Traduit du norvé­gien par Alain Gnae­dig

Édition Folio

C’est à propos de « Mer Blanche » chez Jérôme que j’ai eu très envie de décou­vrir Roy Jacob­sen. Merci à lui et à toutes celle et ceux qui ont dit tant de bien de ce roman qui m’a permis de décou­vrir la Norvège du début du XX° siècle. J’ai été un peu éton­née que ce roman plaise tant à Jérôme que j’ima­gine plus tenté par des lectures du monde urbain dur et violent. Mais je suppose que ce qui lui a plu, comme à tout ceux qui aiment et aime­ront ce roman, c’est son écri­ture sans aucun pathos pour décrire un monde d’une dureté incroyable. La nature d’abord aussi gran­diose que cruelle, elle ne laisse aucun répit aux habi­tants d’une petite île du nord de la Norvège au sud des îles Lofo­ten. Les tempêtes détrui­ront plusieurs fois le hangar que la famille essaie de dres­ser pour faire sécher le pois­son. Les hivers si longs que bêtes et hommes risquent de mourir de faim puisque la prin­ci­pale ressource est consti­tuée par le pois­son qu’il faut aller pêcher loin plus au nord quand le climat le permet. Sur l’île voisine, plus grande et plus riche une usine achète le pois­son pour le trans­for­mer. Et sur cette île aussi vit un pasteur au cœur sec, en tout cas trop sec pour prendre en charge deux petits qui viennent de perdre leur père, le direc­teur d’usine et dont leur mère sombre dans la folie. C’est donc l’héroïne de ce roman, Ingrid qui les pren­dra en charge et les ramè­nera sur sa petite île Barroy. Pour­tant elle aussi doit faire face à la mort de son père et la grave dépres­sion de sa mère. Tragé­dies succes­sives mais racon­tées avec une telle pudeur que le lecteur souffre en silence et respect pour le courage de ses enfants que les diffi­cul­tés forcent à deve­nir adultes si vite. On suit avec angoisse les efforts de son frère Lars pour amélio­rer le quoti­dien d’une petite famille qui est souvent plus proche de l’anéantissement que de la survie.

Un grand moment de lecture et qui en dit long sur la dureté des temps anciens en Norvège.

Citations

Je suppose que cela décrit la crise de 29

Quel soula­ge­ment de voir un homme rentrer sain et sauf chez lui, même s’il arrive à l’im­pro­viste. Il y a la crise dans le pays et dans le monde, des faillites et des budget réduit, des gens doivent quit­ter leurs ferme, d’autres perdent leur travail, et les gars de l’équipe d’ar­ti­fi­cier dans laquelle il était le contre­maître a été renvoyer chez eux avec mon salaire à peine de quoi couvrir ce qu’il avait déjà dépensé.

Les chaises

Quand Barbro a grandi sur Barroy, les filles n’avaient pas de chaises. Elle mangeait debout.….
Mais Barbro se souve­nait ce que c’était de ne pas avoir de chaise si bien que, le jour où elle eut la sienne, elle emporta partout avec elle, au hangar à bateaux, à la remise, et même dans les prés ; elle s’as­seyait dessus et obser­vait les animaux, le ciel, les pies huîtrières sur la rive. Un meuble à l’ex­té­rieur. C’est faire du ciel un toit et de l’ho­ri­zon le mur d’une maison qui s’ap­pelle le monde. Personne n’avait jamais fait cela. Ils ne parvinrent jamais à s’y habi­tuer.

Vivre sur une île

Un îlien n’a pas peur sinon il ne peut pas vivre dans un endroit pareil, il lui faut prendre ses cliques et ses claques, démé­na­ger et s’ins­tal­ler dans un bois ou dans une vallée, comme tout le monde. Ce serait une catas­trophe, un îlien a l’es­prit sombre, il n’est pas raide de peur, mais de sérieux.

Les tempêtes

Mais, en règle géné­rale, les tempêtes sont brèves, et c’est durant l’une d’elles que les feuilles dispa­raissent. Il n’y a pas beau­coup d’arbres sur l’île, mais il y a assez d » arbustes à baies, de bouleaux nains et de saules qui, à la fin de l’été, ont des feuilles jaunes qui virent au marron et au rouge à des vitesses variées, si bien que l’île ressemble à un arc-en-ciel sur terre pendant quelques jours de septembre. Elle garde cette allure jusqu’à ce que cette petite tempête attaque les feuilles par surprise et les emporte dans la mer, et méta­mor­phose Barroy en un animal loque­teux à four­rure marron. Elle va rester ainsi jusqu’au prin­temps, si elle ne ressemble pas alors à un cadavre aux cheveux blancs sous les rafales et la grêle, quand la neige violente arrive , dispa­raît, revient encore et forme des congères comme si elle tentait d’imi­ter la mer sur terre.

Le mépris

Gertha Sabina Tomme­sen réussi à appe­ler Barbro « l’idiote » trois fois pendant qu’elle lui montre la chambre où elle va dormir avec l’autre bonne, qui vient des îles elle aussi, mais qui est bien plus jeune que Barbro. Elle explique que l’idiote doit s’at­tendre à être appe­lée à l’usine quand il y a des arri­vées de harengs, même au milieu de la nuit, comme les autres femmes de la maison.

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Traduit du norvé­gien par Terje SINDING.
Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard
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4
Deux hommes, la cinquan­taine se croisent sur un pont, l’un est au volant d’une très belle voiture et possède tous les signes exté­rieurs de la réus­site sociale, l’autre pêche et semble au bout du rouleau. C’est Tim, et Jim. Ils ont passé leur enfance et leur jeunesse ensemble, à l’époque Jim était destiné à une vie facile et vivait près de sa mère, ces deux là s’ai­maient beau­coup, trop peut-être ? Tim, au contraire, a connu le départ de sa mère et les violences d’un père alcoo­lique qui le frap­pait sans rete­nue, lui et ses sœurs. La rencontre est rapide et rien ne se passe, sauf que tous les deux retrouvent leur passé. Par petites touches, en passant d’un person­nage à un autre, l’au­teur nous présente la vie ordi­naire d’une famille détruite par l’al­cool et la violence pour Tim, et la vie étri­quée chez la mère de Jim écra­sée par le poids de la reli­gion. Il n’y a pas de misé­ra­bi­lisme dans la façon de racon­ter, l’hu­ma­nité norvé­gienne qui est aussi la nôtre et notre époque sont toutes entières dans ce roman. Plutôt du côté de ce qui ne va pas, mais pas seule­ment.

Rien n’est idéa­lisé, ce qui carac­té­rise le carac­tère norvé­gien c’est que la réalité n’est jamais embel­lie, les person­nages préfèrent se noyer dans l’al­cool que s’ou­vrir à autrui. J’ai vrai­ment aimé ce roman, bien qu’il soit déses­pé­rant, j’ai du mal à comprendre égale­ment pour­quoi Jim se laisse ainsi aller vers le néant. Je dois avouer que je me sens très étran­gère à la psycho­lo­gie norvé­gienne, rien n’est complè­te­ment expli­qué, tout est dans le silence. C’est à la fois très fort et telle­ment déran­geant, par exemple, que cher­chait Tya lors­qu’elle a appelé Tim, son fils de 5 ans, pour qu’il sauve le vieux chien de l’eau glacée ? Que l’en­fant se noie ? De tuer le chien ? Et si elle a regretté son geste pour­quoi n’a-t-elle pas sauvé elle-même le vieux chien ? Pour­quoi a‑t-elle appelé son fils qui n’avait pas pied dans cette marre alors qu’elle n’au­rait eu de l’eau que jusqu’à la taille ? Aucune réponse à ces ques­tions et à tant d’autres ? Même la fin est une porte ouverte sur ce qui peut se passer après , Tim sera-t-il heureux ? Jim va-t-il vivre ? Vont- ils se retrou­ver ?

Toutes ces ques­tions sans réponse, ne m’ont gênée qu’une fois le livre refermé, pendant la lecture j’étais bien, même si je me sentais très triste, avec les person­nages. Per Petter­son est grand roman­cier, il laisse une trace très origi­nale dans la litté­ra­ture contem­po­raine.

Citations

Explication du titre

Je n’étais pas d’ac­cord. Pas du tout. Moi, ça ne m’était pas égal.

- Mais tu peux refu­ser , ai-je dit

Il a de nouveau tourné la tête vers moi :

- On ne peut pas refu­ser de mourir, mon ami.

- Bien sûr que tu le peux.

L’absence de lien entre le père maltraitant et son fils

Et il serrait le col de sa veste ; c’était une veste grise, une sorte de blazer ou de vieux veston trop léger, qui semblait prove­nir de l’Ar­mée du salut. Un pardes­sus aurait été plus appro­prié, ou une parka, quelque chose de chaud et de doublé ; il faisait un froid de loup, on était en décembre et il y avait des gelées blanches. Mais je n’ai pas traversé la place de la gare pour rejoindre mon père et lui offrir mon propre pardes­sus. Faire la paix, pas ques­tion. Tendre l’autre joue, non plus.

Retrouver son père alcoolo quarante ans après

- Tu peux pas quit­ter ton père sans prendre un café, ça fait une éter­nité qu’on s’est pas vu.T’as pas changé, pour­tant. Je le savais ; mon Tommy, il est toujours le même, j’ai dit aux flics.

On ne s’est pas vu depuis quarante ans, comment pouvait-il dire une chose aussi absurde ? Toujours le même, et la batte de base-ball ? Je n’étais plus du tout le même, chaque jour je l’étais de moins en moins. Je chan­geais vite et pas en mieux.

On en parle

Chez Jérôme et Krol.

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Traduit du norvé­gien par Jean Baptiste Cour­saud.

4
J’ai trouvé le premier tome de la trilo­gie des « Elling » dans ma média­thèque préfé­rée. Alors, peu importe si j’avais déjà lu « Potes pour la vie », je me suis préci­pi­tée sur le début de la vie d » »Elling ». Il n’y a aucune néces­sité à commen­cer la trilo­gie par le début. De plus, ce premier tome peut même vous décou­ra­ger de lire la suite ce qui serait bien dommage. La plus grande partie de ce roman raconte un voyage en Espagne avec sa mère. C’est triste et drôle à la fois, parfois c’est carré­ment tragique, mais le rythme du roman est beau­coup plus lent que « potes pour la vie ». C’est normal, il raconte sa vie avec sa mère qui malgré son immense amour n’a pas pu le lancer dans une vie indé­pen­dante d’elle. On le voit prendre toutes les mauvaises solu­tions, malgré son impla­cable logique. Mais son regard d’homme inadapté à la vie en groupe, nous fait aussi voir autre­ment les voyages orga­ni­sés dans les lieux touris­tiques accueillant des milliers de touristes et Beni­dorm sur la « Costa Blanca » n’est pas exac­te­ment mon endroit de rêve même si au creux de l’hi­ver j’ai des envies de soleil.

Évide­ment, même cette image est trom­peuse, la réalité pour Eling sera encore pire, lui et sa mère auront une chambre donnant sur une arrière cour, avec vue sur les poubelles. Et, catas­trophe leur chambre n’aura qu’un seul lit, ce qui entraî­nera pour Elling un délire des plus fou sur ce qui peut se passer dans l’es­prit de quel­qu’un qui veut qu’un fils de 30 ans, couche dans le même lit que sa mère.

