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Premier octobre : début du club de lecture de la biblio­thèque Dinard. Mes lectures vont donc, varier au gré des goûts des dinar­daises. Le premier est un livre pour adoles­cents. Je me demande bien pour­quoi pour­quoi Cathe­rine Gilbert, la traduc­trice, a changé le titre anglais The London eye Mystery en L’étonnante dispa­ri­tion de mon cousin Salim. L’enquête pour retrou­ver le cousin qui a disparu dans la grande roue à Londres est bien menée et tout est plau­sible . On découvre l’his­toire à travers le regard du person­nage prin­ci­pal, jeune autiste atteint du syndrome d’Asperger , c’est de là que vient l’in­té­rêt du livre.

Ted ne sait pas mentir, se passionne pour la météo marine, prend au pied de la lettre les expres­sions toutes faites, n’a aucun humour et a appris par cœur des listes d’expressions du visage pour comprendre les réac­tions affec­tives des « normaux » puisqu’il ne les ressent jamais.

Citations

Ses lèvres sont fran­che­ment remon­tées, mais ses yeux se sont mouillés. Ce qui signi­fie qu’elle était triste et contente en même temps.

Comme la fois où j’avais demandé pour­quoi les foot­bal­leurs étaient esclaves alors que l’esclavage était aboli, après avoir entendu aux infor­ma­tions qu’une star du club de Manches­ter United avait été acheté vingt millions de livres par un autre club

Salim, si tu es un irré­cu­pé­rable blagueur, ai-je dit c’est quoi, un blagueur récupérable ?

Maman prétend que notre jardin a la taille d’un timbre-poste. En réalité, il mesure trois mètres sur cinq et j’ai calculé qu’on pouvait y faire tenir vingt-deux mille cinq cents timbres.

Traduit de l’an­glais par Valé­rie Le Plou­hi­nec (elle a dû bien s’amu­ser).
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J’ai beau­coup, beau­coup ri et en même temps ce livre est tragique. Je ne suis pas complè­te­ment certaine que ce livre s’adresse à des adoles­cents. Il s’adresse aussi bien à des adultes qu’aux ados. On comprend le déses­poir absolu des indiens vivant dans les réserves, et en même temps on rit. C’est aussi la première fois que je lis des choses aussi crues sur le sexe sans que ce soit vulgaire. Le héros est un jeune indien qui est trop intel­li­gent pour rester dans l’école de la réserve indienne , mais qui en même temps va perdre toutes ses racines. La descrip­tion des réserves indiennes est sans doute plus proche de la réalité que les images que l’on se fait à travers les films améri­cains (hélas !).

Citations

Ouais abso­lu­ment, j’avoue que je me masturbe.
J’en suis fier.
Je suis doué.
Je suis ambidextre.
S’il exis­tait une Ligue des Mastur­ba­teurs Profes­sion­nels, je serai proclamé n°1 et je gagne­rai des millions de Dollars.
Et vous vous dites peut-être : « Écoute, vrai­ment, tu ne devrais pas parler de mastur­ba­tion en public. »
Et bien tant pis pour vous, je vais en parler parce que TOUT le MONDE le fait TOUT le MONDE aime ça.
Et si Dieu n’avait pas voulu qu’on se masturbe, Dieu ne nous aurait pas donné de pouces. Donc je rends grâce à Dieu pour mes pouces.
C’est nul d’être pauvre, et c’est nul d’avoir l’im­pres­sion que d’une certaine manière, on mérite de l’être. On se met à croire que si on est pauvre, c’est parce­qu’on est bête et moche. Ensuite, on se met à croire que si on est bête et moche, c’est parce qu’on est indien. Et parce qu’on est indien, on se met à croire qu’on est destiné à être pauvre. C’est un cercle vicieux et il n’y arien à y faire.