Ce livre est dans mes listes depuis .….. long­temps ! j’apprécie cette auteure qui fait partie des gens qui me font du bien. D’abord parce que Kata­rina Mazetti aime racon­ter des histoires et que j’adore que l’on m’en raconte. Ensuite, parce qu’elle a un sens de l’humour avec lequel je suis bien : jamais méchant mais telle­ment perti­nent. La fin est peut-être trop gentille, mais elle ne fait que deux pages et il fallait bien finir ! C’est pour­tant pour cette raison et l’aspect un peu cari­ca­tu­ral de certains person­nages que ce roman n’a pas eu ses cinq coquillages que j’ai parfois eu très envie de lui mettre. Nous sommes embar­qués sur un bateau de croi­sière vers l’Antarctique avec des Suédois sans soucis finan­ciers mais avec parfois des diffi­cul­tés bien plus graves. Les deux person­nages centraux sont un jour­na­liste et une certaine Wilma. Le jour­na­liste se noie dans un divorce qui le prive de ses enfants. Tous les torts sont évidem­ment, selon lui, du côté de son épouse, mais peu à peu on se rendra compte que ce n’est peut être pas si simple. Et surtout, comme dit mon beau-frère préféré « il y a malheur plus grand » : que cache, en effet, la raideur et la maladresse de Wilma ? Il prend le risque à force de ne s’intéresser qu’à sa petite personne et profi­ter sans vergogne de la gentillesse et de l’optimisme de celle qui ne veut pas étaler ses problèmes de passer à côté d’une véri­table diffi­culté de la vie. Et puis, il y a, Alba qui compare chaque type humain à des compor­te­ments des animaux mais préfère ces derniers au hommes car : l’expression « les hommes sont des animaux » est une offense aussi bien envers les manchots que les autres espèces animales. C’est vrai que ce n’est pas un roman qui va rester à vie dans ma mémoire mais il m’a fait sourire et j’ai bien aimé les obser­va­tions sur les compor­te­ments des mammi­fères dits supé­rieurs, un peu cari­ca­tu­raux, peut-être comme ces deux sœurs : l’une, la riche exploite sans pitié la gentillesse de l’autre, la plus pauvre. Ces petits bémols ne doivent pas faire oublier que c’est avant tout un roman léger et agréable et pas l’étude du siècle sur les mœurs de la société suédoise.

Citations

Préface

Tous les person­nage de ce roman ont été tirés d’un compost d’observation diverses et de frag­ments de souve­nirs qui a mûri dans la tête de l’auteur durant un laps de temps indéfini.

C’est indi­qué « bagages » avec une flèche à droite et une autre à gauche. Sur le même panneau ! J’ai un faible pour les Fran­çais, mais Charles-de-Gaulle est un concen­tré de leurs pires défauts.

Des noms qui font rêver (ou pas)

Thiru­va­nan­tha­pu­ram 

C’est vrai en France aussi

Regar­dez le public au théâtre ou dans les vernis­sages ! Quatre-vingt-dix pour cent sont des femmes, la plupart ayant dépassé la cinquan­taine, les dix pour cent restants y ont été traî­nés par une femme. Inter­di­sez l’accès aux femmes de plus de quarante-cinq ans et vous pouvez annu­ler toute vie cultu­relle suédoise !

Le résultat d’une enquête journalistique

Le conseiller d’éducation s’est pendu avant le procès lais­sant une épouse et trois enfants dont deux fréquen­taient son école. La répu­ta­tion de la rempla­çante a été ruinée et elle a perdu son boulot. Le seul à être vrai­ment heureux à proba­ble­ment été l’enfoiré qui avait vendu l’histoire au départ. Et puis, nous les trois épau­lards . Dans une bonne humeur forcée, nous sommes allés nous saou­ler au pub pour célé­brer notre acti­vité si utile à la société.
Bon évidem­ment qu’elle était utile à la société, je le soutiens encore aujourd’hui. Mais. La vie de six personnes à été détruite.

Philosophie du marin

Tout le monde devrait connaître un bon mal de mer de temps en temps, a-t-il marmotté. Ça vous rend humble et doux, on se rend compte qu’on n’a pas grand-chose à oppo­ser à la nature. Je crois que je vais inven­ter un comprimé de mal de mer qui fonc­tionne à l’envers. Pour le jeter dans le gosier des tyrans omni­po­tents aux quatre coins du monde quand ils s’apprêtent à enva­hir un pays , ou à dévas­ter une forêt, ou simple­ment à battre leur femme.