Il sera d’ailleurs beau­coup ques­tion de sexua­lité dans ce roman, la scène dans le bain au milieu des jeunes femmes espa­gnoles est un peu lourde mais très drôle. Et puis il y a le tragique, son enfance où des jeunes l’ont pris comme souffre douleur, en lui faisant subir des violences sexuelles et autres. Dans ce récit tour­menté où tous ses souve­nirs prennent corps on comprend combien sa vie et celle de sa mère ont été compli­quées et ce qui est très triste, combien l’amour n’a pas suffi à faire de lui un être à part entière. Non, Elling n’est ni débile ni fou mais sa diffé­rence ne lui permet pas d’af­fron­ter le monde exté­rieur. Par contre l’ana­lyse qu’il en fait nous met face à nos travers de façon très drôle.

Fina­le­ment, il se retrouve avec Kjell Bjarne dans un centre psychia­trique et lui invente des histoires amou­reuses, ensemble ils réus­si­ront à mieux affron­ter le monde exté­rieur. Je lirai certai­ne­ment le troi­sième tome, et si j’es­père que nos socié­tés peuvent faire une place à des gens aussi diffé­rents, je n’en suis pas sûre.

Citations :

La vision des bains de mer selon Elling

Ne mettrais-je pas plutôt ces vacances à profit pour me baigner, ou éven­tuel­le­ment faire des prome­nades sous les palmiers ? Eh bien non, juste­ment, ce n’était pas dans mon inten­tion. ! Une prome­nade pédestre vite expé­diée sous les palmiers – je voulais bien . Mais la baignade comme le nom l’in­di­quait c’était une acti­vité que je prati­quais dans la baignoire. Et en compa­gnie de nul autre que moi-même. Non pas que j’ai honte de mon propre corps, loin de là, il n’était guère diffé­rent de la plupart des autres corps . Mais ce n’était pas une raison pour l’ac­cu­mu­ler à une centaine d’autres qui déjà se serraient comme des sardines sur une plage. De plus, je nour­ris­sais une profonde aver­sion pour la fréquen­ta­tion collec­tive d’une eau souillée par un bataillon entier d’hommes n’ayant pas fait leur toilette et de femmes en plein cycle mens­truel.

Voyage en avion remarque pertinente d’Elling

Une fois sur le tarmac, il s’est produit cette anec­dote singu­lière. Quelques-uns des passa­gers se sont mis à frap­per dans leurs mains. Voilà des gens qui sans vergogne, applau­dis­saient ! Mais pour quoi ? Si je peux me permettre de deman­der, et je le fais d’ailleurs. Ah ici ça aurait bonne mine si les passa­gers de la ligne 3 du métro d’Oslo se mettaient à frap­per dans leurs mains chaque fois que la rame s’ar­rê­tait à une nouvelle station. Ce serait ridicule.ce serait ni plus ni moins qu’une ridi­cu­li­sa­tion du chauf­feur.

SONY DSCTraduit du Norvé­gien par Jean-Baptiste Cour­saud.
Un énorme merci Keisha  pour ce petit joyau.

5
J’es­père vous donner envie de lire ce roman qui est sur ma liste de juillet 2014. Avec un talent rare, Ingvar Ambjørn­sen raconte le quoti­dien de deux hommes que l’hô­pi­tal psychia­trique a réuni. Ils sont diffé­rents des gens dits « normaux », Elling le person­nage prin­ci­pal est très cultivé, s’ex­prime dans une langue très recher­chée mais il est abso­lu­ment inca­pable d’af­fron­ter les réali­tés du quoti­dien. Tout devient très compli­qué quand, comme lui, on essaie de tout comprendre, ce qui se voit et ce qui ne se voit pas avant la moindre action. Heureu­se­ment, dans sa vie, il y a Kjell Bjarne son « pote pour la vie » et à deux, ils finissent par s’en sortir. J’ou­bliais un person­nage clé, Frank, l’in­fir­mier psychia­trique qui les aide à se recons­truire en dehors de l’ins­ti­tu­tion. Il mérite une médaille cet homme, car il sait malgré tous les obstacles que l’ont peut rame­ner vers la vie en société ces deux olibrius, qui passent leur temps à le criti­quer alors même qu’ils lui font une confiance abso­lue.

Les situa­tions font vrai­ment rire, car à travers tout le sérieux avec lequel Elling nous explique le pour et le contre de telle ou telle déci­sion, on imagine les réac­tions des gens autour de lui qui pensent qu’il serait si simple d’agir au lieu de tant réflé­chir. Imagi­nez par exemple à quel point il peut-être diffi­cile de prendre un billet pour aller en train dans une ville de la banlieue d’Oslo. Ceci pour aller voir Frank qui n’a pas jugé utile de venir les cher­cher en voiture. Fina­le­ment tout se passera correc­te­ment, même si Elling a été un peu long au guichet, il a tenu à expli­quer à l’employé qui était Frank, quelle partie de sa famille avait un rapport avec la ville de banlieue en ques­tion… et évidem­ment derrière lui les gens s’im­pa­tien­taient un peu… Mais les deux compères sont arri­vés, un peu en avance (quatre heure d’avance) dans un pays ou attendre dans le froid n’est pas sans consé­quence !

Je ne peux évidem­ment tout racon­ter, je vous laisse décou­vrir le rapport entre la poésie et la chou­croute, l’uti­lité de chan­ger de slips, la diffi­culté d’uti­li­ser les toilettes publiques, l’im­por­tance des statues dans les jardins… Mais surtout lais­sez-vous embar­quer pour une grande, très grande leçon d’hu­ma­nité et des bonnes tranches de rire.

Citation

L’aménagement de l’appartement , l’imaginaire bridé par Frank (celui qui doit les aider depuis leur sortie de l’hôpital psychiatrique)

Je me plai­sais à me présen­ter notre appar­te­ment comme étant le mien .Comme étant le nôtre, à Kjell Bjarne et moi. Lequel , toujours à Broynes , m écri­vait pour me deman­der comment se passait les réno­va­tions . Je répon­dais qu’elles se passaient mal . Qu’un dénommé Frank s’in­ter­po­sait en perma­nence. Notre idée d’ins­tal­ler un jardin suspendu dans le salon tombait sale­ment à l’eau. Frank n’avait même pas voulu en discu­ter.

La rencontre amoureuse de Kjell Bjarne et la psychologie torturée d’Elling

Je ne parve­nais pour ainsi dire pas à m’emparer de l’image repré­sen­tant Kjell Bjarne et Reidun Nord­slet­ten dans la cuisine . De quoi parlaient-ils ? Kjell Bjarne était-il aussi peu loquace qu’il en avait pris l’ha­bi­tude avec moi ? Ou brillait-il grâce à des mots d’es­prit et des tour­nures amusantes main­te­nant qu’une femme lui prêtait une oreille avide ? Lui prêtait-elle d’ailleurs autre chose d’avide que sa seule oreille ? Y avait-il déjà quelque chose entre eux ? Non. Sans quoi je m’en serais rendu compte . Il ne fallait pas pous­ser !

Lors­qu’il est redes­cendu, sifflo­tant, sa boîte à outils sous le bras, j’ai été soudain très acca­paré par la lecture du jour­nal du jour. S’il croyait que mille et une ques­tion me brûlaient la langue, il pouvait toujours se bros­ser. A peine si j’ai daigné lui accor­der un regard avant de retour­ner à mon article.Tiens donc : le parti social-démo­crate récla­mait une baisse des taxes d’im­por­ta­tion sur les véhi­cules ! Il valait mieux lire ça que d’être aveugle. Et, ailleur , ils annon­çaient qu’il allait faire plus froid. On se couche déci­dé­ment moins bête le soir à chaque seconde qui passe, ai-je songé.

Coup de téléphone non prévu

Il voulait savoir s’il me déran­geait, si j’étais très occupé. Ce que j’étais à l’évi­dence étant donné que je rangeais mon tiroir. Mais quelque chose me rete­nait de lui four­nir cette expli­ca­tion. J’ai menti, répon­dant que je m’en­nuyais à cent sous de l’heure.

Portrait de Frank vu par le Elling le rouspéteur

Frank ? Mais que croyait-elle à la fin ? que nous sortions de notre plein gré manger une pizza avec ce misé­rable espion des services commu­naux qui four­rait son nez dans tout ce que nous disions et faisions ? Nous n’avions pas le choix, si tant est que nous voulions conser­ver notre appar­te­ment ainsi que les maigres privi­lèges qui y étaient liés. Frank ? Un gauchiste minable qui rame­nait sa fraise de façon intem­pes­tive et se mêlait même du choix de la pizza que les gens allaient consom­mer et qui, par dessus le marché, était payé par la ville d’Oslo pour le faire !

Et pour le fun si vous voulez un petit air de Norvège.. Et imaginez Terry, un Togolais qui fait la vaisselle à l’hôpital royal qui devient en quatre mois un expert en Halling

Ce que j’ai trouvé sur Youtube sur les films réali­sés à partir de l’œuvre de Ingvar Ambjørn­sen (que j’ai­me­rais pouvoir les voir !).

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51U6JHlrvCL._SL500_AA300_.jpg

Traduit du norvé­gien par Hélène Hervieu et Eva Sauve­grain.

2
Si ce livre n’avait pas été au programme du club de lecture, donc choisi par ma biblio­thé­caire préfé­rée, j’aurais aban­donné à la page 50. Je n’en pouvais plus d’imaginer cette jeune femme boire des bières de plus en plus vite, en se dépê­chant pour faire la place au gin, au cognac au whisky…

Tant d’alcool pour faire comprendre qu’elle va mal très mal … du coup je suis allée faire un petit tour sur Babé­lio et j’ai vu que d’autres lectrices avaient aimé cette histoire alors je me suis accro­chée, bon c’est sûr c’est beau­coup, beau­coup trop long et trop alcoo­lisé. Mais il y a quelques bonnes remarques sur notre société des loisirs.

Les voyages, par exemple, et les touristes qui ne voient les paysages qu’ à travers leur appa­reil photo numé­rique sans oublier cette si noble cause : la défense des animaux sauvages. C’est un peu étrange de trou­ver des remarques judi­cieuses sur notre société dans un roman qui m’intéresse aussi peu.

La deuxième partie du livre, là où les expli­ca­tions sont données au mal être de Béa, va un peu plus vite. Pas de chance pour moi ! le roman prend alors l’allure d’un polar psycho­lo­gique, et je n’aime pas trop les polars.

Citations

Je me sens toujours mal à l’aise avec les Japo­nais et leurs sourires auto­ma­tiques qui semblent venir de je ne sais où, sans raison appa­rente . Comment font-ils quand ils sont vrai­ment heureux ?

Des gens qui en avaient assez de monter à dos de chameau en Egypte, de se prome­ner en gondole à Venise , ou d’écouter avec un mélange de peur et de jubi­la­tion , les sirènes de police devant Manhat­tan . Pour leurs amis un voyage comme ça devait être folle­ment exotique et valoir large­ment son prix exor­bi­tant

Tout penaud Frikk regar­dait le phoque sur la plaque de glace, inca­pable de profi­ter du spec­tacle dans la mesure où il ne pouvait pas le photo­gra­phier

Tant d’hommes ont été estam­pillés coura­geux, unique­ment parce que leur intel­li­gence était rudi­men­taire.

Elle avait envie de rencon­trer un ours blanc, mais il fallait qu’il soit inof­fen­sif. Rien ne devait être dange­reux, seule­ment extra­or­di­naire, exotique et surtout écolo­gi­que­ment correct….

On en parle

L’as tu lu