Ne ratez pas ce film ! On peut sans nuire au suspens racon­ter le début de l’his­toire. Ensuite ce sera à chaque spec­ta­teur de comprendre et de dénouer les fils du drame qui se déroule devant lui. Une femme, Marie, veut offi­cia­li­ser son divorce. Elle fait venir son mari Iranien, Ahmad, qui l « a quit­tée depuis 5 ans. Ils n’ont pas eu d’en­fants ensemble, mais les enfants de Marie ont gardé un bon souve­nir d’Ah­mad. Quand celui-ci arrive , il se rend compte qu’elle attend de lui un autre service : parler avec son aînée, Lucie qui accepte mal de parta­ger sa vie avec son nouveau compa­gnon. Marie à une autre petite fille Léa, et son nouveau compa­gnon un petit garçon Fouad. Cette famille « en voie de recom­po­si­tion » va être traver­sée par une tragé­die qui peu à peu prend les spec­ta­teurs aux tripes. La peur s’ins­talle dans une ambiance du quoti­dien, une peur parti­cu­lière , on aime­rait que la vérité ne soit pas celle à laquelle on pense.

Le film est remar­qua­ble­ment tourné et les acteurs sont formi­dables. Person­nel­le­ment j’ai un faible pour Ali Mossa­pha , en parti­cu­lier pour son accent , et le prix d’in­ter­pré­ta­tion décerné à Béré­nice Béjot est large­ment justi­fié, même si je trouve parfois qu’elle en fait un peu trop. Les décors sont extra­or­di­naires, on retrouve ce qu’on connaît de la vie de tous les jours dans la classe moyenne de la région pari­sienne. J’ai parti­cu­liè­re­ment appré­cié que le réali­sa­teur ne donne pas immé­dia­te­ment toutes les clés de cette tragé­die.

Nous ne savons jamais tout sur une conduite humaine, le cinéma a tendance, bien évidem­ment, à simpli­fier et à réduire l’his­toire à un seul point de vue. Asghar Farhadi parvient à nous faire comprendre la complexité des rapports humains et en même temps à tisser un drame d’où personne ne ressor­tira indemne.

C’est vrai­ment le meilleur film que j’ai vu depuis long­temps et encore mieux , parce que plus complexe qu »« Une sépa­ra­tion ». L’Iran est déci­dé­ment un bien curieux pays qui produit, puis chasse hors de ses fron­tières, et fina­le­ment, peut se passer de gens si doués et telle­ment impré­gnés de culture iranienne !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation