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C’est le prin­temps des poètes et cet auteur Jean-Pierre Siméon , en est un des fonda­teurs , me semble t‑il. Il a écrit bien d’autres recueils dont un qui m’a beau­coup touché et qui est déjà sur mon blog Lettre à la femme aimée au sujet de la mort. Il doit bien aimer écrire des lettres ce poète, car cette fois il s’adresse à tous ceux qui ne lisent JAMAIS de poésies, et il fait tout son possible pour leur expli­quer qu’il existe quelque part dans le monde si vaste de la poésie un texte qui les attend. Je trouve cela telle­ment vrai !

La plupart des gens qui disent ne pas aimer la poésie en ont été dégoû­tés par l’école, mais je suis persua­dée que, s’ils pouvaient lais­ser leurs a priori derrière eux et venir avec leur sensi­bi­lité vers les poèmes, ils en trou­ve­raient un qui soit pour eux. Ce livre, à cause des illus­tra­tions, s’adresse aux enfants ou au moins à la part d’enfance qui est en chacun d’entre nous, le texte est vrai­ment pour tout le monde enfant et adulte.

En ce prin­temps des poètes, il a sa place dans mon blog.

Citations

Faites confiance : il y a quelque part, qui n’attend que vous, le poème de Darwich, de Bashô, de Whit­man, de Barnaud, de Villon, de Mandel­stam, d’Hikmet, de Prigent, de Hafiz, de Chedid, je ne sais pas …

.….Mais je sais que ce poème

vous compren­dra comme

on vous a rare­ment compris,

qu’il vous mènera vers les autres,

et désor­mais

vous ne pour­rez plus

vous passez de poésie

qu’un myope de lunettes.

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J’aime la poésie, avoir quelques vers en mémoire m’aide à suppor­ter le quoti­dien ou à le trou­ver plus beau. Ce recueil m’a touché, et, j’ai pu faire parta­ger cette émotion à tous ceux qui souffrent de la dispa­ri­tion d’êtres chers. Plus que mes phrases maladroites lisez et écou­tez ce poème réson­ner en vous :

Je veux te dire cette sorte de secret
qu’on ne lit qu’en soi loin
derrière les paupières fermées
long­temps après que sur le cercueil
se sont refor­més les liens du jour

tes morts ne sont qu’à toi

toi seule sais leur nom véri­table
celui qu’on n’écrit pas aux registres
parce qu’il n’est signe dans nulle langue humaine
et qu’il n’est pas d’oreilles
pour la voix qui le dit

toi seule les vois tes morts
hors leur visage de cendre
et les vois sans faillir dans l’absence même
toi seule l’ombre plus claire dans l’ombre
où leur regard paraît

et l’exacte main de douceur sur ton front
pareille au flux des herbes dans la brise
toi seule la recon­nais
qui n’est pas la matière des songes
ni comme le souve­nir appa­riée du désert

toi seule sais
la douceur des morts qui t’appartiennent
car tu es né de leur douceur
et tu prolonges dans chacun de tes gestes
la douceur qui fut le pli heureux de leur vie
à tes yeux désor­mais
de voir clair dans la trans­pa­rence
que fait leur dispa­ri­tion
à toi de comprendre dans la vie requise
l’effacement et le soleil unanimes
ta joie volon­taire
et la beauté des choses

comme endor­mis tes morts rêvent à tes côtés

tu ne guéri­ras pas de leur nuit
mais tu accom­pli­ras
comme l’île conti­nuant la terre où elle n’est plus
leur part perdue
car fille des tes morts
tu es ce qu’ils igno­raient d’eux-mêmes