Voici pour moi le poème des poèmes … un des rares que je connaisse par cœur. Je l’ai choisi car je ne peux pas penser à la poésie sans penser à Apol­li­naire, ces vers me trottent dans la tête et « le pont Mira­beau » occupe une place à part, pour plusieurs raisons. En voici une : j’ai eu l’occasion , lors d’une expo­si­tion à la Biblio­thèque Natio­nale, de voir les manus­crits des poèmes les plus connus.

Guillaume Apol­li­naire a écrit celui-ci d’une seule traite, il ne s’y trou­vait qu’une seule rature. Pour moi, c’est magique d’imaginer qu’un homme puisse enchan­ter des géné­ra­tions d’amoureux de la langue poétique et qu’il l’a écrit d’un seul jet.

Le pont Mirabeau

Sous le pont Mira­beau coule la Seine

Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine.

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éter­nels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Es­pé­rance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mira­beau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Guillaume Apol­li­naire (alcools)

Merci Aspho­dèle

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