Un vantard

Göran est resté au bar à racon­ter à ceux qui voulaient bien l’écouter qu’il n’avait jamais eu le mal de mer. Ce qui est sans doute vrai -mais il n’a pas précisé qu’il n’avait jamais vrai­ment pris la mer, seule­ment fait des courses en hors-bord sur le lac près de chez nous.

J’ai souri

C’est un peu comme boire un verre de cognac quand on sent venir un gros rhume. Ça ne guérit personne, mais on s’amuse plus en atten­dant d’être patraque.

Traduit du suédois par Max Stad­ler et Lucile Klauss

Merci à la petite souris qui a souvent de très bonnes idées de lecture . Mais, j’ai eu plus de mal qu’elle à lire ce roman, non pas qu’il ne soit pas inté­res­sant mais on s’attend à un livre léger et drôle, alors que le récit est long et le style pas très enlevé ( je pour­rai dire un peu lourd). Est-ce un effet du Suédois, mais les phrases très courtes, répé­ti­tives n’allègent pas forcé­ment la lecture. Ce récit donne une assez bonne idée de l’enseignement en Suède. J’ai lu récem­ment le livre de Jean Philippe Blon­del G229 , tout en finesse et en légè­reté , vrai­ment rien à voir. L’idée de départ est pour­tant géniale, une profes­seure d’anglais et de suédois se retrouve coin­cée dans le local de la photo­co­pieuse de son collège. Cela n’aurait jamais dû lui arri­ver, car c’est une femme orga­ni­sée qui ne laisse jamais rien au hasard. Elle est même carré­ment psycho-rigide et tout en s’épuisant pour les autres, elle ne fait le bonheur de personne et surtout pas le sien. L’intrigue est bien menée, car il faut une succes­sion d’erreurs qu’elle ne commet jamais d’habitude pour que son calvaire se prolonge jusqu’au dimanche après midi. Sur cette trame et en parta­geant les moments d’angoisse de cette femme, l’auteure peut nous faire comprendre peu à peu la vie des ensei­gnants en Suède et celle d’Eva-Lena en parti­cu­lier. C’est évidem­ment très diffé­rent de le France mais c’est inté­res­sant de se rendre compte qu’en partant de méthodes très diffé­rentes, on n’arrive toujours pas à inté­res­ser des adoles­cents qui n’ont pas envie de se mettre à travailler. Ce roman est plein de remarques très justes sur les rapports entre ensei­gnants, sur les diffi­cul­tés des personnes trop perfec­tion­nistes, sur la vie en Suède. Les person­nages ne sont pas trop cari­ca­tu­raux, sauf le person­nage prin­ci­pal, il lui en faudra du temps pour comprendre ce que le lecteur avait compris dès les premières lignes. Avec un peu plus de grâce et de légè­reté, j’aurais adoré ce roman tout comme mes amies du blog de la petite souris jaune.

Citations

Portrait d’Aurora, l’amie non conventionnelle

Elle n’est ni grande ni grosse : mais elle se place toujours de façon à être au centre des événe­ments. Tout le monde vient s’attrouper autour d’elle. On l’entend tout le temps, bien qu’elle ne parle pas parti­cu­liè­re­ment fort.

Portrait d’Eva-Lena et origine du titre

Je ne peux récu­rer aucune baignoire, ni nettoyer un seul évier. Ni dégi­vrer le frigo. Ni rempo­ter les fleurs.

Il n’y a rien que je puisse faire main­te­nant. Pas passer l’aspirateur, non : je n’ai pas accès à un quel­conque aspi­ra­teur. Pas un seul aspi­ra­teur à ma portée.

Mes possi­bi­li­tés de nettoyer les fenêtres sont réduites à néant. Dans cette pièce par exemple, il n’y a pas une seule fenêtre, pas même un soupirail.(.….)

En ce moment personne ne peut exiger quoi que ce soit de moi. Je suis tout simple­ment Hors-service.

