Édition le Seuil

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard

Après « la villa des femmes » et « l’empereur à pied », voici ma troi­sième lecture de ce grand écri­vain liba­nais. Ce texte est très court et les chapitres qui le composent font parfois moins d’une demi-page. Le titre dit beau­coup sur cette biogra­phie : Raphaël Arben­sis aurait pu, en effet mener des vies bien diffé­rentes. L’au­teur sent que sa desti­née tient plus du hasard et de la chance que de sa propre volonté. Ce sont des idées bien banales aujourd’­hui mais qui, au début du XVII° siècle, sentent l’hé­ré­sie pour une élite catho­lique toute puis­sante et peu éclai­rée. Elle vient de condam­ner Gali­lée et donc, regar­der, comme le fait le person­nage, le ciel à travers une lunette gros­sis­sante relève de l’au­dace. L’au­teur ne connaît pas tout de la vie de cet aven­tu­rier du pays des cèdres comme lui, mais malgré ces périodes d’ombre qu’il s’empêche de remplir par trop de roma­nesque, il sait nous rendre vivant ce person­nage . Le plus agréable pour moi, reste son talent d’écri­vain : grâce à son écri­ture, on se promène dans le monde si foison­nant d’un siècle où celui qui voyage prend bien des risques, mais aussi, est telle­ment plus riche que l’homme lettré qui ne sort pas de sa zone de confort. Chaque chapitre fonc­tionne comme une fenêtre que le lecteur ouvri­rait sur la société de l’époque, ses grands person­nages, ses peintres, sa pauvreté, ses paysages. Un livre enchan­teur dont les ques­tion­ne­ments sont encore les nôtres : qu’est ce qui relève de notre déci­sion ou de la chance que nous avons su plus ou moins bien saisir ?

Citations

De courts chapitres comme autant de cartes postales du XVII° siècle

Chapitre 6
Il fréquente aussi les lavan­dières qui lavent le linge dans le Tibre . Il fait rire et les trousse à l’oc­ca­sion. À cette époque , les rives bour­beuses du fleuve sont enva­hies par les bate­liers , et les tein­tu­riers y diluent leurs couleurs. Nous sommes dans les premières années du ponti­fi­cat d’Ur­bain VIII. La colon­nade du Vati­can n’est même pas encore dans les projets du Bernin, Borro­mini n’a pas encore construit la Sapienza, le palais des Barbe­rini s’ap­pelle encore palais Sforza et la mode des villas véni­tienne intra-muros commence à peine. Mais il y a des chan­tiers et l’on creuse des allées et des voies. Des peintres et des sculp­teurs habitent en ville. Le Tras­te­vere et un village séparé de la cité, cette dernière n’a pas la taille de Naples, mais depuis le bord du fleuve on voit les dômes de Saint-Pierre et le palais Saint-Ange. Les grands murs du temps de l’Em­pire sont toujours debout, roses et briques parmi les cyprès et les pins, et sous la terre dorment encore bien des merveilles. Un jour de 1625, sur la place du Panthéon, un larron inter­pelle Raphaël pour lui vendre quelque chose en l’ap­pe­lant Monsi­gnore. Arden­tis s’ar­rête, méfiant, le larron rit en décou­vrant une horrible rangée de dents abîmées et lui indique sa brouette sur laquelle il soulève une petite bâche. Aven­sis se détourne du spec­tacle de l’af­freuse grimace du mendiant pour regar­der ce qu’il lui montre et là, au milieu d’un bric-à-brac fait de clous, de chif­fons, de morceaux de plâtre et de divers outils abîmés, il voit une tête en marbre, une grande tête d’empereur ou de dieu, le front ceint d’un bandeau, les lèvres pulpeuses, le nez grec et le cou coupé, posé sur le côté, comme lors­qu’on dort sur un oreiller.
Chapitre 27 un des plus courts
Dans le ciel, il y a toujours ces grands nuages blancs qui se contor­sionnent tels des monu­ments en apesan­teur, qui prennent des postures fabu­leuses et lente­ment chan­geantes comme les anges et les êtres séra­phiques impro­bables de Véro­nèse.

