Traduit de l’anglais (États-Unis ) par William Olivier Desmond.

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Toujours au programme du club de lecture, en général j’évite les romans policiers. Je sais qu’ils sont bien choisis, mais ce n’est pas ma lecture préférée. J’ai lu sans déplaisir celui-là et j’ai été intéressée par la description de Venise, loin des clichés habituels Venise dans ce roman, est une ville grise, humide et froide.

Un meurtre d’un vendeur à la sauvette, à Venise permet de comprendre le monde des émigrés africains. C’est triste et sûrement proche de la réalité On se surprend à désespérer de notre monde ! L’écrivaine est américaine, elle n’est pas tendre pour ses compatriotes. J’ai apprécié, également, la façon dont elle parle de l’incohérence de l’adolescente qui dit du meurtre (au grand scandale de sa mère). «  C’est seulement un vu comprà (un noir) » et qui pourtant n’est pas aussi raciste que le pense sa mère.

J’ai aimé la description de la nourriture en Italie. Et finalement avec tout ça j’ai voulu connaître le dénouement qui est aussi abominable que la réalité de l’Angola. Pauvre Afrique !

Citations

Ils ne pouvaient être qu’américains. Les cheveux blancs tous les deux, ils donnaient l’impression d’avoir échangé leurs vêtements. La femme était habillée d’une chemise écossaise en flanelle et d’épais pantalon de laine, tandis que l’homme avait enfilé un chandail rose à col en V, des pantalons et des chaussures de tennis blanches. Ils avaient apparemment sinon le même coiffeur, du moins la même coupe de cheveux. On avait envie de que ceux de la femme étaient juste un peu moins courts.

 

Il se demandait si le sentimentalisme de quatre sous de la télévision et du cinéma n’avait pas provoqué, dans cette génération, une sorte de choc insulinique qui étouffait en eux toute possibilité d’éprouver de l’empathie vis-à-vis des peu ragoutantes victimes de la vie réelle.

 

De même, une fois qu’une information était stockée dans un ordinateur, on avait l’impression que rien ne pouvait la supprimer, sinon la destruction matérielle complète du disque dur.

On en parle

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Dans un roman très court, le narrateur raconte sa rencontre avec une femme qu’il a aimée. Ils n’ont pas construit leur vie ensemble. Sa mort l’oblige à prendre conscience qu’il l’aimait et toute la place qu’elle prenait dans sa vie. J’ai été touchée par son émotion : on aimerait se savoir l’Ava de quelqu’un.

Citations

C’étaient les années quatre-vingt, « les années fric » comme on a décidé de s’en souvenir aujourd’hui. Un racheteur d’entreprise à tête de clébard, un présient qui sentait le renard, une génération qui se prétendait « morale » pour mieux cacher sa vilenie.

 

Restent les facilités que nous nous sommes accordées pendant toutes ces années, Ava et moi. De nous être quittés, nous nous sommes toujours retrouvés. J’aimerais n’avoir aucun doute sur la question : nous remarcherons ensemble dans les rues du temps.

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J’ai recommandé ce livre à notre club de lecture à la suite d’excellentes critiques sur les blogs . Je suis moins enthousiaste, peut être que j’attendais trop. Mais il y a un charme à ce livre et comme toutes les lectrices de Proust j’aime bien la façon dont la famille s’empare de cet auteur pour fuir un quotidien douloureux. Ce n’est pas très réaliste de mobiliser tout un village autour de la « Recherche du temps perdu » mais ça va bien dans l’histoire, on y croirait presque. Il y a un peu trop de bons sentiments et … ça ne fait pas forcément de la bonne littérature. Pour résumer c’est un livre gentil.

Citation

Jusqu’au poissonnier qui, agacé, dans un furieux pied de nez, inscrit sur son ardoise : « A la recherche du thon perdu : 17 francs le kilo »

On en parle

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J’ai plus d’une fois été agacée par la lecture de ce gros (trop gros ?) roman parce que l’auteur ne nous épargne vraiment rien : on apprendra tout sur sa sexualité, ses impuissances à vivre, les petits côtés de ses amis célèbres ou pas. Mais je ne l’ai pas lâché et à chaque fois que je reprenais ma lecture, j’y trouvais de l’intérêt. Dans le quartier latin des années de l’après guerre, on suit le narrateur, il y arrive à 16 ans « quand il est né » nous dit-il, il raconte son adolescence. (Aujourd’hui l’adolescence commence à 13 ans, à 18 ans on est « jeune-adulte » !)