Eva-Lena un prof qui manque d’humour

Elle passa en revue son emploi du temps du lundi. Anglais avec les cinquièmes. Suédois, leçon 8, intro­duc­tion aux consti­tuants de la phrase. Voilà qui serait vivant, et susci­te­rait inté­rêt des élèves.

Je suis comme Erik et j’aurais bien du mal à supporter Eva-Lena

Il arrive qu’Erik, quand il lit un livre après moi, enrage à cause des anno­ta­tions que j’écris à la main dans les marges. Un petit point d’exclamation par-ci, une étoile par-là. Un point d’interrogation en face d’une phrase à la construc­tion alam­bi­quée. Une méta­phore origi­nale discrè­te­ment souli­gnée. Si un passage entier est inté­res­sant, je le marque d’un trait verti­cal dans la marge. Il prétend que perturbe sa lecture. Il fulmine, ne veut pas de mes « panneaux indi­ca­teurs ». Alors que je prends soin d’utiliser un crayon bien pointu pour écrire de petits signes, d’une écri­ture soignée qui ne peut gêner personne.

Un bon professeur

Bengt-Göran Arvid­sson n’a jamais voulu entendre parler des nouvelles méthodes. Et pour­tant ses élèves l’adorent. Quand il passe dans les couloirs, ils se séparent comme la mer rouge devant le bâton de Moïse. Et ils le suivent, ils le suivraient quarante ans dans le désert s’il le fallait. Et ils l’écoutent atten­ti­ve­ment, en silence. Ils savent que leur silence sera récom­pensé. Parce que Bengt-Göran « raconte » il n’enseigne pas. Il raconte.

SONY DSCTraduit du suédois par Esther Sermage.
Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.

2
Je pense que, pour tous ceux et toutes celles qui ont des chats, ce roman va prendre une couleur parti­cu­lière tant il est vrai que main­te­nir son chat dans son jardin et empê­cher celui du voisin de venir dans le vôtre est une véri­table gageure. À partir de l’histoire d’un chat qui a décidé que les jardins des voisins étaient aussi les siens, Maria Ernes­tam (qui, nous dit-elle en post­face, l’a vécu person­nel­le­ment) a écrit un très court roman ou une grande nouvelle comme vous voulez (99 pages). Le point de départ est moyen­ne­ment passion­nant : comment expli­quer à votre voisin que leur chat terro­rise le vôtre chez vous. Mais, en réalité, l’histoire aurait pu finir très mal car derrière cette histoire de félins se cache une histoire de voisi­nage bien plus grave et qui aurait même pu être tragique.

Il ne faut pas plus d’une soirée pour lire ce livre , vous serez peut être plus indul­gente que moi. J’ai trouvé cette histoire de voisi­nage assez plate même si, fina­le­ment un peu de suspens assai­sonne la sauce au final.

Citations

Le grand gagnant : le chat du voisin

D’un bond, il monta sur le mur en pierre et inspecta son terri­toire, mettant tous ses sens à contri­bu­tion. Les jardins mitoyens, puis ceux des voisins plus éloi­gnés. Il avait impla­ca­ble­ment chassé tous ses concur­rents, l’un après l’autre, sans céder un pouce. Ceux qui osaient s’aventurer dehors, dans leur propre jardin, il les avait vain­cus à force de ruse et de haine raffinée.

