20160918_124104Traduit de l’espagnol par Eduardo Jime.

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S’il s’agit bien ici d’un roman d’espionnage, il s’agit surtout de décou­vrir un aspect peu connu de la guerre d’Espagne. Et loin de suivre les exploits d’une « James Bond girl », on est, sans doute, plus près de la réalité en matière d’espionnage, pres­que tout se passe dans un salon de couture. Et si la jeune Sira sait habiller les femmes qui ont les moyens de dépen­ser des fortu­nes pour se vêtir alors que l’Espagne est rava­gée par la misère, elle sait aussi écou­ter les conver­sa­tions, qu’elle rapporte fidè­le­ment aux auto­ri­tés britan­ni­ques.

Le cœur du roman, et une grande partie de son inté­rêt c’est de nous racon­ter ce moment parti­cu­lier où Franco après sa victoire contre les répu­bli­cains a hésité à s’engager auprès des alle­mands qui l’avaient si bien aidé dans ses combats. Cette jeune Sira est dabord une femme assez sotte qui a failli finir en prison pour les beaux yeux d’un malfrat . Mais elle luttera de toutes ses forces pour s’en sortir et créera à Tanger un salon de couture pour clien­tèle huppée, elle fréquente une popu­la­tion cosmo­po­lite du plus bas de l’échelle sociale à la maîtresse du gouver­neur. Elle est recru­tée par les servi­ces britan­ni­ques et repart à Madrid. La situa­tion de l’Espagne n’occupe pas une grande place dans ce roman mais les quel­ques pages qui lui sont consa­crée sont abso­lu­ment terri­bles.

J’ai des réser­ves sur ce récit , car il contient trop d’ingrédients dont les auteurs ont telle­ment abusés : la jeune fille sans père qui est fina­le­ment recon­nue par son géni­teur qui se trouve être une des gran­des fortu­nes d’Espagne ; un bel amou­reux qui n’en veut qu’à son argent ; une jeune coutu­rière qui démarre de rien et qui à force de travail devient riche et recher­chée par toute la haute société ; et pour couron­ner le tout un futur mari bien comme il faut .… Ça fait beau­coup, mais malgré cela, j’ai lu avec inté­rêt ce moment de l’histoire espa­gnole.

Citations

Personnalité britannique peu sympathique

Sa résis­tance à l’alcool se révé­lait stupé­fiante, pres­que compa­ra­ble aux mauvais trai­te­ments infli­gés à la domes­ti­cité. Il s’adressait à eux en anglais, de mauvaise humeur, sans pren­dre la peine de consi­dé­rer qu’ils igno­raient tota­le­ment sa langue, et quand il se rendait compte qu’ils n’avaient rien compris, il se mettait à hurler en hindi, la langue de ses anciens domes­ti­ques à Calcutta, comme si, pour les employeurs de maison, il exis­tait une langue univer­selle.

La misère en Espagne après la guerre civile

Madame Engra­cia est à moitié aveu­gle et elle déam­bule dans les rues ; elle a l’air folle elle remue avec un bâton tout ce qu’elle trouve. Dans ton quar­tier, il n’y a plus ni chats ni pigeons, ils les ont tous mangés .… Andeita a été éven­trée par un obus un après midi en traver­sant la rue Fuen­car­ral pour rejoin­dre son lieu de travail.…Sole a eu des jumeaux ; cadeau d’un mili­cien qui a disparu sans meme leur lais­ser un nom ; comme elle n’a pas pu garder les enfants, parce qu’elle n’avait pas de quoi les entre­te­nir, ils ont été emme­nés à l’hospice, et elle n’a plus eu de nouvel­les On raconte qu’elle se vend main­te­nant aux débar­deurs du marché de la Cebada, elle demande une peseta par passe, sur place, contre le mur ; elle traîne dans le coin, elle ne porte pas de culotte, elle soulève sa jupe dès que les camion­net­tes arri­vent, aux premiè­res lueurs de l’aube.

21 Thoughts on “L’espionne de Tanger – Maria DUENAS

  1. J’ai lu aussi récem­ment la biogra­phie roman­cée d’une espionne (Maria Zakrevs­kaîa, dite Moura) : ça n’est pas non plus le genre que je préfère, ça me lasse assez vite, même si bien sûr, ces femmes ont des vies aven­tu­reu­ses…

  2. Mmouais .… Un peu trop, en effet ! si en plus l’aspect histo­ri­que est négligé .… c’est quoi l’intérêt ??? D’ailleurs trois coquilla­ges seule­ment !

  3. Je me suis mal expri­mée alors, c’est la seule chose qui soit vrai­ment inté­res­sante, mais pour une fois ce n’est pas les violen­ces habi­tuel­les faites par le peuple ou conte le peuple espa­gnol qui sont décri­tes, mais les hési­ta­tions des hommes victo­rieux pour que l’Espagne reste neutre ou rejoi­gne l’Allemagne nazie qui l’avait tant aider pendant cette guerre.

  4. Je ne suis pas trop attiré par les livres d’espionnage, je crois même en avoir jamais lu… Merci pour ton billet.

  5. Ce n’est pas ce qu’on peut appe­ler un roman d’espionnage, mais c’est le récit d’une femme qui a dû faire de l’espionnage, c’est plus qu’une nuance.

  6. tu fais dans l’espionnage et moi je navi­gue de polars en polars

  7. Dommage, le contexte histo­ri­que m’intéressait… Après le code rebecca ((roman d’espionnage, dont arrière fond histo­ri­que était occul­tée et avec plein de clichés), je renonce à celuil-​à

  8. Bon et bien pour une fois, un livre que je ne note pas, ça fait du bien !

  9. Tu n’es pas assez enthou­siaste pour que je le retienne ;-)

  10. Les romans d’espionnage, même avec un fond histo­ri­que qui pour­rait m’intéresser, ce n’est vrai­ment pas ma tasse de thé.

  11. Espa­gne + espion­nage, ça fait mouche chez moi. J’hésite par rapport à tes bémols (j’imagine que j’aurais les mêmes!)

  12. Rien à voir avec le livre mais déci­dé­ment, j’adore tes asso­cia­tions roman/​photo :-)

  13. Si mon fils voit ce commen­taire, il va être content. C’est lui qui a passé mon blog sur Word­Press et qui m’a pous­sée à faire mes photos moi-​même. Avant je les cher­chais sans les maisons d’édition ou sur Amazon. Je leur ai demandé si j’en avais le droit, ils ont dit non. Depuis je prends beau­coup de plai­sir à les faire moi-​même. Merci pour ce gentil commen­taire , et tu peux zapper ce roman.

  14. Je l’avais lu à sa sortie, j’avais passé un bon moment même si j’avoue qu’aujourd’hui il ne m’en reste pas grand chose…

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