Éditions Zulma , 286 pages, mai 2013

 

Je dois ce pensum à Cath dont j’aime beaucoup le blog « lettre express« . Comment a t’elle supporté cette femme qui passe son temps à faire la vaisselle, le ménage, servir son mari, participer aux spectacles scolaires, entourée de femmes qui se détestent et qui disent du mal des autres à longueur de journée ? ?

Je me suis accrochée pour retrouver le roman tendre et intemporel, que Cath a lu. Moi je me suis ennuyée et j’attendais que quelque chose se passe. Visiblement Clarisse en pince pour Émile son nouveau voisin et comme son mari l’ennuie , on se dit ; voilà, le roman va commencer, mais que nenni, le bel Émile, ne voit que Violette sa meilleure amie. Alors avec Clarisse, on est cantonné, dans les chambres de ses enfants, à contempler les posters de son fils et à lire son courrier intime. Et à attendre le bus scolaire qui ramène ses enfants tous les soirs après l’école. Pour m’intéresser aux spectacles scolaires, soit mes enfants où petits enfants y participent soit on me le raconte avec humour. Mais au premier degré, non franchement, non : Cendrillon et son prince charmant n’arrivent pas à me retenir mon attention.

Peut-être, que son mari aurait pu m’intéresser, à quel combat politique veut-il participer ? Vous n’en saurez rien, non pas que je risquerais de vous divulgâcher le roman, c’est qu’on n’en saura jamais rien !

Parce que, l’autre tour de force de cette écrivaine, est de situer son roman dans un milieu arménien en Iran sans jamais nous parler du contexte social, sauf que son mari rédige des tracts et va à des réunions malgré ses interdictions formelles de Clarisse, la narratrice.

Bref j’ai hâte de lire vos réactions à un billet qui ne reflète que mon humeur face à un roman à côté duquel je suis totalement passée !

Extraits.

 

Début.

 J’entendis freiner le car scolaire, puis grincer le portillon métallique de la cour. Des bruits de pas dans l’allée au milieu de la pelouse : inutile de consulter la pendule, il est quatre heures et quart de l’après-midi.
 La porte d’entrée s’ouvrit. Je m’essuyai les mains à mon tablier. « On enlève sa blouse, on se lave les mains et la figure, on ne jette pas son cartable dans le couloir ! » Je glissai une boîte de mouchoirs en papier au centre de la table, puis bifurquant vers le réfrigérateur pour y prendre le lait, je constatai qu’ils étaient quatre, debout dans l’encadrement de la porte de la cuisine.

Page 68 : Je commence à m’ennuyer sérieusement.

Peu à peu, nous oubliâmes que si mon père était resté en vie, rien n’aurait changé dans cette vie. Mon père lisait ses livres, faisait ses mots croisés, avalait sans broncher tous les plats gras qu’on lui servait. Jamais, il ne faisait la moindre réflexion sur rien, et s’il lui arrivait de le faire, nous n’écoutions pas où nous l’ignorions en continuant sans lui prêter attention. J’avais suivi Artush à Avadan où j’élevais mes enfants. Alice était partie vivre quelques années en Angleterre, officiellement pour y décrocher un diplôme d’infirmière, mai en réalité pour y chercher un mari anglais. Ma mère l’avait deux fois par jour le sol de sa cuisine. Se moquait des femmes qui ne rinçaient pas les pastèques et les melons avant de les ranger dans le réfrigérateur. Chaque jour, elle s’inventait une nouvelle raison d’être inquiète.

Le quotidien passionnant de la narratrice ! !

 Les enfants étaient à l’école et Artush au bureau. J’avais fait des chambres, la poussière. Le dîner mijotait sur le gaz. Le téléphone sonna.
 » Si je ne téléphone pas aucune chance que tu prennes de mes nouvelles ! » C’était Nina
 Avant même d’avoir pu dire que je pensais à elle depuis plusieurs jours, que je voulais lui téléphoner, mais que je n’en trouvais pas le temps, Nina m’ôta les mots de la bouche en riant : « Ne t’excuse pas ! Je sais bien que tu es occupée. Tu es si méticuleuse, ta mère si pointilleuse, et Artush a un si mauvais caractère. »

Trait de caractère du mari.

 Je m’efforçais de ne pas l’écouter. Je savais depuis longtemps que sa façon d’exprimer son affection, c’était d’accuser les autres de ce qui leur arrivait. Chaque fois que les enfants faisaient une chute par terre, qu’ils tombaient malades ou qu’ils avaient mal quelque part, c’était la même histoire.

 

17 Thoughts on “C’est moi qui éteins les lumières – Zoyã PIRZÃD

  1. J’assume mon mauvais goût… sans avoir adoré, j’ai trouvé ce roman plutôt fin et plein d’humour. C’est sûr, il ne dénonce pas la situation en Iran, c’est pour éviter la censure, sans doute.

    • Je respecte ton avis et c’est bien pour ça que je l’ai mis sur mon billet ( d’autant plus que, très souvent, je suis d’accord avec toi), déjà je m’ennuie ferme avec les femmes qui ne savent raconter que leurs histoires d’enfants ou maintenant leurs petits enfants, et j’attends les arrières petits enfants. Alors le lire dans un pays où certainement il se passe plus d’évènements que les spectacles scolaires, cela m’a carrément ennuyée.

  2. J’ai lu « Le Goût âpre des kakis » de la même autrice mais je ne m’en souviens pas beaucoup. Il me semble que j’avais aimé sans plus.

  3. Je ne connaissais pas et je viens de lire le billet de Cath L, à l’opposé du tien en effet. Je pense que ce genre d’ambiance et de « petits riens » peut me plaire, mais à condition de choisir le bon moment. Mais mes listes sont longues alors je ne suis pas sûre de le noter !

    • C’est exactement pour cela que j’avais noté ce roman mais quand de « petits riens » c’est surtout « rien » que j’ai ressenti, je suis déçue !

  4. keisha on 23 février 2026 at 15:19 said:

    Bon, personne n’a l’air suffisamment enthousiaste sur ce coup là! ^_^

  5. Je passe sans hésiter !

  6. De la même autrice j’avais lu il y a bien longtemps On s’y fera. En relisant mon compte-rendu il me semble qu’il m’avait fait le même effet que C’est moi qui éteins les lumières à toi.

    • Je crois qu’il faut un grand talent pour savoir nous faire apprécier les gestes du quotidiens, c’est plus facile sans doute de raconter des aventures extarordinaires.

  7. J’ai souvent frôlé cette autrice, mais je ne l’ai pas lue ; ça m’amuse de voir vos avis aussi différents et pourtant je vous fais confiance à toutes les deux. Mai les goûts et les couleurs, on ne peut jamais être sûre de rien. Je crois que si je tombe dessus, j’essaierai, histoire de voir de quel côté je penche (je suis curieuse).

  8. Je ne me souviens plus de grand-chose sauf d’avoir beaucoup aimé pour sa subtilité.
    https://doucettement.over-blog.com/2017/09/c-est-moi-qui-eteins-les-lumieres-de-zoya-pirzad.html

  9. Bon, j’avais envie de découvrir cette autrice mais ça me refroidit maintenant ton avis et ceux que je peux lire aussi en commentaires.

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