97079299Traduit du Suédois par Jeanne Gauf­fin 

4J’ai trouvé ce roman chez Hélène, et son enthou­siasme m’a convain­cue. Je sortais d’un roman très dense et j ai faili passer à côté du charme de ce tendre récit. Après une première page promet­teuse, où la grand-mère et la petite fille recherchent un dentier dans un massif de pivoines , j’ai commencé à m’ennuyer. Dans ce cas là, je vous l’avoue, je peste après les blogueuses amies : « Mais qu’est ce qu’elle a bien pu lui trou­ver à ce bouquin ! » « Je ne suivrais plus jamais ses conseils ! ». Et puis , petit à petit le charme à commen­cer à opérer, j » ai résisté .… et puis.…j’ai succombé !
Avec une pudeur très suédoise, Tove Janson nous fait comprendre les joies et les peines d’une petite qui vient de perdre sa mère. L’affection de sa grand-mère se mani­feste par des gestes et des actes plus que par les mots. (On est chez les gens du nord). Sophie a la chance d’avoir une grand-mère qui entre dans son imagi­naire, ensemble, elles recons­truisent une île où le bonheur est possible. La construc­tion roma­nesque est origi­nale, car on passe du point de vue de l’enfant à celui de la grand-mère , il n y a pas un narra­teur mais deux. Le père est là , très impor­tant pour l’enfant mais ne rentre pas dans la narration.
J’ai parfois du mal à comprendre la nature qui les entoure, car elle est vue à travers l’imaginaire de l’enfant. C’est peut être pour cela qu’une premiere lecture trop rapide m’a ennuyée. Et puis, vous n’avez jamais d’explications psycho­lo­giques , c’est à vous de les construire. Par exemple, quand elles reçoivent une petite Béré­nice amie de Sophie, le récit permet de comprendre qu’elle en devient jalouse parce que cette dernière capte l’attention de sa grand-mère.
Les faits sont racon­tés mais aucune expli­ca­tion n’est donnée. J ai souri aux discus­sions théo­lo­giques et j’ai bien retrouvé les remarques de mes petits enfants. Un petit air de mer et d’été qui fait du bien. Un grand merci Hélène et pour ceux ou celles qui veulent se lais­ser tenter , sachez que la forme n est pas évidente et peut , comme moi, vous dérou­ter , mais que c’est un petit bijou de tendresse et de pudeur.

Citations

Le deuil d’une maman

- Regarde, maman , cria-t-elle, j’ai trouvé un nouveau palais !
- Ma chère enfant , dit la grand-mère, je suis la maman de ton papa seulement .
Elle était ennuyée.
– Vrai­ment , cria Sophie, Et pour­quoi serait-il le seul à pouvoir dire maman ? 
Elle jeta le palais dans le canal et s’éloigna.

Discussion théologique

Elle demanda comment Dieu pouvait faire atten­tion à tous les gens qui le priaient en même temps.
- Il est très sage, murmura la grand-mère en somno­lant sous son chapeau .
– Réponds correc­te­ment, dit Sophie . Comment a-t-il le temps ?
- Il a des secrétaires …
- Mais comment arrive -t-il à exau­cer votre prière s’il n’a pas le temps de parler avec ses secré­taires avant que ça ne tourne mal ?
Grand-mère fit semblant de dormir, mais elle savait bien qu’elle ne trom­pait personne et, fina­le­ment elle déclara qu’il s’était arrangé pour que rien ne puisse arri­ver entre le moment où on priait et celui où il rece­vait votre prière. Mais sa petite fille demanda alors ce qui arri­vait quand on tombait d’un sapin et qu’on priait pendant qu’on était en l’air.

Les odeurs

Les odeurs sont impor­tantes, elles évoquent tout ce qu’on a vécu,elles sont comme une enve­loppe de souve­nirs et de sécurité.

On en parle

Chez Hélène, bien sûr et Babe­lio où vous lirez deux critiques néga­tives de lectrices qui sont passées à côté de ce roman comme j’ai failli le faire.

Traduit du uédois par Lena GRUMBACH et Marc Gouvenain.

4
Je cher­chais un roman pour me diver­tir après ma lecture très sérieuse sur la guerre 1418. Et puis ma station de radio préfé­rée, France Culture, donne tous les soirs sous forme de feuille­ton la trilo­gie Millé­nium. Comme quoi elle n’est pas une station si intello que ça ! Je ne lis que très rare­ment des romans poli­ciers mais j’avais gardé un très bon souve­nir de ces trois romans. Vous vous souve­nez sans doute de l’été où à chaque fois que l’on voyait quelqu’un plongé dans un énorme bouquin, il s’agissait d’un des tomes de Millénium ?

J’ai retrouvé avec grand plai­sir Mikael Blomk­vist, et Lisbeth Salan­der, j’ai bien aimé la façon dont les diffé­rents scan­dales sont dénon­cés dans ces romans : les femmes qu’on fait venir de diffé­rents pays pauvres pour satis­faire les besoins de la pros­ti­tu­tion, les écono­mistes qui s’amusent à faire de l’argent sans aucune morale, les violences faites aux femmes et aux enfants sous tutelle, l’exploitation des enfants ou des prison­niers dans des pays très pauvres. Tout cela en Suède qui est un pays où on essaie de respec­ter les droits de chacun et où la liberté des mœurs semble de mise pour le plus grand bonheur de l’ensemble de la popu­la­tion. Mais hélas cela n’empêche pas les pervers d’exister.

