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Je sais, ce n’est pas une nouveauté, mais j’avais raté ce film à sa sortie alors je l’ai vu en DVD. Quel plai­sir ! Tout est juste dans ce film pour une fois on ne brocarde ni le rural enra­ciné dans sa campagne et ses habi­tudes (tous les ans Royan avec les pompiers et Nice avec « la » femme,) ni le pari­sien qui fréquente les gale­ries à la mode et qui ne connaît rien aux réali­tés de la campagne.

Les deux person­nages très bien joués par Daniel Auteuil et Jean-Pierre Darous­sin. Dupin­ceau et Dujar­din sont très atta­chants chacun dans leur vérité, ils ont été amis à l’école primaire et retrouvent immé­dia­te­ment des liens très forts au-delà de leurs diffé­rences sociales.

Le film évite tous les clichés, les outrances, les charges trop faciles. Autant le jardi­nier est un magi­cien dans son jardin, autant il est déplacé partout ailleurs. La descrip­tion des vacances à Nice est abso­lu­ment extra­or­di­naire : le plai­sir de faire tous les ans la même chose, la même plage, la même prome­nade , le même hôtel… On sent bien que l’écrivain d’abord, le cinéaste ensuite n’ont pas réussi à bien comprendre ce bonheur si simple, mais il n’a pas voulu s’en moquer, simple­ment en témoi­gner.

J’ai revu deux ou trois fois le film, que j’avais trouvé un peu bavard la première fois main­te­nant, au contraire, j’apprécie tous les dialogues et j’ai hâte de lire le livre. Si j’aime ce film, c’est parce qu’il ne s’inscrit pas dans la veine du charme de la campagne. Il faut que je le dise tout net, je déteste la campagne, je ferai bien mienne la phrase de Céline :

« moi, d’abord, la campagne, j’ai jamais pu la sentir, je l’ai toujours trou­vée triste, avec ses bour­biers qui n’en finissent pas, ses maisons où les gens n’y sont jamais et ses chemins qui mènent nulle part. Mais quand on y ajoute la guerre, c’est à pas y tenir. »

Donc le roman­tisme du « bonheur est dans le pré » je regarde ça de loin, ici, il ne s’agit pas de ça, mais de l’amitié réelle entre deux hommes diffé­rents et qui se respectent l’un l’autre. Toutes les images sont réus­sies donc pas simple­ment belles comme l’est parfois la nature : je garde­rai long­temps en mémoire l’image du jardi­nier lorsqu’il peut se payer une moby­lette neuve qui lui permet enfin de ne plus se faire ennuyer par le sale petit roquet qui lui court après en aboyant à chaque fois qu’il passe devant sa maison au risque de le faire tomber.

Si vous ne l’avez pas vu faites vous prêter le DVD : plai­sir garanti.

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