http://ecx.images-amazon.com/images/I/41VpBDeeGQL._SL500_AA300_.jpg

 

3Roman très agréable à lire. Une tragique histoire d’amour contrariée et une autre qui commence. Je suis moins enthousiaste que d’autres blogueuses car si le récit est bien mené , l’histoire entre les deux personnages principaux est un peu « gentillette » ou du moins convenue, on n’est jamais dans la surprise de leurs sentiments réciproques.

On peut y voir alors le talent de l’auteur qui tisse peu à peu son histoire entre deux personnages, moi, ça m’a un peu déçue. Il s’agit d’un roman par lettres, et j’aime bien le genre. Il permet de découvrir peu à peu les personnages. Mais c’est un peu étrange de choisir ce genre littéraire, car à notre époque peu de gens s’écrivent, le roman par mails va bientôt prendre le relaie, je suppose !

Effectivement, il y a bien quelques mails mais qui sont ressentis comme des lettres , ils n’ont pas ce côté immédiat des mails d’aujourd’hui. Une jeune femme part à la recherche de renseignements sur sa mère morte quand elle avait 3 ans à partir d’une photo.

Grâce à celui qui a reconnu son père sur la photo, elle va peu à peu comprendre la tragédie qui a été la cause de la disparition de sa mère. J ‘ai bien aimé bien le temps que prend l’auteur pour scruter les photos et leur faire dire leur vérité. Bref, un bon moment de lecture sans prétention.

Citations

Un personnage sur une photo

 Derrières elle se tient Daria, premier million de trois générations ; les mains jointes, imposantes, mais intimidées par l’œil mécanique.

Les secrets de famille

Oui, il est insupportable de ne pas savoir ; ce silence familial est un poison qui contamine tout ce qu’il touche, nos rêves, nos peurs, nos vies d’adultes. Et il finit par nous replier autour de de nos questions trente ou quarante ans après. 

On en parle

Chez Mimipinson de façon beaucoup plus enthousiaste que moi.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41kXqqleFqL._SL500_AA300_.jpg

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Clément BAUDE.

5
En pleine période Irvin Yalom, j’ai donc continué par « Et Nietzsche a pleuré » avant de me plonger dans « le problème Spinoza »conseillé par  canalblog que je ne remercierai jamais assez de m’avoir fait découvrir cet auteur. Je suis un peu ennuyée pour juger de la qualité intellectuelle du débat : la philosophie de Nietzsche comme jalon vers la psychanalyse. Je n’ai jamais apprécié cet écrivain et je me suis mortellement ennuyée à la lecture de « ainsi parlait Zarasthoustra ». Je perds certainement beaucoup à ne pas bien connaître ce philosophe , par contre je connais mieux Freud et les débuts de la psychanalyse ce qui m’a permis de savourer le roman.

Que serait-ce alors si je connaissais bien Nietzsche ! Le roman met en scène des personnages qui ont existé , Josef Breuer , le tout jeune Freud , Lou Salomé et Nietzsche, Irving Yalom invente le « comment la cure psychanalytique est née » à travers une idée de génie du Docteur Breuer , tout est vrai dans ce roman sauf la rencontre du Docteur Breuer et de Nietzsche Irvin Yalom possède un vrai talent de conteur et il sait créer du suspens digne d’un bon auteur de roman policier avec un sujet aussi sérieux que la psychanalyse. Bien sûr ce n’est qu’une fiction mais on est bien dans cette histoire ,entre autre car l’auteur sait faire revivre Vienne et ses habitants.

L’arrière plan du récit, rajoute beaucoup à l’intérêt de l’intrigue : les pâtisseries, les cafés , les luttes entre universitaires, la société compassée de la capitale de l’empire Austro-hongrois entièrement tournée vers les conventions, traversée par un antisémitisme virulent et qui semble prête à combattre et à accueillir les théories de Freud.

Le personnage de Breuer est complexe et très attirant. Il nous permet de réfléchir au rôle du médecin, de la vieillesse et de l’amour ! Le subterfuge qui amène les deux personnages à comprendre la nature d’une thérapie analytique est bien imaginé. J’ai toujours aimé qu’on me raconte des histoires , car cela m’a permis de mieux comprendre que dans un livre théorique , de quoi est fait le lien entre le thérapeute et son patient.

