préci­pi­tam­ment pour l’Inde. ‑Pour l’Inde » répéta Pascal abasourdi, se deman­dant : mon père, pour­quoi me fuis-tu ? mon père, pour­quoi m’as tu abandonné ?

Mélange des évangiles et du monde moderne

Certains jours, il se consa­crait à la rédac­tion d’un ouvrage qu’il avait inti­tulé « Deux mots, quatre paroles ». Ce serait son œuvre maîtresse, il enten­dait prou­ver que cette mondia­li­sa­tion dont on nous rebat les oreilles était, en fin de compte, qu’une forme moderne de l’es­cla­vage. Les nations riches de l’Oc­ci­dent obli­geaient des pays pauvres du sud, dont la main d’œuvre était abon­dante et sous-payée, à confec­tion­ner à moindre frais les produits dont elles avaient besoin.

Humour :

Cepen­dant, on doit à la vérité de dire que les détrac­teurs des Mondongues avec des motifs de reproches plus sérieux. Au cours de leur histoire, ceux-ci n’avaient pas su produire un Robert Badin­ter et ils prati­quaient impu­né­ment la peine de mort. Ceux qu’ils appe­laient les grands crimi­nels étaient traduits devant un pelo­ton d’exé­cu­tion qui leur perfo­rait la poitrine. Autre­fois, ces exécu­tions étaient l’oc­ca­sion de grandes fêtes et de réjouis­sances de nature à diver­tir la popu­la­tion. Mais les choses avait évolué aujourd’­hui les Mondongues avaient adopté la pratique améri­caine de la chaise élec­trique, plus discrète, on en conviendra.

12 Thoughts on “L’Évangile du Nouveau Monde ‑Maryse CONDÉ

  1. keisha on 21 janvier 2022 at 09:20 said:

    D’elle je n’ai lu que segou, qui se passe ailleurs. Il y a si longtemps !

  2. ça fait une éter­nité que je me dis qu’il faut que je la lise, on m’en dit toujours beau­coup de bien…

  3. Je la connais de nom mais n’ai pas eu l’oc­ca­sion de la lire. A rete­nir donc ..

  4. J’ai lu quelques Maryse condé quand j’ha­bi­tais en Guade­loupe juste­ment. Mais je n’ai pas appro­fondi, je trou­vais son style pas très acces­sible, deman­dant une certaine concen­tra­tion. Ceux que j’ai lus avaient une écri­ture très (trop) poétique dans mon souvenir.

  5. j’ad­mets ne pas être tentée par la dimen­sion reli­gieuse (j’ai été éduquée dans un catho­li­cisme étouf­fant) mais plus par le voyage en Guadeloupe.

  6. J’at­tends tes avis sur d’autres romans ;-)

Répondre à gambadou Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Post Navigation