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Traduit du Suédois par Philippe BOUQUET.

Quel plai­sir de décou­vrir et savou­rer ces neuf nouvelles autour d’un même thème : la recherche univer­si­taire. Neuf disci­plines diffé­rentes donc neuf person­nages soumis aux dures lois de la produc­tion intel­lec­tuelle. L’écrivain suédois, Björn Lars­son, invité au Festi­val des éton­nants voya­geurs à Saint-Malo, lui-même profes­seur de fran­çais à l’Université de Lund, connaît bien les petits et grands travers de ses chers collègues. Il ne les brocarde pas avec féro­cité mais les décrit avec humour et beau­coup de tendresse.Passant du philo­logue, au gram­mai­rien, au chimiste au viro­logue au philo­sophe… ces neuf facettes de la vie univer­si­taire, nous permettent de faire le tour des connais­sances actuelles et de leurs limites.

Ce livre plaira beau­coup aux univer­si­taires, car si aucun d’entre eux ne s’identifiera complè­te­ment à l’un des portraits, tous recon­naî­tront un de leurs défauts, une de leurs quali­tés et surtout un de leurs collègues dans les person­na­li­tés décrites. Mais au-delà de ce « petit monde », l’auteur à travers ses neuf récits scrute la condi­tion humaine , soulève beau­coupde ques­tions et ne se contente pas de réponses faciles.

Parfois ce sont les travers de notre société qui sont visés : le « Da Vinci Code » est bien large­ment préféré aux savantes études du philo­logue qui, seul pour­tant, peut lire et comprendre les textes anciens dont prétend s’être inspi­rés Dan Brown. Plus grave, et quelque peu ridi­cule, on lui deman­dera de répondre à des ques­tions posées par l’écrivain à succès mais qui n’ont rien à voir avec le sérieux de son travail. Combien de fois dans les inter­views à la radio ou à télé­vi­sion « le spécia­liste » invité semble ennuyeux et combien plus chatoyant l’inventeur d’histoires et parfois même l’animateur du débat !

Les neuf nouvelles sont autant de petits drames très bien imagi­nés, surpre­nants et parfois angois­sants à l’image du spéléo­logue qui met sa vie en danger pour la gloire d’être le premier à trou­ver un lac souter­rain. Les chutes sont toujours surpre­nantes un peu trop à mon goût, j’aime bien que les nouvelles ne finissent pas par « un effet » mais soient comme suspen­dues dans le vide à l’image de la vie. Que ce léger reproche, qui ne reflète que mon goût ne vous empêche pas de vous préci­pi­ter sur ce livre qui, j’en suis certaine, saura vous plaire, vous amuser et souvent vous émou­voir.

Citations

Mais le monde est ingrat. Personne ne prêtait atten­tion, quand il clamait les lois de l’évolution phoné­tique dans des salles de cours à moitié vides.

Il avait beau vivre dans son ancien fran­çais, il avait lui aussi besoin d’un peu de compa­gnie humaine, de temps en temps, surtout si la conver­sa­tion, ainsi qu’elle le fit tout natu­rel­le­ment, venait à porter sur les subti­li­tés de l’emploi du subjonc­tif dans le fran­çais du haut moyen-âge

Étant donné que tous les autres parlent anglais il suffit de savoir « un peu de fran­çais de tous les jours » pour se distin­guer de la masse.

Ses collègues, en parti­cu­lier ses rivaux dans la chasse aux crédits…

Au cours des années qui suivirent, Birger travailla encore plus dur, si possible. Il négli­gea femme et enfants, même si ceux-ci ne purent guère noter de diffé­rence par rapport à ce qui se passait précé­dem­ment. Ils avaient pris l’habitude que leur mari et père ne soit qu’exceptionnellement présent à la maison. La seule nouveauté était qu’il travaillait égale­ment le samedi et le dimanche.

On en parle

Un nouveau blog celui de miss orchi­dée.

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