Un des charmes de ce livre c’est la descrip­tion de l’intelligence redou­table d’une poignée d’internautes qu’aucune barrière infor­ma­tique ne peut empê­cher de venir espion­ner les ordi­na­teurs des puis­sants de ce monde. Je ne connais pas la part de vérité mais ça fait un peu froid dans le dos. La qualité d’un roman poli­cier c’est la façon dont le suspens nous oblige à nous plon­ger dans l’histoire sans pouvoir lâcher le livre. La relec­ture, à de nouveau bien marché et j’ai retrouvé, intact, le plai­sir du dénoue­ment quand tous les méchants sont enfin démasqués.

Je trouve le deuxième tome un peu moins passion­nant car on sent qu’il n’est écrit que pour amener le dénoue­ment du 3° tome. Vrai­ment si vous ne le savez pas lus et que vous voulez partir dans des romans très prenants, je vous en recom­mande la lecture, si vous faites parties des rares personnes à avoir échappé au phéno­mène Millénium.

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Traduit du suédois par Caro­line Berg

4
Je le dis tout de suite à la petite Souris Jaune (voire le lien à la fin de l’article) dont j’apprécie beau­coup les critiques d’habitude, je suis comme Clara ( idem pour le lien) j’ai adoré. J’ai ri, et puis, ça m’a fait un bien fou de revi­si­ter certains drames de notre histoire à travers les aven­tures si peu probables d’un génie suédois de l’explosif en tout genre (tiens tiens, Monsieur Nobel … serait-ce une tradi­tion dans votre froid pays !).

On ne s’ennuie jamais dans cette aven­ture, on suit avec plai­sir la fuite des bras « pas si cassés » que ça, de la bande du cente­naire qui arri­ve­ront à se défaire et des malfrats et de la police, tout en conser­vant un énorme magot permet­tant à tout ce petit monde de finir leurs jours sous le chaud soleil de Bali. Aupa­ra­vant, nous connaî­trons les cent ans d’une vie agitée, où toutes les crapules (Staline, Mao, John­son, Kim Il-sun…) ayant bien contri­bués au malheur de l’humanité auront eu affaire à Allan Karl­son qui veut bien discu­ter de tout sauf de poli­tique car il n’y connaît rien.

Le moment où en Iran il se retrouve avec un pasteur britan­nique qui essaie de conver­tir les Iraniens à l’anglicanisme m’a fait mourir de rire. Je te l’accorde Petite Souris Jaune, ce n’est pas un humour très fin, et toi qui aimes les belles enquêtes poli­cières tu as dû être déçu par le peu de pers­pi­ca­cité du poli­cier suédois de base. Comme moi je m’ennuie à la lecture des polars , la cari­ca­ture de la logique de l’enquête poli­cière m’a bien fait rire.

Je devais être dans de bonnes dispo­si­tions, mais je persiste à recom­man­der ce roman à tous ceux et toutes celles qui veulent s’amuser sans préten­tion et allez, je le recon­nais à ceux et celles qui aiment le rire un peu gras, la bière et l’alcool fort !

Citations

Il fuyait sa propre fête d’anniversaire, et c’est aussi une chose qu’on fait rare­ment à cet âge-là, prin­ci­pa­le­ment parce qu’il n’est pas fréquent d’arriver jusque là.

Le cente­naire se mit en route sur ses chaus­son-pisse (on les appelle comme ça parce que les hommes d’un certain âge ont du mal à faire pipi plus loin que les bouts de leurs chaussons).

Il avait travaillé comme commis dans une ferme battu quoti­dien­ne­ment par son père qui le consi­dé­rait comme un bon à rien. L’année des ses vingt-cinq ans, un cancer emporta sa mère, ce qui lui fit de la peine. Peu après, son père se noya dans l’étang en essayant de sauver une génisse. L’événement affecta Julius car il aimait bien la génisse.

Alan trou­vait incom­pré­hen­sible que les gens aient eu envie de s’entretuer au XVIIe siècle. S’ils avaient patienté un peu, ils seraient morts de toute manière.

Trois heures plus tard, les deux hommes se donnaient du Harry et du Allan, ce qui en dit long sur ce que deux bouteilles d’alcool sont capables de faire pour le rappro­che­ment entre les peuples.

