Traduit de l’an­glais ( États Unis ) par Cécile Arnaud.
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Récit des purges stali­niennes de 1934 à 1937. Le person­nage prin­ci­pal, Ossip Mandel­stam est arrêté pour avoir écrit un pamphlet contre Staline sous forme d’une ode. Le récit suit plusieurs person­nages qui ont, pour leur malheur, croisé ou partagé la vie du poète .C’est un livre éprou­vant comme souvent les livres décri­vant cette époque, la réalité est sans doute pire que le roman. C’est mieux d’avoir un bon moral avant de se plon­ger dans cette lecture. Je préfère toujours les témoi­gnages, ou les études histo­riques à la créa­tion roma­nesque sur des sujets si sensibles et pour lesquels ils existent encore des témoins vivants.

Citation

Étrange prière pronon­cée par la femme du poète avant de se rendre à une convo­ca­tion à la Loubianka.
Notre père qui êtes aux cieux
S’il a encore une muse et une érection
Faites que le soleil oublie tout simplement
De se lever demain matin
Amen

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Impres­sion étrange, la première partie du roman a très peu d’intérêt, un homme se fait plaquer par son amie beau­coup plus jeune. Il est russe et repart à Saint-Péters­bourg au milieu de la Russie moderne, là il rencontre un vieil homme, Volski, qui lui raconte son passé d’homme russe : le blocus de Lenin­grad, la guerre, le goulag, la mort de sa compagne dans un camp, son travail auprès des enfants handi­ca­pés. Makine le raconte très bien, le roman prend alors tout son inté­rêt. J’ai pensé à la cita­tion de Tché­khov que Makine cite plusieurs fois :

« Il nous encou­ra­geait à couper le début et la fin de nos nouvelles. Je ne sais pas si le remède du docteur Tché­khov peut guérir un roman. En tout cas, mon héroïne vit dans la partie qu’il conseillait de couper ».

Je me demande si l’écri­vain avait besoin de nous faire passer par les peti­tesses de notre monde actuel pour nous inté­res­ser à la gran­deur du tragique destin de Volski.

Citations

Un jeune russe dans l’édi­tion. Alors j’ai voulu me payer sa tête, j’ai cité Marx « le seul critère de la vérité est le résul­tat pratique » et dans l’édition, le résul­tat c’est le nombre de ventes, n’est ce pas ? Si des livres de merde se vendent, c’est qu’on en a besoin.

On en parle

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