Á travers une longue vue les personnages regardent Venise et le lecteur croit reconnaître des tableaux

Une autre fois, il voit un homme buvant du vin à une table sur laquelle, en face de lui, une femme nue est accou­dée qui le regarde pensi­ve­ment, le menton dans la main. Il voit un maître de musique près de sa jeune élève devant un clave­cin, il voit une table un globe terrestre dans une biblio­thèque déserte et un jour, dans ce qui semble une chambre à coucher, il voit une femme en bleu, peut-être enceinte, debout et absor­bée dans la lecture d’une lettre.

Le hasard ou le destin

Nos vies, écrit-il, ne sont que la somme, tota­li­sable et dotée de sens après coup, des petits inci­dents, des hasards minus­cules, des acci­dents insi­gni­fiants, des divers tour­nants qui font dévier une trajec­toire vers une autre, qui font aller une vie tout à fait ailleurs que là où elle s’ap­prê­tait à aller, peut-être vers un bonheur plus grand si c’était possible, qui sait ?, mais sans doute souvent plutôt vers quelque chose de moins heureux, tant le bonheur est une proba­bi­lité toujours très faible en compa­rai­son des possi­bi­li­tés du malheur ou simple­ment de l’in­si­gni­fiance finale d’une vie ou de son échec.

De cet auteur j’ai beau­coup aimé Villa des femmes . On retrouve dans ce roman le regard impi­toyable et rempli de nostal­gie de Charif Majda­lani sur son pays : le Liban qui « fut » un si beau pays. Il analyse aussi avec une préci­sion qui n’en­lève rien à la poésie, les légendes qui ont consti­tué un clan fami­lial dont le narra­teur est un descen­dant du clan des Jbeili. Cette « dynas­tie » a été fondée par celui qui a donné son titre à ce roman « L’empereur ». Cet homme plus mythique que réel, a bâti sa richesse en débrous­saillant des montagnes et en deve­nant collec­teur d’im­pôts. Mais une terrible loi empoi­sonne ce clan, l’an­cêtre avait décidé, pour que cet empire reste intact, que seul le fils aîné aurait le droit de se marier et avoir des enfants. Les cadets connaî­tront des sorts tragiques ou seront atti­rés par des aven­tures dans le vaste monde. L’au­teur sait parfai­te­ment rendre compte des ambiances et des tour­ments dans lesquels vivent les diffé­rents membres du clan. Il fait toujours l’ef­fort de distin­guer la part de la légende fami­liale de ce que peut être la réalité, nous offrant par la même une analyse très vivante de la société liba­naise et des diffé­rents destins de ceux qui choi­sissent l’exil.
Je dois avouer que ce roman m’a moins enthou­siasmé que le précé­dent mais j’ai été abso­lu­ment saisie par la fin : le Liban d’au­jourd’­hui, à l’image de notre planète, détruit tout son envi­ron­ne­ment de façon sans doute irré­mé­diable. Les rapports entre les hommes sont régis par l’argent et rien ne saurait arrê­ter le béton même quand les rivages d’un pays sont para­di­siaques. Ils deviennent hideux à la vue de tous pour­tant rien ne semble arrê­ter les projets les plus mons­trueux les uns que les autres. Rien que pour ces dernières pages, il faut lire ce roman qui fait réflé­chir au rôle de l’homme sur la planète.