On peut dire ce qu’on veut de la cuisine fran­çaise, mais une chose est sûre : on a beau vider son assiette, on n’est pas rassasié.

La première déci­sion prise par Gorbat­chev, le petit jeune qui avait pris la barre, avait été de lancer une campagne contre la consom­ma­tion exces­sive de vodka dans le pays. Ce n’était pas comme ça qu’on sédui­sait les masses, n’importe quel imbé­cile était capable de le comprendre.

Il fut accueilli par sœur Alice, qui avec un sourire aimable lui fit perdre toute sa joie de vivre en quelques minutes simple­ment en lui faisant part du règle­ment inté­rieur : inter­dic­tion de fumer, inter­dic­tion de boire de l’alcool et inter­dic­tion de regar­der la télé­vi­sion après 23 heures. Elle précisa que le petit déjeu­ner était servi à 6h45 en semaine et une heure plus tard les jours fériés. Le déjeu­ner à 11h15, le goûter à 15h15 et le dîner à 18h15. Tout pension­naire arri­vant après ces heures s’exposait à être privé de repas.

-Est- ce qu’on peut aller chier quand on veut ? demanda Allan

On en parle

néga­tif : La souris jaune, posi­tif : Clara et les mots

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Traduit du Suédois par Philippe BOUQUET.

Quel plai­sir de décou­vrir et savou­rer ces neuf nouvelles autour d’un même thème : la recherche univer­si­taire. Neuf disci­plines diffé­rentes donc neuf person­nages soumis aux dures lois de la produc­tion intel­lec­tuelle. L’écrivain suédois, Björn Lars­son, invité au Festi­val des éton­nants voya­geurs à Saint-Malo, lui-même profes­seur de fran­çais à l’Université de Lund, connaît bien les petits et grands travers de ses chers collègues. Il ne les brocarde pas avec féro­cité mais les décrit avec humour et beau­coup de tendresse.Passant du philo­logue, au gram­mai­rien, au chimiste au viro­logue au philo­sophe… ces neuf facettes de la vie univer­si­taire, nous permettent de faire le tour des connais­sances actuelles et de leurs limites.

Ce livre plaira beau­coup aux univer­si­taires, car si aucun d’entre eux ne s’identifiera complè­te­ment à l’un des portraits, tous recon­naî­tront un de leurs défauts, une de leurs quali­tés et surtout un de leurs collègues dans les person­na­li­tés décrites. Mais au-delà de ce « petit monde », l’auteur à travers ses neuf récits scrute la condi­tion humaine , soulève beau­coupde ques­tions et ne se contente pas de réponses faciles.

Parfois ce sont les travers de notre société qui sont visés : le « Da Vinci Code » est bien large­ment préféré aux savantes études du philo­logue qui, seul pour­tant, peut lire et comprendre les textes anciens dont prétend s’être inspi­rés Dan Brown. Plus grave, et quelque peu ridi­cule, on lui deman­dera de répondre à des ques­tions posées par l’écrivain à succès mais qui n’ont rien à voir avec le sérieux de son travail. Combien de fois dans les inter­views à la radio ou à télé­vi­sion « le spécia­liste » invité semble ennuyeux et combien plus chatoyant l’inventeur d’histoires et parfois même l’animateur du débat !

Les neuf nouvelles sont autant de petits drames très bien imagi­nés, surpre­nants et parfois angois­sants à l’image du spéléo­logue qui met sa vie en danger pour la gloire d’être le premier à trou­ver un lac souter­rain. Les chutes sont toujours surpre­nantes un peu trop à mon goût, j’aime bien que les nouvelles ne finissent pas par « un effet » mais soient comme suspen­dues dans le vide à l’image de la vie. Que ce léger reproche, qui ne reflète que mon goût ne vous empêche pas de vous préci­pi­ter sur ce livre qui, j’en suis certaine, saura vous plaire, vous amuser et souvent vous émouvoir.

Citations

Mais le monde est ingrat. Personne ne prêtait atten­tion, quand il clamait les lois de l’évolution phoné­tique dans des salles de cours à moitié vides.