J’ai vraiment aimé ce roman avec la réserve du début, il ne m’a pas donné envie de relire Nietzsche et que je sais que perds une bonne partie de l’intérêt du roman.

Citations

La charité

Vous découvrirez que personne n’a jamais, jamais , agi entièrement pour les autres. Tout acte est dirigé vers soi , tout service ne sert que soi, tout amour n’aime que soi.

Mais vous connaissez comme moi ces guérisseurs bigots, qui projettent leur propre faiblesse sur les autres et ne s’intéressent à eux que pour accroître leur propre force . Vous connaissez comme moi la charité chrétienne

 L ‘habitude tue le désir

On se lasse toujours du même plat… Tu sais Joseph, pour chaque belle femme sur terre , il y a aussi un pauvre type qui en a marre de se la farcir.

L’ énergie et l’envie de vivre

Si quelque chose m’attire ce n’est pas le danger. Non, plutôt la fuite, non pas devant le danger mais devant le confort. Peut-être ai-je trop longtemps vécu dans le confort !

– Peut-être est-ce dangereux , Joseph. Dangereux et mortel.
– Oui, le confort est en effet dangereux. » Breuer se répéta plusieurs fois cette phrase. « Le confort est dangereux. Le confort est dangereux.
– Car rien ne peut arrêter le temps, et c’est bien notre plus grand malheur. Il nous faut apprendre à vivre malgré tout. »

 Le mariage

Le mariage et la possession et la jalousie qui l’accompagnent ne font qu’emprisonner l’esprit. Jamais je ne me laisserai dominer par eux.

On en parle

Page après page

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51uC-ampMAL._SL500_AA300_.jpg

Traduit (et bien traduit très bien même) de l’anglais (États-Unis) par Clément Baude 

4
Livre que je dois à mes amies blogueuses : je l’ai acheté après avoir lu une critique qui a éveillé mon intérêt chez Dasola  » Le problème Spinoza ». Dans les commentaires, Dominique recommandait « Mensonges sur le Divan » pour découvrir l’œuvre de Irvin D.Yalom. Alors un énorme merci à toutes les deux et, je vais me précipiter sur les autres livres de cet auteur. Je dois préciser que je suis une aficionados de la série « in treatment » et dans ce roman, j’ai retrouvé tant d’aspects qui me plaisent.

J’ai toujours des scrupules à dévoiler l’intrigue d’un roman car je crains alors d’en dire trop et que vous n’ayez plus envie de le lire. J’essaie quand même : à travers différentes cures de psychothérapie vous verrez à l’œuvre, la sincérité, l’amour et la fin de l’amour, la passion du jeu, le deuil, une arnaque absolument géniale, la vengeance… Vous découvrirez les motifs profonds des comportements humains , les rivalités entre psychothérapeutes et les différentes écoles analytiques, comportementales et autres beaucoup plus fantaisistes.

Tout cela raconté avec un humour à la Woodie Allen, très juif New-yorkais en tout cas. Si vous, ou un de vos proches, a eu besoin d’une psychothérapie pour se reconstruire , je pense que vous y retrouverez des moments que vous avez vécus. J’imagine que les praticiens doivent s’amuser de ce genre de romans écrit par l’un des leurs. La raison principale pour laquelle j’aime ce genre d’histoires, c’est qu’elles donnent confiance dans l’être humain. On peut tous trouver en soi des raisons d’avoir confiance dans la vie, même si, comme les personnages de cette histoire on se laisse égarer par l’appât du gain , la soif de vengeance ou autres motifs peu avouables.

J’oubliais un détail, l’intrigue est très bien construite sur la 4° de couverture, je lis : « un éblouissant thriller psychanalytique », éblouissant, je suis d’accord, thriller un peu moins mais ce qui est certain c’est que le suspens est tenu jusqu’à la dernière ligne et même après. J’espère que je n’ai pas trop dévoilé l’intrigue et que je vous ai donné envie de vous y plonger.

Citations

Les limites du psychothérapeute et la force de l ‘amour , et un brin d ‘humour

Laura , qui sortait a peine du lycée , avait simplement dit a Justin qu’il devait quitter sa femme , et il lui avait obéi. Alors que lui, Ernest Lash, un thérapeute doué , extrêmement doué même, s’était escrimé pendant cinq inutiles années a convaincre le même Justin de quitter sa femme – en vain.

Le plaisir du joueur

Pour qu’un jeu ait quelque intérêt , la mise se doit être importante , car il faut que la défaite fasse un peu mal.

Les codes sociaux aux US

Fin observateur des différences sociales, Marshal savait bien que, lorsqu’ils mangent, les gens aisés repoussent toujours a plus tard , délibérément, la première bouchée de nourriture ; en réalité , plus la richesse est ancienne , plus le délai est long .

Un des ressorts des comportements humains

Macondo a utilisé l’appât le plus puissant, celui du privilège d’en être. Je passe mon temps a traiter des patients plein aux as. Nous sommes proches, nous partageons des moments d’intimité, et je leur suis indispensable. Pourtant je sais exactement quelle est ma place, si je les avais croisés dans un autre contexte, ils ne m accorderaient pas une minute.

On en parle

Le blog de Syannelle

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41-gVPY3xKL._SL500_AA300_.jpg

3
Voilà le premier de ma liste (la fameuse PAL des blogueuses !) que j’ai glanée dans les différents blogs que je lis régulièrement : Ys, Dominique, Helène, Dasola, et tant d’autres excusez moi. Je dois celui-ci à Krol et ce fut un beau moment de lecture, un peu bref cependant. Je comprends qu’elle ait aimé car c’est un livre d’une rare émotion et très pudique en même temps. On peut imaginer que ce sont les souvenirs de réfugiés espagnols racontés par l’arrière petite fille. Il y a dans ce récit la distance de deux générations qui atténue un peu la souffrance et la terreur face à la mort présente partout au moment de la guerre d’Espagne et en France sous la botte nazie.Et puis, je pense que cela aide un peu, la famille est restée unie et a survécu , c’est certainement plus facile de raconter alors de cette facon là : en y mêlant la poésie , la pudeur et l’amour.

Voici donc, les souvenirs d’une femme, sa fuite devant la menace de mort des communistes, son attachement à la république, l’exil , son installation en France . La lutte de ceux qui lui sont proches contre le nazisme. Tout cela est évoqué sans insistance . Des souvenirs plus qu’un récit. C’est un livre qui se lit en quelques heures et qui laisse dans la mémoire une impression apaisée malgré les souffrances qui y sont racontées. Honnêtement, je dois dire que je suis contente de l’avoir acheté d’occasion, et je ne le garderai pas car c’est un livre qui manque un peu de densité. Mais je ne l’oublierai pas non plus.

Citations

L’exil pour un enfant

Iduri est allé à l’école de jeunes filles de Mademoiselle Églantine. Et c’est accompagné de l’une d’elle qu’il est revenu cet après-midi à la maison. Son visage était dévasté par les pleurs. Il avait fait dans sa culotte , son pantalon et ses jambes étaient complètement souillés . La jeune fille est repartie. Iduri, transi de honte, tremblait dans l’entrée.
« Ama , excuse moi, je n’ai pas su le dire , je n’ai pas su le dire en français , Ama. »
Il bégayait sans cesse ces mêmes mots.
« Ama , Ama , excuse moi . Je n’ai pas pu me retenir. Ama, j’ai honte, Ama, je ne veux plus y retourner. »
… Indi , mon tout petit, c’est cela aussi l’exil. Ne pas pas savoir dire, ne pas être la ou nous devrions. Et à chaque instant , avaler cette honte indigeste qui nous brule le ventre.

Un beau portrait d’homme

Il pense à sa propre mère qui, forte de l’intelligence et des succès de ses huit autres fils, le regardait, lui le neuvieme, lui le dernier, en lui disant d’un air à la fois désemparé et complice : » toi, tu as mis tes pensées dans tes mains. »
Elle ne se trompait pas. Aïta ne peut avoir un avis sur les choses qu’après les avoir touchées. Et tout ce qui a trait aux idées ne l’intéresse pas. Il laisse volontiers aux oncles la manipulation des concepts. Ce qu’il aime ? c’est contempler la nature s’épanouir, s’agenouiller chaque jour le long des allées et voir un bourgeon , une pousse vert tendre pointer vers le ciel.