Citations

Se rendre compte d’un ailleurs dès les premières pages

C’est très beau, pour­tant, au-dessus de Ayn Safié c’est sauvage à souhait, ce sont plusieurs brefs plateaux, semés de chênes verts et d’ar­bou­siers, avec des rochers aux formes animales, qui ensuite laissent la place à des déni­ve­lés impres­sion­nants, des rocs et des arbres sauvages qui s’ac­crochent à la montagne jusqu’au fond de la gorge où coule le ruis­seau de Ayn Safié. On est si haut que les Éper­viers qui passent semblent à portée de main, et l’on voit de là tout le pays, les maisons cachées sous leurs treilles, les plan­ta­tions de mûriers, les chemins, les chapelles, les églises, les moulins, et c’est cette vue pano­ra­mique qui déclenche ce rictus satis­fait sur le visage de l’empereur, quand il se dit qu’il a sous les yeux tout le pays et que, d’une certaine manière il le domine déjà.

Description dune région aux confins de l’Asie

Tout en progres­sant, Shebab mesu­rait l’es­pace du regard, comme depuis qu’il était parti il n’avait cessé de le faire. Ses yeux, dirait- il, étaient comme élimés et épui­sés à détailler les confins immenses et sans borne. Il obser­vait main­te­nant l’ho­ri­zon plat du côté du lac et de ses marais alors que de l’autre côté, comme toujours, les montagnes gigan­tesque semblaient leur faire des signes, assises depuis l’aube des temps dans une indif­fé­rence hautaine et mysté­rieuse.

Un passage qui décrit bien le Liban comme on le connaît aujourd’hui

Lorsque, en ce temps-là, on suivait la situa­tion du Liban depuis l’étran­ger, comme je le faisais, on pouvait avoir l’im­pres­sion que le pays était en ruine. Le monde entier – je le voyais lors de mes voyages – assis­tait à la dévas­ta­tion du centre de Beyrouth et des quar­tiers limi­trophes des lignes de front, et pensait que c’étaient la ville dans son ensemble et le pays qui étaient ravagé. Or l’ac­ti­vité écono­mique était fréné­tique et le commerce floris­sant, ce que les récits de ma mère ne cessait de me confir­mer. Il y avait un autre secteur qui explo­sait litté­ra­le­ment, c’était celui de l’im­mo­bi­lier. Je ne pense pas qu’il existe au monde un pays où la guerre a entraîné autant non de destruc­tions mais de construc­tions. Les dépla­ce­ments de popu­la­tion, les migra­tions internes et aussi l’ac­crois­se­ment démo­gra­phique explique cette fièvre dans le bâti­ment, la flam­bée des prix des terrains, notam­ment dans les envi­rons de Beyrouth non touchés par la guerre. La déli­ques­cence de l’État et de ses moyens de contrôle, la désor­ga­ni­sa­tion géné­rale des services urbains, la corrup­tion et la main­mise des partis sur les rouages admi­nis­tra­tifs permirent ensuite le déve­lop­pe­ment anar­chique de l’ur­ba­nisme qui sacca­gea le paysage, détrui­sit les montagnes et les alen­tours des villes. Assez tôt, dès le début des années quatre vingt, ma mère dans ses lettres s’est mise à me décrire les premiers dommages qui aujourd’­hui, étant donné tout ce qui a suivi, peuvent nous paraître bénins. Mais c’était le début d’un cycle cala­mi­teux dont les béné­fi­ciaires étaient aussi bien les proprié­taires de modestes parcelles et les petits entre­pre­neurs qui bâtis­saient n’im­porte comment que les consor­tiums qui naquirent à cette époque, regrou­pant des hommes d’af­faires, des entre­pre­neurs et des inté­rêts parti­sans et mili­ciens. Ces derniers groupes lancèrent des chan­tiers qui contri­buèrent comme le reste, mais de manière plus systé­ma­tique, à détruire les paysages et à ruiner l’en­vi­ron­ne­ment. Vous vous souve­nez, bien sûr, même si vous êtes plus jeune que moi, qu’en quelques années les oran­ge­raies du litté­ral nord avaient disparu, et avec eux les bourgs et les villages submer­gés par le béton, un béton qui grimpa à l’as­saut des premiers contre­forts autour de Beyrouth, détrui­sant les pinèdes et brouillant les échelles par l’érec­tion d’im­meubles dont la hauteur contre­ve­nait a des lois dont plus personne ne se souciait. Je n’étais pas là pour voir ses trans­for­ma­tions, je les ai décou­vertes avec horreur à mon retour, bien plus tard. Et j’ai égale­ment décou­vert alors comment des groupes finan­ciers et les entre­pre­neurs avaient mis la main sur les plages publiques et défi­guré la côte, débor­dant de tous côtés sur les terres agri­coles non construc­tibles, ce qui nous vaut ce conti­nuum urbain hideux à la place des kilo­mètres de litto­ral et de versants monta­gneux arbo­rés.

L’après guerre au Liban

Un modèle domi­nait à ce moment, vous vous en souve­nez, celui qui avait imposé les milliar­daires au pouvoir. Mais il était si diffi­ci­le­ment acces­sible que nombreux étaient ceux qui, voulant jouer les richis­simes nababs, dépen­saient sans comp­ter pour chaque repas, chaque célé­bra­tion, chaque mariage, après quoi les dettes les mettaient sur la paille. Des personnes très en vue dispa­rais­saient soudain, d’autres appa­rais­saient puis dispa­rais­saient à leur tour, tels des papillons impru­dents s’ap­pro­chant trop près tantôt du pouvoir, tantôt des oligar­chie finan­cière, et y brûlant aussi­tôt leurs ailes trop fragiles. Tout cela se jouait tous les jours sous les yeux des gens modestes, comme mes employés par exemple, et tant d’autres, qui assis­taient à cet opéra un peu obscène avec envie et parfois des airs dubi­ta­tifs.

Une fin bien triste

Quoi qu’il en soit, j’ai refusé jusqu’à l’idée de ce projet de parc natu­rel. Je ne peux imagi­ner ces montagnes et ces gorges bali­sées par des sentiers, asep­ti­sées et proté­gées par des mira­dors de mili­tants écolo­gistes. C’est comme mettre des animaux fabu­leux en cage pour en proté­ger l’es­pèce. C’est ce que j’ai dit aux jeunes gens venus ici me propo­ser de préser­ver les lieux. Cette région vivra le destin qu’il attend, leur ai-je dit l’en­tro­pie est partout, le monde se défait, la laideur gagne à toute allure. Je leur ai dit que, dès l’ins­tant où l’homme avait coupé le premier arbre, le phéno­mène s’était enclen­ché. Ici, il va plus vite qu’ailleurs, parce que nos conci­toyens sont plus avides et les paysages plus vulné­rables. Ils fini­ront par dispa­raître, comme tout, comme la terre entière qui un jour ne sera plus qu’un souve­nir, et je me demande d’ailleurs dans la mémoire de qui. C’est peut-être cela la pire angoisse humaine, le fait que, un jour, plus rien dans l’im­men­sité du cosmos ne se souvien­dra de quoi que ce soit de ce que les humains auront fait, de leur rêve, de leur aven­ture, de leur folie poétique, ne me de ce qu’ils ont recons­truit, bâti, il, ni de ce qu’ils auront pour cela même simul­ta­né­ment détruit, dévasté, ravagé.

SONY DSCLu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard. où il a obtenu un coup de cœur sans aucune hési­ta­tion.