Il avait beau vivre dans son ancien fran­çais, il avait lui aussi besoin d’un peu de compa­gnie humaine, de temps en temps, surtout si la conver­sa­tion, ainsi qu’elle le fit tout natu­rel­le­ment, venait à porter sur les subti­li­tés de l’emploi du subjonc­tif dans le fran­çais du haut moyen-âge

Étant donné que tous les autres parlent anglais il suffit de savoir « un peu de fran­çais de tous les jours » pour se distin­guer de la masse.

Ses collègues, en parti­cu­lier ses rivaux dans la chasse aux crédits…

Au cours des années qui suivirent, Birger travailla encore plus dur, si possible. Il négli­gea femme et enfants, même si ceux-ci ne purent guère noter de diffé­rence par rapport à ce qui se passait précé­dem­ment. Ils avaient pris l’habitude que leur mari et père ne soit qu’exceptionnellement présent à la maison. La seule nouveauté était qu’il travaillait égale­ment le samedi et le dimanche.

On en parle

Un nouveau blog celui de miss orchi­dée.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51th4FgNLqL._SL500_AA300_.jpg

Traduit du Suédois parAnna Gibson.

4
Petite baisse dans l’écriture du blog. Il faut dire que c’est la pleine saison de la confi­ture d’orange amère, ça occupe bien ! Et puis, une tornade brico­leuse et néan­moins sympa­thique, est venue instal­ler une biblio­thèque dans le coin salon. Alors là… Je sais que vous allez être nombreuses à me comprendre, comment ranger des livres sans en relire quelques pages, donc il faut beau­coup, beau­coup de temps. J’avais décidé de faire un tri, j’ai effec­ti­ve­ment jeté un ouvrage des années 60 sur la « Zen-atti­tude » de toute façon, je n’ai jamais réussi à respi­rer par le ventre avant d’aller à la poste, avant d’ouvrir mon relevé de comptes, avant d’aller à la mairie –où tout autre démarche admi­nis­tra­tive- expli­quer pour la dixième fois mon chan­ge­ment de nom,

- Ah oui, vous êtes divor­cée, c’est pour ça ! (ton compa­tis­sant et voix assez forte pour que tout le bureau entende)
- Oui c’est pour ça ! (ma voix, éner­vée un max ! sous enten­dant : avec le nombre de divorces en France, cela a dû vous arri­ver plus d’une fois non ?)

Bref, « la zen atti­tude » ne m’ayant jamais été d’aucun secours dans la vie, j’ai jeté ce livre mais c’est bien le seul ! J’arrête les range­ments pour vous parler d’un roman que j’ai beau­coup aimé, Les Chaus­sures italiennes d’Henning MANKELL. Une courte anec­dote à propos de ce livre. Je l’avais apporté pour le lire dans mon TGV préféré : Paris/­Saint-Malo. Il était sur ma tablette et il a fourni l’occasion d’un échange chaleu­reux entre trois passion­nées de lecture. Les deux autres lectrices étaient des « fan » de Henning Mankel et de ses romans poli­ciers. Elles avaient toutes les deux entendu parler de ce roman et brûlaient d’envie de le lire, j’ai beau­coup aimé notre conver­sa­tion sur le plai­sir des livres.

Cette histoire m’a inté­res­sée tout de suite, un homme dispa­raît de la vie de sa compagne sans donner aucune expli­ca­tion. Je trouve cette fuite est d’une violence incroyable pour la personne aban­don­née, c’est un beau sujet de roman je me deman­dais ce que l’auteur allait en faire.(genre « Je descends cher­cher des ciga­rettes » et il ne revient jamais ! !).

La force du roman, vient de ce qu’il n’y a aucun person­nage entiè­re­ment posi­tif, et surtout pas le person­nage prin­ci­pal. L’atmosphère des pays du nord est très bien rendue, on suit les diffi­cul­tés de Fredrick Welin pour retrou­ver un peu de confiance dans la vie et dans les autres. Lui qui a passé sa vie à fuir ses respon­sa­bi­li­tés, il doit faire face à son destin et essaie tant bien que mal de se racheter.

Ce livre est prenant tant pour l’atmosphère et les descrip­tions des paysages du grand nord, que par l’analyse la diffi­culté des êtres humains à vivre en harmo­nie, J’ai été très émue et complè­te­ment prise par ce récit. Je ne sais pas si je lirai les romans poli­ciers du même auteur mais j’imagine faci­le­ment qu’ils doivent être très bien.