Il a connu ou croisé tous ceux qu’il fallait connaître et le titre de son livre de souvenirs est un hommage au roman de Boris Vian L’écume des jours. On suit, pas à pas, son initiation à la sexualité, à la littérature, son passage au monde adulte, le rejet de la province, surtout de la banlieue et de sa famille.
L’auteur sait recréer l’ambiance des années de l’existentialisme et on est pris dans un véritable tourbillon. Il a souvent un humour très corrosif qui est à l’image de cette époque. IL y a dans ce roman beaucoup de petits textes merveilleux. La description de la gare Montparnasse et ses différences avec la gare de Lyon est un bon moment de lecture.

Je pense que, pour tous ceux qui se souviennent de ces années-là, ce livre doit faire du bien. Vu de la province, ces gens célèbres : Gréco, Sartre, Vian devaient faire rêver, de près ils sont beaucoup moins séduisants et pourtant ils ont apporté un souffle de liberté parmi les intellectuels. Il y a un personnage que je trouve intrigant et intéressant : Honoré, le narrateur et lui se rencontrent dans le train du retour vers la banlieue et sa famille, il lui donne de bons conseils de lecture, j’aurais aimé en savoir plus sur celui qui lui dit : « La provocation n’est pas forcément créatrice, murmure Honoré. Je crains que nous n’entrions dans l’ère de l’imposture ».

Citations

Je ne retrouve rien de mon violon, ni de son âme de bois, ni de son corps pas si verni que ça.

 

Se tenir comme Ilfo ?

Qui était donc ce type mystérieux qui s’appelait Ilfo et qu’il fallait prendre en exemple ? C’était comment se tenir, se tenir comme Ilfo ? Qui se tenait comme Ilfo ? Les adultes forcément. Quand je comprends enfin qu’il faut se tenir comme il faut, la question reste pendante. C’est quoi comme il faut, c’était pour ma mère se tenir à l’épicentre de tout ce qu’il ne fallait pas faire. À l’épicentre de toutes ses peurs.

 

Parmi les lectures édifiantes auxquelles j’avais accès, on trouvait des histoires comme celle du pauvre garçon contraint pas son père, un horrible communiste, de rapporter une hostie à la maison où ledit père la poignarde avec un couteau de cuisine. Et l’hostie de se mettre à saigner !

 

Être ami avec Vian, ce n’est pas être l’ami de Vian.

la nuance est d’importance.
Qui est le vrai Vian ? Je n’ai toujours pas la réponse.

Avec des parrains aussi prestigieux qu’Aragon et Eluard, les idées communistes sont plutôt en vogue à Saint-Germain mais qui pourraient dire qu’elles sont celles de Vian qui affiche une méfiance notoire à l’encode tous les dogmes, qu’ils soient religieux ou politique ? Ça me plait, ça rejoint ce rejet de cette religion et de ce Dieu qu’on a vainement tenté de me refiler.

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Roman ado, un véritable réquisitoire contre la guerre en Irak, mon seul reproche c’est que ce livre soit écrit par un français. Sur ce sujet j’aime mieux lire les romanciers américains. Sinon c’est vraiment passionnant, car le lecteur suit à la fois l’horreur de la guerre avec la peur de la mort du personnage principal et la vie ordinaire du petit frère lycéen, qui monte son groupe de rock et qui est amoureux. En toile de fond l’Amérique avec la perte du travail manuel (délocalisation des entreprises et misères des villes ouvrières) , et une famille américaine sympathique qui cache quand même quelques secrets. J’ai bien aimé la grand-mère et ses romans d’amour.

Citation

Comme si on avait le choix ! C’était le dernier magasin encore ouvert à des milles à la;ronde. Les autres avaient fermé en même temps que les usines, et leur carcasses achevaient de se déglinguer, hiver après hiver.

On en parle

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Traduit de L’italien par Nathalie Bauer.
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Je suis un peu déçue par ce livre dont j’avais lu des critiques très positives sur les blogs. La première partie sur le mal-être de deux adolescents est vraiment intéressante et proche de ce que vivent certains jeunes. Mais lorsqu’ils deviennent adultes, ils ne trouvent guère de solutions, même si on le comprend (dans la vie ça se passe parfois comme ça) cela rend le roman très triste. La fin est frustrante car on a l’impression que l’histoire ne se termine pas.

On en parle

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Au programme du club de lecture, ce livre se lit facilement. Un père a voulu se donner une stature de héros aux yeux de sa fille. L’écrivain chargé de raconter sa vie, n’a pas su faire parler son propre père qui était lui, un véritable héros de la résistance. L’intérêt du roman, vient de cette rencontre et du tête à tête entre ce vieil homme digne mais qui a construit sa vie sur un énorme mensonge et le journaliste écrivain qui sent ce mensonge.

Je n’ai vraiment pas été passionnée.

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L’auteur présente son livre comme une fable. Fable, autour du destin de trois femmes, violées ou soumises à des hommes pervers ou violents. Cette fable se passe dans une Amérique latine imaginaire, avec des dictateurs imaginaires.