On en parle

chez Krol évidemment je la remercuie pour cette lecture

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41q38tv9xIL._SL500_AA300_.jpg

4
Depuis le testament français, je suis attachée Andreï Makine, j’aime les histoires qu’il me raconte. J’ai parfois quelques réserves mais ce cours roman m’a littéralement enchantée. Comme toujours avec cet écrivain, la construction romanesque est intéressante. Entre la description de deux grandes manifestations soviétiques, la vie du narrateur s’écoule avec ses tragédies et ses éclats de bonheur. En huit moments différents qui sont presque de courtes nouvelles, Makine nous peint la société soviétique qui est en train de s’effondrer et l’enfant qu’il a été, perdre toutes ses naïves illusions.

Dans chaque chapitre on trouve un court moment de bonheur. Et on se pose alors la question essentielle du livre : et si être heureux sur terre, c’était savoir aimer et saisir ces courts moments ? Au delà du communisme, Makine s’adresse à la totalité de la condition humaine confrontée au pouvoir.

À chaque fois que je lis un livre sur la Russie , je me demande ce que les Russes ont de si particuliers pour connaître une destinée aussi tragique. Si vous ne l’avez pas encore lu, précipitez vous , la poésie, l’émotion , l’humour, la révolte sont au rendez vous dans une langue d’un grand classissisme, et, pour moi, d’une grande beauté.

Citations

 le premier émoi amoureux

 Ce n’était pas la première femme qui m’a ébloui par sa beauté, par la force patiente de son amour. Elle était la première, en tout cas, à me révéler qu’une femme aimante n’appartient plus à notre monde mais en crée un autre et y demeure, souveraine, inaccessible à la fébrile rapacité des jours qui passent.

Les orphelinats sous l’ère sovietique

Mais le bonheur n’a pour échelle de mesure , que notre propre existence , riche ou déshéritée . A midi , à la fin des repas , nous avions droit à une tasse de liquide chaud où maceraient quelques lamelles de fruits séchés . La chance de tomber sur une figue transformait l’un de nous en élu , il savourait, les yeux mi-clos, tout concentré sur le goût ineffable éclos dans sa bouche.

Naïveté de la foi communiste

Les gens qui vivront dans la société communiste auront un autre type de conscience que nous . Les magasins seront toujours pleins et tout sera gratuit mais chacun ne prendra que ce dont il a besoin . Pourquoi accumuler si l’on peut revenir demain ?

 Le sens même du livre

Notre erreur fatale est de chercher des paradis pérennes. Des plaisirs qui ne s’usent pas, des attachements persistants, des caresses à la vitalité des lianes : l’arbre meurt mais leurs entrelacs continuent à verdoyer. Cette obsession de la durée nous fait manquer tant de paradis fugaces, les seuls que nous puissions approcher au cours de notre fulgurant trajet de mortels.

 Un sentiment que je connais bien

Bien des années plus tard, cette vieille femme que j’avais laissée toute seule sur le petit perron de sa maison menacée deviendrait un de ces remords fidèles qui reviennent, notre vie durant, sans obtenir de pardon.

Le dissident

Très tôt, il devine que toutes les sociétés fabriquent la même espèce de créature : celles qui avec une servilité zoologique ne pensent qu’à s’alimenter, à se reproduire, à s’incliner devant la force de l’état qui les enchaîne dans des besognes décérébrantes, les assomme avec des ersatz de culture, les laisse s’entre-tuer dans des guerres.

On en parle

Un peu partout mais aussi chez Cynthia que je ne connaissais pas.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51K7ZZ1GP5L._SL500_AA300_.jpg

5
Romain Gary a enchanté toute ma jeunesse, j’ai aimé ses livres avec passion, j’y trouvais l’aventure la réflexion sur la vie, l’humour et la tendresse. J’ai choisi de relire « la promesse de l’aube » et j’ai immédiatement tout retrouvé , même mes souvenirs. La vie de Romain Gary est intimement liée a son oeuvre , et sa vie est la quintessence des horreurs du 20e siècle.

Grâce à l’affection de sa mère, il traversera toutes les épreuves comme protégé par un bouclier d’amour. Il deviendra cet homme au destin incroyable ,lui, le petit réfugié russe élevé dans l’amour de la France. Cela ne l’empêche pas d’ouvrir des yeux amusés et parfois tristes sur les petitesses de ce grand pays qui a bien du mal à accueillir un amour un peu encombrant.

À la relecture j’ai été surprise des notes de désespoir qui s’y trouvent, mais il est vrai que je connais aujourd’hui la fin de l’histoire, et le suicide de l’auteur plane maintenant sur son oeuvre. Je sais que Romain Gary a toujours de jeunes lecteurs. Ça ne m’étonne pas car il sait embarquer son lecteur dans un roman à la fois drôle et tragique ; il sait raconter une histoire et nous faire réfléchir sur la condition humaine.

Citations

Grandeur et limite de l’amour maternelle

 Avec l’amour maternel, la vie vous fait une promesse qu’elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu’à la fin de ses jours. Après cela chaque fois qu’une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son coeur , ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné.

 Humour du fils et démesure de la fierté d’une mère

– Tu seras ambassadeur de France , c’est ta mère qui te le dit.
Tout de même, il y a une chose qui m intrigue un peu. Pourquoi ne m’avait- elle pas fait Président de la République pendant qu’elle y était ? Peut-être y avait-il , malgré tout, chez elle, plus de réserve, plus de retenue, que je ne lui en accordais.

 Des formules qu’on aimerait retenir

Mais enfin, la véritable tragédie de Faust, ce n’est pas qu’il ait vendu son âme au diable. La véritable tragédie, c’est qu’il n’y a pas de Diable pour vous acheter votre âme. Il n’y a pas preneur.

 J ‘ai rencontré des hommes comme ça

 J’étais donc loin de soupçonner qu’il arrive aux hommes de traverser la vie, d’occuper des postes importants et de mourir sans jamais parvenir à se débarrasser de l’enfant tapi dans l’ombre, assoiffé d’attention, attendant jusqu’à la dernière ride une main douce qui caresserait sa tête et une voix qui murmurerait : « oui mon chéri, oui, Maman t’aime toujours comme personne d’autre n’a jamais su t’aimer. »

  Ne sommes pas tous comme lui ?

J’ai toujours éprouvé une insurmontable répugnance à faire de la peine à autrui, ce qui doit être chez moi un signe de faiblesse et un manque de caractère.

 Des amours compliqués et toujours autant d’humour

Et la somme fabuleuse de cent cinquante dollars qui me fut versée me permit de faire un voyage en Suède, à la poursuite de Brigitte, que je trouvai mariée. J’essayai de m’ arranger avec le mari, mais ce garçon n’avait pas de coeur.

Je me demande si je n’ai pas raté l’homme de ma vie en lui parlant de Proust

Je me contentai donc de lui caresser doucement les lèvres du bout des doigts, pour tenter d’interrompre le flot de paroles, cependant que, par un regard expressif, je l’invitai à un silence tendre et langoureux, au seul langage de l’âme. Elle immobilisait mes doigts dans les siens et repartait dans une dissertation sur le symbolisme de Joyce. Je compris brusquement que mon dernier quart d’heure allait être un quart d’heure littéraire. L’ennui par la conversation et la bêtise par l’intellect sont quelque chose que je n’ai jamais pu supporter.

Cette belle phrase, pour finir

La vie est jeune. En vieillissant, elle se fait durée, elle se fait temps, elle se fait adieu.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41VkjT5%2BE1L._AA278_PIkin4,BottomRight,-43,22_AA300_SH20_OU08_.jpg

4
Ce livre très dense de 630 pages a retenu toute mon attention. Comme je l’ai emprunté à la bibliothèque j’ai dû me dépêcher un peu et je le regrette car c’est un livre qu’on ne peut pas avaler d’une traite. Il s’est passé un phénomène bizarre avec ce roman si je m’obligeais à le lire vite il me lassait mais dès que je le reprenais je le trouvais passionnant.