Citations

Je me sens toujours plus seul quand il fait froid.

Il est aussi facile de perde à l’intérieur de soi que sur les chemins des bois ou dans les rues des villes

Il n’y a pas de gens normaux. C’est une fausse image du monde, une idée que les poli­tiques veulent nous faire avaler. L’idée que nous ferions partie d’une masse infi­nie de gens ordi­naires, qui n’ont ni la possi­bi­lité ni la volonté d’affirmer leur diffé­rence. Le citoyen lambda, l’homme de la rue, tout ça – c’est du flan. Ça n’existe pas.

Là tout à coup, sur la jetée, j’ai fondu en larmes. Chacune de mes portes inté­rieures battait au vent, et ce vent, me semblait-il, ne cessait de gagner en puissance.

La mort ne me fait pas peur. Ce que je n’aime pas, c’est l’idée que je vais devoir rester morte si longtemps.

On en parle

livrogne(parce que j’ai bien aimé le nom de son blog) et toujours à sauts et à gambades.

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Traduit du suédois par Cécile Clauss et Maxi­mi­lien Stadler.

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Il ne faut jamais rater les livres « ado » dans la liste du club. D’abord parce que ça nous permet de rester en contact avec la lecture d’une géné­ra­tion qui est parfois loin de nous. Ensuite, comme notre biblio­thé­caire n’en met qu’un, il est toujours très repré­sen­ta­tif et bien choisi. C’est le cas pour ce roman. Alors pour­quoi n’a-t-il pas ses quatre ou cinq coquillages ? Parce que je suis assez hermé­tique au genre policier.

Comme les adultes, les ados ont le droit à leurs auteurs suédois ! Pour un pays qui passe pour être tran­quille, quelle imagi­na­tion les auteurs déploient dans le genre meurtre en tout genre. Pour ce que je peux juger du polar, c’est bien fait, car on ne peut se détendre qu’à la toute fin de l’histoire.

J’ai beau­coup aimé la descrip­tion de l’adolescence, cette façon que les ados ont de ne pas résis­ter aux person­na­li­tés leaders dans les classes, même s’ils savent voir les défauts de ceux qui les entraînent à faire et à dire ce qu’ils n’ont pas vrai­ment envie de dire ou faire. Et puis, la méchante qu’on aime­rait tant voir coupable ou au moins complice, n’est qu’une garce détes­table, le roman­cier ne fait pas dans la faci­lité. Le coupable sera effec­ti­ve­ment un person­nage qu’on avait sous les yeux mais qu’on n’attendait pas là.

Ça ne donne pas envie de revivre l’adolescence ! Les parents se battent avec des problèmes d’adultes pas simples à résoudre. Bref l’atmosphère est bien rendue. Cela ne m’étonne pas que les grands ados appré­cient, enfin tous ceux qui aime­ront plus tard les romans policiers.

On en parle

J’ai choisi ce site à cause du nom, oui ! enli­vrez, ça fait du bien : link.

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J’avais trouvé cette réfé­rence sur un site inter­net qui recom­man­dait « une année à la campagne ». Les deux livres n’ont rien à voir mais j’ai pensé que si le premier me plai­sait pour­quoi pas celui-ci. J’ai aimé l’histoire d’amour mais le plus inté­res­sant c’est l’incompréhension de deux personnes : la femme intello cita­dine et le fermier qui bosse comme un fou. Aucun des deux ne sait, ni ne peut, faire des conces­sions, ils s’aiment mais ne peuvent vivre ensemble. La fin me surprend : ils feront un enfant ensemble sans avoir résolu leurs problèmes de diffé­rences. L’ensemble du roman est drôle et tonique. Comme mes lectures de l’été 2009 étaient plutôt tris­tounes, j’ai bien apprécié.

Citations

Jamais un point de croix ne fran­chira ma porte, et il est probable qu’un Käthe Koll­witz ne fran­chira la sienne. (paroles de Désirée)

Je devrais peut-être lui faire cadeau de quelques brode­ries de maman (paroles de Benny)

Elle ne sait même pas prépa­rer des boulettes de viande, ai-je dit.Elle sait seule­ment lire des livres et parler des théo­ries d’un certain Lacong (paroles de Benny).