5
Quel roman ! On est pris par le récit parfois palpi­tant, par les descrip­tions de si beaux paysages, par l’évo­ca­tion de person­na­li­tés roma­nesques, et puis par cette guerre qui a failli tout détruire. Le Liban c’est le pays de mes amis, et cette photo le raconte : entre les gâteaux qu’ils m’offrent et cette nappe qu’ils ont fait broder pour moi, j’ai placé ce livre qui m’a fait revivre les histoires qu’ils m’ont maintes fois racon­tées. Ces grandes familles liba­naises qui, au delà de leur confes­sion, s’en­ten­daient parce qu’ils aimaient leur pays et savaient trou­ver les alliances pour le tenir en équi­libre. Les grandes familles étaient, chré­tiennes, chiites, druzes ou sunnites. Elles étaient avant tout liba­naise, et ce doux pays aux vergers incom­pa­rables vivaient en se respec­tant. Certes les classes sociales étaient très marquées, et les amours devaient servir à confor­ter des alliances finan­cières, mais au-delà de ces contraintes la vie était belle. Les réfu­giés pales­ti­niens, chas­sés de leurs pays ont apporté les premiers troubles, et puis, on connaît les enchaî­ne­ments tragiques.

Cette grande famille des Hayek* alliée aux Ghosn*, est mise à mal par la mort du patriarche et la guerre qui se passe à leur porte. À l’in­té­rieur de leur superbe villa, Marie la femme, et Mado la belle sœur, qui cultive sa haine pour la femme de son frère se livrent une guerre sans merci. C’est égale­ment une des réus­sites du roman : cette guerre fratri­cide qui suit les aléas de l’autre guerre.

Sans trop dévoi­ler le roman, le titre « la Villa des femmes » permet de se dire qu’elles arri­ve­ront peut-être à s’unir pour lutter contre la destruc­tion ambiante. L’avant-guerre, ce Liban des grandes familles nous entraîne dans un monde merveilleux, celui des princes et des prin­cesses, mais au  XX°siècle. J’ai adoré la scène où toute la maison­née galope sur de beaux pur-sang pour récu­pé­rer les chevaux qui se sont échap­pés. On sent le vent, les odeurs , la mer .. on rêve. J’ai adoré aussi la scène ou Mado crache son venin sur sa belle-sœur : c’est de la tragé­die grecque et Médée n’est pas loin. Bref, je suis enthou­siaste et la petite note qui me fait du bien, c’est écrit dans un fran­çais superbe parce que dans ce Liban là, la langue de la civi­li­sa­tion des idées et de la litté­ra­ture c’était la mienne, la nôtre le fran­çais.

* La famille Hayek d’ori­gine liba­nais existe vrai­ment, et inutile de présen­ter aux Fran­çais la famille Ghosn

Citations

Des histoires de cimetières et de mesquineries

Dans la voiture, elle se mettait en colère et marmon­nait dans mon dos contre son frère qui lais­sait faire, qui donnait son accord pour que fussent inhu­més là une vieille femme ou un vieillard trépas­sés simple­ment parce qu’ils s’ap­pe­laient Hayek . « On n’est plus entre nous, ni sur nos terres ni en dessous » grom­me­lait-elle.

L’amour romantique

Badi » les accom­pagne souvent, et voilà la messe est dite, regards équi­voques, rougeur sur les joues de Marie qui petit à petit est gagnée par l’au­dace, qui s’isole avec Badi », encou­ra­gée par ses cousines, et tout le monde évidem­ment joue avec le feu parce que l’on sait très bien que le mariage de Badi » et Marie est impos­sible. Mais on s’amuse, on élabore des scéna­rios, on essaie de les faire exis­ter, la vie pour un moment est comme un roman.

La guerre et les milices

De jeunes guer­riers oisifs, en chemise de corps et qui parais­saient au courant de nos ennuis, si nous avions bien affaire à Salloum dit le Vicieux. J’opi­nai et je les vis échan­ger une moue qui semblait signi­fier que nous n’étions pas au bout de nos peines… Le domaine recom­mença à être envahi. les mili­ciens reprirent leurs aises de tous côtés.

À ne pas lire par les anti-divulgâcheuse : la dernière phrase du roman

Et, dans le formi­dable mais dérai­son­nable espoir que tout cela recom­men­ce­rait, il ramena son regard vers les choses qu’il avait sous les yeux et qui portaient les traces de l’usure, du temps, et me demanda : « Bon, alors, par quoi commence-t-on ? »