Deux destins d’homme se croisent, l’un jeune qui vit une grave dépression et un vieil homme peintre et ancien parachutiste ayant fait trois guerres : la libération, l’Indochine et l’Algérie. Les récits et les réflexions sur les guerres sont passionnants et bouleversants.

Le monde contemporain en particulier la banlieue lyonnaise est aussi pour l’auteur en état de guerre je trouve cela plus discutable mais je ne vis pas en banlieue. J’ai trouvé sa peinture du monde d’aujourd’hui beaucoup moins bien réussi que les passages sur les conflits du passé. Les personnalités des anciens parachutistes sont minutieusement disséquée, on a l’impression de mieux comprendre ce qui amène les hommes à savoir se battre.

Les guerres coloniales sont une pure horreur et la défaite semblait inscrite dans la nature même du conflit. Mais c’est plus facile de le dire auojurd’hui qu’à l’époque. Jamais un livre n’aura aussi bien fait ressortir l’horreur de la guerre et je me demande ce que pense les militaires français de ce livre. Pour le style j’ai été un peu déçue, les répétitions sont insupportables et les relâchements vers la langue orale sans aucune justification un peu étrange.

Je pense que ce roman aurait supporté quelques coupures qui aurait allégé la lecture.

Citations

Les guerres d’aujourd’hui

 Les morts occidentaux étaient morts par accident, on sait qui c’était et on s’en souviendra ; les autres ne comptent pas. Il fallut le cinéma pour me l’apprendre : la destruction des corps a la machine s’accompagne d’un effacement des âmes dont on ne s’aperçoit pas. Lorsque le meurtre est sans trace le meurtre lui même disparaît ; et les fantômes s’accumulent, que l’on est incapable de reconnaître.

Un mot que je ne connaissais pas, j’aimerais le retenir.

On lentibardane sous les platanes

Tuer de loin (1945)

Le pilote qui a fait ça n’a rien vu. Il a visé le char dans une mire géométrique, il a appuyé sur une touche rouge de son manche et il n’a même pas vu l’impact , il filait déjà . Grâce aux machines on peut passer plein de types dans les voitures au chalumeau. Sans l’industrie nous n’aurions pas pu tuer tant de gens, nous ne l’aurions pas supporté.

L’humour juif

– dites-moi, Koloyannis, demanda enfin le colonel, vous êtes juif ?
– je voyais bien que cela vous tracassait. Bien sûr, colonel ; je me prénomme Salomon. Vous pensez bien que par les temps qui courent, on ne s’encombre pas d’un prénom pareil sans de solides raisons familiales.

 Je crois que c’est vrai

Il est toujours mon ami, car nous avons fait l’école buissonnière ensemble. Ne pas aller a l’école ensemble crée bien plus de lien que d’y être allés

La violence et la guerre

Tout le monde veut la guerre pour simplifier. Les nœuds ou l’on vit, on veut finalement les trancher par l’usage de la force. Avoir un ennemi est le bien le plus précieux, il nous donne un point d’appui. Le modèle de résolution de tous les problèmes est la torgnole que l’on retourne au gamin, ou le coup de pied que l’on flanque au chien. Voilà qui soulage, À celui qui dérange, chacun rêve par la force de faire entendre raison par la force. Il ne comprend que ça.

 Vision de la France aujourd’hui

La France est une façon de mourir ; la vie en France est un long dimanche qui finit mal.

Le repas du dimanche

On prend place devant l’assiette que l’on nous a désignée. Tout le monde s’assoit devant une assiette, tout le monde a la sienne ; tout le monde s’assoit avec un soupir d’aise d’aise mais ce soupir ce peut être aussi un peu de lassitude , de résignation , on ne sait jamais avec les soupirs. Personne ne manque, mais peut-être voudrait-on être ailleurs ; personne ne veut venir mais l’on serait mortifié si l’on redoute d’être exclu ; être la est un ennui mais ne pas y être serait une souffrance. Alors on soupire et on mange.

La balade du dimanche

Rien n’est moins intéressant qu’une promenade du dimanche tous ensemble. On n’avance pas ; les pas s’écoulent comme des grains paresseux du temps ; on fait semblant d’avancer.