Ce livre est un coup de cœur dans de nombreux blogs de lectrices et le sera sans doute à mon club de lecture jeudi prochain. Je suis plus réservée, le côté fable a fait que je ne suis rentrée qu’à moitié dans le roman, j’ai bien aimé mais je suis loin de partager l’enthousiasme que je lis sur d’autres blogs. Je n’ai pas trouvé dans l’écriture la force poétique de Le Cœur Cousu de Carole Martinez, qui raconte aussi le destin tragique des femmes bafouées par la vie trop dure et la violence des hommes.

On en parle

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Les éditions Perrin m’ont offert ce livre grâce à l’opération Masse Critique de Babelio du mois de novembre 2009.J’entends souvent Nicolas Baverez à la radio, je le comprends, je le trouve clair et précis et non dépourvu d’humour. Je me suis donc portée candidate, pour faire une critique de son livre, avec cette idée en tête : est-ce qu’une réfractaire à la compréhension des phénomènes économiques, comme je le suis, peut mieux comprendre la crise que nous venons de vivre, grâce au livre de Nicolas Baverez.
En d’autres termes, ce livre est-il grand public ? La réponse est : oui et non ! Oui, j’ai mieux compris. Non, ce n’est pas un livre très accessible : j’ai dû ramer comme une malade pour en comprendre à peu près un tiers. C’est grâce à ce tiers que je comprends mieux la crise. Certains petits détails seraient vraiment faciles à changer et cela aiderait beaucoup la compréhension : l’explication des sigles FED , BRIC, BCE,OMC …, des notes en bas de page sur des noms qui parlent aux économistes mais pas à moi : Breton Woods, Yuan renminbi, Smoot-Hawley .. Le mécanisme de la bulle financière est bien expliqué, on se demande si les krachs sont évitables.Ce n’est pas un livre optimiste car il décrit une France très affaiblie par la dette publique, et les protections sociales qui ne servent qu’à masquer la réalité de la crise. Je ne recommande cet ouvrage qu’à ceux et celles qui s’y connaissent un peu en économie.

Citations

Voici une jolie phrase

 L’économie mondiale n’a tenu qu’au fil de soie de la politique économique.

 

Une des phrases que je ne comprends pas

L’innovation financière s’est déployée au croisement de la titrisation …

 

Une image de la bourse et des banques que j’ai découverte dans ce livre

Loin d’être rationnels et guidés par la juste évaluation de la valeur des actifs, les marchés cotent au premier chef les opinions et les pulsions collectives, encourageant les comportements moutonniers des épargnants et des investisseurs à la hausse comme à la baisse. Surtout, les banques, largement recapitalisées et restructurées, bénéficiant d’une courbe des taux favorables, fortes de la garantie d’être sauvées par le contribuable, ont renoué avec leur stratégie à risque.

 

Une phrase où j’ai trouvé un peu d’humour

 

La banque demeure la seule activité où il faut passer par la le casino et jouer pour avoir le droit d’accéder à la boulangerie

 

 

Et finalement j’ai appris que « calamiteux » est l’adjectif qui décrit tout ce qui est mauvais pour l’économie

On en parle

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Comme le titre l’indique l’historienne spécialiste de la révolution française, Mona Ozouf raconte son enfance bretonne, sa double appartenance :

  • à la lutte pour la reconnaissance à l’identité bretonne à travers le combat de son père.
  • à l’école publique et républicaine par sa mère et son propre plaisir d’être une bonne élève.

Ces deux premières parties sont très intéressantes et agréables à lire. Ensuite elle explique son engagement intellectuel, ses lectures et sa compréhension des idées politiques qui ont construit la France. La lecture devient alors beaucoup plus difficile, les idées sont intéressantes mais ce n’est plus du tout le même livre, on quitte le récit pour un débat d’idées un peu long et froid.

Citations

Les hommesselon lui (Jules Ferry) , doivent être laissés libres d’errer, car la liberté, fût-elle payée par l’erreur, est plus désirable que le bien.

 

Jamais sans sa coiffe. L’attacher est son premier geste du matin, bien avant l’éveil de la maisonnée.

 

Son souci constant est la dignité .. sa règle morale essentielle est de ne jamais se mettre dans une situation telle qu’on puisse en avoir honte. « Gand var vez » , « avec la honte » est l’expression qui, pour elle englobe tout ce qu’il est inconvenant de faire et même de penser.

 

Trois pélerinages, donc, qui résumaient assez bien les trois lots de croyances avec lesquelles il me fallait vivre : la foi chrétienne de nos ancêtres, la foi bretonne de la maison, la foi de l’école dans la raison républicaine.