97079299Traduit du Suédois par Jeanne Gauf­fin 

4J’ai trouvé ce roman chez Hélène, et son enthou­siasme m’a convain­cue. Je sortais d’un roman très dense et j ai faili passer à côté du charme de ce tendre récit. Après une première page promet­teuse, où la grand-mère et la petite fille recherchent un dentier dans un massif de pivoines , j’ai commencé à m’ennuyer. Dans ce cas là, je vous l’avoue, je peste après les blogueuses amies : « Mais qu’est ce qu’elle a bien pu lui trou­ver à ce bouquin ! » « Je ne suivrais plus jamais ses conseils ! ». Et puis , petit à petit le charme à commen­cer à opérer, j » ai résisté .… et puis.…j’ai succombé !
Avec une pudeur très suédoise, Tove Janson nous fait comprendre les joies et les peines d’une petite qui vient de perdre sa mère. L’affection de sa grand-mère se mani­feste par des gestes et des actes plus que par les mots. (On est chez les gens du nord). Sophie a la chance d’avoir une grand-mère qui entre dans son imagi­naire, ensemble, elles recons­truisent une île où le bonheur est possible. La construc­tion roma­nesque est origi­nale, car on passe du point de vue de l’enfant à celui de la grand-mère , il n y a pas un narra­teur mais deux. Le père est là , très impor­tant pour l’enfant mais ne rentre pas dans la narra­tion.
J’ai parfois du mal à comprendre la nature qui les entoure, car elle est vue à travers l’imaginaire de l’enfant. C’est peut être pour cela qu’une premiere lecture trop rapide m’a ennuyée. Et puis, vous n’avez jamais d’explications psycho­lo­giques , c’est à vous de les construire. Par exemple, quand elles reçoivent une petite Béré­nice amie de Sophie, le récit permet de comprendre qu’elle en devient jalouse parce que cette dernière capte l’attention de sa grand-mère.
Les faits sont racon­tés mais aucune expli­ca­tion n’est donnée. J ai souri aux discus­sions théo­lo­giques et j’ai bien retrouvé les remarques de mes petits enfants. Un petit air de mer et d’été qui fait du bien. Un grand merci Hélène et pour ceux ou celles qui veulent se lais­ser tenter , sachez que la forme n est pas évidente et peut , comme moi, vous dérou­ter , mais que c’est un petit bijou de tendresse et de pudeur.

Citations

Le deuil d’une maman

- Regarde, maman , cria-t-elle, j’ai trouvé un nouveau palais !
- Ma chère enfant , dit la grand-mère, je suis la maman de ton papa seule­ment .
Elle était ennuyée.
– Vrai­ment , cria Sophie, Et pour­quoi serait-il le seul à pouvoir dire maman ?
Elle jeta le palais dans le canal et s’éloigna.

Discussion théologique

Elle demanda comment Dieu pouvait faire atten­tion à tous les gens qui le priaient en même temps.
- Il est très sage, murmura la grand-mère en somno­lant sous son chapeau .
– Réponds correc­te­ment, dit Sophie . Comment a-t-il le temps ?
- Il a des secré­taires …
- Mais comment arrive -t-il à exau­cer votre prière s’il n’a pas le temps de parler avec ses secré­taires avant que ça ne tourne mal ?
Grand-mère fit semblant de dormir, mais elle savait bien qu’elle ne trom­pait personne et, fina­le­ment elle déclara qu’il s’était arrangé pour que rien ne puisse arri­ver entre le moment où on priait et celui où il rece­vait votre prière. Mais sa petite fille demanda alors ce qui arri­vait quand on tombait d’un sapin et qu’on priait pendant qu’on était en l’air.

Les odeurs

Les odeurs sont impor­tantes, elles évoquent tout ce qu’on a vécu,elles sont comme une enve­loppe de souve­nirs et de sécu­rité.

On en parle

Chez Hélène, bien sûr et Babe­lio où vous lirez deux critiques néga­tives de lectrices qui sont passées à côté de ce roman comme j’ai failli le faire.

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