La forêt en Indochine

On se prend les pieds dans les racines qui poussent dès la moitié du tronc, les troncs se couvrent de poils qui durcissent en épines, les épines couvrent la bordure des feuilles, les feuilles deviennent tout autre chose que des feuilles, trop cirées , trop molles , trop grandes, trop gonflées, trop cornues, c’est selon ; le trop est leur seule règle. La chaleur dissout l’entendement. Des insectes zizillent en permanence , en essaims qui suivent toute source de sang chaud , ou cliquettent sur les feuilles , ou rampent , déguisés en branches. Une diversité phénoménale de vers imprègnent le sol, grouillent, et il bouge.

On en parle

Le blog de Brestéphan (est ce un hasard que pour ce livre j’ai surtout lu des articles écrits pas des hommes !).

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51fv-PmezCL._SL500_AA300_.jpg

Traduit de l’anglais des États-Unis par Hanna PASCAL

3
C’est un bel objet que l’on a entre les mains quand on ouvre ce livre. Le lecteur ne résiste pas au plaisir de laisser errer son regard dans les marges illustrées par des dessins au style botaniste scientifique. Et ce plaisir dure les 379 pages du roman. L’histoire est à l’image de l’esprit d’un enfant surdoué de 12 ans à la fois naïve, insolente et un peu brouillonne.

Le jeune Tecumseh Sansonnet dit T.S est un jeune prodige qui passe son temps à dessiner des cartes, les objets, les expressions de visage des adultes. Sa famille est quelque peu originale, son père tient un ranch et parle peu , sa mère est une botaniste de talent et ne vit apparemment que pour les coléoptères. Sa sœur Gracie se dit,elle même, la seule personne normale de la famille. La mort accidentelle de Layon le petit frère a rendu la famille encore plus bizarre. T.S Spivet part à travers les USA et ce long trajet dans un train de marchandise lui permettra de mieux comprendre ses origines, de s’imposer au monde des adultes scientifiques et au bout de ce voyage initiatique de retrouver l’amour des siens.

Bien sûr, l’histoire est un peu touffue, bien sûr ; la dernière phrase est trop « happy-end » («  Alors, j’ai poussé la porte, et je me suis avancé dans la lumière ») et puis, c’est toujours un peu agaçant que l’on prenne pour sujet un enfant surdoué, comme si l’enfance n’était pas par elle même, suffisante pour soutenir une histoire. Mais toutes ces critiques ne rendent pas justice au plaisir de lecture car le livre fourmille de bons moments et les illustrations sont de purs instants de bonheur. Une chose est sure, avec ce premier roman, Reif Larsen s’affirme comme un « étonnant voyageur » et un grand écrivain.

Citations

Le caractère de sa mère

Le Dr Clair était le genre de mère à vouloir vous apprendre le tableau de Mendeleïev à treize ans en vous faisant manger votre bouillie, mais pas à s’inquiéter , en cette ère de terrorisme mondial et d’enlèvements d’enfants, de savoir qui vous téléphonait.

Du temps de sa glorieuse ancêtre qui voulait étudier les sciences au grand scandale des hommes de son temps

Il y a toujours une façon de contourner les règles institutionnelles , crois-moi, dit M. Engletorpe. Je suis devenu expert en la matière. »
Le lendemain soir, il revint avec une lettre, signée d’un médecin, certifiant qu’Emma était atteinte d’une étrange maladie nommée. « Osteopélénie » ou « maladie des os sournois » qui lui interdisait de se livrer à la prière ainsi qu’à toute forme d’exercice physique. 

L’enfant du Montana découvre les États-Unis modernes

Sous mes yeux se déployait la géographie serpentine du monde civilise : un labyrinthe de six échangeurs repartis sur trois niveaux , d’une belle et fascinante complexité et néanmoins très fonctionnel, de construction admirable , et un flot constant de voitures tournant les unes au-dessus des autres sans que leurs conducteurs paraissent conscients de la grandiose alliance de béton et de physique théorique qui les soutenait dans leur circonvolution.

Le monde d’aujourd’hui

Chacun de ces objets avait été fabriqué dans une usine, sans doute en Chine , puis importé aux États-Unis dans un cargo piloté par un Russe renfrogné, puis acheté et jeté par un habitant de Chicago, et gisait a présent par terre , voletant dans la brise légère ( à l’exception des pneus qui ne voletaient pas).

Le regard sur le monde des adultes

J’ai alors compris que les adultes, à la différence des enfants, étaient capables de s’accrocher à certains sentiments négatifs, même quand l’événement qui les avait suscités était passé depuis longtemps, même quand les cartes postales avaient été envoyées, les excuses présentées, et que tout le monde avait tourné la page. Les adultes étaient des entasseurs pathologiques de vieille émotions inutiles.

Et une phrase qui sonne bien

La médiocrité est la moisissure de l’esprit.

On en parle

Blog de Zazie

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41dwfyETI4L._SL500_AA300_.jpg

3
Dans le cadre du club de lecture. Un petit moment de plaisir, ça fait tellement du bien après les livres tristes que j’ai lus dernièrement ! Bien sur ce n’est pas de la grande littérature mais c’est bien raconté et finalement ce livre résonne en moi beaucoup plus profondément que je ne l’imaginais pendant la lecture.

Je crois que toutes les filles et femmes qui ont eu une amie de cœur retrouveront quelque chose d’elles dans ce roman. L’amie dont on ne peut se passer, celle qui nous permet de grandir, de supporter la crise d’adolescence, celle qui voit nos premiers émois amoureux mais qui doit être repoussée pour que finalement les deux deviennent adultes.

C’est tout cela qui est raconté dans l’ambiance des années 80. J’ai tout compris et je dirai tout vécu comme elles et j’ai dans la tête les mêmes chansons. C’est aussi un roman avec une histoire poignante et délicatement racontée. Une histoire de femmes écrite avec une belle sensibilité féminine !

Je doute que cela intéresse beaucoup les hommes qui y verront, peut-être, un roman un peu mièvre.

Citations

Le moment où on sent que l’amitié devient pesante

Nos coups de fil quotidiens s’espaçaient, sonnaient creux .Nous prenions rendez-vous. Je ne crois pas que nous l’avions jamais fait avant cela. Nous ne riions plus des mêmes choses. Pourtant nos vies ne parvenaient pas à se dénouer. Le fil était lâche, nous encombrait.

Le père que nous avons toutes rêvé d’avoir

C’était un accord familial :
 » Quels que soient l’heure, le moment ou l’endroit , si vous avez besoin , vous m appelez , je viendrais vous chercher »

On en parle

Kroll a aimé. Je vous avais dit que ça ne plairait pas aux hommes : Pylien a détesté !

http://ecx.images-amazon.com/images/I/31rClg%2BesqL._SL500_AA300_.jpg

1
Dans le cadre du Club de lecture. Où comment perdre le goût de la lecture… Ce livre est pédant ne raconte rien sinon l’assurance qu’à cet auteur d’être un véritable écrivain. Le livre est truffé de mots savants sans aucun intérêt. On devient peut-être écrivain quand on appelle « drupes » les « nectarines » ?

Le monde dans lequel il évolue est triste car il ne voit que les côtés tristes des situations. L’auteur ne se donne qu’une seule qualité, celle d’être un auteur. Évidemment sa famille ne comprend pas pourquoi il n’écrit pas comme Coehlo ou Marc Lévy, car il n’est entouré que de gens médiocres qui n’ont pas le bon goût de l’apprécier. J’ai demandé à ma bibliothécaire préférée pourquoi ce livre était au programme de notre club.

Sa réponse m’a laissée rêveuse :

Je n’ai lu aucune critique négative sur ce livre, qui a plutôt une bonne presse. Je voulais savoir comment vous réagiriez.

Je suis de plus en plus sûre que les critiques officiels dans la presse ne lisent pas les livres dont ils parlent. Celui-là, franchement il peut partir aux oubliettes !

Citations

Description du personnage avec au passage un petit mot savant

Malgré mes ridicules désormais confirmées, ma canitie galopante, mon teint jaunissant, le lent émoussement de mes dents, le ternissement de mon regard , l’assèchement de mes joues et le rabougrissement général de ma silhouette, je n’avais pas l’impression d’avoir tant changé que cela depuis mes vingt ans.

On en parle

Voilà quelqu’un qui a aimé : Bricabook